MALADIES SPÉCIALES DE LA PEAU
Da pmrîgo.
jf Le mol ptnxrigo, àfetwt îi^ ptutUh& V^jik^'i^v^^^rkv VdéEî^qer une maladie spé-
DU PRURIGO. S8i
ciale de b peau, caractérisée par des fNipules (1), et accompagnée d'ooe démangeaîson souvent insupportable.
Les papules du prurigo sont en plus ou moins grand nombre; elles sont ordinairement limitées à une région, comme les épaules, la nuque, les parties génitales, ou bien elles sont répandues sur tonte la surfece des téguments. Ces boutons sont discrets, isolés, très \isibles à Tœil; ils conservent la couleur de la peau; les uns sont très petits, peu saillants, et s'accompagnent d*un prurit modéré (c*est le prurigo mitis); les autres sont plus larges, plus nombreux, plus saillants, mais aplatis, et sont le siège d'une démangeaison insupportable, qui augmente par la cîialeur du lit, après les repas, après Tusage des boissons stimulantes. £n raison de la sensation de fourmillement qui l'accompagne, on a donné à cette forme de la maladie le nom de P. formicans. Les malades alors se grattent, se frottent avec des brosses dures, avec des linges rudes ; ils s*écorchent, se déchirent la peau; souvent dans ces cas, sur le sommet des papules qui ont été excoriées par les ongles, il se forme une petite concrétion sanguine, noirâtre, qui donne à Féruption, dit M. Cazenave, un aspect tout à fait caractéristique.
La maladie est-elle simple, bénigne, elle se termine en deux ou trois septénaires, par résolution ; les papules s'effacent sans laisser de traces; quelquefois on n'observe à leur niveau qu'une légère desquamation furfuracée. Souvent pourtant, surtout chez les vieillards et chez les sujets débiles, on voit la maladie s'invétérer, se prolougcr pendant de longues années; les papules alors deviennent plut dures et plus larges : 31. Cazenave les a vues acquérir, dans ces circonstances, le volume d'un pois. Ce médecin distingue fait observer que de temps en temps le prurigo offre des exacerbations plus ou moins graves, accompagnées d'une éruption de papules nouvelles, et surtout de crises de démangeaison véritablement insupportable. C'est alors, dit-il, que les malades ne trouvent pas de corps assez dun pour ratisser, pour déchirer leur peau. A la longue cependant les téguments finissent par s'altérer ; le derme et les tissus subjaceuts s'indnrent et s'hypertrophient; souvent on voit, dans ces cas, la maladie se compliquer de plusieurs autres éruptions, surtout d'eczéma, d*impétigD, d'ecthyma, de furoncles, et d'abcès du tissu cellulaire, etc. Chez les personnes malpropres, surtout chez les vieillards, il y a souvent, en outre, des insectes appartenant ordinairement au genre pedicîUits: c'est le prurigo senilis de \\'illan. Knliu, lorsque l'altération est très étendue, on voit, dans quelques cas rares, la santé générale s'altérer, les nuilades perdre rap|)étit; ils ont de la diarrhée, et ils finissent par succomber dans le marasme.
Le prurigo peut occuper les divers points de la surface du corps; mais on le rencontre spécialement au visage, au cou, à la nuque, sur le dos, k la face externe des membres, surtout des supérieurs, ainsi que sur les parties génitales.
Le prurigo est anatomiquement caractérisé par des papules. Cependant dam quelques cas ou observe un prurit des plus violents sur des surfaces où l'on compte quelques papules seulement; celles-ci même font parfois complètement défaut Ce prurigo nommé latent a été signalé par Lorry, par Alibert, et a été surtout bien étudié par le doct(^ur Devergie. Il occupe fréquemment les parties génitales de l'un et l'autre sexe, surtout chez la feimue, ainsi que la marge de l'anus.
Diagnostic, — Nous dirons bientôt comment on pourra différencier le prurigo du licben. On distinguera aisément la maladie de toutes les affections vésiculeuses,
(i) C*est4-dlre de petits boutoot pleins, solides.
T, 11. — «• iWT. ^*
et surtout de l*eczéaia, par la violence du prurit et surtout par Tabseoce des xhàcuics. Il y a cc|)en(1ant entre le prurigo e( la gale une similitude d*aspcct qui fn i souvent imposé ; mais on évitera Terreur eu considérant les difTéreoces qu*il \ . entre les deux affections sous le rap|)ort de leur siège et de leur forme élémen taire. Ainsi le prurigo aiïectc surtout les membres dans le sens de l'extensioa taudis ([ue la gale se montre surtout dans celui de la flexion ; celle-ci est consti tuée par des vésicules d'où |)art un petit sillon au fond duquel est blotti Vacan scabiei^ tandis que, dans Fautre, ce sont des élevurcs, des boutons durs entière ment pleins, sans sillon à leur base et au sommet desquels existe souveut un pet caillot noirâtre, ce qui, d'ailleurs, coimne nous Ta vous déjà dit, est nn phénomèo tout à fait secondaire.
Le prurigo sans papules n'est caractérisé que par les démangeaisons exce sives ; les téguments ne présentent rien d*insolite ; cependant lorsque la inaladj est ancienne, la peau dans certains {X)ints est blanchâtre, lisse, onctueuse a touclier.
Pro7wstic, — Le prurigo, par sa |)crsistance et ses fréquentes récidives, constiui une affection fâcheuse qui empoisonne souvent les dernières années de qut^lqiK vieillards ou de sujets débilités. Tels furent, d'après Alibert, Platon, Charles-<^)uiiit Charles IX, etc« Le prurigo qui atteint les parties génitales, est un des plus incoui^ modes et des plus opiniâtres. On a remarqué que le prurigo qui ne s^accompi^ pas de papules est le plus rebelle.
Etiologie. — Le prurigo est plus fréquent chez l'homme que chez la femme il atteint spécialement les enfants et les vieillards; on le rencontre fréqueuuueo chez les individus qui vivent dans la malpropreté, qui ont un mauvais régime, e qui se livrent à des excès alcooliques. Cependant, il n'est |>as trC*s rare de ^oi la maladie survenir au milieu de circonstances op|H)sées. Elle nVst jamais coota^ gieuse.
Traitenient. — Le prurigo alleclc-t-il un individu jeune, fort, on doit employé un traitement ontiphlogistique, c'est-h-dire une saignée générale ou des sangsue au voisinage de 1 éruption, des bains tièdes, des boissons tem|)érantcs, des lotion froides, etc. Si la maladie est ancienne, si le sujet est débilité, on emploiera de préférence les boissons amèrcs, les bains alcalins faits avec i2r> à 1\)0 grammi-s» di sous-carl)onak! de potasse, un régime tonique et quelques dérivatifs intestinaux Si la maladie i-ésiste à ces moyens, on administrera les préparations sulfureuses i l'extérieur connue à l'intérieur. On a vanté dans ces circonstances une foule d( l)ominades ; les ])Ius usitéc^s sont celles au calomel (5 grammes {KKir *S0 d'axom^.' au sous-borate de soude (même proi)ortion) ; celle de goudron (2 à & graïunu': pour 30 d'axonge); la pommade d llehnerich; une {lommade alcaline composée (chaux éteinte, 8 grammes ; sous-carbonate de soude et laudanum. 2 grammes de chaque ; axonge, 30); des lotions au sublimé, des onctions avec lluiile de cadr. On unira à ces moyens les liains frais, simples ou alcalins, les l>ainssalé.s, k*» baiu5 de mer et les bains acides (30 à 100 grammes (facide chlorh^driciue |K>ur un bain). Mais >l. Cazena^e a rarement obtenu de bous effets de ces derniei^s. Knlin li^ bains mercuricls et les fumigations cuiahives conviendront dans l(*s uiéuK*> cas. surtout lors(|u*oii a affaire à un prurigo {xHliculain*.
]>es moyens qui précèdent conviendront aussi dans le prurigo latent qui atteint si fréquemment les parties sexuelles ; cependant souvent ils sont iiusafhttuu ^1. Devergie conseille dans ces cas des moyens ca|>ables de niodilier la M^nsilNiiii' nerveuse : leU^ tiA)\\\.\^ ^\^\x<(:\yi^ ^^ >^ ^^\!b&& fortes* simples, alcaliucs, sutto-
DU UCHEN; 9%$
r«iiBâi OU BtléeB, les ctuténBaiioDs avec uoe solution de oUratô d*argettt au diuèiue ou au cinquième.
Ihi liéhen.
Le mot iicken, qui a éù dans le langage médical plusieurs significiticma ditf^ tinctes, dst consacré aujourd'hui peur désigner une maladie caractérisée par àt petites élevures dures, solides, nonunécs papules, presque toujours aggioméréas et prurigineuses.
Cette maladie peut être aiguë, mais le plus souvent elle est chronique, et elle it présente sous deux formes principales désignées sous les noms de lichen êimplex et Uchen agrius.
Lichen simptex. — Le lichen simples a des papules dé la grosseur d'un graiil de millet agglomérées en plus ou moins grand nombre ; elles sont rouges et accom^ pagnées d*un prurit très incommode, et même d'une cuisson asseï vive si b maladie est aiguO. (Cependant, au bout de quelques jours, ces symptômes locam dimiutient, et à moins que de nouvelles éruptions ne se fassent, la maladie se ter*^ mine en sept ou huit jours par une légère desquamation fiirfuracée. Le lichen aigi occupe presque toujours la face ou le tronc. I/)rsque le Uchen simplex est chriH nique (et c'est le cas le plus commun), les papules «mt le plus souvent la couleur des téguments, lesquels sont hérissés de petites tumeurs l^èrement prurigineuses qui restent statioimairos pendant d(;s semaines et des mois entiers: souvent alors des éruptions successives se font de temps en temps. Le lichen simplex chronique, disent MM. Cazenave et Schedel, est toujoui*s accompagné d'na épaisaiiiemeiit plus nu moins considérable de la peau, et donne heu fréquemment à une exfolia-^ tion abondante. L'érupiion dont nons ])arlons siège de préftrence sur les membni» sfiécialement sur la face dorsale des mains.
Uchpfï agrim, — Le lichen agrius ])eutêtre primitif ou succéder au précédant Il est caractérisé |)ar des papules agglomérées, très petites, rouges, reposant sur un fond érythèmateux qui s'étend au delà de l'éruption. Celle-ci s'accompagna d'une démangeaison et d'une cuiKSoit excessives, qtii augmentent par la chaleur du Kt, après le repas, apK's l'ingc^stion de liquides stimulants; ces sensations imil quelquefois si vives, que les malades se grattent avec fureur en se servant souvoil des corps les pliu» rudes. Au lieu do diminuer vers le cinquième joiur, comme dana le liclien simple, on voit ici les accidents augmenter; le sommet des papules s'ulcère, il en suinte un liquide séro-punilent qui se concrète et forme de petitaa croûtes jaunâtres, molles, |>eii adhérentes, (|ui, en tombant, sont remplacées par daa squames minces. Quelquefois alore, dit M. Cazcna\e, la rougeur diminue; il s'établit une ptite desi^uamation, et la maladie se termine au bout de douze ou quinio jours. Mais le plus souvent, un Uqiiide plas ou moins abondant est sécrété sana cesMs et 1rs sciuaines, sitôt tombées, se refornu*ut. A l'étal chronique, la quantité de liqui<le sécrété est de moins en moins considérable ; les squames sont plua sèches; elles sont remplacées par une exfolialioii farineuse; il est commun alora de \oir la peau plus ou moins amincie. A ce degré, la maladie peut durer des mois (Mitiors. On a admis plusieurs autres sortes de lichen : ainsi on a décrit le Hchen strophuius^ variété qui affecte essentiellement les enfants à la mamelle, qui existe toujours à l'état aigu, et consiste, disent MM. Cazenave et Schedel, dans une éruption, le plus souvent générale, de papules plus rouges ou plus blanches que le reste de la peau, accompagnée de démangeaison très vive. On admet en outre : 1* la lichen piloris, siégeant sur les points pourvus de poib : on le regyidfe oMsaoBât
SSd MALADIES SPÉCIALES A CERTAINS OBGANES.
trè84>puiiâtre; 2® le lichen circumscriptus^ dans leqnd les papules sont disposées 00 groupes circonscrits de forme irrégulièrement circulaire ; 3* le lichen des membres inférieurs, qui s*accompagne parfois d'une coloration livide des papules, oo bien il est eutremêlé de pétéchies : c'est la forme que Wiilan nomme lichen lividus: ti^ enfin les enfants, surtout pendant les chaleurs, sont sujets à une variété de lichen qui a reçu Tépithète d'urticattis, parce que les papules saillantes, volumineuses, entourées d'une aréole rosée, rappellent assez bien les élevures de Turticaire; elles sont fugaces comme celles-ci, et s'accompagnent de cuisson oonnne elles.
Diagnostic. — Le lichen étant constitué par des papules, c'est-à-dire par de petits boutons tout à fait solides, se distinguera aisémeut dos éruptions vésiculeuseï {eèxéma^ herpès^ gale). Cependant avouons qu'on est parfois fort embarrassé pour diflérencier le lichen agrius de l'eczéma chronique ; mais on recherchera alors s'il n*existe pas quelques papules; oo aura égard en outre à l'état de la peau, qui est épaissie, rude, rugueuse: altération consécutive, uiaistout à fait caractéristique, et qu'on ne retrouve point dans les eczémas. Le prurigo a, au contraire, la même lésion élémentaire ; mais, daus celui-ci, les papules sont plus larges; elles soot aplaties, et presque toujours leur sommet, excorié par le frottement, est recouvert d'une petite concrétion sanguine.
Pronostic. — Le lichen est une affection sans gravite; mais elle est incommode et souvent rebelle : la forme agrius est la plus fâcheuse.
Étiologie, — Le lichen ne respecte aucun âge ; il est fréquent en été et au printemps, et se montre très commun daus les régions tropicales. Il est souveat produit à la face par les ardeurs du soleil et par les écarts de régime ; les excès alcooliques sont comptés surtout parmi ses causes déterminantes. Il se montre eo outre assez souvent sur les avant-bras et les mains des individus qui manient fréquemment des substances pulvérulentes : tels sont les épiciers, ou bien ceux qui, comme les forgerons, sont exposés à uu foyer ardent M. Devergie croit la maladie susceptible de se transmettre par le fait d'un contact très prolongé.
Traitement, — Au lichen ùmplex aigu on n'opposera que des boissons délayantes, des laxatifs, quelques bains tièdes ou froids et un régime doux. Si la nudadie est chronique, on rendra les bains alcalins, et l'on enverra les malades ï Vichy ou à Plombières ; et si le mal résiste, on oindra les parties d'nue pommade au calomel, au goudron, au camphre. Le lichen agnus, s'il est bien emflainmé, pourra réclauier l'emploi de la saignée ; on insistera sur les bains émollients, sur les cataplasmes de fécule. Plus tard, on prescrira les bains alcalins ou sulfureux, artificiels ou pris aux sources mêmes; enfin, si la maladie résiste, on emploiera \ l'extérieur les pommades au deuto-iodure de mercure; on cherchera à modifier les surfaces par des lotions et des douches hydrosulfureuses, par l'application d'un vésicatoire ou par la cautérisation avec l'azotate d'argent Lorsque le prurit est intense et qu'il a résisté à tous les moyens, M. Baumes conseille la compressioo avec une plaque de plomb, ou seulement avec une bande.
Oe l*iirUe«ire.
Sthohtmu. — Fièvre orllée, porc^laiae; ure^o^ purpura urticata, epinyctis prurigimasm^^ssem.
On donne le nom d'urticaire à un exanthème non contagieux, formé par des plaques saillantes irr^lières, plus blanches ou plus rouges que la peau cmiroanante, très fugaces, cv^'^ccAccvv^i\v\t toujours d'un pnuit incommode. L'urti-
Dt L*URTICA1RE. 885
caire est ainsi nommée parce que 1 éruption ressemble beaucoup à celle que produit sur la peau le contact deTortie {Urtica urens). Cette maladie est très anciennement connue ; elle a été, eu effet, bien décrite par Gelse, et plus tard par les Arabes.
Sj^ptémes, tnarche, — L'urticaire présente quelquefois des prodromes, teb que malaises, lassitudes, courbatures, fièvre, perte d'appétit, embarras gastrique, vomissements, diarrhée. D'autres fois, l'éruption a Ueu sans être accompagnée* d'aucun dérangement dans la santé. Les malades accusent alors sur diverses parties de la peau un prurit intense qui les excite ^ se gratter. Sur cea mêmes points, oa voit naître des plaques dures et saillantes, arrondies ou ovalaires, ayant de 5 millimètres à /!i ou 5 centimètres d'étendue; les unes sont légèrement rosées; les autres, au contraire, sont plus blanches que les parties voiinnes. Leur nombre varie: tantôt on n'en compte que deux ou trois ; d'autres fois elles sont très abondantes, et deviennent confluentes dans plusieurs points. Cette éruption s'accompagne d'un, sentiment de cuisson et d'un prurit très incommode, qui augmente après les repas, par la chaleur du lit, par le voisinage d'un foyer, ce qui ne laisse aucun repos aux malades. Ces plaques disparaissent en général promptement;; souvent elles n'ont; qu'une durée de trois ou quatre minutes; d'autres persistent pendant une, deui^ ou trois heures, mais elles se reproduisent ailleurs. Quelquefois elles sont suivies d'une légère exfoliation de Tépidenne: cependant, dans quelques cas, la méine plaque peut rester sans changement pendant un, deux ou trois septénaires (tir/tcaria persians de Willan).
Varié iés. — Willan a admis six variétés d'urticaire, qu'on peut réduire à trois. Ce sont: 1* L'urticaire fébrile, ou fièvre ortiée proprement dite {urticariafebrilii)^ qui est généralement précédée et toujours accompagnée d'un mouvement fébrile, et qui se lie fréquemment à un dérangement des fonctions digestives. Sa duréç moyenne est d'un septénaire. Cette variété se présente qudquefois avec les sym« ptômes d'une fièvre intermittente. 31M. Cazenave et Schedel l'ont vue alors revenir régulièrement pendant l'accès, et cesser entièrement durant l'apyreiie, sans qu'il soit possible de déterminer si, dans ces cas, l'urticaire n'était qu'un épiphéno» mène, ou bien si elle constituait la maladie principale. 2** L'urticaire fugace {urti' caria evanida)^ qui ne s'accompagne ni de fièvre ni, le plus souvent, d'aucun malaise, qui paraît et disparaît au bout de quelques heures et se reproduit ainsi à des intervalles plus ou moins rapprochés, pendant des mois ou même plusieurs, années. Biett l'a vue durer sept années consécutives. 3** Une variété assez rare est celle qu'on a nommée urticaria tuberosa^ parce qu'elle est formée par de véritables tubérosités dures, profondes, saillantes, très douloureuses, qui gênent les mouvements des membres sur lesquels elles siègent, qui apparaissent le soir ou la nuit, et disparaissent le lendemain, en laissant les malades plus ou moins faibles et abattus (epinyctis). Cdie forme d'urticaire est rare, et sa durée, qui n'est jamais moindre de deux ou trois mois, a été quelquefois de trois ou quatre ans.
Diagnostic. — La forme, la couleur, l'élévation des plaques, le prurit dont elles sont le siège, la durée éphémère, caractérisent suflisamment l'urticaire, et empêcheront de la confondre avec l'érythèroe ou avec une autre maladie, et notamment avec le lichen urticans.
Pronostic. — Si l'urticaire ne met pas la vie des malades en péril, elle n'en constitue pas moins une affection pénible, incommode, en raison des démangeaisons qu'elle détermine, et souvent à cause de sa dufie.
CauêeM. — L'orticaifiB est plus conumme chei ka entifiSti^ âiKtVs^V^ssKBn^
8M HAUDIES SPËrJALBft A CEBTAIH8 0BG1NE&
nÙtts trriuUfls, neiTetix , daiu les uimns et les pays chandi. Otl« ulA * 1 ' fimtHuvent uns causes ipprécialiles; mais fr^qoemment die «in meémotion inorale vive, ou il l'iiigestîoo de cenaînes substance* dm ïi^lj telles que le l>auine de copahu, ceitains laissons de tuer, plusii MiniHe l«s moules, etc. Chez d'auinv individus, ayant uae idiosyncn^^^ li#re, la chair de porc, les viandes Tumées, certains fruits, p^oduilev^^ ^<^^ «Ihta. Enfin, l'urticaire pcul être produite directement par le coniai't ;.j^ d'ortiet. de certaines chenilles, et, chei les indiiidus excessi veinent f* j^
pir le simple frottement. .^^.^
Traitemet^. — L'urticaire, qui œt produite par des causes directes ^ y^x M dissipe le j^os souvent loulc seule : cependant si k-s cli'nianReaisons' ^ ^ vives, on pourra conseiller des baiiis alcalin» ceuicnani G^i h 1 ilO gnmnws carbonate de potasse, ou bien ou fera îles lotions avec de l'eau blanche. ^ l'urticaire s'accompagne de fti'irc, il faut prescrire desboisMins aciduW ^.-^ rantes, des bains tièdes, des laxatifs ci la diète. Il est rare qu'il soit nécoss^^ recourir aut émissions sanguines; on le fera pourtant si le sujet est pléthoT* ^ 9 la maladie survient après l'ingestion de certains alimenis, on se liâtera de ia^A un vomitif on un purgatif, suivant que ces subsUnces sont dans l'estooiaC^ dans les intesthn; on pMscrira ensnite quelque boisson fortement acidiilér. des sUmeMs «nt produit une iud^estion, on donnera quelque infusiuo thiitorn^ ironuiique
L'urticaire chronique est sou\ eut (tilTicile ji combattre; m persistance dépn4 parfois du genre de r^ime des individus: aussi Willan conseille-i-il de retraadir successlveoieni les différents mets cl les dilTércnies boissoas dnoi usoui habitat)lèvent les malades, et souvent alors ou finit par découvrir la substance qoia devenue Incompatible avec l'idiosvncrasie du sujet. Dans ces nrticaires chroniqM, on donnera utilement des purgatifs n^pt^iés, des boissons acidulés, des suImudch amères. Les bains surtout sont avantageux ; ou les prend tiMes on froids, sira[4n. alcalins ou acides (50 ) 120 grammes d'acide sulfuriqiic). (jhez kv sujets débilii^. m retirera des avantages de l'emploi des bains de mer. Knfin Bieti a guén v,tr urticaire rebrile par l'emploi de la solution de Fowler, d'antres par les linucbes et les bains de vapeur. Que la maladie soit aiguè ou chrouiiiue. kirsqiir kprurit est très incommode, on es.saiera de le calmer par des lotions acidnliU, h ■1 le sommeil est empêché, mi prescrira l'opium. L'urticaire qui est tiée i l'eii!tence d'une flèvre intermittenie sera traitée par le sulfate de quinine.
!»• PéMphastisiii dei Grwa. on Mpra tiilMreakBt*.
L'MptiaBliasîs des Grecs est une maladie caractérisée, par le déveio|ifinneni Mir divers points du corps, spécialement A la bce, de tubercules irréKulicrs, nimb, rouges ou livides au début, prenant plus Urd utie teinte fuuvo ou imniei'. ti t'accompi^inntld'tino allération profonde de la peau, qui devient éftaisse. ni^'ut'uy . grisâtre, brunâtre comme ceUe de l'éléphaiiL V'v%\. en raison de cette rctseoUaiici qu'un a donné \ la ouladie le nom qu'elle porte (1).
Atiûlomie piithulogiqiie. — Les poinis de la jieauqiii sonlaffiectésscuUli^risKï de petites lunieun iuqvDpreuicnt appelées lubrrcuiet, siégeant, les une ilu-
(i) Kn ^an\(it^e «ul>n^, le nmt 'sAn-fHk *ert î déiitner de petite* Umeundnm phBM mWM w^wMtBo . >Dcom^at,ato \tt \^'^ vw.i icta K tor g!hi»t*a<]n anomale d« li fTM. O lUl»ei«ll»pettVt»l«T*'««4T*. Ott«\wm\™i WB«wmift«»«..ôt*ni»,Wi.
DE L'ÉLÊPHANTl ASIS DES GRECS. 887
Tépaisseur de la peau, les autres sous cette membrane ; leur tissu est blanchâtre, résistant ; la peau qui les recouvre est amincie, ratatinée ; il y a souient des ulcérations, les unes livides, les autres recouvertes de croûtes; elles succèdent à la fonte suppurée dr*s tubercules. Quand on incise le derme, dit M. Gibert,on trou?» ordinairement les couches superficielles de la peau amincies, desséchées, comme parcheminées; d'autres fois on remarciiie un épaississement marqué du derme et un développement comme érectiledn tissu vasculaire d'Eichhom. TiC tissu cellulaire sous-cutané est épaissi, induré ou suppuré.
Les membranes muqueuses sont plus ou moins altérées; elles offrent parumt une teinte bronzée ; la conjonctive est boursouflée, la cernée amincie, la pupille souvent oblitérée ; des tubercules analogues à ceux de la pean se montrent à U voûte palaline, à la langue, au pharynx, dans le larynx ; la muqueuse de ces parties est épaisse, décollée, détmite. f/estomac est sain ; mais, d*aprés M. Gibert, les follicules de Peyer seraient quelquefois développés, indurés ou ulcérés.
SyinjUàmes, marche, — l/ap|>arition des tubercules est ordinairement précédée de taches fauves ou rougeàtres chez les blancs, d*un noir plus fonci^ chez les nègres ; s'il y a des poils sur la partie, ils changent également de couleur. Bientôt, au niveau des taches, se développent des tumeurs rougeàtres, molles, livides, dont le volume varie depuis celui d*un pois jusqu'à celui d*une noix et plus. La peau, dont la sensibilité est obtuse lorsqu'il n*y avait encore que des taches, est devenue extrêmement douloureuse. Si, comme cela a lieu presque toujours, la maladie occu]x' la face, les traits sont horriblement défigurés; alors, disent MM. (^zcnave et Schedel, les narines se dilatent, des tnl)ercules informes se développent sur les ailes et le lobe du nez, jusque dans la bouche* ; les oreilles deviennent monstrueuses, les lèvres sont grossies, les cils et les sourcils tombent ; la peau prend une teinte bronzée générale, à laquelle les muqueuses environnantes participent. Profondément sillonnée, onctueuse et luisante sur les membres, elle se couvre de tubercules énormes aplatis; le tissu cellulaire subjacent est tuméfié, et ces régions, plus ou moins déformées, ont un aspect repoussant ; la sensibilité enfin, qui d'abord était si vive, devient alors obtuse et parfois nulle ; la voix s'éteint, la me s'affaiblit, Todorat se penl, le tact s'émoiisse de plus en plus ; quelquefois il est penrerti de la manière la plus étrange. On a dit que ces malades étaient souvent satyriases ; mais cela ne parait pas avoir été fréquenunent obsené, du moins à Paris.
Daas une forme encore plus grave de la maladie, on voit des ulcérations de mauvaise nature se former, puis se rouvrir de croûtes et être remplacées plus tard par d(*s ciratric^H difformes ; enfin des nnitilations plus ou moins graves s'efTectuent tôt ou tard.
1/élépliantiasis peut guérir; les tubercules alors se résolvent; mais presque toujours la maladie est incurable ; les individus succombent, minés par une fièvre lieclique on emportés par une complication.
iPwgmMic. — Nulle difliculté pour distinguer Téléphantiasis des Grecs d'avec la lèpre proprement dite, ou lèpre vulgaire, qui, comme nous Tavons vu plus haut, page :)8H, est une afl'ection squameuse. L'éléphantiasis des Arabes n*a non ph» a^er relui des <iH*cs aucime analogie; car le premier n*est pas caractérisé, comme l'est le second, |^r des tubercul(*s, mais par un épaississement de la peau et du tissu cellulaire. Beaucoup confondent la lèpre tuberculeuse avec la syphilis ; cepen^ dant les tubercules s>philitiqnes sont |>lus petits; ils sont durs et de couleur cuivrée ; tandis qin; les autres sont mous, rougeàtres et plus larges. 11 importe hifini de reconnaître la maladie dès son débnl^ toraqii"^ ^1 ai«M«c^ ^^ ^s&\»^r^
888 MALADIES SPÉCIALES A CEBTAINS OHGAN£S.
Dans ce cas on ne peut jamais avoir de certitude absolue ; mais cependant rinsenjùbilité delà peau au niveau des taches, Taltération des poils, seront quelque chose de suspect, surtout si llndividu vit dans les lieux ou vient d*un pays où la lèpre tuberculeuse est endémique.
Pronostic. — Le pronostic est des plus graves, car la maladie est presque toujours incurable.
Étiologie. — L'éléphantiasis des Grecs est rare en France; la plupart des individus qui en sont atteints chez nous viennent ou sont originaires de nos colonies. On ne sait pas trop les causes qui Tengendrent; on prétend que la maladie est produite par Thabitation dans les lieux humides» par Tosage des viandes salées, surtout par la chair du porc. Mais rien n*est encore démontré à cet égard. L'éléphantiasis n'est pas contagieux, rarement il est héréditaire.
Traitement, — Tout à fait à son début, et lorsqu'il n'y a enccR'e que des taches, il faut combattre la maladie par des liuiments excitants et par des vésicatoîres volants. Lorsqu'il y a des tubercules, on emploie les pommades fondantes, résolutives, les douches de vapeur aqueuse, les bains alcalins. Enfin on a conseillé dans ces cas l'usage intérieur des sudorifiques, des préparations arsenicales et de la teinture de cantharide. Biett a aussi obtenu quelques bons eiïets de l'iode ; mais il a surtout réussi par la cautérisation. Il faut enfin soumettre les malades à un bon régime, et avant tout les expatrier.
Du lupus ou dartre rongeante, on esthiomène.
Le lupus est une maladie chronique de la peau, siégeant presque toujours à la face, et caractérisée par le développement de taches, et le pltis souvent de tubercules violacés et rougeâtrcs, qui s'ulcèrent et ont une grande tendance à détruire en profondeur et en surface les tissus environnants.
Le lupus se montre spécialement à la face, où il occupe surtout le nez, les joues et les lèvres. Au tronc, il affecte préférablement la poitrine et les épaules; il n'est pas très rare au cou ni à la face externe des avant-bras, ni au dos du pied, ni à la face dorsale des mains, qui sont les points des membres le plus souvent envahis par le travail destructeur. Enfin, quelquefois il atteint chez la feraaie les parties externes de la génération; M. Huguier a publié, sur l'esthiomène de cette région, im travail intéressant inséré dans le quatorzième volume des Mémoires de l'Acadéntie de médecine. ^
Symptômes, marche. — La maladie commence presque toujours par le développement d'une ou de plusieurs petites tumeurs dures, d'un rouge obscor et indolentes, pouvant rester stationnaircs pendant un temps plus ou uniiniong, mais qui finissent tôt ou tard par s'ulcérer. Cependant dans quelques cas, an lieu de débuter par un tubercule, le lupus commence par une simple roi^ur violacée; puis peu à peu la peau s'amincit et s'ulcère. Quel que soit celui de ces modes d'invasion qu'on observe, l'ulcération une fois établie, la surface malade sécrète une matière ichoreuse, acre, qui excorie les parties voisines; elle se couvre de croûtes plus ou moins épaisses et grisâtres. L'ulcération peut rester pendant longtemps superficielle, n'intéressant que les premières couches du derme ; mais souvent elle gagne en profondeur, et non-seulement elle ronge la peau dans toute son épabseur, mais elle détruit en outre les parties molles sous-jacentes. Il arrive quelquefois qu*en se proça^eaul d'ua côlé^ l'ulcération se guérit de l'autre ; la cicatrice qui se forme alors esxmè^jii^^yEÀ^^VùV^^xvse»^^ succède