DIXIÈME CLASSE DE MALADIES
WÊAMJkMOS» 8PÉC;iAI.l» A CEHTAIMS OBOAliÉS
OU A CEBTAIiVS TISSUS*
DBS MALADIES QUI SONT SPÊQALBS AUX ORGANES DIGESTIFS. 1^ Ia première dmilîtipii et dM aooîdantf qui lu eomoliqveBf,
C/est du cinquième au douzième mois de la vie extra-utérine que les dents font iffoit pour sortir de leurs alvéoles. Le prurit des gencives est le premier phénomène llllicateur de ce travail naturel. L'enfant, souvent inquiet et grognon, se calme |iniqo*oD frictionne doucement le bord libre des gencives; ordinairement il presse id-môme fortement le doigt, et porte habituellement à sa bouche ses mains ou les OMps étrangers qu'il peut saisir. Souvent la température de la bouche paraît aug- Pfentée; les joues sont plus colorées; une salive abondante, inodore, aqueuse, i^ïchappe presque continuellement et baigne le menton ; le ventre est plus relâché fK d'habitude. Le désir de teter est plus fréquent; les gencives, déjà plus rouges St çoQirae carrées, sont circonscrites dans leur partie externe et supérieure par un ndiord blanchâtre; quelquefois leur sommet présente quelques taches blanches, mi ne sont que le reflet de la dent à travers la muqueuse amincie. Ce travail peut m dprer que quelques jours ou se prolonger pendant plusieurs semaines, ou même pjJHieari mois. Enfin, les dents a|)paraissent ; mais elles ne sortent pas toutes en temps. Presque toujours ce sont les deux incisives médianes de la mâchoire mri se montrent les premières entre le sixième et le huitième vra&Vi^x
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puis, à quelques semaines de là, les deux iucisives correspoudaiites de la micWiit supérieure percent à leur tour. Après un nouveau repos, aussi long que le premier, sortent les incisives externesdes deux mâchoires; eu général celles d*en haut sortent avant les inférieures. Vers la fin de la première année, la première paire de petites molaires surgit, et le commeuc meut de la seconde année est marqué par réruptios des canines. Entre cette année et la troisième, la seconde paire de dents molairo fait sa sortie. Là se termine la première dentition, fournissant vingt dents, qudqueibis moins, jamais plus; on les nomme premières dentSy dents de lait, deoli temporaires.
Tel est le tableau fidèle des phénomènes de la première dentition. Noas l'atoft emprunté presque textuellcmeut à J. Frank, qui reconnaît cependant que la nature s*écarle souvent , par des combinaisons variées, de Tordre d*éruption que do» venons dindiquer, sans qu*il en résulte aucun inconvénient pour la santé. D*aprés un travail plein d'intérêt, dû à M. le professeur Trousseau, et qui est fondé sor Tanalyse de 65 observations, révolution dentaire ne se ferait pas précisément soivant Tordre tracé plus haut : ainsi, d'après cet auteur, on verrait 2 incisives takdianes inférieures, de huit à dix mois ; h incisives supérieures, de huit à quin mois; U premières molaires et 2 incisives latérales, de douze à vingt mois; k cf nines, de dix-huit à vingt -cinq mois; h deuxièmes molaires, de vingt-quatre à trente mois. Mais, nous le répétons, ces variations n'ont pas grande importance: Pour terminer, nous dirons que vers l'âge de cinq ans apparaissent li grosses molaires, qui établissent une sorte de transition entre la première et la seconde dentition, et qui sont persistantes comme les dents de cette dernière.
La dentition est im phénomène physiologique qui, presque toujours, se développe sans orage ; cependant, dans quelques cas, elle suscite divers accidents qui ont été distingués par les auteurs eu locaux et en sympathiques.
!• Accidents locaux, — Les accidents locaux sont peu nombreux. I^s principaux sont : 1° la tuméfaction de la gencive, qui est tendue, sèche, d'un ronge violacé, et très douloureuse à la pression ; 2*^ des aphthes qui ue présentent ries de particulier; 3" chez les enfants pauvres, la dentition laborieuse est devenue quelquefois cause déterminante de la gangrène de la bouche; 6" enfm, on a vu, et Billard surtout en cite quelques exemples , une hémorrhagie légère se faire dans les alvéoles ou à la surface des gencives; mais c'est là un cas excessivement rare.
2* Accidents sympathiques. — Ce sont les plus nombreux et les plus importants à connaître. L'accident le plus commun du travail de la dentition est un appareil fébrile continu ou erratique, qui n'oiïre d'ailleurs rien de spécial à noter; cependant, lorsqu'il est intense, il s'accompagne d agitation ou d'un état de somnolence, qui fait redouter quelque complication sérieuse.
Les troubles des organes digestifs sont extrêmement frc(|uents; (piclques enfants vomissent, mais presque tous ont de la diarrhée. Olie<ci peut être légère ou avoir une gravité telle que les enlants peuvent mourir avec des symptônu's cholériques. La diarrhée (celle du moins qui est modéré^ ) a été regardée pres(|ue de tout temps comme une circonstance favorable, et il est peu de médecins qui, aujourdlmi encore, aient une opinir * différente. Cependant M. Trousseau a conclu de ses récentes recherches que b diarrhée était toujours, dans les cas dont nous i^arions, une circonstance défavoiable, et qu'il fallait |)ar conséquent se hâter de la supprimer, attendu que, lorsqu'elle se prolongeait, elle était suiiie d'ulcéiatiotis iniesûnales. En outre, M. Tto\vâRKi»v ^ \\i\«\ cnù\v^<»& ^dbv^At ^m souvent chei les
DE LA DsmnriON et des accidents gui I.A compuquent. 789
enfants atteints de diarrhée que chez les autres : et, contrairement à ce qo*(m a dit, il a toujours reconnu un grand avantage à la supprimer. Ce même anteur regarde cette diarrhée comme étant le plus souvent le résultat d'une indigestion.
Les trouLles cérébraux sont les accidents les plus graves qui' puissent survenir dans le cours de la dentition ; ils consistent en mouvements convulsifs, tels que nous les avons décrits en traitant de Téclampsie. Ou a dit aussi qu*il se déclarait souvent des symptômes de congestion ; mais ce fait est plus rare qu*on ne le croit On a encore accusé la dentition de produire Thydrocéphale et la méningite tuberculeuse; mais nous avons cité plus haut (page 67 H) les recherches de M. Piet, qui contredisent formellement cette opinion.
Pendant le travail de la première dentition, surtout s*il se fait péniblement, on remarque encore fréquemment diverses éruptions à la peau : on les nomme vulgai* rement des feux de dents. Ce sont des plaques rouges, érythémateuses, papu^ leuses, qui se montrent spécialement aux fesses, aux cuisses, aux parties génitales, quelquefois sur les joues, très rarement sur d'autres parties du corps. Quelques enfants sont en outre pris d'ophthalmie, plus rarement de bronchite ou d'une petite toux convulsive, que Hunter comparée celle de la coqueluche. Cependant ces der- Biers accidents ne sont pas communs; d'ailleurs on n'a pas encore suffisamment prouvé le rapport qui pouvait -exister entre eux et la dentition, à laquelle beaucoup de personnes attribuent gratuitement presque toutes les maladies de la première enfance.
Il est impossible de tracer la marche que suivent les accidents variés que nous irenons d'énuinérer, car ils n'ont pas un cours bien déterminé ; cependant la plupart, du moins les plus graves, comme les convulsions, la diarrhée et la fièvre, se déclarent au plus fort de la maladie, et ne persistent guère que pendant quelques jours, mais ils sont sujets à récidiver. Il y a, en eiïet, beaucoup d'enfants chet lesquels l'éruption de chaque dent est marquée par la manifestation des mêmes symptômes; quelquefois pourtant la sortie des premières dents est orageuse, tandis que celle des suivantes s'o|)ère sans porter aucuu trouble notable dans l'économie.
Nul doute que les accidents graves dont nous avons parlé, comme les convulsions et la diarrhée, n'emportent un grand nombre d'enfants; mais on a exagéré lorsqu'on a fixé à la moitié (Berdmore) ou à un tiers (Plenck) le nombre d'enfants qui mouraient \ictimes d'une dentition difficile. La science, d'ailleurs, attend sur ce sujet des observations plus précises que celles qui ont été recueillies jusqu'à ce jour.
Iraifement. — Pour favoriser la sortie des dents et prévenir l'explosion des accidents dont nous venons de parler, il faut placer les enfants dans de bonnes conditions hygiéniques ; on les préservera du froid et de Thumidité, et surtout on ne devra point les sevrer avant la sorUe des premières dents, qui sont les incisives. Cependant que!(|ues auteurs ne veulent pas seulement que les enfants soient exclusivement nourris au sein pendant l'éruption de.s premières dents, mais encore ils s'opposent , avec Duval à ce qu'on les sèvre avant que toutes leurs dents de lait soient sorties; M. Trousseau ne consent lui-même au sevrage que lorsque les huit incisives et les quatre promières molaires sont percées, ce qui, comme on le voit, peut forcer h prolonger rallaitement jusqu'à dix-huit ou \ingt mois. Ce terme nous avait paru d'abord un pou trop long; mais l'expérience nous a prouvé depuis qu'il est prudent d'en a;;ir ainsi.
Pour favoi iser la sortie des dents, les uns ont conseillé , les autres ont hli^4 l'usage des hochets faits avec des r^)r,)s durs. < >.u\ c\u\ \«^5» *mV îiÀc^Y'^w^Xwk ^.xsss^^v^^^-
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les uns au débat, les autres à la fin, lorsque la gencive est distendue et retooKe par la dent II osi donc difTicile de se former une opinion bien exacte : cependant il nous a paru qu*au début, et quelquefois même pendant toiit le cours de la dentition, les hochets durs étaient préférables ; les enfants lés recherchent, et il est facile de voir ipi'il^ les pressent entre leurs mâchoires avec plaisir. Mais lorsque leurs gencives sont gonflées, douloureuses, lorsque la moindre prassâon etercfc sur elles réveille des souffrances vives , il serait irrationnel d*introdaitie dans b bouche un corps dur quelconque ; on doit alors se borner à humecter les parties malades avec un mucilage de gomme, avec du miel ou du beurre frais. C'est à CB moyens et aux cataplasmes chauds , promenés sur les extrémités , qu*il faut s boiner, toutes les fois qu'il n'existe aucun phénomène sympathique grave; dans le càé contraire, on devrait en outre inciser ou même exciser la gencive, pour faire cesser l'étranglement. Cette opération, que quelques personnes ont eu le tort de blâmer, a amené quelquefois une véritable résurrection chez des enfants en proie) des convulsion violentes.
Les symptômes prédominants exigeront un traitement spécial : ainsi on cherchera à modérer la fièvre par l'usage des bains, en diminuant un peu l'alimentitioti, en faisant boire à l'enfant une boisson douce. Ces moyens conviennent amrf pour combattre les éruptions cutanées. Pour modérer la diarrhée , on donnerl moins souvient à teter à l'enfant, on lui prescrira quelques préparations opiacées, ainsi que le sous-nitrate de bismuth. Enfin, contre les convulsions, on emploien ta série des moyens que nous avons précédemment fait connaître à l'article Éclampsie
]>e l'indigestion.
Avec Mérat, nous définirons rindlgestion un trouble subit et passager delà digestion.
Anatomie pathologique. — Le cadavre des sujets morts d'indigestion se putréfie ordinairement très vile; les intestins sont distendus par des gaz; restou^ac, rouge ou violacé uniformément ou par places, contient une certaine quantité d'aliments; mais l'état anatomique de la muqueuse n'a pas encx)re été convenablement apprécié. Quelquefois on a encore constaté une stase sanguine dans le foie , dans les ponmons et le cerveau; enfin on a vu parfois les bronches remplies de détritus d'aliments : ceux-ci y ont le plus souvent pénétré pendant la vie, mais ils ont pu aussi n'y arriver qu'après la mort. Il faut admettre alors que , par suite d'un dégagement considérable de gaz, l'estomac comprimé s'est débarrassé par le cardia des aliments qu'il renfermait : ceux-ci, s'acheminant dans l'œsophage, ont pu s'introduire librement dans le larynx entr'ouverl et jus<]ue dans les anfractuosités de) fosses nasales.
Symj)tômes, marche. — L'indigestion se déclare communément peu d'heures après le re))as. Les individus ressentent d'aboid un sentiment de plénitude ; ils ont de la gène, de la pesanteur, et même de la douleur à 1 epigastre; ils sont dans Fanxiélé, ils ont des éructations acides; ils rendent fréquemment |)ar la bouche des gaz exhalant une odeur d'hydrogène sulfuré; quelques-uns ont du hoquet: ils se plaignent de céphalalgie, de malaise, d oppression; enfin ils finissent souvent pr vomir dc»s aliments diversement altérés : cette évacuation sjwntanée , qui se fait ondinairement facilement, sans eiïorts, chez les enfants, est suivie d'un grand son- Jagement. Beaucoup ouV, etv ^iwvt^, d\js c<\Uc\iie8, des borborygmes; le ventre 5C niétéorisc lég6rcmcuV\ àcs %w. l(i\:\^<» ^wv. T«a^»& ^\ \^sù»»&\ «wsSvxw \r& maM»
DE l'indigestion. 7§1
sont pris d'^avies impérieuses d*allerà lasello, et expulsent une grande quantité de matières muqueuses, bilieuses, mêlées à des résidus alimentaires encore iraparfai-^ tement digérés. Dans ces cas, Tindigestion est dite complète, c'est-à-dire que l'estomac et les intestins ont été alors atteints simultanément ou successivement ; ici tous les aliments ont été expulsés. Quelquefois Tindigestion est incomplète , les troubles sont alors limités à l'estomac ou bien à l'intestin seulement ; dans l'un et l'autre cas, les matières alimentaires peuvent n'être expulsées qu'en partie, ou bien les accidents vers le tube digestif se bornent à un peu de pesanteur épigastrique, à quelques nausées, à quelques renvois acides ou gazeux ; puis peu à peu les symptômes se calment, et les aliments consentes finissent par être digérés.
Cependant l'indigestion n'est pas toujours aussi simple. Chez quelques malades, en effet, on observe un état de torpeur, de somnolence, de coma, par suite d'une congestion cérébrale concomitante ; et chez les enfants, il n'est pas rare, ainsi qne nous l'avons dit, de voir suncnir des accès d'éclampsie : c'est en raison de ces complications que l'indigestion peut quelquefois se terminer par la mort Nous avons vu aussi que les malades pouvaient périr sufToqués, lorsque, pendant l'acte du vomissement, les matières pénétraient dans les voies aériennes, ainsi qu'il eo existe plusieurs exemples dans les annales de la science Dans la presque totalité des cas, l'Indigestion a une durée courte ; les fonctions digestives reviennent presque tout de suite à leur état physiologique. Quelques malades pourtant conservent peu» dant plusieurs jours de l'inappétence, une bouche empâtée, de la soif, et plus rarement un peu de diarrhée.
Diagnostic. — Par ses symptômes comme par sa marche, on voit combien l'indigestion diffère de la gastrite, de l'entérite ou d'un étranglement interne; eHe pourrait plus facilement simuler un empoisonnement par une substance irritante ou causti(]ue. ^laisla violence des douleurs, l£ nature des vomissements, la saveur éprouvée par les malades , souvent aussi les vestiges que le poison' a laissés sur les lèvres, dans la bouche et dans la gorge, enfîn, dans les cas douteux, l'analyse des déjections et des matières vomies, éclaireront le médecin sur la cause des accidents. Nous ne reviendrons pas ici sur le diagnostic diiférentiel de l'indigestion d'avec le choléra européen, duquel nous avons appris à la distinguer dans le premier volume^ l4>rsque l'indigestion, ainsi que cela se remarque souvent chez les jeunes enfants, ae se révèle que par des troubles sympathiques, par un accès d'éclampsie, par exemple, il peut être difficile d'arriver à la connaissance de la maladie. Cependant le médecin instruit ne manquera pas, en pareil c^s, de s'informer auprès des parents de la santé habituelle de l'enfant, de ses habitudes, de son régime, des aUments qu'il a pris le jour inêine ainsi que la veille; il palpera l'épigastrc pour savoir s'il est douloureux; il essaiera, par la percussion, de limiter l'estomac et de déterminer s'il est dist(Mi(lii par les aliments. Dans ce cas, on trouvera de la matité à la partie supérieure du ventre, et l'on pourra la faire varier de place en inclinant ahemativement le malade sur l'un et l'autre côté.
I^rotwstir, — Kn général, l'indigestion n'offre aucune gravité; cependant nous avons vu que, chez les enfants comme chez les adultes, elle pouvait devenir funeste en excitant le développomoiit d'accidonts cérébraux. Toutes choses égales d'ailleurs, llndigestion est pins fielleuse chez h?s individus atteints de quelque lésion des voies digestives , <'t généralemoiil choz toiiips les personnes encore malades ou h peine convalescentes. Chez U*s premièns, l'aiïectîon est toujours e\aspéi-ée; chez les Mcondes, il y a souvent nîchute, ou bien l'indigestion devient la cause d^rnûnante d'accidents nouveaux.
Étiologie. — L'indigestion peut être excitée par une foule de causes : c*est m accident fréquent chez les grands mangeurs, chez les individus qui surchargent Testomac d'une grande quantité d'aliments, et surtout d'aliments peu digestibles, chez ceux qui mangent sans besoin et à contre-cœur. L'indigestion peut être produite lorsque, peu après le repas et au moment où la digestion s'opère, les individus mangent de nouveau ou ingèrent une boisson froide; lorsqu'il imprinieutà leur corps certains mouvements, comme dans le jeu de l'escarpolette; lorsqu'îli ont une émotion morale vive, lorsqu'ils éprouvent une douleur violente, ou lonqu'ils se livrent à un travail intellectuel ou manuel trop longtemps soutenu, on hid à un violent exercice.
Traitement. — Lorsque l'indigestion commence, lorsqu'il n'y a encore que de h gêne à l'épigastre, des renvois et un dégagement de gaz, on parvient quelques» à conjurer les accidents en faisant (>rendre au malade une tasse d'une infuskn aromatique, comme tilleul, feuille d'oranger, thé, camomille, café, ou bien une petite quantité de liqueur spiritueuse. Lorsque l'indigestion est complète, on favorisera les vomissements en faisant boire quelques verrées d'eau tiède on en titillant la luette. Si l'anxiété était grande, et si, malgré les nausées, les vomissenoents ne s'effectuaient pas, on devrait les provoquer par l'administration d'un décigramme d'émétique ou d'un gramme d'ipécacuanha. Si des coliques surviennent , si h diarrliée s'établit, on soumettra le malade à l'usage des délayants; on lui conseillera quelques lavements émollients, des cataplasmes sur le ventre et l'abstinence, jusqu'à ce que les accidents aient cessé. On n'est pas tout à fait d'accord snr ce qu'il convient de faire lorsque l'indigestion s'accompagne de congestion cérébrale : les uns, en eiïet, veulent qu'on saigne, d'autres donnent l'émétique d'emUée. C'est à cette pratique que nous donnons la préférence, et nous en avons dit les raisons dans le volume précédent en traitant de l'apoplexie cérébrale. Le rejet des matières contenues dans l'estomac fait en eiïet cesser ordinairement les symptômes cérébraux : cependant , si ceux-ci persistaient après que l'indication évacuante n*existe plus, on devrait chercher à désemplir les vaisseaux crâniens par la saignée et par les révulsifs. Ce n'est d(mc que dans des cas exceptionnels que les émissions sanguines conviennent; vouloir en généraliser l'emploi comme l'a fait autrefois M. Chauffard, c'est s'exposer à des accidents fâcheux. On a dit que, dans ces cas de congestion , on parvenait quelquefois difficilement à faire vomir les inaladei S'il en était ainsi, et si la gravité de l'étal général faisait craindre une terminaison promptement funeste, on devrait recourir à l'emploi de ta pompe gastrique, moyen répandu en Angleterre, mais à peu près inusité chez nous.
Ne sachant pas encore quelle est la condition qui caractérise anatomiquemeal l'embarras gastrique, nous ne pouvons défmir celte maladie que |)ar l'énumération de ses principaux symptôm*^. Nous dirons donc que l'embarras gastrique est une affection ordinairement aiyrétique, caractérisée par l'enduit b*anc ou jaunâtre de la langue , par l'amertuiuc de la bouche , par rinap;)étence , par des envies de vomir, par une céphalalgie sus-orbitaire, et par un état de malaise et d'accablement considérable.
Historiqup, — L'embarras gastrique est une affection extrêmement commune dansions les climats. Il a été assez bien caractérisé danssos principaux symptômes par Hippocrate, qui av^t&^ vi^vu^ ^tWwi^ttfeoA. W\iv\\\4^ U traitement qui loi cno-
m l'embarras gastrique. 793
Tient. Mais Rafus, d'É obèse, petit èire con»i(léré conoine ayant, parmi les anciens, tracé le tableau le plus exact de la maladie, qui, sous les noms d'état sahurral^ A*enibanas mu,ueux, de furgesrence dt* la hiie^ etc., a été jusqu'au r^gne de la doctiîne physiologique une affection parfaitement délinie, et surtout convenableluent traitée. Broussais, renversant pour un instant ce qwe Tautorité des siècles avait si bien établi, voulut faire deTemba'^ras gastrique une forme de phlegmasie de Tesiomac, et lui opposa les autipblogistiques ; mais cette innovation malheureuse n*a pas eu longtemps faveur : aujourd'hui tous les médecins instruits l'ont définitivement abandonnée et sont revenus à peu prés aux anciennes idées. On ne lira pas sans intérêt un travail excellent sur cette maladie, dû à iMartin-Solon, et inséré dans la Gazette médicale de 1856.
Symptômes. — L'embarras gastrique débute tantôt lentement, et tantôt assez rapidement Les individus qui en sont affectés éprouvent de l'inappétence, et même du dégoût pour les aliments, surtout pour les substances animales et les matières grasses. La soif est variable ; il n'y a de désir que pour les boissons acidulées ; les nudades ont de temps en temps des renvois amers ou acides; ils ont de fréquentes envies de vomir, et des vomissements qui presque toujours les soulagent ; ils se plaignent d'une saveur amère, et trouvent ce goût à tous leurs alimeuts, ainsi qu'aux boissons qu'ils prennent. Leur haleine est fétide, et leur bouche exhale une odeur nauséabonde toute spéciale et ciractéristique. La laugue est large, humide, recouverte, surtout à sa base, d'uu enduit épais, jaunâtre, qui tapisse également ks dents, et souvent aussi, mais plus faiblement, les gencives et la moqueuse buccale. Chez beaucoup d'individus, l'arriôre-gorge est le si jge d'une sensation incommode, qui excite à des efforts continuçls de crachotement et d'expuition. Beaucoup ont de la pesanteur à l'épigastre, et même une véritable douleur que la pression exaspère; d'autres accusent surtout uii état de gène, d'oppression, de çonstriction stemale. Il y a tantôt constipation, tantôt diarrhée, (ielle-ci s'accompagne, en général, de quelques coliques. L'urine est rare, rouge, limoneuse, et souvent, en y projetant quelques gouttes d'acide nitrique, on détermine une coloration verdâtre produite par la précij)itation de la matière colorante de la bile, fait que Martin-Solon a parfaitement établi il y a peu d'années. La figure des malades présente une suffusion jaunitre, qui est surtout marquée au pourtour des lèvres et des ailes du nez, ainsi qu'aux conjonctives; le teint est dans son ensemble d'une lividité particulière; la tète est lourde, pesante ; presque tous les malades accusent une céphalalgie sus-orbitaire. Le pjuls est mou, sans fréquence; il n'y a nulle chaleur à la peau ; celle-ci est au contraire parfois sèche. Les malades sont très sensibles à l'action du froid; ils éprouvent, surtout quand ils se meu\ent, de petits frissons et des horripilations ; ils sont accablés, courbaturés, ont les membres contus, et ue sont aptes à aucun travail manuel ou intellectuel ; ils ont de rinsomnie, ou un sommeil lourd et agité par des rêves : enfin quelques-uns présentent sur des points de la peau diverses éruptions, spécialement des furoncles ou des vésicules herpétiques. L'ensemble des symptô:nes précédents caractérise h forme d'embarras gastrique qu'tm nomms emlmiras ou état biticux. Les phénomènes vsout un peu différents daus la forme dite état muqueuxmi ntonique.
Dans cette dernière, la cé.>halalgie est remplacée par nwv. simple pesanteur de tête; l'enduit de la langue et des dents, au lieu d'être jaune, est blanc ou grisâtre; la bouche est pâteuse au lieu d'être amère; l'haleine est acide, mais sans exhaler . l'odeur nauséeîise qu'elle avait précédom:nent. 11 y a inappiHence; mais lesalimeaU et les boissous, au Uea d'être amers, ^raÂb&eûV \wi\.^\Àv. Vài^>>&sà^v^s&\
les digestions sont difficiles, souvent accompagnées de dotftears épigastriqnes, de régurgitations alimentaires, et de renvois gazeux ayant l*odéur de rhydn^'»ne sulfuré ; il y a des nausées et les malades rejettent souvent à jeun des matières nnh qûeuses et filantes; quelques-uns ont du ptyalisme et des aphthes dans la bouche. L*urine est aqueuse, la face est pâle, le pouls est mou ; il y a la mc^me fatigue etk même incapacité de travail que dans la forme précédente.
Marche et feî*tmnaisons, — Quelle que soit celle de ces deux formes qui existe, OU voit après quelques jours, on apr^s une ou deux semaines, cet état maladif » dissiper tantôt spontanément et sans crises, d*autres fois cesser à la suite de saeon copieuses, ou d*évacuations par haut ou par bas, naturelles ou proToquéesL Lt plupart des malades se rétablissent alors : ils ont à peine de convalescence; quel* ques-uns pourtant restent encore pendant quelque temps faibles, ayant restomac ^resseuxet les digestions plus ou moins difficiles.
Chez ceux qui sont mal soignés ou qui négligent tout traitement, on voit sonveit les symptômes s'aggraver, ainsi que Tissot et Finkc font fréquemment observé : en pareil cas, la fièvre s*allume et devient bientôt continue; beaucoup de fièvro typhoïdes sont ainsi consécutives à un embarras gastrique négligé ou mal soigna Quelquefois la maladie passe à Tétat chronique; les individus sont alors dam M état valétudinaire, ils ne peuvent digérer, ils maigrissent et s'affaiblissent safli cesse; ils sont tristes, démoralisés, ont la peau sèche, et souvent présentent le soft un petit mouvement de fièvre : on les croirait pour la plupart atteints d*nne IMofe organique. J*ai vu cet état abandonné h lui-même persister plusieurs mois, et M se dissiper que par remploi des évacuants et des amers, qui en triomphent asfti promptement C'est donc à tort qu'on a nié l'existence de la forme chronique tfc l'embarras gastrique. Je l'ai vue, en effet, plusieurs fois, et dans ces derniers temps, M. Gendrin dans sa Médecine pratique, et M. de Crozant dans sa thèse (iSftft), cil ont cité des exemples.
L'embarras gastrique est une maladie très sujette à récidive; il est des per sonnes qui on sont atteintes régulièrement à chaque saison, d'autres après chaque écart de régime.
Complications. — L'embarras gastrique complique surtout dans certaiMS constitutions une foule de maladies aiguës, dont il change alors le caractère, Il physionomie. On le rencontre spécialement avec les angines, avec les bronchites, les pneumonies, les érysipèles, avec la dysenterie, la fièvre typhoïde, avec la péritonite puerpérale et les plaies de télé, etc. Sans prétendre avec les ancieas qM Tétat bilieux soit la cause de tous les accidents qu'on observe; sans admettre avw eux que c'est la bile passée dans le sang qui alors est allée phlogosier tel ou td organe, on n'en doit pas moins accorder h cet embarras gastrique nue importaice très grande, et le combattre par les moyens appropriés ; car l'expérience a pmwé qu*en le faisant cesser on modifiait souvent d'une manière heureuse la malade principale: cela me porterait à penser que l'embarras gastrique qui coexiste avee certaines maladies aiguës a avec ces dernières des rapports plus intimes que n'ev ont communément entre eux les divers états morbides qui se compliquent les oos les autres.
Diagnostic. — On ne pourrait guère confondre l'embarras gastrique qu'avipc la gastrite aiguë légère ou avec la gastrite chronique. Les douleurs plus vives à Tépigastre qui existent dans celle-ci, la difficulté qu'il y a de snpporter les boissons les plus douces, les vomissements, enfin, qui ont lion sans soulafiçeinent pour les malades, permettent tfélaWvt \e ^^(igctfKAk, ^\^<î?c^Ti>:\^. Xl^sisibMrr^» tSMtriipie
DE L*EMBARRAS GASTRIQUE. 7dS
piiqué de fièrre 8*accompagiie souvent d*un accablement extrOme, de vertiges, de céphalalgie, et d'une prostration telle des forces, qu'on croirait les ]ndi\idus atteints d*une fièvre typhoïde. J*avoue mOme qne quelquefois les plus habiles s*y trompent; mais le vomitif devient ici la véritable pierre de touche : car s'il n'y a qu'un embarras gastrique, dès le lendemain la fièvre a cédé et les individus sont convalescents ; tandis que si l'on a affaire à une affection typhoïde, les accidents peuvent bien être amendés, mais la maladie n'en continue pas moins sa mat*che.
Pronostic. — Le pmnodtîc ne présente aucune gravité.
Étiologie. — L'embarras gastrique est rare dans l'enfance ; tous les autres âgeé y sont à peu près également exposés. Pouvant survenir à toutes les époques dé l'année, on l'ol^erve surtout dans notre climat durant l'été, au commencement de l'automne, et parfois à là fin de Thiver, lorsqu'une température chaude et humide remplace brusquement une température froide. La vie sédentaire, le séjour dânl les hôpitaux, le régime exclusivement animal, ou des aliments grossiers et de digestion difficile, les excès de table, les affections înorales tristes, le traitement mercuriel, surtout parle calomei, sont les causes dont l'action est la mieux établie. L'embarras gastrique est le plus souvent sporadique, mais il peut régner aussi éptdémiqueinent ou d'une manière endémique.
Traitement, — Beaucoup d'embarras gastriques cèdent à l'emploi de simples boissons délayantes, acidulés, prises froides ; mais le traitement vraiment efficace consiste dans l'administration d'un vomitif (ipéc^cuanha, 1 gram. , ou émétique, iOîi 15 centigram.), ou d'un éméto-cathartique (émétique, 10 ou 15 centigram.; sulfate de sonde, 20 gram.) lorsque l'embarras gastrique se complique d'embarriis intestinal; ou bien encore, dans ces cas, on fait suivre le vomitif d'un léger purgatif. Nous croyons qu'il est à peu près indifférent de donner l'émétique ou l'ipé* cacuanba; disons pourtant que Martin-Solon, quia étudié cette question avec le talent et la conscience qu'on lui connaît, donne la préférence à la racine du Brésil, qu'il regarde presque comme un spécifique. Les anciens avaient coutume de préparer à faction du vomitif en soumettant les malades pendant un ou deux jours à l'usage des boissons délayantes. Mais je ne suis pas encore bien édifié ^ l'utilité d'une pratique qui n'était conseillée que pour obéir a une indication purement hypotliétiquc; il importe bien d'ailleurs de ne pas tarder à donner le vomitif, car nous avons vu (|u'abandonné à lui même, l'embarras gastrique se transformait quelquefois en fièvre continue. Il est rare qu'on soit obligé de revenir à l'emploi d'un second vomitif. Après ce traitement, il convient, surtout si l'on a affaire à la forme tnuqueuse ou nnatnmique, de remplacer les boissons acidulés par des tisanes amères, faites avec la chicorée sauvage, la i)etile ceiitaurée, l'écorcede citron vert On aliment!» iMisuito les malades içraduelloment. I>)rsqi!e l'embarras gastrique se complique d'un olal pléthorique, il convient fçi'nérakMnont de faire précéder la méihodiî évacuanie par l'emploi de la saignée. Dans sa forme chronique, l'embarras gastrique exigo los mr-inos moyens, mais il fa^il souvent y revenir plusieurs fois. Lorsque la ronsli|iation est opiniâtre, on remplace avec avantage par des lavements de séné li's laxatifs donnés par la bouche; les boissons acidulés gazeuses, les bains tiwles, si la i^au est sèche, sont les moyens adjuvants qui aident à triompher dn mal.
IVature. — Les malades ne succombant jamais on ignore tout à fait quel est l'état anatomiqne de l'estomac et des autres organes digestifs dans l'embarras gastrique : aussi les auteurs ont-ils émis à ce sujet une foule d'hypothèses qu'on ne sanrait nullement justifier. Les uns n'ont vu dans la forme muc^ueuse c^^'^wi^o^'^ftversion dans la sécrétion de là membrane gastrw\\\e ov\ A^ ^e» ct^^ç^»^ ywmà^ww&n
796 MALADTES SPECIALES A CERTAINS OBGAIIBS.
d*autrcs ont cru pluiôl à la présence dans les voies alîm 'nuirefs d'une hmneiir viciée, qui, en stimulant coHe-ci outre mesure, donnait lieu à tous les phéoomènes , morbides. De môme, dans la forme bilieuse, les uns ont cru à une altération primitive de la bile» qui, en raison de ses propriétés nouvelles, serait U cause des divers accidents, soit qu^el'e agisse par contact sur les organes digestifs, ou hia sur l'économie entière après avoir été absorbée. Beaucoup ont encore fait dépendre les troubles de la sécrétion biliaire d'une affection primitive des oi^aaes digestif ou de leurs annexes, affection qui expliquerait, d*^près eux, les réactions qu*oa observe sur les autres systèmes de Téconomie. Mais, dans Tétat actuel delà science, il est impossible de donner une solution du problème, et mieux vaut confesser notre ignorance que de se livrer à des idées spéculatives qui ne sont pas toojoon sans danger. Ce qu'il y a de certain, de parfaitement établi, c*est qae Tembams gastrique n*est point une inflammation ; on a pu juger eu effet combien ses symptômes sont différents de ceux de la gastrite ; enfin nous avons vu qu'il a pov spécifique des médicaments irritants dont Faction est très rapide, presque instantanée, ce qui empêche d'admettre qu'ils agissent seulement à titre d'agents snbtitutifs, comme le fait par exemple le nitrate d'argent dans les conjonctivites.
il>e l'emlMurraf intoftîiMil.
Le tube intestinal présente souvent un état maladif analogue à cdui qu'a 1'»tomac dans l'embarras gastrique. Il reconnaît les mêmes causes que ce dernier, et coexiste souvent avec lui. Il est caractérisé par un sentiment de gêne, d'embams dans l'abdomen, par des sensations douloureuses mobiles et passngèrcs dans diven points du ventre, par des borborygmes, par un état habituel de constipation, os par un peu de diarrhée fôtide ; les matières rendues sont bilieuses; les malades ont de l'inappétence, du malaise, et un sentiment de brisement et de courbature dans les membres.
A cet état, qui a la marche, la durée de l'embarras gastrique sans dégénérer aussi facilement que lui en fièvre continue, on oppose des boissons délayantes et un purgatif doux, qu'il faut souvent répéter jusqu'à deux et même trois fois.
9e la eonstîpatîon.
On doit, avec I^l. Ghomel, définir h constipation, l'état d'un individu dont les évacuations alvines sont rares et les matières rendues dures et laborieuseroeot excrétées. Ainsi le mot constipation entraîne l'idée de rétention des matièrei fécales; on ne saurait donc l'appliquer aux cas dans lesquels l'absence des selles tient à ce que l'intestin est vide, comme on le voit après es diarrhées abondantes, après une al)stinence prolongée ou dans les rétrécissements pyloriques.
La constipation constitue, pour un grand nombre de pe.^onnes, un état physiologique; c'est ainsi qu'il est des individus qui jouissent d'une santé parfaite, quoiqu'ils n'aient de selles que tous les quatre, cinq, sept, huit et dix jours. Mais noos n'avons point à nous occuper ici de ces cas particuliers.
Accidents pntd ait s pur la rptention des matières fécales, — Lorsque la constipation ue date que d'un petit nombre de jours, les individus se plaignent de quelques douleurs lombaires; ils ont la bouche empâtée, des borborygmes; le ventre est tendu, un peu météoisé ; la tête est burdc; il y a parfois de la somnolence d des étourdbseaieals. E»a ^aV^aav \^ h^oxc^ ^^^ ^v^àxv^ \^tk x^î^vl^vvv. ^iAuivent le loag