DU RHUMATISME MUSCULAIRE
Divisions, — Lorsqu'on étudie les différeutQs formes sous lesquelles se présente k nous Taffection rhumatismale, on trouve d*abord entre elles tant de dissemblances, qu'on serait (enté d'y voir tout autant d*états morbides distincts les uns des adtres. Que de différences n*y a-t-il pas, par exemple, entre les douleurs erratiques mobiles des muscles et le rhumatisme articulaire aigu ! Cependant il est facile de reconnaître que ces maladies, en apparence si distinctes, ne diffèrent que par là forme, car elles coexistent entre eUes, se remplacent, alternent les unes avec les autres; elles surviennent sous Tinfluence des mêmes causes et dépendent d'une même diathèse.
Eu égard à son siège spécial, comme à Tétat syroptomatique qui raccompagne^ on peut diviser Taffection rhumatismale en deux grands groupes , suivant qu'elfe siège dans les muscles ou bien dans les articulations. De là la division du rhuma* tisme en musculaire et en articulaire. On a aus^i établi un troisième ordre, comprenant les rfiumatismes viscéraux ; mais on ne possède encore sur ces dernfiersque des renseignements peu précis. Il est d'ailleurs certain que, sous la dénominatioii de rhumatismes viscéraux, on a confondu des affections très dissemblables.
l>a rhamatUme muteulaîre*
Le rhumatisme musculaire est une affection presque toujours apyrétique, caractérisée par une douleur plus ou moins vive, fixe ou mobile , siégeant dans un ou plusieurs muscles et s'exaspérant par la contraction des organes affectés.
Anatomie pathologique, — Le rhumatisme muscnlaircï n'a aucun caractère anatomique ; c'est ce dont je me suis convaincu à l'ouverHire du corps de plusieurs individus morts d'une maladie intercurre.Ue dans le cours d'un rhumatisme articulaire et musculaire. ï^s%iuscles des lombes, du thorax et des membres, cpii avaient été pendant la vie le siège de douleurs vives, ne m'ont présenté aters aucune modification appréciable dans leur coloration , dans leur volume ou leur consistance. Quelques personnes (mt {loùrtant soutenu que le rhumatisme musculaire pouvait se terminer par suppuration, et Ton a cité en faveur de c^tte doctrinç ^ quelques faits rar(»s, recueillis surtout par Latour et par Pinel. Mais si on lit la judicieuse critique que Requin a faite de ces observations, on ne tarde pas à reconnaître, avec ce professeur distingué, qu'il y a eu ici erreur de diagnostic, et que les auteurs ont pris pour un rhumatisme, tantôt un phlegmon sous-aponévrotique, tantôt un abcès métastatique. <ie que nous disons de l'état aigu s'applique aussi à l'état chronique. (Certainement, si le rhumatisme très intense remonte à une époque déjà éloignée, s'il a contraint le malade à ganler longtemps le repos , le muicle pourra être décoloré et plus ou moins atrophié; mais il est évident que cette lésion est consécutive : on la rencontre, en «»ffet, toutes les fois qu'une partie est restée trop longtemps dans l'immobilité, par quelque cause d'ailleurs que ce soit. Requin, dont nous ne saurions trop souvent invoqner le témoignage, surtout lorsqu'il s'agit du rhumatisme, a démontré le |>eu de valeur d'une observation que Morgigni rapporte dans sa 57' Lettre, et qu'on cite trop souvent et très k tort, suivant nous, comme un exemple du lumbago chronique s'accompagnant d'une altération des muscles.
Si/mptAjnes, rtinrc/te, terminaisnm. — lorsqu'un muscle est affecté de rhumatisme, il devient le siège d'une douleur plus ou moins intense, quelquefois obtuse et sourde seulement, d'autres fois vive, lancinante, ou déchirante. Elle s'exaspère constamment lorsque le malade essaie de contracter Vor^ti^ wMS&tws\\ ^ao»»- >«s»*
te3 mouvemeiits que celui-ci est chargé d-exéculer soat-ils devenus difficiW,4i même tout à fait impossibles. La pression donne des résultats fort diffénUi'. quelquefois elle calme les souiïrances, ailleurs elle n^apporte aucun chai^emmi 1 la douleur; presque toujours cependant, surtout si le rhumatisme est aipa intense , la pression est douloureuse, sinon dans toute retendue du musde, ■ moins sur une grande surface, et nullement, comme cela a lieu dans les névrals;^. par points disséminés. La peau, à ce niveau, n'offre aucune modification de cobration ou de température; les parties ne sont point tuméfiées. Le rbumatisoK musculaire, loi^qu'il est simple, est tout à fait apyrétique, lors même que les douleurs sont vives; le plus souvent il n'existe non plus aucun trouble notable do côté .des fonctions principales, k moins que les muscles affectés ne concourent plus oi moins directement k leur accomplissement : ainsi on comprend que, lorsque la muscles des parois thoraciques sont fortement rtiumatisés, les malades doiveat éprouver parfois de la toux, mais surtout de la dyspnée, en raison de la difficahè qu'ils éprouvent à dilater la poitrine.
Le rhumatisme musculaire peut exister seul ou concurremment avec un rfamiatisme articulaire ; il est fixe ou mobile. Il a une diu*ée très variable ; il peut, ea effet, être tout à fait éphémère, naître et se dissiper, par exemple, au bout de quelques heures, ou bien persister sans interruption pendant des mois et même des années : on dit alors qu'il est chronique : le rhumatisme chronique est proh»- Uement la cause de certaines rétractions musculaires.
La maladie ne se termine jamais autrement que par résolution. Nous avons k précédemment ce qu'il fallait penser des prétendus rbmnatisraes qui se senMH terminés par suppuration.
Diagnostic, — Les névralgies sont à peu près les seules maladies qu'on pourrait confondre avec le rhumatisme musculaire : cependant leur diagnostic diKrentiel ne présente aucune difficulté sérieuse, car la douleur du rhumatisme ot vague; celle de la névralgie suit, au contraire , une direction déterminée et toujours la môme. La première occupe un grand espace; la seconde existe par points disséminés. Celle-ci, il est vrai, s'exaspère quelquefois par les mouvenieots; mais cette circonstance a lieu surtout d*une manière remarquable dans les cas de rhumatisme.
Pronostic. — Le rhumatisme musculaire n*a aucune gravité, mais il constitue souvent une affection des plus rebelles.
Étiologie. — Tous les muscles peuvent être atteints de riiumatisme, mais cette maladie affecte spécialement ceux du tronc ; elle atteint fréquemment aussi ceu des membres. J)ans ces cas, ce sont les plus rapprochés du tronc qui sont plus spécialement affectés ; c'est ainsi que parmi tous les muscles des membres, ks deltoïdes sont peut-être ceux qu'on voit le plus souvent rhumatisés. Le rhnm^isuie musculaire, rare dans l'enfance, se montre spécialement chez l'adulte et le vieiDari Il est incomparablement plus commun chez l'homme que chez la fenune, chei les individus de la classe pauvre, et chez ceux qui vivent dans les lieux humides : tous les tempéraments y sont pi'édisposés. Ou a accusé encore comme causes prédisposantes rhêrédilé et l'oisiveté , surtout lorsque celle-ci succède ii une ^ie active. C'est de la sorte qu'on a expliqué la fréquence du rlmmatisme chez les vieux militaires, qui commencent souvent à en être atteints longtemps après avoir quitté le service. Cependant le plus souvent le rhumatisme se développe* d'one manière spoulauéc, sans cause a\}|^réc,iable. Ix)rsqu'il existe une cause efficiente, c'est tantôt une feùjue excmvs^ , ^wi V^àcCviw Vs^^^r. ^ ^s^ v^d&k^^Qondre wi