‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 214 sur 265 · DE LA PARALÏSIE DU MUSCLE DENTELÉ · texte numérisé non relu

DE LA PARALÏSIE DU MUSCLE DENTELÉ

c'est ainsi qu'on a vu le grand pectoral, le droit antérieur de la cuisse, le deltoïde, ne pouvoir plus se contracter, et rendre parla impossibles ies uiouvements qu'ils sont destinés à faire exécuter. Les faits manquent encore pour pouvoir tracer l'histoire de ce genre de paralysie; cependant j'arrêterai un instant l'attention du lecteur sur une paralysie locale qui, depuis quelques années, a préoccupé plusieurs observateurs habiles : je veux parler de la paralysie du muscle grand dentelé, sur laquelle >1M. Gendrin, Marchesseaux, Yelpeau, Desnos, Clioisy et surtout M. Jobert (de Lainballe), ont publié plusieurs observations curieuses, qui, pour la plupart, ont été insérées dans la Gazette des hôpitaux (année 1865). On trouvera aussi dans le niême recueil, à l'occasion de plusieurs de ces faits, quelques remarques intéressantes dues à un auteur anonvmc.

Ce qui frappe tout d'abord dans cette paralysie, c'est la déviation que le scapuluin éprouva. Cet os, en effet, qui est maintenu appliqué contre la paroi thoracique par la contraction simultanée du grand dentelé et du rhomboïde, fait alors sous la peau une saillie plus ou moins considérable qui est foimée par son rebord spinal et. par son angle inférieur. En eiïet, le scapulum, tiré en dedans et en haut par le rhomboïde, en haut par l'angulaire de l'omoplate , en bas par le petit pectoral et par le poids du bras, subit un mouvement de bascule tel que sou bord interne devient oblique de bas en haut et de dedans en dehors; l'angle uférieur, n'étant plus tiré en bas et en avant par la portion inférieure du dentelé, fait sous la peau une saillie de plusieurs centimètres ; il est plus rapproché du rachis, et correspond parfois à la cinquième vertèbre dorsale, tandis que celui du côté opposé peut se trouver au niveau de la septième; enûn l'angle externe ou le moignon de l'épaule est abaissé. Les malades ont plus ou moins de liberté dans les mouvements du bras et de l'épaule; mais ils ne peuvent exécuter ceux qui, pour être produits, exigent l'intervention du dientelé : ainsi l'abduction du scapulum , l'élévation du moignon de l'épaule, le mouvement de rotation de l'omoplate sur son axe, sont impossibles.

Le diagnostic de cette maladie est facile. On ne pourra pas croire que la difformité est produite par une déviation du rachis; car, par la palpation et en suivant la direction des apophyses é|)ineuses, on peut aisément se convaincre qu'il n'en est rien. On ne croira ni à une saillie des côtes, ni «r une tumeur quelconque, parce (pi'il suffit d'engager profondément la main sous l'omoplate pour s'assurer du contraire. Enfin , ce qui ôte matière à toute chance d'erreur, c'est la possibilité qu'il y a de faire disparaître la difformité en imprimant certains mouvements au membre.

La paralysie du grand dentelé survient tantôt subitement, tantôt lentement Elle est quelquefois précédée de douleurs rhumatoîdes dans le muscle; ailleurs l'afTaiblissement progressif de celui-ci est le premier symptôme qui fixe l'attention.

Qu'elle soit complète ou incomplète, la paralysie du grand dentelé est une ailectiou opiniâtre et souvent incurable.

Cette maladie a paru succ^er quelquefois à une affection rhiunatismale du muscle, ou bien elle a été déterminée par l'action de l'humidité. Quelquefois, ainsi que le prouvent deux faits cités par MM. Velpeau et Jobert, la maladie a été consécutive à une contusion ou à une déchirure du nerf thoracique postérieur ou nerf respiratoire de Ch. Bell, qui, comme ou le sait, se distribue en entier dans le grand dentelé. L'analogie i)orte même à penser que, quelle que soit la cause qui ait agi, celle-ci a dû exercer son influence, moins sur la fibre musculaire elle-même que sur le nerf qui préside à sa contraction. En général, l'affection n'atteint qu'un des dentelés. Cependant les deux muscles peuvent être frappés s\\\v\iVv^u(tvûfô^\. ^xx ^s^^-

T. Il- — 6* ÉDIT, K^

fSlU DES NÈfHOSES.

cessai cmeiit, aiusi que IVIM. Briquet el Jobert l'oul vu i*un et Fautre dans le œuranl de Taïuiée 18^5.

Les principaux moyens mis en usage contre les paralysies oiuscaUdres, et surtout contre la paralysie du grand dentelé, sont, dans les cas où il existe des doalenrs vives, une forte application de sangsues ou de ventouses, puis l'usage des révulsifs, tels qu î frictions irritantes avec Tammoniaque, avec Thuile de croton et la pommade stibiée; on donne des douches de vapeur, simples, sulfureuses, aromatiques ; on applique des vésicatoires , qu'on peut panser avec la strychnine. Daib les cas les (dus rebelles, on aura recours à Félectricité, à rélectro-pancture, à b cautérisation trauscurrente, et enfin à l'application d'im oU plusieurs cant^^ on moxa8.

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