DE L*ÉCLAMPSIE DES ENFANTS
exemple, à quelques muscles delà face. Enfin, dans les cas rares où Tincertitude persiste, on trouvera dans la marche différente de TalTcction, continue dans un cas, intermittente ou rémittente dans Tautre, de nouveaux éléments pour le diagnostic différentiel.
Pronostic. — Les convulsions constituent un état grave , qui doit toujours exciter la sollicitude du médecin. Cependant diverses circonstances peuvent rendre le pronostic plus ou moins fàchciu^. Ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, i'éciampsie paraît moins grave à MM. Brachet, Guersant et Blache dans la première enfance qu'à un âge plus avancé. Celle qui se déclare sous Tinflueuce d*une cause passagère facile à éloigner n*est pas ordinairement fâcheuse. On a dit, au contraire; que les convulsions provenant d'écarts dans le régime, d'une frayeur, ou bien que celles qui arrivent après une émotion vive éprouvée par la nourrice, sont plus fâcheuses que les autres; mais cette opinion n'est peut-être pas encore appuyée dç faits suffisants pour pouvoii* être acceptée comme chose démontrée. Ce qu'il y a d'incontestable, c est que le danger est d'autant plus grand que les convulsions sont plus générales, que les crises sont plus rapprochées, que lés accès sont plus violents et les facultés intellectuelles plus complètement abolies dans leurs intervalles. La fièvre est aussi une circonstance très aggravante, car elle se lie presque toujours à une complication ; on ne saurait par conséquent, avec quelques hippocratistes, regarder la fièvre comme ime sorte de crise des convulsions, et partant, comme une circonstance heureuse. Les convulsions, arrivant au début ou dans le cours de n'importe quelle affection, devront toujours aggraver le pronostic; des faits npmbreux ont aujourd'hui prouvé combien était peu fondée l'opinion de Sydenham, qui regardait les mouvements convulsifs survenant dans les prodromes des varioles conune un indice que l'éruption sera discrète et la maladie bénigne.
Étiologie, — L'éclampsie sévit plus spécialement sur les enfants très jeuoes. On l'observe à peu près également chez les garçons et chez les petites filles; mais, comme le remarque notre ami le docteur Lecœur, professeur à l'école de Caen, le sexe est sans influence dans la première période de l'enfance, tandis que plus tard, les convulsions idiopathiques et symptomatiques sont plus communes chez les filles que chez les garçons dans la proportion de 3 à 1. Cette différence tient sans doute moins au sexe qu'à la prédomiiiaqce du tempérament nerveux chez les petites filles après l'âge de sept ans. Les auteurs regardent connue étant surtout prédisposés aux convulsions les enfants dont l'intelligence est précoce, ceux qui ont une physionomie mobile, qui sont impressionnables, et dont le sommeil est agité. Baumes dit en outre que les enfants qui ont une tête volunîineuse sont plus particulièrement prédisposés aux convulsions ; mais l'exactitude de cette proposition, répétée d'ailleurs par tout le monde, est mise en doute par deux honmies expérimentés, MM. Blache et Guersant. Quoi qu'il en soit , une cause prédisposante bien autrement puissatile, et dont personne ne conteste l'influence, est l'hérédité, €m du moins une disposition organique spéciale à des individus issus d'une même origine : ainsi on cite des familles dont tous les enfants sont emix)rtés par les convulsions. On lit dans la thèse de i\L Duclos (18^47) un exemple bien remarquable de la prédisposition aux affections convulsives de nature grave que les parents jMîuvenl transmettre à leurs enfants. Il est bien moins prouvé que les émotions morales de la mère pendant la grossesse puissent prédisposer les enfants à l'éclampsie : cependant on a cité (pieUpies faits à l'appui de cette doctrine, mais ils ne sont pas assez nombreux pour prouver qu'il n'y a pas eu sfevxUtvcv^v.VNKK simple coïncidence.
Chez les enfanls prédis[)osés, les convulsions éclatenl sous rinducnco d'une foule de causes : ainsi la frayeur, la colère, une douleur vive, le chatouillement, le séjoar dans un appartement trop chaud, ou bien un froid trop vif, une ludîs^i^stion, une hémorrhagie légère, peuvent les provoquer; le travail de la dentition a souvent le même résultat. Quelques faits prouveni aussi que les émotions de la nourrice peuvent retentir d'une manière fâcheuse chez Tenfant, et provoquer des convulsions: disons cependant que les cas de ce genre sont plus rares qti'on ne croît 11 est enfin des enfants tellement prédisposés, que les convulsions éclatent chez eux à roccasion de la moindre cause : ainsi chez les uns il sufUt d'un shnpie accès de fiè\re éphémère pour les exciter ; les quintes de la coqueluche ont quelquefois le mi^me effet chez d'autres. Beauc4)Uj) de médecins, mais le vulgaire surtout, rapportent soayent les convulsions des enfants à la présence d'entozoaires dans le tube digestiL Nous avons dit précédemment (page /iliO) que celte opinion n'était pas dénuée de fondement, mais que cependant on avait beaucoup exagéré les désordres locaux on sympathiques que le-s vers inlesthiaux j)ouvaienl })r(Kluire.
Traitement. — Arrivé près d'un enfant qui est atteint de convulsions, il fant suivre les préceptes que MM. Giiersant et Blache ont si habilement tracés. On déshabillera le petit malade, on le débarrassera de tout Uen, et s'il (»st dans une pièce trop échauffée, on le transportera dans un lieu frais. Ces précautions ont souvent suffi pour amener prômptement à bieii des enfants qui paraissaient être dans on état grave. On devra en même temps s'informer de la santé habituelle du malade et de son régime ; on cherchera à connaître la nature et la quantité d'aliments qu'il a ïnangésà son dernier repas; on explorera le ventre avec soin pour savoir s'il est douloureux; on cherchera par la percussion \\ apprécier le \olume de l'estomac Si l'on est conduit à rattacher les convulsions h une digestion difficile, à une distension de l'estomac par di^ aliments, on provoquera l(;ur expulsion par l'administration d'un vomitif ou par la titillation de la luette. Dans le cas on les convulsions sont très violentes, lorsqu'il y a trisnuis, et que la réaction est vive, MM. Blache et buersant conseillent de faire une petite déplétion sanguine avant d'administrer le vomitif, afin d'amener une détente qui facilite ensuite l'administration des évacuants gastro-intestinaux.
Si l'enfant est à l'éjwque de Téruplion des dents, on examinera les gencives; et dans l(î cas où celles-ci seraient tendues, douloureuses, on pratiquerait à ce nivean une incision cruciale pour faire cesser resj)èce d'étranglement qui existe.
Dans les cas où il est impossible de remonter à la cause des convulsions, et lorsque l'enfant est fort, pléthorique, lorsque la face est injectée, vullueuse, on doit combattre la congestion céphalique par quelques sangsues mises derrière les oivîlles, par des révulsifs promenés sur les extrémités inférieures, par quelques applications froides sur le front et l'emploi de légei-s minorât ifs. C'est dans vi.*^ cas que pliisîeors médecms, et entre autres M. le profess(»ur Trousseau, paraissent avoir obtenu de bons résultats de la compression des carotides. On a conseillé, a|)rès ces moyens, de plonger les malades dans un bain tiède, et de les y maintenir longtemps ; quelquefois aussi, disent MM. Cuersant et Blache, on a eu reconi-s à de légères aiïusionsd'ean jfroide sur la tète, ou bien à des irrigations continues faites sur la fontanelle à l'aMe du robinet d'une fontaine.
Lorscjue les convulsions iKTsistenl nonobstant les moy<»ns mis en nsag(>, on doit recourir aux antispasmodiques. Ceux qui ont paru les plus utiles à MM. BlaclK' rt Guersant sont le musc et l'oxvde de zinc. Le musc est, en pareil cas, un médicaniimi excellent, mm il laul Ve \>tttVfct V vsskft ^sà«L\«xx\R. ^kïs*^^ ^ks^&ss^ 40^ 60,