TROISIÈME GENRE DE NÉVROSES
NÉWBOSBS CAKACTÉUSÉBS PAS ViN TBOIIBUS BE L'INTELLIttENCC.
DU DÊURE.
1^ délire (1) peut être déûni, avec le professeur Ghomel, la perversion d'uneou de plusieurs des facultés intellectuelles ou affectives. Délirer, c'est avoir des idées étranges sans rapports avec les objets, c'est avoir des sensations, des jugements, ou se livrer à des actes tout à fait contraires à la raison.
Le délire est un symptôme que nous avons déjà eu l'occasion de signaler et de décrire dans ses principales formes, du moins à l'état aigu. Nous allons bientôt le Cure connaître dans sa forme chronique et non apyrétique (voy. Aliénation meniûle). Nous avons vu des délires essentiels constituant à eux seuls presque toute la maladie, et ne se liant à aucune altération appréciable des centres sensitifs : tels sont œs troubles de l'intelligence qui éclatent après des douleurs vives, après des excès de vin ou de liqueurs, ou par suite de la privation trop absolue et trop brusque de boissons alcooliques (voy. Delirium tremens). Souvent aussi nous avons rencontré le délire dans le cours des affections aiguës et chroniques de l'encéphale et de ses
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membranes : enfiu, plus souvent encore, nous l'avons vu, ind^ndant de Unie altération des centres nerveux , éclater dans le cours d*un état général grave de Féconomie ou à l'occasion de la souffrance d'un organe éloigné. Ces détîres sympathiques sont, en effet, les plus communs de tons. >ïous les avons suflfittnnmt fait connaître ailleurs dans les maladies qu'ils compliquent Nous avons dit quelle obscurité ils pouvaient donner au diagnostic; nous avons apprécié leur valear pronostique et déterminé les indications qu'ils fournissaient. Nous ne pouvons revenir ici sur toutes ces questions.
Chez les individus succombant avec du délire, nous avons trouvé les lésîoosles plus diverses dans les centres nerveux, ce qui devrait déjà nous porter à penser qo*) n'est aucune de ces lésions qui soit spéciale, exclusive au délire. Mais, en outre, les délires dits essentiels, comme le delirium tremens et tous les dUires s^n^thiques, étant indépendants de toute altération appréciable du ceneau ou de ses enveloppes, il devient impossible de déterminer la modification particulière à laquelle est dû le trouble intellectuel; on ne saurait non plus localiser celui-ci dans teÛe ou telle partie du cerveau, dans la couche corticale, par exemple, ainsi que l'ont fait quelques personnes. Plus on étudie les faits avec soin et l'esprit dégagé de toute idée préconçue, plus on est porté à admettre que la lésion essentielle (si toutefois il en existe) qui produit le délire doit être légère et fugace; si elle est permanente, elle doit être très probablement toute moléculaire, et l'on ne pourra b saisir que lorsque nous connaîtrons mieux la véritable structiu^, la structure intime du ceneau. La vérité de ce que nous disons ici ressortira davantage lorsque nom traiterons bientôt de l'aliénation mentale. Mais, sans vouloir aborder encore les questions ardues qui se rattachent à ce sujet , nous dirons seulement , en favenr de l'opinion que nous émettons, qu'il est des délires violents qui se dissipent rapidement sans laisser de traces; et que les délires qui existent sans désordres musculaires bien marqués, sans paralysie, sans convulsion, ne laissent après eux sur le cadavre que des lésions peu marquées, presque insignifiantes, et le plus souvent
nulles.
Nous avons, aux pages 27 et 50 de ce volume, traité avec détail de deux formes de délire aigu que nous aurions pu placer ici ; mais il nous a semblé préférable d'en parler à l'occasion des empoisonnements, en raison des causes spécifiques qui les développent. Il nous reste maintenant à étudier les désordres intellectuels apyrétiques qui suivent une marche chronique : ce sont la folie, Vhypochondrie, Vidiotie.