DU HOQUET
sécrétions être augmentées et modifiées dans le cours de certaines névroses. Noos ne contestons pas que dans ces cas l'obstruction des bronches par le mucus n*ait une certaine part dans les accidents que nous observons, mais nous répétons quQ cet élément, que M. Beau regarde comme primitif, comme essentiel, que le mu-* cas, dont M. Beau compare, ici les effets à ceux que produit le calcul dans la colique néphrétique, nous paraît un accident, une conséquence de la maladie. U est impossible, quand on considère le début brusque de la maladie , sa cessation rapide, ses retours irréguliers et souvent si capricieut, l'influence qu'exercent sur la marche des accès certaines circonstances, comme le plus ou le moins d*intensitéi de la lumière ou des ténèbres, le changement de lieu, etc. ; il est impossible, dis-je, de ne pas croire à une névrose du poumon. Que se passe-t-il dans Torgane ? Se produit-il une contraction convulsive des bronches ? C'est ce qu'on admet généralement , et c'est, en effet, ce que les expériences sur les animaux rendent probable (1). Le spasme des bronches, en s'opposant d'une part, à l'entrée de l'air, et en emprisonnant celui que leà vésicules renferment, explique pourquoi la poitrine reste sonore, et acquiert même un excès de résonnance.
Ihi hoquet.
Le lecteur sait que le hoquet est une inspiration convulsive, accompagnée d'un bruit particulier et qui se reproduit en général plusieurs fois par minute. Nous ne rechercherons pas si le hoquet est une affection convulsive du diaphragme, comme le voulait Hoffmann, ou une contraction spasmodiquc de l'oesophage, comme le pensait Boerhaave, plutôt qu'une névrose de l'estomac ou des voies respiratoires; car ces questions appartiennent à la physiologie, et nous entraîneraient hors de notre sujet.
Le hoquet ne constitue pas le plus souvent un état morbide à proprement parler, puisque, surtout chez les enfants, il ne produit pas même de la fatigue : presque toujours il se dissipe tout seul après une durée très courte.
Mais le hoquet est souvent un symptôme incommode dans le cours de plusieurs maladies; c'est ce qu'on remarque spécialement dans certaines affections aiguës et chroniques de l'encéphale, dans les |)éritoniles , les entérites , les dysenteries l^raves, dans les étranglements intestinaux, etc. Dans tous ces cas, la manifestation da hoquet est un signe de mauvais augure. Nous ne devons que rappeler ces faits sans y insister.
Le hoquet, dans quelques cas, est tout à fait primitif; il se développe alors indépendamment de tout état morbide appréciable, et constitue une affection véritable, qui, persistant pendant quelque temps d'une manière continue, fatigue et agace au delà de toute expression. Le hoquet ne se remarque guère que chez les sujets neneux doués d'une grande susceptibilité et chez les femmes hystériques. Tantôt il sunient spontanément, tantôt il est provoqué par quelque secousse violente, comme la colère, la fraypur. Ainsi que beaucoup d'autn^s névroses, il peut sunenir par imitation, comme le prouve un fait raconté par Sauvages.
Le hocfuet se dissipe ordiuainMnent tout seul. Une émotion vive, la contention d'esprit, l'ingestion d'une boisson fortement acide ou glacée, l'action de boire len-' tement et sans respirer, un éternument, etc., l'arrêtent quelquefois tout court. Mais quand il résiste et qu'il passe à l'état chronique, il faut employer la limonade
(i) Voy» LoDget, Traité it phiftiologiet U II, p. 828.
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Milfariqtre, les bail», l'éther, les opiacés, pois les rotnitife h titre d*agèlit8 petUfr-' biteurs, les révulsifs sur Tépigastre, depuis le sinapisme- jusqu'au catitfere actwA; Sœminefring préférait un large vésicatoire daûs le dos, et Shorth, afi Yéskitoire te long du cou, sur le trajet du nerf phréoique. Par la cottpression drcillalre de b base du thorax, ou par une pression directe et énergique sur TéfngaeCre dkigêf le bas en haut , nous avons pu maîtriser parfois des hoqueta qui atskfft été H^ fhictaires à tous les autres moyens. On t)ourrait recourir aussi k Félcettfdlé: M. Duchenne, de Boulogne, rapporte en effet dans les Archive» de i85i (ndÉlèro de mars) qu'il avait fait cesser sabiteinait un hoquet qui dvttsAi depuis bidt ï dit heures en galvanisant le nerf phrénique. Inutile de dire que si, cofttme CaslnJr Medicus en cite des exemples, le hoquet est périodique, on doit le combattit pv le qtiinquina.
DES NÉVIISOES SPÉCIALES A L'APPAREII CIftCtTLATOiftÈ.
Les névroses spiéciales au ceeuf sont le» palpitùtiom et la syncope, lldtis M dirons rien du spasme du cœur , avec bruit de soufflet et frémissement catairt, inaladic qui, quoique admise par LaënneC, ne nous semble pas avoir une existence bien démontrée. Nous ne parlerons pas non plus en particulier des irrégularitét et des intermittences que les battements du cœur présentent quelqu^forb sans qti*il existe aucune lésion organique; car ces troubles survenant le plus souvent ei fhéme temps que les palpitations, et sous Tinfluence des mêmes causes ^ae a$ dernières, nous ne saurions dire sur leur compte rien qtii leur soit spécial.
Quant aux névroses ptt)pres ad système artériel, j'appellerai seulement l'attes-* tkm du lecteur sur les battements insolites des artères avec ûu sans bruits morbides. Je ne crois pas que, dans l'état actuel de la science, ou ait démontré que ks altères pttissent être affectées d'une autre espèce de névrose. Il est, par exemple, Ibrt douteux pour nous qu'il existe des névralgies artérielles, comme LaênAec fa supposé. Quant au prétendu spasme artériel, caractérisé surtout par un bruit de fNniffle et même par un frémissement cataire dans les principaux troncs vasculaîrcs, et surtout dans les carotides, nous renvoyons à ce que nous avons dit aux articles Anémie et Chlorose, caf nous croyons que c'est seulement lorsque la quantité des globules du sang est diminuée, comme clic l'est dans les affections précédentes, qu'on observe les bruits morbides dont nous parlons, bruits dont le mécifiisaK est encore un mystère pour nous.
Dé« pAlpHationi nêrreaief do wmté.
Dans le langage médical, on entend, sous le nom de palpitations du èeeuti des mouvements désordonnés, tumultueux du copur, plus fréquents et leplussoevent aussi plus forts qu'à l'état normal, et s'accompagnant le plus ordlonrenent d'un sentiment de malaise et de douleur.
Nous avons déjà maintes fois signalé ce symptôme dans le cours de la plapart des maladies du cœur, du péricarde et des gros vaisseaux ; mais les palpitaticHis peuvent en outre se manifester chez des individus qui ne sont atteints d*aacme lésion matérielle appréciable de ces organes; on dit alors qu'elles sont fiervetum. G*est de ces dernières seulement que nous devons nous occuper ici.
Symptômes. — Les palpitations nerveuses placent Tindividu qui en est affecté à peu près dans les coiidi\ioti& d'\iii<& ^^«mon&ft d^^tn la circulation serait accélérée
DES PALPITATIONS NERVEUdES DU CCEUB. 1H
pif la ccNtfsê. Les battements du cceur sont, en eiïet, pins ffé€[i]ents, et s'élèTent à 90, 100 et pins par minute ; ils de? iennenten même temps très visibles; la main qipliquée sur la région précordiale les distingue, et le malade en a la conscience; il peut même ijttelquefois entendre di^inctement les deux bruits, surtout s*il se coutibe «Or lé côté gauche. Si le médecin explore la région précordiale pendant la durée des palpitations, il reconnaît d'abord que les iMittements du cœur sont plus accélérts, et qu'il y a un peu d'impulsion; mais, ainsi que Laênneè Ta noté, le choc» lors même qu'il parait intense au premier abord, a réellement peu de forcé d'im^^ pulsion, car il ne soulève pas sensiblement l'oreille de Tobserfateur. Parfois les bmits sont plus éclatants ; on les perçoit dans une plus grande étendue; on peut même les entendre à distance. U existe quelquefois un léger bruit de souffle au pre« oiier temps, qui disparaît, dit M. BouiUaud, aussitôt que le cœur est retenu à mm état de calme. On dit aussi que le froissement que les deux feuillets du péricarde exercent l'un contre l'autre avec une certaine violence développe un bruit de fral-^ tentent sec et superficiel limité à la région précordiale, et qu'on a comparé au bruit que fait la main en passant vivement sur le drap. Enfin le pouls, non-seulenieni est accéléré, mais il offre en outre assez souvent des inégalités, des intermittences tra des irrégularités.
Les palpitations s'accompagnent souvent d'un sentiment de gêne et d'anxiété, et quelquefois d'une véritable douleur à la région précordiale. Il peut y avoir une tendance marquée aux défaillances. En général, on observe une légère accélénH tiou des mouvements respiratoires. Laênnec ajoute que les urines sont habitneUe-^ ment claires et ténues.
Marche, durée, terminaisons, — Les palpitations nerveuses se déclarent en général brusquement ; suivant Laênnec, elles se montreraient plus particulièranent «d commencement de la nuit, et troubleraient le premier sommeil. Elles sont rarement continues ; ellos ont presque toujours une durée courte ; souvent même elles eont tout à fait passagères, mais elles se reproduisent avec nne*extrême facUité, et peuvent persister avec des intermittences plus ou moins longues pendant plusieurs années.
On croit généralement qu'en se répétant ainsi pendant longtemps, les palpitations peuvent entraîner rhypertro{)liie du cœur. On conroît, en effet, qu'un smv croit d'action du cœur puissf^ amener h la longue un excès de nutrition dans cet organe, ainsi qu'on le constate souvent à l'extérieur jx)ur les muscles qu'on exerce d'une manière plus continue. (Cependant cette opinion, très rationnelle en principe, ne pourrait pas, je pense, être encore justifiée par des faits. Laênnec a exprimé les mêmes doutes que moi.
Diaqnostic, — Il n'est pas rare de voir des palpitations nerveuses lairc croire à l'existence d'une lésion organique du cœur, et réciproquement. Cei)endant le dia^ gnostic différentiel ne peut, dans aucun cas, offrir de difficulté sérieuse. En effet, quelque intenses qu'elles soient, les paI[)itations nerveuses, comme toutes les névroses, offrent des intermittences plus ou moins longues, pendant lesquelles on ne constate aucun trouble appréciable du côté du système circulatoire ; il n'en est pas absolument de même dans les cas d'affection organique du cœur. D'ailleurs on ne pourrait confondre les palpitations nerveuses qu'avec une hypertrophie; mais nous SftTons que, lors(pie celle-ci (et c'est le cas le plus commun) s'accompagne de dilatation, la matité à la région précordiale est plus complète et surtout plus étendue. Ce caractère seul suffit, et nous n'aurions pas besoin à la rigueur, pour établir le diagnostic, de rappeler que l'impulsion est considér^M^ àiik&VVf<|\fttsxQ^^rài^^\M^
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marqaée dans les palpitations; que dans celles<ci les broits sont dain, fBoëÀr liques, tandis qu'ils sont sourds dans Taltération organique. Cette différence dus rimpulsion et dans le timbre des bruits, réuùte au caractère intermittent, iéra aiaèment distinguer les palpitations nerreuses de Thypertrophie simple, qui est exoosivement rare, aussi bien que de l'hypertrophie concentrique. Les seob cas fà Terreur soit possible sont ceux où, comme le dit M. Bouillaud, il exîsce à U fM des palpitations symptomatiques d'une lésion organique et des palpitatioiis de nature nerveuse.
Pronostic, — Le pronostic n'a rien de grave.
Étiologie. — Les palpitations nerveuses se rencontrent spécialemenl, comoM toutes les névroses, chez les sujets^ neneux et irritables. Ellet sont fréqaemoieM excitées par les aiïections vives de l'âme, comme la joie, la colère et la frayeur* pv les passions tristes, par un régime excitant, par l'abus des alcooliques, par lo veilles, par les excès d'étude et les plaisirs vénériens. Les palpitations sunienncit également fréquemment lorsque la quantité des globules de sang a diminué, c'està-dire dans la chlorose et l'anémie; dans quelques cas rares, elles sont liées, m contraire, à l'état pléthorique. On les rencontre aussi fort souvent dans le coan de certaines névroses, spécialement chez les hystériques et les hypochondriaqnei, ou chez les goutteux et les rhumatisants qui sont sujets à des douleurs erratiques^
TraUtnient, — Tout le monde est d'accord pour proscrire la saignée du traite* ment des palpitations neneuses. Les émissions sanguines ne doivent, en effet, élif employées que chez les sujets pléthoriques, lorsque la maladie semble dépendre de l'état constitutionnel, ou lorsqu'il existe quelque complication inflammatoire.
Dans le traitement des palpitations simples, on aura recours aux calmants, an antispasmodiques, comme les potions avec l'éther ou avec l'eau de laurier-cerise I la dose de 10, 20 ou 30 grammes. On pourra prescrire aussi, à l'intérieur, la digitale pourprée en poudre; mais cependant elle réussit moins bien, dans ce cas, que dans les palpitations qui sont symptomatiques de lésions organiques. Laénnec conseille les bains tièdes ou frais, suivant la saison. Le régime sera doux ; on évitera les courses, les fatigues et toutes les causes d'émotion. Il est à peu près inntik de dire que, s'il y a anémie ou chlorose, il faudra se hâter d'ordonner les fernigi> neux et un régime analeptique.
De la flfiMope.
Le mot syncope est consacré, depuis Galien, pour désigner un état morbide caractérisé par la perle complète et phis ou moins subite du sentiment et do mouvement, avec suspension des battements du cœur et des mouvements respiratoires. On dit qu'il y a lipothymie lorsque la respiration et la circulation continuant, le sentiment et le mouvement sont seulement diminués, sans être pourtant entièrement abolis.
Anaiomie pathologique. — Chez les individus morts par syncope, on trouve les poumons affaissés, ne contenant que peu ou point de sang, et sans engouement à leur partie postérieure. On peut expliquer avec Bichat ce fait anatomique, en disant que la circulation du saog s'étant interrompue tout à coup, n'a |>as eu le tempe de remplir les vaisseaux des poumons, comme cela arrive lorsque la mort générale commence par ceux-ci ou par Tencéphale. Le cerveau est également exsangue; le cceur, au contraire, contient le plus souvent du sang liquide on on caillots, exccplé pourtant dans les cas de sviicov^ v^t anémie*