DE L.\ FOLIE
rite absolument ; mais on n*y aura recours que pour combattre les congestions ërébrales ou diverses autres complications, ou bien pour rappeler une hémorrhaîe constitutionnelle supprimée. Ce que nous disons des saignées s*appliquc aux migatifs, aux émétiques, qu*il ne faut donner que lorsque Tindication évacuante st précise. Les cautères, les sétons, les moxas, la cautérisation avec le fer rouge, i*ODt guère d*u(ilité ; on pourra quelquefois y recourir pour faire une diversion itile par la douleur quun produira, ou pour combattre certaines complications. ]e» moyens, quoi qu*on ait dit, échouent toujours contre la paralysie.
Les bains tièdes sont un des moyens les plus utiles dans le traitement de la folie ; b calment presque toujours, mais ou devra les prolonger plusieurs heures et les épéter souvent ; par la fatigye qui les suit, ils excitent souvent au sonuneil. Quelques malades se trouvent mieux des bains frais; on a aussi conseillé les bains rimmersion et les affusions froides pour ceux qui ont besoin d*être stimulés. La bûche est d*un usage presque banal dans le traitement de la folie; mais c'est plutôt m moyen de répression qu'un agent véritablement curaiif. ^ous eu dirons à peu wès de même de la machine rotatoire de Darwin, qui d'ailleurs n'est guère en isage en France.
M. Brierre de Boismont, renouvelant une pratique qui était en partie celle que ?0mme suivait dans beaucoup de névroses, paraît avoir retiré d'heureux effets, hns le traitement de toutes les formes aiguës de la folie et de la manie surtout, de 'emploi des bains tièdes prolongés ])endant 10, 12, 15 ou 18 heures; il les comme avec des irrigalions à 1 5 degrés, qu'il continue en général pendant toute la laréede l'immersion du corps dans l'eau, à moins que les malades ne deviennent :almes, mais il les reprend plus tard si l'agitation reparaît.
On pense bien qu'on a dû employer contre la folie tous les antispasmodiques et es stupéGants connus ; mais ces moyens n'ont pas justifié la conliance qu'ils avaient nspirée. Aujourd'hui on en blâme généralement l'emploi; cependant nous sommes oln de partager les préventions que quelques personnes conservent encore contre 'opium, qui paraît avoir réussi nombre de fois dans les mains de Wepfer contre la manie. Quoi qu'il en soit, si l'on se refuse à le donner comme moyen curatif, rien ne peut en contre-indiquer l'emploi lorsqu'on l'administre seulement pour combittre l'insomnie ou pour calmer une douleur vive. Il |)arait aussi que M. le docteur Moreau a obtenu quelques bons effets de l'administration du datura stramonium contre les hallucinations (10 à 20 centigr., puis successivement 30 dans une potion) : cependant cette médication n'est pas encore suffisamment jugée. Les toniques, comme le kina, les ferrugineux et les amers , trouveront leur emploi chez les sujets débiles, anémiques. Le quinquina sera en outre plus spécialement indiqué dans les folies intermittentes.
, Dans la forme de délire aigu, dont M. Brierre de Boismont a tracé l'histoire, il but tirer du sang, mais le faire prudemment ; on donnera des bains très prolongés avec ou sans affusions, et l'on insistera sur les révulsifs cutanés et intestinaux.
La guérison une fois obtenue, on préviendra les récidives en plaçant le convalescent dans les meilleures conditions possibles, et en éloignant de lui toutes les causes capables de rappeler la maladie, (l'est ici que les distractions de toutes sortes et les Toyages surtout ont le meilleur effet.
Contre les déments paralytiques, il n'y a qu'à faire un traitement palliatif, combattre la constipation et .entourer les malades des meilleures conditions hygiéniques possibles. Les révulsifs les plus énergiques, que quelques personnes emploient, B*ont guère d'efficacité. Ces individus sont sujets à des cot!k%<^^V\oxv% càt^x^^&^W
702 DES NÉYBOSES.
des mouvements convulsifs ; on devra combattre ces accidents par les vMàb cutanés et intestinaux et par les émissions sanguines; mais il faut être très sobrede ce dernier moyen. M. Foville se loue, en pareil cas, de l^émétique à haole dote.
Disons enfin, en terminant, que quelques aliénés refusent de mangep et de boire, et cela avec une obstination que rien ne peut vaincre. On doit procéder akn ï Talimentation forcée en se servant de la sonde œsophagienne heureusement modh fiée par M. Baillarger, et qu'on introduit par les fosses nasales. Il importe de direid qu*il faut, d*après le conseil que donne iM. Pressât, exclure les féculents^ qui passent sans être digérés, probablement parce que ces aliments n*ont pas été prëabblement insalivés.
DE L'HYPOCHONORIf«
Syxonymie. — Afiectioo vaporeuse, mpeurs, maludie imaginaire. — ff/^^ocAoru/rM Tient de ce qaertt a longtemp» placé le siège de la maladie dans les organes qui occupent les faypocbootfrca.
L'hypochondrie est une sorte de naonomanie triste, caractérisée par une préoccupation excessive et presque incessante de la santé, et dans laquelle des indifidni bien portants, ou atteints seulement d*une affection légère, se croient eo proie à lue maladie grave, et voués à une mort certaine et plus ou moins iuumneota L'h)pi>chondrie est donc, comme Ta dit avec raison M. le docteur Micbéa, l*exagéra^, l'exaltation du besoin de, la conservation.
Historique. — Quelques passages d'Hippocrate, dans son IP livre De morèà^ se rapportent manifestement à l'hypochondrie. La description que donne de la maladie Dioclès de Caryste est la plus exacte que nous aient laissée les auteurs de la haute antiquité ; Galien, qui nous Ta transmise. Ta complétée et agrandie Les écrivains qui se sont succédé jusqu'à la renaissance ont à leur tour copié (^aiieD, en modifiant seulement la théorie de ce grand homme. \^'illis conuuence pour l'hypochondrie une ère nouvelle, une période de progrès, car c'est lui qui a localisé la maladie dans le cerveau; mais malhemeusemeot beaucoup des successeurs de ce médecin n'ont pas suivi l'impulsion qu'il avait donnée : tels furent surtout Sydenham, Stald, fioerhaave et Van Swieteu. H n'en est pas de même de F. HollmaDi!« qui, à part quelques idées spéculatives, donna de l'hypochondrie une descriptioB des plus fidèles, et la distingua avec soin de l'allection hystérique. Vers la moitié du siècle dernier parurent une foule de travaux spéciaux, parmi lesquels se distmguent le livre de Fournie et celui de H. Whytt. Depuis cette époque, le xèie des médecins ne s'est pas ralenti, en France surtout : ainsi en 1802, nous eûmes l'ouvrage important, mais un peu vieilli aujourd'hui, de Louyer-Villermay; plus tard parurent les recherches de Georget et de M. Falret, que l'on consultera aoicore avec fruit ; tout récemment, la science s'est enrichie de deux autres ouvrages, Tob de M. Brachet, qui a tant éclairé l'étude de plusieurs névroses, l'autre dû à M. Micbéa ; enfin nous devons mentionner de la manière la plus honorable le traité de M. Fréd. Dubois, intitulé Histoire philosophique de l'hypochondrie et de l'hystérie, qui compte déjà vingt-cinq années de publication, et dans lequel brillent à chaque page un grand talent d'obsenalion et un esprit philosophique qu'oi trouve rarement aujourd'hui.
Aiiatomie pathologique. — Dans l'hypochondrie simple, il n'existe nulle part, et notamment dans les centres nerveux, aucune lésion appréciable : cependant, lorsque l'hypochondrie est très ancienne, on renconu^e sMivent, surtout dans iei organes tboradqnes ou abdominaux» diverses altérations ioilammatoires et oi^bî*