DE LA MALADIE UB BMGHT
exaspère. L'urine, sécrétée en moins grande quantité, est rougeâtre ou d'un brou foncé, à cause de son mélange avec une certaine proportion de sang ; par le reposa OD la voit déposer des filaments roogeâtres qui ne sont autres que la fibrine en sang; elle a une odeur faible; elle est plus mousseuse. En général, au bout de peu de jours, l'urine cesse d'être sanguinolente ; elle prend alors une teinte citrine, cm bien elle derient pâle, semblable à du vin blanc ; elle est transparente, elle i une odeur faible et se décompose moins vite, elle est neutre on faiUeinent acide, et contient parCbis une matière grasse ; sa densité est variable, quelquefois normale, souvent moindre en raison de la diminution de Turée et des sels. Cependant, dam la forme aiguë, il n*est pas rare que Turine n'ait éprouvé aucun changemail notable daos la proportion de ses éléments naturels, tandis qu'elle est à peu près ooostamment altérée sous ce rapport dans la forme chronique de la maladie.
Le changement le plus remarquable que Turine présente dans les cas dont Bout parions consiste dans la présence, dans ce liquide, d'une grande quantité d'aUmmine ; c'est ce qui explique pourquoi elle est plus mousseuse que de coutume. On décèle ce produit en versant dans un verre contenant de l'urine une petite quantité d'adde nitrique, ou une solution de sublimé, de noix de galle, d'alun, on mieux encore en soumettant le liquide à l'ébullition. En opérant ainsi, on voit im coagulum Manc plus ou moins abondant et floconneux qui gagne rapidement ie fonddi^vase.
fin même temps que l'on consmtc cette altération remarquable de l'urine, il sor^ vient ordinairement un cedème qui tantôt est borné à la face, devenue plus pâle^ et qui tantôt envahit simultanément plusieurs autres parties du corps. L'infiltra.<*= tion séreuse peut même gagner très rapidement toute la périphérie du corps ; k sérosité peut s'épancher aussi dans les principales cavités séreuses, spécialemeDf dans le péritoine et dans les plèvres. L'anasarque, qui forme un des caractères les pins constants de la maladie de firight, est remarquable en ce que la peau, au lien d'être molle et de céder k la moindre pression, comme dans la plupart des QsdèoieSi est, au contraire, assez généralement rénitente, et ne se déprime que lorsqu'on ta presse fortement ; cette pression est même souvent un peu donloureuse; enfin le creux que l'on produit disparait promptement
Le sang qu'où retire de la veine dans cette période de la maladie se recouvre parfois d'une couenue épaisse, ce qui peut dépendre d'une compUcatiou phlegma- «îque, ou de la diminution du diiffre des gfobules,' piais nullement d'une altération dans la proportion de là fibrine tenant à Taffectiou elle-même ; car MM. Andral et Gtvarret ont prouvé que, daos la maladie de Bright, ce principe ne changeait pas. iM sérum, au contraire, est plus abondant que de coutume ; il est parfois blai}cb4lre et laiteux, parce qu'il renferme une plus forte proportion de matières grasses; il contient moins de matériaux solides : aussi sa pesanteur est-elle beau- Q9ap diuiinuée. l^es médecins anglais nous ont ap|)ris en outre que, dans la matadie dant nous parions. Tarée étant éliminée en moins grande proportion par |es netos, s'accunmle dans le sérum du sang; Christison l'y a trouvée déjà en quantité Mtable dès le neuvième jour.
Marche, du/*ée^ terminaison» de la forme aiguë, — la maladie de firighl, dans sa forme aigu(* comme dans sa forme chronique que nous allons étudier, a nremcnt une marche uniforme : c'est ainsi que l'cedème peut être plus ou moins marqué ; il peut diminuer, cesser et reparaître du jour au lendemain dans une nème partie, sans qu'on puisse rien en conclure sur lis ^lus ou usaûa&^^^b^vv^k. detajnabdie. la fièvre peut également diminuer, fk'iJbùi^
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dans ces espèces de [)araxysine8, ou voit souvent l*urine, de décolorée qa*dle étiil,
redevenir sanguinolente. D'ailleurs, de tous les symptômes de Tafiectiaii dorf
nous parlons, Tétat albuuiineux de Turine est celui qui présente le moins d*ini-
gularités.
Lorsque la maladie a une heureuse terminaison, Turine devient phisaboiidaiile; elle contient moins d'albumine, tandis que la proportion de Tarée et des Kb augmente ; la fièvre cesse, Tanasarque diminue, des sueurs copieiiaes surfiesnent; enfm une convalescence régulière s'établit. Dans ces cas,, la maladie dore rarement moins de deux septénaires ; elle se prolonge souvent jusqu'à la fin di quatrième.
La mort est une terminaison certainement plus fréquente que la guérison; die est presque toujours produite par quelque grave complication, sunreoue sunoat du côté de la poitrine ou du ventre ou des centres nerveux. Cependant beaucoop plus souvent encore les symptômes aigus de réaction se calment et cessent, pnii la maladie passe à Tétat chronique.
Symptômes de la forme chronique. — La forme chronique de la maladie de Bright peut donc être consécutive à la forme aiguë; le plus souvent pourtant elle est primitive. Dans ce dernier cas, et avant que Ton constate aucun trouble appréciable dans les principales fonctions de l'économie, on trouve en général une altération notable de la sécrétion urinaire; cependant il est quelques malades qui, dèi le début, maigrissent, pâlissent et perdent de leurs forces. L'altération des reÎBS ne tarde pas à produire bientôt l'hydropisie. Celle-ci peut suivre de très près Taltération de l'urine; mais quelquefois il y a entre elles un intervalle de plusieiiis semaines, ou même de plusieurs mois. L'hydropisie, en commençant, est tonjours bornée à une partie du corps, comme la face, à un ou plusieurs membres, aux parois de la poitrine ou du ventre. Dans l'espace de quelques jours, cet oedèaM offre de grandes variations dans son siège, dans s(m étendue et son intensité; il est beaucoup moins résistant que dans la forme aiguë, mais il offre rarement la mollesse des cedèmes passifs qui sont produits par un embarras dans la circulatioiL La peau qui recouvre les (larties infiltrées offre une couleur d'un blanc mat très remarquable. Enfin, peu à peu l'œdème, devenu permanent, s'étend à toute h périphérie du corps ; des épancbemcnts se forment en outre dans le péritoine, ei un peu moins souvent dans la plèvre et dans le péricarde. C'est dans la forme chronique de la maladie de Bright qu'on observe au plus haut degré les altératîoM dans la composition de l'urine que nous avons précédemment énumérées^ C'est îd surtout que ce liquide est peu abondant, pâle, à peine odorant, d'une faible den« site, et précipitant abondamment de l'albumine quand on le traite par la chakv ou bien par l'acide azotique. C'est aussi dans cette forme de l'affection que le sang est le plus profondément altéré: ainsi le sérum est plus abondant et beauooop moins dense, puisque sa pesanteur, qui à l'état normal est de 1,028 ou 1,029 d'après Gregory, peut tomber à 1,01 3 ; les globules diminuent de nombre, et ccfa à un tel point, que MlVl. Andral et Gavarret les ont vus descendre de 127, qé est leur chiffre normal, à 82 et même à 61. Lorsque l'affection est simple, ki malades sont sans fièvre et leur appétit est plus ou moins conservé; mais, pour peu que la maladie se prolonge, il survient une diarrhée plus ou motts abondante, sans grandes coliques, et c^ui généralement n'a pas ponreffetde diminoer Tanasarque.
Chez les albuaûuuTu\ue&^ \^ v^^^i^soft ufirveux ^ut être phu ou moins grave* meut influencé. Nws v^sVeraftYsm^ ^MLXi^^aMj^ fasç;:^ ^àcMc^^^^c^Ua; li
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{dus ordmairement les mahdes n'accusent qu'une céphalalgie plus ou moins persistante et dans quelques cas une diminution dans ]a vision ou uneamaurose complète. M. Landouzy a rencontré les troubles^ de la vue chez presque tous les albaminunques ; ils surviennent le plus souvent dans la maladie conûrmée, mais ib précèdent parfois les autres symptômes, et, ainsi que M. Landouzy l'a remarqué^ îb disparaissent et reviennent sans suivre exactement les phases du dépôt albumi» neax des urines et de l'œdème.
Marche et terminaisons. — La marche de la maladie, dans sa forme chronique» est extrêmement inégale et irrégulière. Sa durée est impossible à préciser, et, comme le dit M. Rayer avec beaucoup de raison, elle échappe à tout calcul Beaucoup de malades voient leur état s'améliorer assez, pour qu'ils puissent reprendre leurs travaux; quelquefois même l'oedème disparait tout à fait; mais les urines continuent à être albumineuses, ou bien, si elles cessent d'être coagulables par la chaleur, elles restent plus ou moins décolorées, et conservent une teinte d'un jaune clair : aussi au bout d'un temps plus ou moins long une recrudescence a lieu. Les cas de guéris(m complète, radicale, sont extraordiûairement rares. Si quelques personnes les croient plus communs, c'est que le plus souvent ils n'ont traité que des cas de congestion sans altération bien marquée dans la texture des reins.
La mort est donc la terminaison presque constante de la maladie : elle survient presque toujours par l'épuisement que la diarrhée produit, ou par les érysipèles gangreneux qui se développent aux extrémités inférieures ou sur le tronc à la suite de la distension excessive de la peau ; ou bien encore les malades succombent à une pneumonie, à une pleurésie ou à une péricardite intercurrentes; plus rareiïient ils sont emportés par une méningite ou par des accidents délirants convulsifs ou apo- I^ectiformes ne se rattachant à aucune lésion matérielle des centres nerveux.
Les accidents cérébraux ont plus spécialement fixé l'attention desniédecinsanglaîs et surtout d'Addison ; ils ont néanmoins été étudiés en France par plusieurs observateurs parmi lesquels nous citerons MM. Lasègue, Rilliet^et surtout M. Piberet, auteur d'une excellente thèse inaugurale sur ce sujet intéressant
Les symptômes cérébraux qui surviennent dans le cours de l'albuminurie ont divers caractères : ils sont tantôt brusques dans leur apparition, et tantôt précédés de quelques prodromes, comme céphalalgie, lourdeur de tête, vertiges, bourdonnements, troubles de la vue. A ces symptômes succède parfois un délire phis ou moins violent, mais plus souvent les malades tombent comme foudroyés et leur corps est agité aussitôt de mouvements convulsife irréguliers ou épi1eptiforme& Quelques malades succombent dans cette attaque, d'autres tombent pendant quelque temps dans un état comateux. Le coma est en effet la suite ordinaire, soit du délire, soit des convulsions. Il n'a pas nécessairement une issue fatale ; il est des malades qui guérissent ; c'est ce qu'on observe dans la forme aiguë de la maladie de Bright, surtout dans celle qui est consécutive à la scariatine. Qudquefois il n'y a qu'un répit, et après un temps plus ou moins long, les individus sont emportés par des accidents auxquels ils avaient résisté une ou plusieurs fois.
Les symptômes cérébraux survenant chez les albuminuriques n'ont pas toujoun une marche aussi foudroyante, parfois même ils suivent une marche presque chronique. Les malades accusent une céphalalgie continue et plus ou moins vive, les idées sont obtuses, les sens émoussés; on note surtout un affaiblissement de la vue, et parfois de l'ouïe ; la figure perd toute expression, enfin les individus tombent dans la somnolence et succombent presque toay^\ix%4A.ti&V^ ^»œsi.^^ milieu d'un accès convulsif qui arrive subitement
Ces accidents cérébraux à marche chronique sont ceux que non» ohienroQile plus souvent ici.
Nous ignorons les causes^ soii prédisposantes, soit efficieotes, qni provoquai ces manifestations cérébrales. F.Iles paraissent être phiscommnnw dans les pays èi nord cfu'en France ; on a dit qu'elles devaient être redoutées surtout kx^oe l'oMlème est peu considérable, proposition encore fort controversée. £o6b, ai médecin distingué, ^I. Marchai, de Calvi, à émis Topinion que les bains de vapeir que Foii donné fréquemment aux albumintiriques pouvaient développer chei eu lès accidents dont nous parlons, en favorisant une congestion cérébrale; mais celé crainte ne nous paraît pas encore Otre parfaitement justifiée.
A i*autopsie des sujets morts avec des symptômes cérébraux, ou a trouYé paifM dans les ventricules et dans la pie-mère une quantité asscx considérable de séronfec pour expliquer les accidents; mais chez un grand nombre, rezamen te fkm scrupuleux des centres nerveux ne fournit que des résultats négatifs.
Dans ces derniers temps, ou a cherché à explicpaer les accidents cérébraude la ipaladie de Bright, par une intoxication du sang. C'est Turée et les autres éléments de Turine qui restant en exc('*s dans le sang produiraient les désordres doat nous venonsde parier. On a cru trouver une analogie très grande entre les symptâmes cérébraux observés chea les albuminuriques et ceux qui frappent les animaux auxquels on a extirpé les reins. ïm professeur Frerichs, de Breslau, regarde Tuée ôotnme incapable de produire directement ces effets, mais si à Taide d'nn fiennsit qn'il suppose, elle se transforme en carbonate d'ammoniaque, les pbénomémi fPintoxication surviendraient aussitôt Cotte doctrine ayant plutôt été émise èprisn qu'étayée sur des preuves expérimentales, a été presque nniversellemenl
Albuminurie des fptnmef grosse*. — On rencontre assez fréquenunent de bumine dans Turine des femmes grosses. M. Blot a trouvé une albumiaune ki fois sur 305 femmes enceintes. On ne rencontre guère cet accident que tes primipares et dans les derniers mois de la gestation.
I/albuminurie des femiries grosses est surtout remarquable parce qu'elle souvent avec Téclampsie. Ce fait, signalé d'abord en i86S par le docteur l^ver, en Angleterre, a été confirmé depuis par les rccliercbes deCaleb Hose (i84A), «i Simpson (1852); en France, par les travaux de M. Cahen (1), OefîUtersel Regnault (2), Blot (3) et Inibert-Gourbeyre (h). L'éclampsie est un fréquent. M. Blot Ta noté, en effet, sept fois sur ai femmes L'existence de l'albuminurie dans le cours de la grossesse doit donc toojonn préoccuper, car la femme déjà prédisposée aux convulsions éciamptiqnes par le £iit de la gestation, peut eu outre voir ces accidents être provoqués aussi par l'ailée* tîon rénale. Nous avons vu, en effet, précédemment que certains albominuriqoci succombaient brusquement avec des symptômes cérébraux. Ainsi no» croysv à une relation intime entre l'affection rénale et les utouvemenla convuhib. M. Cahen a avancé que l'albuminurie [>rédisposait les femmes aux avortemeniset aux accouchements prématurés, tandis que AL Blot, s'appuyanr sur des fûts ph» nombreux, a établi que l'albuminurie n'exerçait aucune influence sur h inarcbr de la grossesse, ni sur le développement et la vie du fœtus, ni sur la durée ds travail, ni sur la délivrance, ni sur la sécrétion laiteuse : propositions qu'il eil
(1) Ttièse de Parh, année 18A6. — fS) Archives de médecine, année I8&8. -- (S) Thhtét Pirift, ann^ iS^d. •- ^M Moniteur iuKô\ÀiM»>%tA«it l&iS^ et Mémnireê et i^Âciàéémk H médecine^ U XX.