DE LA SYNCOPE
Symptômes, marche, durée, terminaisons, — La syncope survient quelquefois brosquement, sans prodromes. I^ perte du sentiment et du mouvement, là suspension de la circulation, de la respiration et des sens, sont alors soudaines. Dans la plupart des cas, cependant, la syncope est annoncée par un état de malaise et d'anxiété ; il y a des vertiges et des tintements d*oreilles, la vue s'obscurcit, les idées sont obtuses ; il y a des bâillements et parfois des nauséeis, et des efforts de vomîssenient En même temps la face pâlit, les lèvres se décolorent, les extrémités se refroidissent ; une sueur visqueuse couvre souvent une partie de Tbabitude du corps; quelquefois Turine et les matières fécales s'échappent involontairement, e de petites contractions convulsives agitent les muscles de la face ; à ce degré, ce n'est encore que la lipothymie. Mais bientôt tout rapport avec le monde extérieur cesse : le sentiment et le mouvement sont entièrement abolis ; le cœur ne bat plus, ec les mouvements respiratoires n*ont plus lieu : c'est la syncope confirmée; on croirait alors que les individus ont cessé de vivre. Cette mort apparente ne diffère, comme on Ta dit, de la mort réelle, que par la persistance de certaines fonctions intérieures, telles que l'absorption, les sécrétions et la nutrition, qui, quoique moins actives, continuent néanmoins de s'exercer encore.
Dans la syncope, pourtant, les battements du cœur sont-ils réellement complètement suspendus, comme ou le dit à peu près universellement, ou bien sont-ils seidement plus rares et beaucoup plus faibles, ainsi que le croit M. Bouchut, ainsi que l'ont admis avant lui M. Copland, en Angleterre, et Récamier, en France? C'est un point qui ne nous semble pas encore définitivement jugé. Disons pourtant que, d'après les recherches récentes que ce médecin distingué a fait connaître dans son Traité des signes de la mort, l'absence prolongée des battements du cœur est le premier et le plus important témoignage de mort II croit que dans la syncope confirmée, les battements du cœur auscultés sont toujours entendus, quoique souvent à d^assez longs intervalles. Ayant, chez des animaux, déterminé la syncope en provoquant une hémorrhagie, il a vu les battements du cœur s'affaiblir et leur nombre toucher au tiers ou au quart du chiffre normal Mais si toute impulsion cessait pendant une minute ou deux, la mort était réelle. Quoi qu'il en soit, l'état de mort apparente produit par la syncope est de courte durée. £n effet, quelques secondes ou quelques minutes au plus se sont-elles écoulées, que les battements du cœur redeviennent perceptibles, la respiration se rétablit, les yeux s'ouvrent à la lumière ; les idées, vagues d'abord, reviennent promptement : les malades semblent sortir d'un sommeil profond. Ijk plupart n'accusent aucune douleur ; quelques-uns sont brisés, courbaturés, comme s'ils s'étaient livrés à un violent exercice, ou bien ils sont comme oppressés, et ont la sensation d'un poids sur la poitrine. Le plus petit nombre est dans un état de bien-être inexprimable : tel fut Montaigne après la syncope qu'il éprouva à la suite d'une chute de cheval ; tel fut aussi Jean- Jacques Rousseau.
La syncope, comme on le voit, a le plus ordinairement une durée tout éphémère, et ne laisse aucune trace après elle; cependant, dans quelques cas exceptionnels, elle se prolonge pendant beaucoup plus longtemps : c'est ainsi qu'on a vu des malades n'ctre rappelés à la rie qu'après une ou plusieurs heures, et même, dit-on, après plusieura jours. Mais nous croyons, avec Senac, que de pareils faits ne sauraient être acceptés qu'avec une grande réserve.
La syncope, terminée, |>cut se reproduire encore pendant une ou plusieurs fois et à des intervalles plus ou moins longs. Nous avons dit aillewt^^'^^^^^x^^^^ qtielquefois périodiquement et constitUiiit une destotmes\0Â çXw^^t^x^ ^«A^^^^c^
75^ Ï>BS NÉVROSES.
pernicieuse. Dans quelques cas la syncope se tennineparla nmrt; celle-ci sonieit alors à peu près insUuUnément
Diagnostic, — La syncope ne saurait être confondue avec la coogestioD, ni i^ec rhémorrhagie, ni avec la commotion cérébrales; c^r si, dans ces affections, il peat exister, comme dans la syncope, une abolition complète des mouvements et di rintelligence, la respiration et la circulation pourtant persistent Or cette diSlrence seule permet toujours d*établir le diagnostic différentiel II n*en est plus de même dans Tasphyiie; car, ainsi que nous le verrons plus tard, dans celte aflectipn la respiration est suspendue et les battements du cœur semblent aussi parfois abolis ; mais les congestions veineuses qui existent et la marche différente do symptômes établissent entre les deux états morbides une dissemblance marquée, et qull est généralement facile d*apprécier. Lorsque la syncope se prolonge, ainsi qu*on Tobserve, par exemple, dans certaines formes d*hy$térie, il ne semble pv aussi aisé d'établir si la mort est réelle ou si elle u*est qu'apparente. Cependût, pour M. Bouchut, même dans ce cas, le doute n'est pas possible, car pour lui fl n*est pas d'état morbide spontanément déclaré ou provoqué qui ne puisse ^tre dèr tingué de la mort réelle par la persistance des battements du .cœur. Si dans h syncope ceux-ci perdent beaucoup de leur force, et si leur fréquence diminue, ib n'en restent pas moins appréciables à V auscultation. On les retrouve égalemeit jusqu'à la période la plus avancée de l'apoplexie et de diverses sortes d*asphyxie, dans les empoisonnements par les divers narcotiques, dans le coma épileptiqne, dans l'agonie de la mort par congélation. Partout, enfin, dit M. Bouchut, ils existent à divers degrés de fréquence et de force pour témoigner de la persistance de la vie jusqu'à la limite la plus extrême, la mort étant le résultat inévitable de kor interruption trop prolongée. Cependant nous croyons que dans certains cas de syncope et d'asphyxie la perception des bruits du cœur«st tellement obscure, qols peuvent aisément passer inaperçus; nous ne voudrions donc pas qu'on pût ogoclure trop facilement alors à l'existence de la mort, ce qui aurait pour n^tat de faire négliger l'emploi de moyens qui n'ont eu souvent de succi's que pour avoir été employés avec une longue persévérance.
Pronostic, — La syncope n'a, dans la plupart des cas, aucune gravité; cependant elle constitue un état fâcheux lorsqu'elle se prolonge beaucoup et qu'elle se reproduit à de courts intenalles. Qui crebro et fortiter absque caum manifesta Unquuntur animo, derepente vtoriuntur, a dit Hippocrate, et l'expérience des siècles a vérifié Texactitude d'un tel pronostic. Toutes choses égales d'ailleurs, les synco|)es qui se déclarent brusquement à la suite d'une émotion ou d*une cause fortuite sont infiniment moins sérieuses que celles qui sur\iennent dans le coan d'un état grave de l'économie. La syncope est cependant, dans une foule de cas, une circonstance heureuse, qu*il faut même quelquefois tâcher de provoquer. On sait, par exemple, que se déclarant chez la femme en mal d'enfant, au moment où la tête franchit les parties extérieures, elle» épargner à la mère des dotdeurs bien cruelles. I^ syncope, en mettant les muscles dans un relâchement complet^ a souvent permis de réduire des luxations rebelles. On sait aussi combien est grand le nombre de blessés qui n'ont dû leur salut qu*à une syncope, laquelle, suspendant la circulation, a arrêté de la sorte l'écoulement du sang, et a pennis à ce fluide de 8*organis(T en caillots solides au niveau de la solution de continuité. Enfin, il est prouvé que la syncope qui sur\ient chez un noyé est une circonstance heureuse: car le cœur cessant de battre, et la respiration se suspendant, les phénomènes d'asphyxie n'ont pas \\^u : ^\isâ «&viSL v^VAa, ^<^ U vie se maintienne alors beau-
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coup plus longtemps. Nous croyons que la syncope, que beaucoup d*auteur$ regardent conune une circonstance favorable, et qu'il faut provoquer dans le traiteméat de certaines phlegmasies, telles que la pneumonie, est au contraire un état Ûcbeux qui doit favoriser la formation des concrétions sanguines du cœur, les- ^pelles, comme nous Tavous vu, ont beaucoup de tendance à se développer dans le cours des affections aiguës de nature inflammatoire.
La syncope survenant pendant Tinhalation des agents anesthésiques est une des (dus fâcheuses.
Étiologie. — Les causes principales de la syncope agissent sur le système circulatoire ou sur Tappareil nerveux. Ainsi les plaies et les ruptures du cœur sont promptement suivies de syncope par le trouble que ces lésions amènent dans les contractions de Torgane , et aussi par la compression brusque que le sang épanché exerce sur luL Les épauchemeiits abondants du péricarde par pérlcardite ou hydro-péricarde agissent de la même manière : nous en dirons autant des épan-r cbements dans les plèvres, lorsque, tout un côté du thorax étant reuii)li de liquide, le cœur se trouve déplacé et refoulé presque au niveau de l'aisselle. Les affections organiques du cœur produisent fré([uemment des syncopes : celles-ci sont rares dans l'hypertrophie du ventricule gauche, en raison du surcroît d'énergie de l'organe ; mais elles sont communes au contraire dans les cas de dilatation des cavités, lorsque les parois sont amincies et très affaiblies, lorsque les orifices ventriculaires on artériels sont très rétrécis, ou bien lorsque les valvules sont devenues insuflisante9 ou qu'il y a persistance du trou de Botal , altérations qui toutes i)euvent itvoir pour effet d'interrompre brusquement la circulation. Il en est de même des concrétioas sanguines qui s'organisent quelquefois avec rapidité dans les cavités cardiaques. Nous devons mentionner encore comme cause active de synco|)e, en opposant un obstacle mécanique ti l'action du cœur, l'introduction brusque de l'air dans les veines ou le dévelop])emeut spontané d'un fluide élastique dans le système circulatoire. Deux étals opposés, la pléthore et l'anémie, peuvent produire la syncope; car, dans la première, le cœur est quelquefois fatigué par l'excès du sang, par les efforts qu'il est obligé de faire |)our en déplacer la masse, tandis que, dans l'anémie, il n'y a pas assez de sang [)our exciter convenablement les contractions du cœur, et d'ailleurs la quantité que celui-ci lance vers le cerveau est insufTisante. Les hémorrbagies sont aussi une dos causes les plus puissantes et les plus fréquentes de syncope. A quantité égale, les hémorrhagies artérielles produisent la syncope plus facilement que les hémorrhagies veineuses. L'inanition, en diminuant à la fois la quantité du sang et l'énergie du cœur, a le même effet. Les perturbations brusques dans la circulation sont également cause de défaillance; c'est ce qui a lieu, par exemple, dans les cas où l'on plonge les membres inférieurs dans les ventouses du docteur Jumnl. C'est à |)eu près de la même manière que se produit la syncope aussitôt après la ponction d'une ascite, d'un k)sl(; ovarique,ou l'expulsion brusque du fœtus. 11 faut rapprocher de ces cas les syncops survenant après des évacuations abondantes comme à la suite de sueurs excessives, de débordement bilieux, de débâcles intestinales. Les principales causes de syncope qui agissent spécialefoent sur le système nerveux sont les émotioas morales vives, de plaisir, de peine, de terreur, l'impression de certaines odeurs , de certains bruits , la \uv de divers €l>jeis, le contact de certains corps, l'orgasme vénérien, une chaleur excessive, les mdigestions, les fatigues corporelles , toutes les causes d'épuisement de l'influx jlerveux, comme le sont les douleurs >ives, et notamment celles qui ont lieu pendant la parturition ou dans les crises de certaines u^\\a\v(\es, ç\e. V^wAv^xv^^ ^vv^^^*^
névroses, particulièrement rhystérie, peuvent encore provoquer des syncopo. Celles-ci semblent provenir dans d'autres cas par suite d*une action stmuhanènient exercée sur les systèmes nerveux et circulatoire : teUes sont les syncopes qui « déclarent après la morsure d*uu animal venimeux, .ou dans le cours des fièvra graves et pestilentielles, ainsi que dans les affections gangreneuses, et dans<iuek|iKi empoisonnements. Les inhalations de chloroforme ont quelquefois produit noe mort presque instantanée , et celle-ci parait être le résultat de Taction stupéfiante que l*agent toxique exerce directement sur le cœur : c'est ce qui résulte des intére»sants travaux publiés par M. Gosselin et par M. le professeur Coze.
Manière dont la syncope survient. — L'idée de placer le siège de la syncope dan le cœur est une des plus anciennes et des plus généralement répandues. Les os croyaient alors a une paralysie de Torgane, d'autres supposaient que le coeur Mt convulsé; Moi^agni admettait que ces deux états opposés pouvaient également piTh duire les défaillances; mais Bichat, dans ses immortelles Recherches sur la vie et la mort, a établi que la cause première de la syncope résidait essentiellement dan l'interruption de l'action du cœur, et qde les fonctions cérébrales et les actes qd en découlent n'étaient suspeudus que parce que le sang cessait d'arriver au cerveas. C'est évidemment dans cet ordre que s'enchaînent les phénomènes, lorsqtie lasntcope dépend d'une plaie, d'une rupture du cœur, d'un épanchement séreux oi purulent dans le péricarde, de la pénétration d'un fluide élastique dans les cavités cardiaques, de l'organisation de caillots fibrineux, d'une maladie organique du csur, d'une bémorrhagie abondante ou d'une des autres causes que nous avons précédemment énoncées et signalées comme agissant spécialement et primitivement sar le système circulatoire. Mais en est-il de même des autres espèces de syncope? CeDe qui survient par émotion morale, par l'impression qu'une odeur, qu'un son, que la vue d'un objet ou le contact d'un corps font naître, a-t-elle.lieu également de h même manière? Bichat le croyait, admettant, contre l'opinion généralement reçue, que les affections vives de l'âme, que les passions ne portaient pas leur première influence sur le cerveau, mais bien sur le cœur. Nous croyons, au contraire, que ce sont là des actes purement et primitivement intellectuels ; mais, tout en admettant cela, la théorie de Bichat n'en reste pas moins intacte. Il faut établir, en effet, que le trouble cérébral, qui est primitif et qui est impuissant à lui seul pour occasionner la syncope, peut troubler l'action du cœur, la suspendre, et c'est en raison de cette suspension, de cet arrêt dans la circulation, que la défaillance sun ient La syncope, comme on voit, part encore ici du cœur, mais c'est le système neneux qui a élé le premier impressionné par la cause efficiente. I^ théorie de Bichat est donc universellement vraie.
Pour nous résumer, nous dirons que la syncope résulte de ce que le coeur cew d'envoyer du sang vers le ceneaii ou de ce qu'il n'en envoie plus qu'une quantité insuATisante pour le stimuler; le siège de la syncope est donc dans le cœur. C'est intervertir l'ordre des phénomènes que de dire avec M. Piorry, que dans la syncope le cerveau cesse d'agir avant le cœur; soutenir aussi avec ce professeur que la mort dans la syncope résulte du défaut de sang, et non du défaut d'actioQ d« cœur, ce n'est pas émettre une idée nouvelle, mais remplacer seulement la cause par l'effet
Traitement, — D'après la théorie que nous venons d*ex|K)6er, il suit que, poor combattre la syncope, il faut réveiller l'action du cœur et favoriser Tafflux de sang vers le cerceau. C'est pour remplir cette dernière indication que Ton conseille de placer les malades Vv«>t\ïiwvvA^vûwv\^ ftfe \fv^\xç%.\a. \^^ ^\x v«^ ^Iws, ^os
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uiéiue d*éiever les bras, comme le veut iM. Pioiry, ce qui a pour but de porter mécauiquement vers le cerveau le sang artériel qui existe encore dans la partie supérieure du système circulatoire, et de rendre cet alllux plus facile lorsque le cœur jouit encore de quelques faibles contractions. La compression de Taorte peut encore être utile en pareil cas. La position horizontale suffit souvent à elle seule pour rappeler les individus à la vie.
On ranimera la circulation en débarrassant la poitrine de toutes les entraves, de tous les vêtements qui peuvent la comprimer ; on favorisera Taccès d'un air frais dans la pièce où le malade se trouve; on excitera certaines parties de la peau et des membranes mucjueuses : c'est ainsi qu'on projettera avec force sur la face, spécialement autour des orbites, de Teau très froide ; ou bien on placera sous les narines du vinaigre aromatique, de l'eau de Cologne ou des substances fétides. On prétend que ces dernières sont surtout efficaces dans les cas de syncope hystérique. £n même temps on mettra dans la bouche quelques gouttes d'un liquide stima-^ knt, comme le sont l'acétate d'ammoniaque, vanté par Sylvius Del Boé; Fhuiiede menthe ou de rue, préférée par F. Hoffmann, ou seulement du sel marin, comme Horslius le conseille. Si la syncope se prolonge, on fera des frictions excitantes, irritantes même, sur les tempes, sur les régions précordiale et épigastrique. 0|| donnera un lavement stimulant avec du sel ou du vinaigre. On procédera enfin à l'insufflation pulmonaire faite de bouche à bouche, en même temps qu'on cherchera à imiter les mouvements naturels de la respiration par des pressions méthodiques et cadencées sur la poitrine et l'abdomen. Mais, pour que l'insufflation soit efficace, il faut saisir la langue avec une érigne et la tirer fortement à rextcrieur, attendu que dans le décnbitus dorsal la base de l'organe tend à boucher la glotte, ainsi que Fa établi le docteur Bickersted. Lors(|ue le malade a repris ses sens, il faut attendre quelques instants avant de lui imprimer des mouvements, de peur que la syncope i;e se reproduise. C'est alors que Celse, Iloiïmann, Seuac, conseillent de faire avaler au malade un verre d'eau froide, qui, d'après ces auteui-s, serait un puissant analeptique. Cette pratique, dont l'efficacité n'est pas très démontrée, est encore adoptée par le vulgaire.
Hm battements nerveux dei artèrei , et spéoialement des bettemMits de r«octe.
Certaines parties du système artériel peuvent être agitées de mouvements insolites, de pulsations énergiques, comme s'il existait dans ces points une dilatation anévrysmale.
Cette affection, signalée même avant les écrits de Senac et de Morgagni, a surtout fixé l'attention de quelques auteurs modernes, tels qu'Albers de Bremen, Allan Bums, S. Cooper et Laênnec.
Causes. — Les battements insolites des artères ont été remarqués presque exclusivement chez les sujets neneux, chez les femmes hystériques, chez les hypochondriaques et les gastralgiques ; on les a vas, mais beaucoup plus rarement encore, chez les femmes pendant leur grossesse. On n'a guère rencontré jusqu'à présent d*une manière certaine les battements dont nous parlons que sur l'aorte ventrale, spécialement vers le point d'insertion du tronc cœliaque. I^ênuec prétend pourtant que ces mêmes battements peuvent occuper aussi l'aorte pectorale; mais rien ne justifie une pareille opinion.
Symptômes et marc/te. — L'affection dont nous traitons est caractérisée par des battements plus ou moins violents, visibles à l'œil, mais ^TVi^\Ms»^vvt\w^V>^.
main, et qui de l*épigastre s*étendcut à rombilic et jusqu'à h bifnrcatioii âerwxte, Eit appliquant à leur niveau roreillc nue ou armée du stéthoscope, on nedécoofre aucun bruit morbide, mais seulement une impulsion vive comme si une tmnenr anévrysmale existait en ce point. Cependant, par la palpation aidée de la perçassion, il est généralement facile de reconnaître que le calibre du vaisseau n'a sohi aucune ampliation. Ces battements, sans être précisément douloureux, sont c«peiiâànt incommodes; ils augmentent parfois momentanément de violence lorsque Tcstomac contient beaucoup de gaz ou bien lorsqu'il existe de la constipation. Ib offrent ceci de particulier, qu'ils ne correspondent pas toujours, sons le rapport ée la force et de la fréquence, avec le rhythme de la circulation. Ce fait, qoelqw extraordinaire qu'il soit, ne saurait être contesté, puisqu'il a été vn par Morgigm, par Albers et par plusieurs autres. Ces battements se développent souvent bn»quement et cessent de même ; ils disparaissent spontanément ou à l'occasion d'nae saignée (Morgagni), d'un purgatif (Albers), de l'éructation de gaz (Hodgsonl Ils ont une durée variable et tout à fait indéterminée : ainsi ils peuvent cesser d*§i jour ou d'un instant à l'autre, ou bien persister des semaines, des mois et mèm des années; mais, dans ce dernier cas, ils sont soumise des intermittences plus m moins longues.
Diagnostic, — Les pulsations dont nous parlons ont quelquefois fait crmrei i'existence d'un anévrysme de l'aorte ; Lacnnec et Bayle ont commis une fois cette erreur. Qn évitera cependant d'y tomber à l'aide de la palpation et de la perossion, qui , pratiquées méthodiquement , démontreront que le vaisseau n*a safai aucune augmentation de volume. Il faut employer successivement ces deux méthodes d'exploration, et les contrôler l'une par l'autre, car il arrive quelquefois que. par le palper, on croit sentir sur le trajet de l'aorte une tumeur plus ou moîm volumineuse : c'est ce qui fut obser\'é chez la malade de Bayle et Laënnec, q«i portait à l'épigastre une tumeur rénitente, pulsative. Mais en pareil cas la pem»siou pratiquée à ce niveau devra donner, au lieu d'un son mat, une sonorité tympanique. Cette tumeur peut éprouver en outre, d'un moment à l'autre, des changements dans son volume; elle peut même disparaître tout à fait, car elle a'at pas formée par uu corps solide, mais seulement par des gaz accumulés dans un point du duodénum ou du cAlon transverse. On distinguera de la même manière les pulsations neneuses de celles qui sont communiquées à une tumeur solide en contKt avec les parois artérielles. Ajoutons que dans ce dernier cas, comme dans» ceux où il y a dilatation anévrysmale, Tauscnltation fait découvrir au niveau des battements quelques bruits insolites de souille ou de râpe; d'ailleurs ces pulsations sont continues, et sont toujours isochrones aux battements du cxeur. Avertûsons enfin, eo terminant, que, chez quelques sujets amaigris et qui ont le ventre excavé, on voit souvent d'une manière plus distincte que de coutume les battements de l'aorte vmtraie, sans cependant qu'ils aient rien d'insolite.
Pronostic, — Les battements artériels constituent plutôt une incommodité qu'une maladie.
Traitement, — On a indiqué divers moyens contre les battements aortiques. Laênnec conseillait de faire quelques petites saignées ou d'appliquer un cenain nombre de sangsues à l'épigastre et à l'anus; il joignait à cela des bains tii'dfsrt quelques délayants; d'autres, comme Alk'rs et Parr>', ont vanté les purgatif Ëniin les antispasmodiques, connue i'éther, le c<imphre, le musc. Tassa fertida. parc isseut avoir quelquefois produit de bons effets.