‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 32 sur 265 · DE LA PUSTULE MALIGNE · texte numérisé non relu

DE LA PUSTULE MALIGNE

00 quarante joors après Taccident, c'est-à-dire précisément à l'époque où la plaie est toujours cicatrisée, ou tout au moins eu voie de guérison.

Appendice. — Rage du chien, — Conditions dans lesquelles la maladie survient chez cet animal. — Les chiens enragés commencent d'abord par être tristes, ils perdent l'appétit ; on remarque certains changements dans leurs habitudes; bientôt ik fuient la maison de leur maître ; ils courent de toutes parts la tête basse, le poil hérissé ; ils grognent ; leurs lèvres sont couvertes d'une bave écumante; ils mordent les personnes et les animaux qui sont sur leur passage , mais sans paraître les rechercher ; ils semblent plutôt de mauvaise humeur que véritablement furieux ; ils fuient l'eau ; cependant l'hydrophobie paraît être chez eux un phénomène beaucoup moins constant que chez l'homme; de temps en temps leur marche est interrompue par des convulsions; enfin la mort arrive brusquement comme chez rhomme. La rage paraît être une affection, sinon inconnue, du moins très rare, rhez le chien des pays chauds, et peut-être aussi chez celui qui vit dans les régions les plus septentrionales, comme au-dessus de Pétersbourg. Les mois de mai et de septembre sont les époques de l'année où l'on observe dans nos pays le plus de chiens enragés (Andr>'). On a dit que la maladie se développait chez eux par suite de l'usage d'aliments putréfiés, du manque d'eau ou d'exercice et de l'habitation dans des chenils humides. D'autres ont accusé les désirs vénériens portés à l'excès et non satisfaits (Grève et Capello). Sans vouloir nier l'influence de ces causes, nous dirons que la rage survient plus souvent peut-être sans l'intervention manifeste d'aucune d'elles. On n'a d'ailleurs jamais pu développer artificiellement la maladie en soumettant les animaux h l'influence de la plupart de ces conditions, même lorsqu'elles étaient réunies.

Lu chien enragé sera abattu ; celui qui sera seulement suspecté de rage sera séquestré et observé avec soin.

Be la poftale maligiie.

La postule ou puce maligne est une affection virulente transmise à l'homme par certains animaux domestiques, et qui est caractérisée par une inflammation gangreneuse des téguments, s'étendant rarement au dclh du tissu cellulaire.

Historique, — Cette maladie, signalée par Cclse, décrite par Guy de Chauliac, a été parfaitement étudiée à la fin du dernier siècle par Enaux et Chaussier; enfin, récemment, M. Bourgeois, médecin de l'hôpital d'Étampes, a publié dans les Archives (février 1863) un travail qu'on lira avec intérêt.

Circonstances dans lesquelles elle se développe, — Très rare à Paris, la pustule maligne est plus commune dans les campagnes ; elle règne assez fréquemment dans les départements formés des anciennes provinces de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, du Daupbiné, du Lyonnais, etc. Elle est plus commune dans les saisons chaudes , humides , dans les lieux bas , marécageux , et après les années pluvieuses, pendant lesquelles on n'a récolté que des fourrages altérés qui, mangés par les bestiaux et par les animaux domestiques, développent chez euK des maladies pestilentielles et gangreneuses. Cependant, dans la Beauce, on verrait, au rapport 4e M. Bourgeois, la pustule maligne se déclarer presque exclusivement pendant les grandes chaleurs. Quoi qu'il en soit, sous l'influence des conditions précédentes, ou bien encore lorsque les animaux ont été surmenés, les fluides et surloul\esaLU%« ainsi que les solides, sont \mprégnôsd*un principe délétère, et il suffit alors à^Xe^ netirc e» contact avec uoc partie quelconque du corps de T homme pour c\uc Va

86 DES EHPOISONNEMENTS.

pusUile maligne se développe. La peau, les poils, la laine, sout les tissus qui transmettent le plus facilement la maladie ; ce sont ceux aussi qui conservent le plus longtemps le principe contagieux. C*est ainsi que les lavages répétés , l'exposition à l'air, et même les changements opérés par les divers procédés de fabrication pour approprier ces substances à nos besoins domestiques, sont souvent insuffisants pour détruire complètement le principe virulent : aussi peuvent-elles, au bout même de plusieurs années, transmettre encore la contagion. 11 paraîtrait, au contraire, que dans les procédés de l'art culinaire, le virus peut être détruit. Morand, Thomassin, Duhamel, citent, en effet, des observations où un grand nombre d'individus ont mangé impunément la chair d'animaux affectés de maladies charbonneuses, et qui avait communiqué la pustule à ceux qui les avaient dépouillés. Mais, d'un autre côté, Ënaux et Ghaussier, et le docteur Turchetti, dansAnnali unwersali di rwecficina ( 1832 ), rapportent des faits qui démontrent que la chair des animaux morts avec le charb<m peut faire naître sinon une pustule maligne, du moins des maladies graves à forme putride ou gangreneuse, ce qui doit empêcher qu'on livre jamais à la consommation des viandes aussi délétères.

D'après ce qui précède, il n'est pas étonnant que la pustule maligne n'affecte guère que les individus qui sont en rapport avec les animaux malades, ou ceux qui travaillent leurs dépouilles. Parmi les premiers, nous citerons les bergers, les fermiers, les bouchers, les laboureurs, les maréchaux ferrants ; parmi les seconds se trouvent surtout les apprêteursde peaux, les corroyeurs et les cardeurs de matelas. La maladie se développe en outre fréquemment et uniquement sur les parties qui ont été mises en contact avec le principe virulent : ainsi on la remarque le plus souvent aux mains, aux avant-bras, à la figure, au cou. La transmission se fait nonseulement directement lorsqu'on touche, par exemple, du sang, du pus ou les dépouilles d'un animal malade, mais il n'est pas rare de voir la maladie se transmettre aussi par une mouche, qui après avoir sucé les sucs putrides, vient se reposer sur la peau de l'homme.

La pustule maligne affecte spécialement les herbivores et surtout le bœuf et la vache; on la voit aussi sur le chien, sur le porc et même sur les oiseaux de bassi;cour quand ils sont mal soignés.

La pustule maligne est contagieuse et transmissible de l'homme à l'homme ; mais nous croyons avec la plupart des auteurs qu'elle n'est jamais spontanée chez lui. Les observations publiées eu 1802 par Bayle, dans sa thèse, pour prouver que la pustule maligne peut se développer primitivement chez l'homme sous l'influence seule d'une cause interne , sont loin d'être concluantes, fiayle invoquait en faveur de son idée : 1** que la maladie n'avait pas été vue de tout l'été dans le village où il observait; 2** que |)resque tous les malades disaient être certains de n'avoir touché à aucune dé|)ouille. Mais Boyer qui a combattu cette manière de voir, a objecté : l*' que dans le pays où les observations ont été recueillies, le charbon régnait souvent, et qu'illit périr I)raucoup d'animaux dans les villages voisins, précisément durant l'épidémie observée par Bayle : 2** qu'il parait, par l'aveu même de ce dernier, que t^iis les malades n'étaient pas certains de n'avoir pas touché à aucune des dépouilles de ces animaux ; 3" que chez tous enlin la maladie s'est mani* festée sur quelque partie du corps habituellement k découvert, et généralement à la face.

Uivisiun. — A l'exemple d'iinaux et de Ghaussier, nous distinguerons dans la

pustule maligne ([uatre ()ériodes: on pourrait même en admettre une cinquième

quoii iwinawrail période d'iiwubutimi, ei (\ui b' étendrait depuis le moment de

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