MALAMES SPÉCIALES AUX VOIES RESPIRATOIRES
!>• Tasphyxie.
Pris dans son secs étymologique, le mot asphyxie signifie absence de pouls. Mais l'usage l'a consacré depuis longtemps pour désigner la mort apparente provenant primitivement de la suspension des phénomènes respiratoires ^ ou mieux encore de la suspension de r hématose.
Historique. — - Connue de tout tehips, l'asphyxie n'a pourtant été étudiée d'une manière convenable que dans le dernier siècle. Morgagni, en résumant dans sa i9* lettre les travaux de ses prédécesseurs, et en y ajoutant ses propres recherches, imprima à l'étude de l'asphyxie une heureuse impulsion. Ce fut à quelque temps de là que parurent eu cITet successivement les travaux de Goodwiu, de Bichat, de Pinel et de Portai. Ënûn on doit à plusieurs de nos contemporains d'avoir éclairé quelques i)oints encore mal conims, et d'avoir en outre beaucoup perfectionné le traitement de la maladie. Il ine suffira ici de citer les beaux travaux d'Edwards (1) et d'Orfila (2), ainsi que ceux de M.\j. Bérard (3), riofi7 (4), Dcvergie (5), Leroy d'Étiolles (6), Marc (7).
Divisions et causes occasionnelles. — On peut ranger les asphyxies en deux grandes classes, eu égard à leurs causes occasionnelles. Dans une première classe seront mises les asphyxies produites parce qu'un fluide élastique a cessé de pénék* trerdans les poumons; dans la deuxième se trouveront toutes celles qui sont déterminées par la pénétration dans les vésicules pulmonaires d'un gaz impropre à l'hématose.
I^ première classe d'asphyxie survient lorsque le corps est plongé dans un milieu autre qu'un fluide élastique : c'est ce qui a lieu, par exemple, par la submersion dans un liquide quelconque. C'est aussi de cette manière que périssent la plupart des indi\idus suipris sous un éboulement de terre. D'autres fois le corps
(1) Influence àet affenti phytiquei, — (3) Secourt aux asphyxiée. — (3) Dictionnaire de HHédecine^ article Asphyxie. — (d) TVaif^ dei altéraliom du sang. — - (5) l/e</mn«U^aU%«— (6) Journal de Magendie^ t. VU et YIII. — (7) Secours nux Mo^ii el nux aspK>|x\H. T. JJ. — 6* t»IT, ^^
%ll^ MALADIES SPÉCIALES A CBKTAINS ORGANES.
reste plôDgé dans l'atmosphère ; mais Tasphyxie survient parce qa*un ohiUck mécanique s'oppose à la péiiétration de Tair dans les vésicules pulmonaires. Telk est la compression de la paroi thoracique par un corps lonrd quelconque comme lorsque les indifidus se trouvent éloufîés au milieu d*une foule. D'autres foii h pression s'exerce sur le krynx : c'est ce qui a lieu dans la strangulation avec ou sans suspension. Les obstacles à la pénjétratiou de l'air peuvent aussi s'exercera l'intérieur : tels sont les tuméfactions des amygdales, l'oedème de la glotte, U uachéite, les corps étrangers qui ont pénétré ou qui se sont développés dans le lar>ii et dans les bronches (fausses membranes, polypes, mucosités, corps venus da dehors) ; une tumeur qui, placée sur le trajet des tuyaux aériens^ les comprime rait, les aplatirait, aurait un effet identique : tels sont certains phlegmons du coa, , certains goitres volumineux ; tels sont aussi les corps éti^ngers arrêtés dans Tcoopbage, les anévrysmes de l'aorte et les ganglions bronchiques tuberculeux.
Il faut ranger dans la même classe les asphyxies produites par un «uipIn'siiDe interlqbulaire subitement développé, par uu double épancheinent pleurétique, par ^ne double plaie pénétrante de poitrine permettant la pénétration de l'air dans les detix plèvres, ce qui produit l'aiTaissement des deux poumons. Citons encore le refoulement du diaphragme par les viscères abdominaux, ou la pénétration dt ceux-ci dans la poitrine, après une plaie ou une déchirure de ce niu scie. Eofio. quelquefois le seul obstacle à l'arrivée de l'air réside dans la paralysie des muscle:; inspirateurs : c'est ce qu'on observe dans les lésions de la i)artie supérieure de U moelle. La compression et la section des nerfs pneumogastriques peuvent au&i déterminer l'asphyxie; mais celle-ci paraît survenir aloi-s, soit |)ar suite d*ODe paralysie des bronches, soit plutôt encore parce que la sensation du besoin de respirer se trouve abolie. KnGn, la contraction spasmodique, convulsive des musdes inspirateurs, en maintenant le thorax dans l'immobilité, peut a\oir le mèmeedet que la paralysie : c'est ce qu'on observe chez beaucoup de tétaniques, qui, pourli plupart meurent asphyxiés. Ou a rapproché de cette espèce d*asph}i^ie par ce$s^ tion^e l'influx neneux les efTcts produits par la foudre ou par un froid inteose et prolongé. Toutefois, dans la sidération, il y a des effets multiples résultant de là commotion du cerveau, et quelquefois aussi d'une action asphyxiante sur les poumons. Dans la congélation, les individus semblent succomber plutôt à une congestion cérébrale qu'à une asphyxie véritable.
Nous avons dit que la deuxième classe des asphyxies comprenait toutes ceJki qui sont produites par l'inspiration d'un fluide élastique autre que l'air atmosphérique ou l'ox^^gènc. Les gaz qui peuvent ainsi déterminer l'asphyxie agissdit de plusieiu^ manières. Les uns tuent parce qu'ils s'opposent seulement à l'hématose, parce qu'ils ne peuvent remplacer l'air: tels sont l'azote, rh)drogène ef peut-être le protoxyde d'azote. Mais le plus grand nombre empêchent à la fob rhématose comme les premiers, et ils exercent de plus qu*eux une action loxiqo^ particulière : tels sont les gaz acide carbonique et oxyde de carbone, les acide» sulfureux, nitreux, le chlore, l'ammoniaque, les hydrogènes carlioné, sulfure, arséniqnc, etc. C'est à cause de cette action délétère que quelques médecins, ei nous-même, à leur exemple, avons considéré ces gaz comme déterminant plutôt un empoisonnement qu'une véritable asphyxie : cependant il faut admettre l'un et l'autre effet. Quelques auteurs ont nommé positive l'asphyxie qui stî complkjw d'empoisonnement, et ils nomment négative celle qui survient seulement par U privation de l'air ; mais ces expressions, d'ailleurs peu exactes, sont inusitée» aujourd'hui
DE l'asphtiib. 8S3<
Aliérùtitms cadavériquH^'ùn trouve chez les asphyxiés. — f^het les individus qui tuooouibent à l'asphyxie, on trouve que le sang est beaucoup plus àoir que de cnttume ; il est presque toujours fluide ; il existe en plus grande abondance dans tes veines, tandis qu*il y en a à peine dans le système vascul^re à sang rouge i d'autres fois, au contraire, le sang semble à peu pr^s également partagé entre les artèrte et les veines. La plupart des orgaties en sont gorgés : c'est ce qui a lieu sorloat pour les poumons et pour le foie, qui sont plus pesants, plus voîumrnenxr et souvent violacés à Textérieur, Tout le système de la veine porte est distendu ; kr mwpieiise gastnMntestinale est injectée, noirâtre. Lorsque ia mort est rapide, les civiles dn cœur sont vides ou presque vides, et les parois de Toi^ne sont dures et contractées ; si au contraire Tasphyxie s'est faite lentement, on trouve beaucoupde sang dans le cœur ; et ce fluide est plus abondant dans les cavités droites que dans ceUes du côté gauche. Dans tous les cas les veines et les sinus cérébraux en sont gorgés; le cerveau est piqueté à la coupe ; souvent de la sérosité distend les ventricules et infiltre le tissu cellulaire sous-araclmofdien. Enfin la peau offre dans plusieurs points, et surtout k la face, une teinte violacée due i l'engorgement de aes capillaires i cette coloration diffère des lividités cadavériques en ce qu'elle ner peut s'expliquer par la position du cadavre.
Non-seulement le foie est gorgé dé sang, mais M. Bouisson ajoute que, dan» Tasphyxie à marche lente, la bile est plus abondante, qu'elle prend une teintie ioncée et devient même sanguinolente. Le savant professeur de Monqselber m conclut que le foie, dans Tasphyxie, éprouve un surcn^t d'action pour éliminer plus de carbone, afin de suppléer à l'actibn des petimons (i).
On a dit enfin que les asphyxiés conservaient longtemps leur chaletn*, et que la rigidité cadavérique était chez eux plus marquée et pins prolongée que chei lea SQJets emportés par d'autres maladies. Mais ces caractères offrent beaucoup &n variations suivant la température, suivant le genre d'asphyxie, et le plus ou moins de rapidité avec laquelle la mort est survenue.
SymptômeSy marche, — La suspension de la respiration ou plutôt de l'hématose s'accompagne de troubles particuliers. Ainsi les individus éprouvent d'abord un sentiment d'angoisse inexprimable ; ils accusent une constriction pénible vers le laryux et le sternum ; leur thorax est agité de mouvements violents ; ils ont des pandiculations, des bâillements. Bientôt les centres neneux participent aux troubles fonctionnels : il survient de la pesanteur de tôte, des vertiges, des éblouissements et des tintements d'oreilles ; l'intelligence est affaiblie ; les fonctions senso-» riales, obtuses, se suspendent bientôt ; en même temps, les muscles cessant de pouvoir se contracter, l'individu reste sans mouvement et tombe s'il est debout L'habitude extérieure révèle alors la gêne avec laquelle la circulation s'opère t la (ace est tuméfiée, bleuâtre ; les lèvres sont gonflées et violettes , les yeux humidea et saillants, les conjonctives injectées ; les veines jugulaires sont dist^dnes par 1# sang ; le nez, les oreilles, les mains et les pieds ont une teinte violacée ; touta la peau présente des marbrures et des sugillations ; les battements du cœur, iné^ gaux, intermittente, s'affaiblissent de plus en plus; enfin les mouvements respiratoires, toujours plus rares, finissent bientôt par se suspendre tout à fait, et sont presque aussitôt suivis de la cessation des battements du cœur. Le malade est alors dans une immobilité complète, et son état ne diffère de la mort que par la conservation de la chalem* animale et par l'absence de toute roideur.
(A) ilMMMnit dM idia0fs, liaafls dn BMb et mi de raonèa IM».
Les phéuomènes que je viens d'éuuniérer se succèdent plus ou moins rafNdement, suivant la cause qui détermine l'aspbyicie. Lorsque la res{HratkHi est brusquement suspendue, comme daus les cas de strangulation, ou bien lorsque Tindi- Tidu reste submergé, ou enfoui dans la terre, ou plongé dans une atmosphère d*azote ou d*hydrogène, etc. , l*état de malaise ou plutôt d'angoisse dont nous avons parlé se manifeste presque aussitôt, c^est-à-dire après trente ou quarante secondes. Au bout d'une minute ou d'une minute et demie la face est déjà bleuâtre ; les fonctions cérébrales sont obtuses; cnûn raCfaissement complet, avec cessation de h respiration et de la circulation, ne tarde pas à arriver. Si, au contraire, la suspenpension de la respiration n*est pas complète, définitive ; si le patient peut de temps en temps introduire dans ses poumons une petite quantité d'air, ainsi que cela a le plus souvent lieu dans la submersion, les symptômes se succéderont avec moins de promptitude et d'énergie. Enfin, si la suspension de la respiration se fait graduellement, comme lorsqu'un obstacle qui s'accroît chaque jour gène de plus en plus l'entrée de l'air dans les poumons, les symptômes d'asphyxie se développeront lentement et n'auront pas l'intensité que nous avons notée dans les cas précédents. Ici Tbématose n'étant pas interrompue, mais étant seulement incomplète, on voit les malades éprouver de l'anxiété et une oppression sternale ; la face se bouffit, les lèpres deviennent violettes, les facultés intellectuelles et sensoriales sont de plus en plus obtuses, les mains se i^froidissent et prennent une teinte bleuâtre, toute la peau du corps se couvre de sueur visqueuse ; le pouls est petit, inégal, intermittent, et la percussion indique une augmentation de volume du cœur, surtout aux dépens des cavités droites, où le sang stagne ; enfin la mort survient lentement; quelquefds, au contraire, c'est tout à coup et lorsque les malades semblaient encore avoir plusieiu^ heures à vivre. Cette espèce d'asphyxie à marche lente est celle qui termine souvent plusieurs maladies des voies aériennes, notamment l'opdème de la glotte, le croup, la bronchite capillaire, l'emphysème pulmonaire, etc. Les symptômes peuvent persister pendant plusieurs jours de suite, soit qu'ils s'aggravent sans cesse, soient qu'ils présentent de temps eu temps un peu de rémission. En résumé, l'asphyxie est d'autant plus rapide et la mort survient d'autant plus vite, que la soustraction de l'air est plus complète et plus instantanée.
La plupart des individus chez lesquels l'asphyxie est complète succombent si l'on ne se hâte d'employer les moyens propres à les rap})eler à la vie. Si rhématose est suspendue pendant cinq ou six minutes, il est bien rare qu'on puisse ranimer les malades. On a pourtant cité des faits nombreux d'individus qui ont pu, sans mourir, rester submergés, enfouis dans la terre ou i)endus pendant quinze minutes, une demi-heure, une heure» seize, quarante-huit heures, trois jours et plus: mais la plupart de ces faits manquent d'authenticité, et la prolongation de la vie au delà du terme ordinaire s'explique chez quel(iues-uns par un étatsyncopal qui, en suspendant plus ou moins les battements du cœur, a empêché les eiïels de l'asph^^ie d*être produits : c'est ce dont on se rendra facilement compte plus tard, lorsqu'on connaîtra le mécanisme suivant lequel l'asphyxie arrive.
Lorsqu'on est assez heureux pour rappeler un asphyxié à la vie, on commence par sentir quelques mouvements obscurs, ou plutôt une sorte de frémissement à la région précordiale ; les côtes se soulèvent faiblement ; bientôt les pulsations dn cœur sont distinctes ; le pouls devient perceptible, et la respiration est de plus eo plus complète : alors on voit la chaleur revenir peu à peu, et la couleur cyanosée disparaître. Mais la plupart des malades éprouvent pendant un temps plus ou moins long du malaise, de U oïwVïiàUa^, ^^\\^^M&»^<^^deaidouleurs dans les membres,
DE l'asphyxie. 837
et qaelqne&-uns présentent tous les symptômes de quelque congestion ou d*aiie inflamoiatioir viscérale.
Diagnostic. — Le diagnostic de Tasphytie est toujours facile. Les comméDKMiK tîfe, la connaissance des causes auxquelles Tindividu a été exposé, éclaireront fe médecin sur la nature des accidents qu'il observe. -Nulle affection cérébrale w saurait être confondue avec Tasphyxie, puisque^ si dans les premières il y a souvent résolution générale, la respiration dti moins n'est jamais complètement suspendue. La syncope est la seyle maladie qui offre quelque ressemblance avec Tasphyxie ; mais Tabsencc de toute cause capable de produire l'asphyxie, la perte de connaissance et l'abolition du pouls avant qu'aucun phénomène morbide survienne du côté de la respiration, la pâleur dé la face et de tout le corps, la promptitude avec laquelle la vie revient par la position horizontale et l'inclinaison de k tête en bas, feront aisément reconnaître la syncope. Il est bien autrement difficile de différencier l'asphyxie complète de la mort véritable. Gomme. pour lasyn*. cope, on auscultera le cœur avec le plus grand soin; car si la vie persiste enccnre; on percevra de loin en loin quelques faibles battements. Cependant si ce signe manquait, à moins pourtant que la roideur cadavérique ou la putréfaction n'eid^ tassent déjà, il faudrait, à quelque époque que l'asphyxie remonte, employer les moyens propres à ranimer l'individu ; car, comme le dit avec raison M. le proies» seur Bcrard, il est difficile de décider quelle est l'époque où la mort réelle succède à la mort apparente.
Pronostic, — Il y a d'autant inoins d'espoir de rappeler le sujet à la vie, et l'asphyxie est d'autant plus grave, que la cause qui l'a produite est plus difficile k ébigner et qu'elle a agi pendant un temps j)lus long. Enfin, toutes choses égales d'ailleurs, l'asphyxie provoquée par un gaz toxique est plus gravé que celle qof résulte d'un simple obstacle mécanique à la pénétration de l'air.
Traitement, — Le médecin appelé près d'un asphyxié doit s'occuper d'abord I détruire ou à éloigner les causes qui ont produit l'asphyxie ; puis il emploiera divers moyens, dont les uns sont applicables 5 toutes ou presque toutes les asphyxies, tandis que les autres sont spéciaux à certaines espèces.
Tout le monde est à peu près d'accord que, pour rappeler les asphyxiés à la vie, il faut ranimer les mouvements respiratoires, et par suite l'action du cœur. On t conseillé, dans ce but , d'exciter la chaleur en promenant des fers chauds à la surface du corps, ou d'exciter la sensibilité par des cautérisations faites avec le iér rouge sur la partie supérieure du thorax, points qui, d'après les recherches récentes de M. Faure, sont les derniers à devenir insensibles. On recommande en mitre, et pour le même motif, des frictions sèches ou irritantes sur le rachis et sur les muscles pectoraux ; on excite les membranes muqueuses, comme ayant la propriété de conserver longtemps leur irritabilité : c'est ainsi qu'on donne lessternutatoires, qu'on titille la luette, qu'on fait briller des allumettes soufrées sous le nez, et qu'on donne des lavements purgatifs, ou simplement stimulants ; on ^ même préconisé les insuffiations d'air chaud dans le rectum, et surtout les insufflations avec la fumée de tabac ; mais ces moyens ne paraissent guère être utiles, et ils pourraient devenir dangereux si l'on distendait trop les intestins, puisque ce serait là un obstacle à l'abaissement du diaphragme, et par conséquent au rétablissement de la respiration. Enfin on agit directement sur les muscles inspiratei en faisant exécuter à la poitrine les mouvements alternatifs d'élévation et d'al sèment qui ont lieu i)endant lacle de la respiration.
MM. Thillaye et Leroy d'ÉtioUès ont puU\è c\;QLe\K\\ie& \%\\& q^\ wGsîitoox^*»*»^
83ê MALADIES SPÉCIALES A CIRTAINS ORGAINBS.
tvw rutiiité du galvauiMn& Si, en effet, on enfonce une aîgnilio fine eitiv lai huitième et neuvième côtes, de manière ^ rencontrer une dei attacbei do d»pbragine ; «i ensuite ou établit un courant avec une pile, le diaphragme peal ansaitôt 5e contracter et mie inspiration se produire. Lorsqu^oa réussit, on interroo^it la courant pendant l'expiration pour le rétablir auaaitôt après, afin de proveqnar ope nouvelle iuspiration. Mieux vaut, avec M. Duebenne, employer rélectrisatioB localisée et diriger le courant à travers le nerf pbréniqoe très accessible au eoa m 4vaQt du scalène antérieur. ^
V On a conseillé, dans le même but, les insufflations d*airé Presque loajom c^s-K:i sont faites de bouche à bouche, en ayant soin de fermer les narines ds celui qn*on veut rappeler à la vie, et d'attirer et fixer au dehors sa langue avec une érigne; on exerce en même temps sur le thorax des pressions méthodiques de manière à imiter les monvements d'inspiration et d'expiration. On a, il est vrai, reproché à l'insufflation directe de ne faire pénétrer qu'une petite quantité d'air >dajais les poumons, et un air plusou moins altéré ; aussi a-t-on proposé de pratiquer ks insufflations à l'aide d'un soufflet s'adaptant à l'extrémité d'une sonde, qu'on porte, par la boucln) ou par les narines, jusque dans le larynx. Cette pratique parait ayoir été souvent utile ; mais elle exige de grandes précautions et il kat prendre garde de pousser l'air avec trop de force, car M. Leroy d'ÉtioUes a démontré qu'en agissant ainsi on pouvait produire la rupture des vésicules pulmonaires al amener un emphysème très promptement mortel. Au lieu d'insuffler de l'air, quelques personnes, notamment ^L Albert, conseillent au contraire de se servir de U canule laryngienne et du soufflet qu'on y adapte pour aspirer le reste d'air ooatenu dans les poumons. Cette aspiration a, en effet, souvent pour résultat de réveiller, d'exciter le poumon, qui se met aussitôt à respirer, comme pour ressaisir Fair qu'on lui enlève. En résumé, l'insufflation faite de bouche i bouche n'ayant locun des inconvénients que nous avonstrouvés aux autres méthodes et étant d'ailleurs efficace, devra être préféréei
L'insufflation a surtout donné de beaux résultats dans cet état complexe appelé asphyxie des nouveau-nés. Lorsqu'en effet, aussitôt après la naissance, t'enUst reste sans mouvement, sans respirer et sans pouls; lorsque sa &ce est tuméfiée ou que l'habitus du corps est décoloré; lorsqu'on s'est assuré par l'inspectiou de la bouche et du pharynx qu'aucun vice de conformation ou qu'aucun corps étranger ne s'oppose à l'introduction de l'air; lorsque les frictions excitantes, lo bains chauds et aromatiques, les douches d'eau froide sur la face ont échoué; lorsqu'on a vainement essayé d'exciter les muqueuses en introdoisaot de l'eau-devie dans la bouche, une plume imprégnée de vinaigre dans le pharynx et dans les narines, etc. , il faut pratiquer l'insufflation. M. Depaul a eu le mérite dans ces derniers temps de réhabiliter cette méthode, et il a sauvé des enfants abandonnes déjà comme morts. Il se sert de la canule de Chaussier, qu'il introduit dans le larynx, et pmir empêcher le reflux de l'air, il pince les narines et les lèvres des deux oôtés de la canule, en même temps que par une pression modérée avec l'inatrument il applique la paroi antérieure de l'œsophage contre la pos^rieure. M, Depaul crak qu'il faut faire dix à douze insufflations par minute et les continuer longteospa, car quelquefois ce n'est qu'api*ès une heure ou une heure et demie de soins assi- 'dus qu'ouest parvenu à ressusciter les enfants. Cette méthode a également été jif pftoée dans V Union médicale de 1852 par le docteur Marchant, de Charentoi. qni a insisté aussi sur la nécessité d'entretenir h chaleur à l'aide de Unges, au de réduoffer r^(«nt « ^îj^ ù eue t^Vra^
DK L*A8PIIT1IE. 8S9
La saignée, qui a élé beaucoup préconùêe dans la plupart des asphyxia, né contient pourtant que dans quelques-unes : dans celles par suspension ou par strangulation, par exemple, lorsque la congestion cérébrale est forte, et lorsqu'on suppose que la compression du cerveau est un obstacle au rétablissement des fonor tions respiratoires et circulatoires. Mais il serait le plus souvent dangereux de' commencer le traitement par rémission sanguine.
Nous croyons presque inutile de dire qu'aucune boisson nedevraêtre administrée. k un asphyxié que lorsque la déglutition sera devenue libre. Se conduire autrement ' ce serait s'exposer à voir pénétrer une partie du liquide dans les voies aériennes»
Théorie de l' asphyxie , manière dont elle survient, — Il est curieux de savoir comment rasphxiûe se produit. La solution de ce problème a exercé depuis le der- . nier siècle la sagacité des physiologistes, et plusieurs explications ont été proposéesi Du temps de Haller, on croyait que pendant la suspension de la respiration les. poumons cessant d'être perméables au sang, à cause de l'affaissement de leur tissu et de l'état flexueux de leurs vaisseaux, le liquide n'arrivait plus dans le ventricule gauche; de \\ arrêt définitif de la circulation, et mort apparente suivie bientôt de la mort réelle. Cette théorie, contraire aux résultats fournis par les autopsies, ne tarda pas à être renversée par Goodwin, qui, dans un travail remarquable, publié et couronné à I^ndros en 1 788, démontra que la suspension de la respiration n'empêchait pas le sang do traverser les poumons et d'arriver des cavités droites du cceur dans les cavités ganclies. Pour lui, dans l'asphyxie, le sang« cessant d'être artérialisé, et n'ayant plus que les qualités du sang veineux, ne pent plus exciter les contractiops de l'oreillette et du ventricule gauches; aussi ces parties cessenti-elles bientôt d'agir, et l'asphyxie est produite. On voit que, d'après Goodwin, la mort apparente résul^ terait, comme dans la théorie de llaller, d'un arrêt de la circulation; seulement, celui-ci pensait que l'obistaclc jrcsidait dans une imperméabilité du poumon, tandis que le premier le plaçait dans le cœur gauche, qui, ne recevant plus de sang artériel, cesserait de se contracter par défaut d'excitation.
cette théorie, (pii fit une grande sensation dans le monde savant, ne tarda pas à être remplacée par celle de Bichat Notre grand physiologiste reconnut, comme Goodwin, que le sang non artérialisé avait une vertu stupéfiante; mais il démontra que ce sang n'arrêtait point, comme on l'avait dit, les contractions du cceur. Il prouva, au contraire, que, continuant à se contracter quelque temps pendant l'asphyxie, le cœur lançait dans totis les organes un sang complètement noir, et qui était incapable d'entretenir leur action, soit qu'il ne fût pas assez stimulant, soit qu'il exerçât sur eux une influence délétère et presque toxique. Pour le prouver, Bichat . a fait une expérience devenue célèbre. Il a placé un robinet dans la trachée d'un animal et un autre dans une des carotides, puis fermant le premier de manière k empêcher l'air d'arriver dans les poumons, il \ oyait le sang qui s'échappait du vaisseau devenir noir, tandis que lorsque le robinet, étant ouvert, permettait l'accès de l'air dans la poitrine, le sang sortait presque aussitôt rouge, rutilant et tout I bit artérialisé. L'asphyxie, d'après Bichat, serait donc un phénomène général, se développant en même temps dans tons les organes. Ceux-ci mourraient sinialtaiié» ment, non pas par l'arrêt de la circulation, mais parce qu'ils cesseraient de recevoilr du sang artériel Cela est tellement vrai que, lorsque les individus soumis \ ms canse asphyxiante tombent en syncope avant que la respiration ait été complél^ ment suspendue, la vie peut se prolonger pendant plus longtemps, et ces malade» . ^ peuvent être plus facilement ranimés, parce qrie, èrt raison de Tarrêrde la dnw >' hCiOB, qni est te phénomèite prîflaWf de la syncope; l^^m <fi1pM(ia ^
8ft0 MALADIES SPÊaALES A CERTAINS ORGAIffES.
imprégnés de sang veineux. C'est aussi parce que le sang iKHr est incipiUie le fournir les matériaux nécessaires aux sécrétions, aux exhalations et à la nutriiioi, que sa quantité parait beaucoup plus considérable chez les asphyxiés que cfaals sujets emportés par toute autre maladie.
' Telle estja belle théorie que Bichat a déveloj^e dans ses imniorteUes Recherches sur la vie et la mort. Après avoir été reçue partout et adoptée dans toutes Is écoles, elle a été récemment l'objet de quelques attaques. Un pbysiologîste aaglBs. Ph. Kay, a essayé, en effet, de l'ébranler en revenant aux idées cfui avaient ooon sous le règne de Haller^ Amsi, il a soutenu, contrairement à Bichat, que, pendai la suspension de la respiration, il y avait arrêt delà circulation puloionaire, stagnation du sang dans les cavités droites, tandis que les gauches, restant vido a n'étant plus excitées, cessaient de se contracter. Disons pourtant, avec M. Bérui que Kay n'a pas renversé la théorie de Bichat, mais qu'il a seulement relevé qadques inexactitudes, ou plutôt quelques exagérations qui étaient échappées à notre grand physiologiste. Ainsi, il £iut admettre aujourd'hui que, pendant la suspensioa âe la re^lration , la circulation pulmonaire est moins active et «fu'elle se fait péniblement; que le sang veineux n'a pas une influence aussi délétère que le prétendait Bichat, puisqu'on peut, en l'injectant dans un membre, rétablir monmtanément l'irritabilité galvanique dans les muscles, où elle avait été détruite par suite du défaut de circulation. Toutefois il est incontestable que c'est bien à Faction propre du sang veineux, et nullement à Tarrêt de la circulation, qu'A iwâ attribuer la suspenaon des fonctions cérébrales qu'on observe dès le début k Tasphyx^e, et bien avant que les pulsations artérielles aient cessé d'agiter la mase encéphalique.
l>0fl prineipales eipèeet d'iphyaiei prodaitet par «m obttaol* mfffiq—
à rentrée de Pair dans les ponnuMU.
Nous allons parler en particulier des trois espèces principales d'asphyxies (pi sont produites par un ptetade mécanique à la libre entrée de l'air dans les poumons. Ce sont les asphyxies : 1^ par compression du thorax ; 2"* par strangulatioa; . y par submersion.
Hé l'aiphyxie par oomprcMÎoo da thorax.
L'asphyxie par compression du thorax arrive chez les individus surpris sons d«
éboulements de terre, sous les décombres des maisons, ou bien encore chex ceoi
qui sont pressés au milieu d'une foule nombreuse ; dans tons ces cas, la mort peut
être presque instantanée. Si la pression extérieure est très forte , les individos
meurent alors plutôt par syncope que par asphyxie, ainsi que le prouve d'ailoin
l'ouverture de leurs cadavres. Si la compression est moins violente» ou si elle ert
moms continue , les patients peuvent faire encore de temps en temps quelques
petites inspirations; la mort survient alors au milieu de tous les symptômes df
l'asphyxie, s'accompagnant d'une congestion considérable vers la tête : c'est aios
que les vingt-trois individus qui, le H juin 1837, furent étouffés au milieu d'oae
. foule, au Champ de Mars, présentaient tous une couleur violacée et des ecchymoses
^- k la bce, au cou, s'éteudant même, chez plusieurs, sur la poitrine. La conjonctive
^^ oculaire était ecchymosée et soulevée comme dans le chémosis; enfin une écume
mignniolesite baignait les lèvres^ et du sang suintait par les narines et les oreiDes
DE l'asmtxib par shtrangulation et par suspension. 8&1 chez plosieiirs. Chez tous ces sujets, la presson dn thorax avait été teHement forte, qu*un tiers présentait des fractures de plusieurs côtes à la fois.
Ce sont ces lésions traumatiques et Tintensité de la congestion cérâ>rale qui rendent cette espèce d*asphyxie extrêmement grave; on n'a encore aucune donnée certaine sur sa durée moyenne.
Les recherches nécroscopiques ayant prouvé que, dans les cas dont nous parlons, la mort 'survenait et par la suspension de la respiration, et souvent aussi par suite d*une violente congestion cérébrale, il s'ensuit que le traitement devra être dirigé simultanément contre ces deux états. On tâchera xlonc de ranimer la respiration par les moyens précédemment indiqués, et Ton combattra en outre la congestion cérébrale par la position presque verticale qu'on donne à la tête et par' l'emploi de la saignée; il sera peut-être préférable en pareil cas d'ouvrir la veine jugulaire.
Se PAfpihjxM par ftrangvlatioB et p«r mfpMmoBy oa pendaiaon.
On sait que la strangulation consiste seulement dans la simple constriction du cou, ordinairement exercée à l'aide d'un lien. Dans la pendaison, l'individu est en outre su^ndu par le lien qui entoure et serre le cou. On conçoit que, dans ce dernier cas, le poids du corps doit beaucoup augmenter les eflfets de la constriction.
Les recherches cadavériques ont démontré que les pendus pouvaient périr de quatre manières différentes, savoir : i"* par congestion cérébrale, 2* par asphyxie, S* par congestion et par asphyxie à la fois, ^° par lésion de la moelle épinière. Ainsi une fracture, une diastase ou une luxation des premières vertèbres, peuvent déterminer une paralysie des muscles inspirateurs, ce qui est suivi d'une mort k peu près instantanée : cependant c'est là un fait fort rare. Dans la presque totalité des cas, les pendus, comme ceux qui ont été soumis à la simple strangulation, meurent à la fois et par asphyxie et par congestion cérébrale. Cette simple indication révèle quelles sont les li'stons qu'on trouve sur les cadavres.
A l'autopsie, la face est tantôt pâle et presque naturelle ; d'autres fois elle est injectée, tuméfiée, bleuâtre; la langue peut faire saillie entre les dents, elle est alors violette et engorgée ; les yeux sont injectés, humides, et du sang peut suinter par les oreilles, par la bouche et par le nez. La peau du cou offre ren^>rein^d'un ou plusieurs sillons transverses ou obliques très variables suivant la forme, le nombre et la direction des liens employés. A ce niveau , les téguments sont quelquefois brunâtres, desséchés, comme parcheminés, en raison de la pression qu'ils ont subie ; le tissu cellulaire subjacent au sillon est blanc, sec, ou bien il est humide et a un aspect argentin ; on observe rarement des ecchymoses. Enfm les muscles, les vaisseaux, les cartilages du larynx et les vertèbres peuvent offrir différentes lésions que nous ne devons point mentionner ici, mais qu'on trouve soigneusement décrites dans les livres de médecine légale; car elles servent souvent à déterminer SI la suspension a été volontaire ou non, et si elle a été faite du vivant de l'individa ou postérieurement à la mort
D'après le ténooignage de quelques pendus qui ont été rappelés à la vie et de quelques individus qui ont eu la dangereuse curiosité d'expérimenter sur euxmêmes les effets de la pendaison , on sait que peu après la constriction du lien, ' quelques-uns éprouvent un sentiment de plaisir, une érection de la verge avec ^j^ éjacnlation voluptueuse. Cependant bientôt la vue se trouble, des flammes bleuâtres semblent voltiger devant les yeux; enfin la perte de coiiu«mk»mc;^ \i^ \»^ \^
til lUIADIB» STÊaAlES A GBBTAINS ORGAnip
à arrifer, et la mort réelle lui succède promptement. Lm chMes soikt Ua portant de se passer toujours ainsi. Il y a en eiïet dos pendus qui pandsteni mfrir lieaueoqpt c'est du moins ce que leur physionomie exprime : leurs membres ikon femblent atoir été agités de mouvements çomulsifs, car quelquefois on traw les supérieurs contractures et les doigts tellement fléchi$, que les ongks sont prohadément marqués dans l'épaisseur de la peau. Les érections qu-on remarque cka un grand nombre de pendus ne sont pas toujours suivies d'éjacolatioo. Les m expliquent les érections par les tiraillements que la moelle subit pendant la Hh pension« tandis que d'autres en ont iaitun simple phénomène d'hypostase, défi» dant de la situation verticale du corps. Cette dernière explicatiou du phéaonèM ne p»*ait pas être vraie; nous venons de dire en effet que quelques pendus «I conscience de leur érection, et l'éjaculatiott leur fait éprouver un sentànent vefai^ tueux : tout cela prouve que le pliénouièuc est ici, comme toujours, sous rinluem du système nerveux.
Il est le plus souvent impossible de déterminer, on voyant un pendu, aï la vie n'est que suspendue ou bien si elle est éteinte, et si les accidents sont dus à une aspbrâ l^tôt qu'à une violente congestion cérébrale. Toutefois nous avons dit que oasénn causes de mort existaient presque toujours simultanément: cette rtmntiiBn d'ailleurs importe peu au traitement, qui sera le même dans les deux cas.
Le pronostic est d'autant plus grave que la constriction a.été plus forte et qa'eik a été plus prolongée. On ne peut dire au bout de combien de tempa U n'eiirtr plus d'eapoir de rappeler les individus à là vie; on cite, en effet, l'eiem^è phineiirs personnes qui sont restées suspendues pendant une ou plusieurs heanik une nuit et un jour entier, sans que la mort en ait été le résultat Mais ces 01 exceptionnels dépendent de la direction et du degré de constrictioii du lira, i Alrtout de quelque circonstance anatomique qui a empêché la corde de oûbprimer et d'aplatir le lar^^nx : telle est, par exemple, roasificatioB du cartib|l ericoide.
Les règles de traitement sont les mêmes que pour l'asphyxie par conpraâil du thorax.
Ile l'aiphyxîe par «dbaBeinoii.
L'asphyxie par submersion est celle qui est produite lorsque ia tête est ptegie dans un liquide.
Dans la submersion ordinaire, l'individu, après avoir pénétré plus ou profondément dans l'eau, ne tarde pas à remonter à la surface, à l'aide des vements instinctifs qu'il exécute. Il fait alors une inspiration pendant laqudle éa l'air et de l'eau pénètrent à la fois dans les poumons, ce qui excite de» efforts di toux qui amènent la prom)>(e expulsion de Tair et rendent plus impérieux le hesoii de respirer. Ënfiu^ après être remonté ainsi une ou pluaieiuv fois à la surfati^ h noyé n'a bientôt plus la force de surnager : il reste alors entre deux eaux, h bouche béante, ee qui permet à une certaine quantité de liquide (une pinte à Wê pinte et demie) de pénétrer dans l'estomac. Enfm bientôt il gagne la foud : il i alors cessé de vivre.
On a longtemps discuté pour savoir comment périssaient les iodividos qui avaisM été submergés; les uns invoquaient l'affaissement des poumons, Taltératiou de far cp'ils renferment, l'abaissement de la glotte, l'eau qui pénètre dans les bronchMA même dana l'estomac, bien qu'on ne l'y trouve jamais en quantité considérable Haïs au^ooxd'Ym VyàVVt vmAa^AnRft. <çm^1m uQ\éft manreiil de U mèsie mmién
DE L*A»PHTXIB PAR SUBMERSlOlf. SM
que les individus asphyxiés par toutes les autres causes qui empêchent Tair d'arriver dans les pouHious; c'est d'ailleurs ce que prouvent les autepsies. Cepeudant Il faut savoir qu'assez souveut il se produit, dans la submersion, diverses lésions accidentelles qui peuvent ^ elles seules occasionner la mort ou tout au moins l'accélérer, eiir se joignant aux eiïets de l'asphyxie. C'est ainsi que si uu individu, en tombant dans l'eau, heurte fortement avec sa tCte un pieu ou un rocher, il pourra en résulter une commotion cérébrale, presque instantanément mortelle. Ailleurs, c'est l'impression subite du froid qui, en refoulant les liquides, produit une apoplexie fiDodroyante. Enfin quelques individus, surpris par l'eau ou frappés de terrenr au moment de l'accident, tombent aussitôt eu syncope et meurent sans présenter des signes d'asphyxie. II résulte de ce qui précède, que les noyés peuvent périr de cinq manières différentes : 1° par nspinxie; c'est le cas le plus ordinaire; 2* par syncope; 3* par commotion cérébrale; ft" par apoplexie; 5" par pfnsienrs de ces causes réunies.
La mort est plus ou moins rapide, suivant une foule de circonstances encore mal appréciées, et qui tiennent souvent à des dispositions individuelles. Ainsi on a reconnu, depuis Spallanzani, que la mort est plus rapide dans l'eau chaude que dans Teau froide, parce que la première contient moins d'air ; mais le plus souvent on ne peut dire pourquoi il suffit, chez les uns, de deux ou trois minutes d'immersion pour anéantir la vie, tandis que d'autres reviennent après un long séjour dans Pean. En général, on [)eut rappeler ci la vie ceux dont la submersion n'a pas duré phis de quatre h cinq minutes ; mais si le séjour dans l'eau a été de quatorze à foinze minutes, les secours sont rarement utiles. Au delà de ce terme le cas est à jWo pK'S désespéré, quoiqu'on cite pourtant des individus qui ont pu être ranimés RI bout d'une demi-heure et même de trois quarts d'heure ; mais il faut admettre |U*il y a eu alors plutôt s)'ncope qu'asphyxie. Quant aux histoires d'individus ([ui loraient séjourné plusieurs heures et même plusieurs jours dans l'eau sans mourir, MUS aTons dit précédenunent qu'on ne pouvait pas ajouter à ces faits une grande confiance.
Lorscfue le submergé est retiré apr^s ini séjour dans l'eau de cinq à quinze ninutes, on trouve que sa face est pâle, quelquefois violacée: ses pieds et ses mains pmtkipent sourent à cette coloration ; la langue est parfois tuméfiée, bleuâtre et ierrée entre les dents; le corps est plus ou moins froid, et les membres sont en rénointion ; l'habitude extérieure enfin peut présenter encore diverses particularités qni, n^ayant d'application qu'en médecine légale, ne doivent pas nous occuper.
Traitement. — Le noyé, h la sortie de l'eau, sera promptement déshabillé et esMiyé avec du linge chaud. Sa tétc sera élevée et un peu inclinée sur un des côtés penr faciliter la sortie des liquides contenus dans la bouche et les voies aériennef». On emploiera ensuite les moyens précédemment indiqués dans l'asphyxie en général. C'est surtout chez les noyés que l'on conseille les frictions sèches et an)natiqnes, les insufflations d'air et l'électro-puncture; la saignée n'est indiquée qoc lorsque la congestion vers la tête est considérable ; elle est le phis souvent nécessaire après que l'individu est revenu h lui, et |)endant la réaction qui s'établit alors. H n'est pas rare, en effet, de voir les noyés, quelques heures après a^oir été ranimés, être pris de fièvre et de délire : ce qui nécessite l'emploi des antiplilogistiqueB et des révulsif*
BUi MALADIES SPÉCIALES A CERTAINS ORGANES.