DE T/IDIOTIE
jjrjic cofpniei|cç le plus souvent ?u milieu de la sainte par luîc préoccupation triste, par une idée déraisonnable. Il est vrai ce|)endant que parfois \o trouble cérébral e$t consécutif à une souffrance réelle; celle-ci ne joue alors que le rôle d'une ^use excitante, pais le principe de la maladie, même dans ce cas, reste absolument le niême.
DE l/lDIOTIE.
L'idiotie est un état toujours congénital qui cx)nsiste dans le défaut de développeincnt ou dans le développement incomplet des facultés intellectuelles, morales et affectives.
Anàtomie pathologique. — On a admis pendant longtemps que tous les idiots présentaient quelque vice de confoimation du crâne. Ësquirol, dès le commenceinent de ce siècle, et plus récemment iM. Parcbappe, ont renversé cette proposi- 6on exclusive ; ils ont démontré qu'il n'y avait pas de forme ni de volume du crâne propre à l'idiotisme, et que beaucoup d'idiots avaient cette partie régulièrement conformée, t^n des médecins dont les travaux méritent le plus de faire autorité, M. Léhit, a publié dans la Gazette médicale de 1837, sur le dévelopi)ement du crftne des idiots, des recherches d'un haut intérêt. Il en a conclu que, pris d'une inànièrc absolue et sans avoir égard à la stature, le dévelop{)ement général du crâne des idiots était un peu moindre que celui des hommes d'une intelligence ordinaire, et que les premiers n'avaient pas la moitié frontale du crâne moins développée que ceux auxquels nous les comparons. Kn tenant compte de la taille des idiots, qui Ot'plus petite que celle du commun des hommes, on trouve, dit M. I^lut, que le àéverôppement total du crâne des premiei-s pris en masse est de 15 millimètres plus grand que celui des seconds, et que l'ampleur du frùnt est de 17 à 18 milliinètres plus grande que chez les hommes doués d'une intelligence ordinaire. (Quoique s'appuyant sur un grand nombre Me faits, les propositions de M. Lélut 8'éloiî>nent trop des idées reçues, }>our (piil ne soit fias nécessaire de les vérifier de nouveau avant de les accepter définitivement.
Ainsi que nous venons de l'enseigner, il n'est pas exact de dire que le crâne des idiots soit toujours plus ou moins altéré dans sa forme extérieure ; cette proposi- ^n souffre, en effet, de nombreuses exceptions. D'ailleurs ces altérations de forme varient beaucoup chez les divers individus, et aucune d'elles n'est caractéristique. Les plus frécpientes sont un défaut de symétrie entre chaque moitié du crâne cl l'aplatissement du coronal ou do l'occipital. Examinant comparativement le [K)ids dû cerveau chez les idiots et chez les indi\idus doués d'intelligence, M. IMuX a trouvé que cet organe était plus léger chez les premiers de 1/1 :5* environ. Cependant c^ médecin reconnaît (pi'il n'y a jkis de rapport direct, ctmstant, entre le dé- VeIopp<*ment de l'intelligence et le poids de l'encépiîale, et que les différents degrés àe l'idiotie ne se mesurent ni par le |>oids de cet organe, ni par celui de ses diverses parti(*s prises isolément.
Le ceneau des idiots |)eut étn^ régulièrement ccmformé; mais très souvent il présente quelque vice dv confonnation, couune un arrêt de dévelop])ement jKirtiel (lu général, ou bien il y a absence, destruction de (juchpies-unes de ses parties ou hydrocéphalie, etc. (les mêmes lésions se rencontrent dans le crâne des crétins ; c'est à tort, je crois, (pi'on a voulu faire de l'épanchement si'renx le caractère inatomique du crétinisme : ce n'est là h proprement parler, qu'un accident, qa'ane circonstance accessoire; les anomalies, les vic(*s d'organisation^ U's awvVi
de déveroppemeut constituent le seul caractère anatomique de l'idiotie oomineda crétinisme.
Divisions. — A Texemple d'Esquirol, nous classerons les idiots en deux gnmpci Dans le premier sont les imbéciles; dans le second se trouvent les idiots proprement dits. Dans une troisième classe cnfm on pourrait placer les crétins.
V Imbécillité. — Les imbéciles sont en général bien conformés, et leur «pnisation, dit Esquirol, dilTère peu de Torganisation normale; ils jouissent des facultés intellectuelles et alTeclives, mais à un degré plus faible que le commun des hommes; parfois ces facultés ne peuvent se développer jusqu'à un certain degré. Ils sont incapables d'attention ; ils ont une mémoire peu active et infidèle; ils ne peuvent s'élever à aucune notion abstraite. Quelques-uns appreouent U lecture, l'écriture ou un métier ; mais leur instruction à cet égard est toujours iacomplète et très bornée. Si quelques-uns sont susceptibles de reconnaissance, d'amitié, od peut dire que, en général, leurs affections sont peu durables. Les désirs vénériens sont très développés chez beaucoup; fréquemment ils se livrent à l'onanisme avec une sorte de fureur. Abandonnés à eux-mêmes, les imbéciles se dégradent facilement, se nourrissent mal ; ils sont malpropres, ils se livrent à des écarts de r^me : aussi leur .santé s'altère, le peu d'intelligence dont ils étaient doués s'affaiblit, et fl arrive qu'uu imbécile conduit dans un hospice présente, après quelques années, tous les caractères de l'idiotie.
2** Idiotie. — L'idiotie est le dernier terme de la dégradation humaine. Ici, eo effet, les facultés intellectuelles et morales sont presque nulles et même éteintes, les instincts seuls persistent ; il est même des cas où ils sont nuls. Les idiots sont pour la plupart muets ; ils sont sales au delà de toute expression ; presque tous ont une fusibilité obtuse ; beaucoup présentent des désordres dans la motUité, spécialement une paralysie ou tout au moins un affaiblissement de certains muscles, ce qui rend quelques-uns de leurs mouvements incertains et même impossibles. Il y en a qui ont des tics, des contractures. Très peu d'idiots sont sensibles à la musique, et susceptibles de retenir et de répéter quelques airs ; il n'y en a qu'un très petit nombre qui apprennent non pas à lire, mais à é()eler, et même toute leur science se borne le plus souvent à ne connaître que quelques lettres de l'alphabet Les idiots sont timides, poltrons ; leurs facultés affectives sont en général nulles ; beaucoap sont méchants. Ils peuvent généralement manger seuls; mais ils le font salement, avec voracité et sans discernement. On est le plus souvent obligé de les coucher, de les lever, de les vêtir et de les déshabiller.
Lorsque la dégradation est encore plus complète, les idiots ressemblent a des automates; ils restent accroupis quelquefois pendant des journées entières; d'auUts vont à quatre pattes; ceux qui marchent le font par saccadc*s, en cauetaiit; les sens sont plus ou moins obtus, quelques-uns sont alK)lis ou pervertis; la sensibilité générale surtout peut être tellement altérée, qu'on a vu des idiotes accoucher, subir des opérations douloureuses, se brûler vi\es, sans paraître en avoir la nH)iDdre conscience, sans proférer la moindre plainte, et même en souriant. (It^s individus oe sont susceptibles d'aucun sentiment, ni de haine, ni d'amour; la plupart ne sauraient manger seuls; il faut leur introduire les aliments dans la bouche, et quelquefus jusque dans l'œsophage ; beaucoup sont rachitiques et épileptiques.
3" Crétinisme. — Le crétinisme est une forme d'idiotie qui règne cudémiquement dans certaines localités, spécialement dans quelques vallées des Alpes et des Pyrénées, et qui s'accompagne souvent de quelques déformations extérieures, spécialement du développemcul l\^Y^vlv<wçU\c\jie du corps thyroïde (voy. Gtnfrf). In
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habile observateur, le docteur Cerise, qui a étudié le crétinisme avec beaucoup de soin, a prouvé que la tétc des crétius était souvent non symétrique, mal conformée : il a très fréquemment trouvé une dépression sus-orbitaire ou fronto-temporale plus ou moins marquée; mais le développement du crâne était en général considérable, puisc[u*il dépassait la moyenne qu*on trouve chez les autres sujets. I^s crétins, d'après M. Baillarger, seraient remarquables, non-seulement par un arrêt de développement dans révolution cérébrale, mais il y aurait de plus chez eux un développement incomplet , irrégulier et souvent très lent , de Toi-ganisme entier. Ainsi M^ Baillarger a vu dans les Pyrénées des crétins chez lesquels, à dix-huit et même à vingt-quatre ans, la deuxième dentition n'était pas encore commencée, et qui ne présentaient aucun signe de puberté. Ce caractère est-il assez constant pour constituer un trait distinctif du crétinisme? C'est à une obsenation ultérieure à le prouver. Quoi qu'il en soit, ou doit, pour le crétinisme comme pour l'idiotie, admettre des degrés divers.
L'idiotie est une aflection nécessairement incurable et qui abrège beaucoup l'existence; la plupart des malheureux qui en sont atteints meurent jeunes, les imbéciles seuls peuvent arriver à une vieillesse assez avancée ; mais les idiots d^ bas étage succombent à un âge encore tendre, et il est rare qu'ils dépassent la vingtcinquième année. La plupart meurent phthisiques , scrofuleux , ou sont emportés par quelque affection des voies digestives, excitée souvent par leur voracité.
Diagnostic. — On a longtemps confondu l'idiolic el la démence ; mais ces deux états sont essentiellement différenls l'un de l'autre, car l'idiotie commence avec la vie : c'est une absence œngénitale des facultés intellectuelles et affectives, tandis que la démence est la suspension ou la destruction de ces facultés après leur déve* loppement. L'homme en démence, dit Esquirol, est un riche devenu pauvre; l'idiot, au contraire, a toujours été dans l'infortune et la misère.
D'après ce que nous avons dit plus haut, il est évident que nous n'établissons aucune différence radicale entre l'idiotie et le crétinisme.
Éiiologie. — On ne sait rien de précis sur les causes de l'idiotie; on a regardé la maladie comme survenant souvent après des tentatives d'avortement, après des coups, des chutes sur l'abdomen, ou lorsque des femmes ont été en proie pendant leur grossesse à de vives émotions de l'âme. Un accouchement difficile, les manœuvres avec le forceps faites sans précaution , ont été coi^idérées comme pouvant avoir aussi le même effet. Mais l'influence de ces causes est encore tout entière à démontrer, pans certains cas, l'idiotie se lie à un arrêt de développement du crâne ou du ceneau, ou aune destruction partielle de cet organe, ainsi que nous l'avons déjà noté à l'occasion de l'agénésie cérébrale. L'idiotie est plus fréquente dans les campagnes que dans les villes; elle constime souvent une affection héréditaire. Nous avons dit qu'elle pouvait régner endémiquemeiit dans certaines vaffées humides; elle coïncide tr<»s souvent alors avec le goitre, non que cette difformité doive être c^use de Tidiotie, mais les deux affections semblent se développer sous l'influence des mêmes conditions hygiéniques. Nous renvoyons à ce que nous avons dit précMennnent aux pages 190, 191 et 192, où nous avons établi que le goitre résultait de causes multiples. Ajoutons ici que les conditions hygiéniques ne pourront jamais faire un crétin d'un individu bien conformé; mais celui-ci, en séjournant dans la localité infectée de crétinisme, reçoit l'aptitude à procréer des enfants crétius. Le crétinisme est donc toujours une affection congénitale».
Traitement. — Si l'on ne |)eut guérir l'idiotie, il est du moins aa^wi^vt 4>\ médecin d'améliorer la /xMJitiou des malheureux qui eu souV. ^tt^icXfes. ^vi \«^x^
^iô DES NÉVROSES.
avant loiit placer les idiots dans des conditions hygiéniques favorables, leur donner une bonne nourriture , les entretenir propres et leur faire prendre de rexertke, ainsi qu'Itard le conseillait. En même temps, ou essaiera d'améliorer par Tédocation leur état intelleciuel. Dans celte Ulcbe pénible et honorable, on ne siorait prendre de meilleur guide que les travaux d'Itard et ceux de M. Séguin. On Sra non sans admiration, dans le traité spécial que ce dernier a publié sur l'édocatioa deis idiots, la série des ressources que son esj)rit ingénieux sait opposer aux obàacles sans nombre (juo lui présentent les natures réfractaires qu'il combat
Dans les pays où le crétinisme est endémique, on a conseillé de trausporter ks enfants qui en étaient atteints au delià de la zone dans laquelle la maladie régnait Les beaux résultats cpron a obtenus en agissant ainsi doivent encourager ^ persévérer dans celle ligne de conduite. On peut améliorer rintelligence des crétins comme celle des idiots : cVst une lâche ({ue poursuit en ce moment avec succès, dans le canton de Berne, le docteur Guggenbiihl. Pour purger un pays iufccté de crétinisme, il faut améliorer l'hygiène des habitants; il faut ventiler, assainir, répandre avec les moyens de communication le travail et l'aisance , et favoriser aussi riuunigration d'individus forts, bien constituée, et arrivant de localités où le crétinisuie ne règne point