‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 231 sur 265 · QUATRIÈME GENRE DE NÉVROSES · texte numérisé non relu

QUATRIÈME GENRE DE NÉVROSES

IVÉVROSES COHPLEXES.

DE L'ÉCLAMPSIE des ENFANTS.

Synonymie. >- Cony ulsions des enfants, mouremenU conrulsifi ; insuUus epUepiicus, epUepsia puerilis.

Sous le nom fïédampsie , on a confondu une foule de maladies de renfance ayant pour caractères communs des mouvements convulsifs. Mais aujourd'hui il convient de donner à cette expression un sens plus précis, et de la consacrer exclusivement {)our désigner les convulsions sympathiques ou idiopathiques autres que l'épilepsie, et qui ne sellent à aucune altération matérielle saisissable des centre» nerveux.

Historique, — Les convulsions ont de tout temps fixé ratlentîon des médecins. Vouloir en tracer l'histoire depuis Ilipjwcrate juî>qu'à nous, ce serait presque!^ celle de toute la médecine; ce point, d'ailleui^s, a été traité avec tous les développements convenables par un savant médecin, M. Brachet, dans son Traita iii convuisiom de l'enfonce. Ce livre, bien supérieur à celui que Baumes i'Trîvil snf le même sujet au conunencement de ce siècle , est rempli de faits pratiqu<*s intéressants; mais trop souvent peut-<Hrerauleura-l-il confondu les différentes espèces de convulsions, et nous reprocherons à sa critique de n'être pas toujours asseï sévère, ('e livre est, je crois, avec celui du docteur Zangerl, de Vienne, le seal traité moderne sur les convulsions des enfants; mais dans tous les pays ou a écrit sur ces affeclions une foule de disseriations et d'articles, parmi lesquels nous distinguerons surtout celui qui a été inséré par MM. Ouersant et Blarbe datts la deuxième édition du Dictionnaire de médecine.

DE L'ÊCXAMPSIC des ENFANTS. 711

Ânatomîe pathologique. — Chez les enfants qui succombent après une ou plusieurs attaques d'éclampsie, ou ne trouve ni dans le cerveau, ni dans là moelle, ni dans leurs enveloppes, aucune altération appréciable. Quelquefois cependant la substance encéphalique est plus ou moins cx)ngestionnée , mais cette lésion n'est pas constante ; les poumons sont aussi parfois gorgés de sang noir, comme dans l'asphyxie; mais, dans une foule de circonstances, Tinspection cadavérique nonseulement ne peut rendre compte des accidents observes i)endant la vie, mais elle ne nous apprend rien non plus sur la manière dont la mort est survenue.

Symptômes, marc/ie, — L'éclampsie se manifeste souvent d'ime manière brusque et sans cause. Quelquefois on a remarqué quelques prodromes : ainsi les enfants sont irritables, moroses ; ils ont de l'insomnie ou de la somnolence, un sommeil agité, ou bien leur face est plus colorée , leurs yeux sont brillants , ils ont de la fixité dans le regard, etc. Bientôt pourtant les convulsions débutent; tantôt elles sont générales, tantôt partielles. Dans les premiers cas, dit M. le docteur Lecœur (de Caen), auteur d'une bonne thèse sur l'éclampsie, la figure prend un air de douleur et d'effroi; les yeux sont ouverts ou fermés, louches, renversés, agités de secousses rapides ; les pupilles sont dilatées ; les traits de la face sont tendus, déviés ; les muscles exécutent alternativement dos mouvements brusques et violents d'extension et de flexion ; ils sont souvent renversés, déviés ; l'avant-bras est ordinairement eu pronation forcée ; les doigts sont fortement fléchis dans la paume de ta main. En général , dans ces cas , la respiration est pénible , embarrassée , entrer coupée de cris plaintifs, par la participation des muscles de la poitrine à l'état convulsif général ; alors le pouls est très petit, d'une fréciuence extrême, et souverit irrégulier; la face, d'abord pâle ou injectée, devient bleuâtre, livide, surtout aux lèvres. L'enfant, privé de connaissance, est complètement étranger à tout ce qui l'entoure, et la sensibilité elle-hiéme est quelquefois entiènanent abolie; enfin la peau est couNerte de sueur, et la température du corps est souvent augmentée; mais il n'est pas prouvé, ainsi qu'Alph. Leroy l'a avancé, qu'il existe une chaleur plus vi\(> au front et au niveau de la grande fontanelle que partout ailleurs.

Cependant les convulsions n'ont pas le plus ordinairement ce degré de violence; ainsi elles sont parfois bornées à une moitié du corps ou bien aux parties sous où sus-diaphragmatiques, spécialement au cou, ti la face ou seulement à quelques points de ces régions. Dans ces cas, la sensibilité persiste, l'ifitelligence n'est pas tout à fait abolie, les fonctions organiques ne sont pas troublées; à peine remarquet-on dans quelques cas une légère accélération d(îs mouvements respiratoires. Chez les très jeunes enfants, chez les enfants nouveau-nés surtout , l'éclampsie , d'après la remarque de MM. Guersant et Blache, peut se manifester avec des caractères encore moins tranchés et être plus circonscrite. On serait porté, disent ces médecins habiles, h croire que l'affection est alors presque étrangère à l'appareil cérébrospinal, et qu'elle n'a son siège que dans le système ganglionnaire. Dans ces cas, en effet, les accès s'annoncent par une accélération rapide des mouvements respiratoires, a\ec pâleur de la face, couleur violacée des lèvres, fixité des yeux, phénomènes qui, après avoir duré quelques secondes à peine, se dissi))ent, puis toutes les fonctions reviennent h leur état normal.

Il peut n'y avoir qu'une attaque, d'autres fois plusieurs se succèdent à de courtes distances; un grand nombre peuvent ainsi assaillir le j)etit malade pendant un ou plusieurs jours, de manière à ne laisser que de très courts intervalles de calme. En général, les convulsions ont plutôt lieu le jour ([ue la nuit : U UwvÂvixvi. 's^V^vt^ semble les exaspérer. Le retour de l'intelligeuoe esV i\\xvi\vYJiel'çîv^ vx^ \^\\*i.^ ^

arrive aussitôt après que les convulsions ont cessé. Mais lorsqu'il y a eo plusiears paroxysmes, les enfants restent ordinairement quelque temps assoupis, affaissés; ils ont le regard étonné, hébété; ik éprouvent une extrOme lassitude, et ne recouvrent que lentement la plénitude de leur raison. Si , par contre , les accès sut éloignés; si, par exemple, il n*y jpn a que deux ou trois dans la journée, et slk sont peu intenses, Tenfant sera assez calme dans les intervalles des attaques: il sera sans fièvre ; quelquefois on remarquera seulement un peu de tendance à b somnolence. Ine fois revenu à lui, le jeune malade est à peu près dans le même état où il se trouvait avant Tattaque; quelquefois cependaùt on reconnaît qa*ila perdu Tusage d'un ou de plusieurs sens, ou qu'il est paralysé d'an membre, ce qui indique que quelque altération grave est survenue dans la boîte crânienne. En pareil cas on doit soupçonner[avànt tout une hémorrhagie cérébrale ou méningée, qui entraîne après elle une hémiplégie permanente avec atrophie consécutive des muscles et des os eux-mêmes.

L'éclampsie peul-elle atteindre le fœtus ? Nombre de faits le prouvent ; on a vu, en effet, à la suite d'une émotion vive de la mère, l'enfant que celle-ci porte dans son sein être agité de mouvements désordonnés , perceptibles pour elle et même pour les assistants.

Terminaisons, — Les convulsions entraînent souvent la mort CeUe-ci a lieu quelquefois après une seule attaque violente; mais le plus sou\ent ce n'est qn*à la suite de crises fréquemment ré|)étées. La mort arrive tantôt par l'effet d'une congestion cérébrale, tantôt par suite de l'asphyxie ; quelquefois enfîn, ne trouvant point à l'autopsie de lésions suffisantes pour expliquer la mort, on est porté ^attribuer celle-ci à une syncope ou à une suspension de l'innenation.

Lorsque la maladie a une heureuse issue, les symptômes cessent rapidement ou peu à peu. S'il y a plusieurs accès, ils s'éloignent, et leur intensité va en diminuant. L'amélioration s'opère presque toujours sans crise appréciable.

Lorsque les malades reviennent à la santé, la plupart ne consen ent aucune trace de l'affection. Quelques-uns pourtant, avons nous dit, restent infirmes : les uns soot hémiplégiques, d'autres ont des contractures. ]>L Jules Guérin a établi, en effet, que beaucoup de torticolis, de pieds bots et de déviations du rachis, sont la suite de convulsions éclamptiques sunenues, soit avant, soit après la naissance.

Diagnostic. — Nous verrons plus tard comment on pourra distinguer réclanpsie de l'épilepsie. Quoi qu'en ait dit M. prachet, il ne peut y av(Mr aucune difficulté dans le diagnostic entre l'éclampsie et l'hydrophobie ; car, dans celle-ci, il y a une horreur invincible pour les liquides, puis un spasme remarquable des muscles respiratoires et une spulation incessante. Il est, au contraire, très difficile de déterminer, du moins au début, si des convulsions sont essentielles ou si elles sont symptomatiques de quelque altération profonde des centres nerveux. Cependant, en ayant égard ^l'invasion brusque de la maladie, et surtout à sa marche, on parviendra à donner de la précision au diagnostic. En effet, rarement les affectioiis cérébrales, queik^s qu'elles soient, débutent par des convulsions, mais ceiles-ci n'ont guère lieu que consécutivement à d'autres symptômes. Ainsi, dans les méningites simple et tuberculeuse, qui sont à peu près les deux seules affections qu'on roicontre dans le jeune âge et qu'on pourrait confondre avec réclam|)sie, il y a communément une première période d'agitation caractérisée |)ar des cris aigus, il y a une fièvre plus ou moins vive, parfois une exaltation de la sensibilité cutanée, et surtout des vomissements répétés et une consti|>ation plus ou moins opiniâtre : s'il y a alors des mou\emexv\& cA^KswVsÂfc, \\& u^ ^wv <\iic ^rtiels, lx>rni-s, par

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