‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 34 sur 265 · DU CHARBON MALIN · texte numérisé non relu

DU CHARBON MALIN

jourd*hui que, pour borner la gangrène, |)oiir détruire le virus cl prévenir Tabsorptioii des principes septiques on doit, ou extirper les parties malades, ou mieux encore les détruire avec le caustique. On a conseillé dans ce but le beurre d'antimoine ; niais ce moyen étant souvent infidèle, on doit lui substituer le caustique de Vienne ou le fer rouge. M. Bourgeois donne la préférence à la pierre à cautère. Quel que soit le caustique qu'on emploie, la cautérisation devra comprendre toute la surface sur laquelle sont développées et les phlyclènes et l'aréole. Si une escarre existe déjà, il faut préalablement l'inciser pour {lortcr le caustique au-dessous d'elle, afin d'atteindre plus sûrement toutes les parties malades. Si le médecin n'était consulté que lorsque déjà la gangrène est très étendue et quand elle a envahi le tissu cellulaire, il faut encore inciser crucialcment ou circulairement, enlever les parties mortifiées et cautériser profondément la surface. Peut-Ôtre aussi pourrart-on essayer de borner le mal en le circonscrivant avec le caustique de Vienne, qui déterminerait au pourtour de la gangrène une autreescarre de quelques millimètres d'étendue. En même temps les parties malades seront recouvertes de topiques capables de ranimer la vitalité des parties, telles que les décoctions de quinquina, les fomentations aromatiques , les fomentations vineuses , alcooliques , cam|)hrées. Il est inu • tiles dédire qu'il faut, par un traitement approprié, combattre l'état général et les complications: les toniques, comme le kina, les boissons vineuses, les excitants diffusibles, sont les moyens (|ui sont presque constamment indiqués à une époque même peu éloignée du début; tandis que tous les débilitants, comme les antiphlogistiques et les purgatifis, favorisent la gangrène. Les évacuants et l'émétique notamment, recommandés par Tbomassin, ne seront employés que dans quelques cas spéciaux pour combattre un embarras gastrique concomitant.

Pour éviter la pustule maligne, on ne doit toucher ni le sang ni le pus des animaux nialades, ni aucune de leurs dépouilles : il faut enterrer leurs cadavres à une certaine profondeur, scarifier leur peau ou la brûler, précaution nécessaire dans les campagnes, pour empêcher que les paysans ne les dépouillent, et que par avidité ils ne s'exposent à contracter la maladie. Ceux dont les mains ou. une partie quelconque du corps auront été en contact avec un liquide ou une dépouille de l'animal, devront se laver aussitôt avec de l'eau savonneuse et avec une eau vinai* grée ou aiguisée d'acide cblorbydrique ; s'il y a une excoriation, on devra cautériser.

Du charbon malin.

Le charbon malin est une maladie caractérisée par une tumeur ordinairement |)ea saillante, très dure, fort douloureuse, d'un rouge vif et éclatant à la circonférence, présentant à son centre des vésicules ou des pustules livides, bientôt remplacées par une escarre noire comme du charbon, ce qui justifie le nom qu'on lui a donné. On distingue deux espèces de charbon malin : l'un est dit pestilentiel^ parce qu'il constitue un des symptômes concomitants de la peste ; l'autre, le seul dont nous devions parler ici, est le charbon malin proprement dit, ou non pez^ tilentiel,

Cjc dernier survient ordinairement dans les mêmes conditions qtic la pustule maligne, et il est produit par les mêmes causes, c'est-à-dire qu'il est transmisà l'homme l»ar le contact du sang, des chairs ou des autres dé; ouilles des animaux surmenés ou affectés de maladies charbonneuses.

le rliaHwn malin s'accompagne toujours d'accidents très graves, si»mblal)les à c<'u\ qu'on obscnc dans la quatrième période de la pustule maligne. Ces ^tt\v\civ\»

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au nombre desquels aous citerons une grande anxiété, une prostration extrême, du délire, des syncopes, précèdent l'apparition du charbon si celui-ci est gagné par infection; ils surviennent simultanément avec lui s'il a été gagné par contact immédiat.

La tumeur charbonneuse est dure, elle est annoncée parfois par des vésicules ou par des pustules livides. Au-dessous d'elles il y a un noyau dur qui devient bientôt noir et insensible : c'est une escarre entourée d'un cercle rouge vif. Celui-ci est le siège d'une chaleur brûlante. La maladie s'étend bientôt en surface et en profondeur ; et, contrairement à la pustule maligne, qui reste circonscrite à la peau et au tjssu cellulaire, le charbon envahit les muscles, les vaisseaux, les nerfs, etc. En * s'étendant, l'escarre se ramollit au centre et tombe en détritus infects.

L'aiïection a une marche très rapide, beaucoup de malade meurent en vingtquatre heures, la plupart du deuxième au quatrième jour. La guérison n'a lieu que dans des cas exceptionnels.

La pustule maligne est la seule affection qu'on pourrait confondre avec le charbon. Ils naissent tous deux dans les mêmes conditions ; ce sont deux affections gangreneuses qui tuent promptement ; les accidents généraux varient peu dans les deux cas, et le contagium est peut-être le même. On a dit, en effet, que le charbon d'un animal pouvait indifféremment transmettre à l'homme ou le charbon ou la pustule maligne. Ce seraient donc plutôt deux variétés d'une même maladie que deux affections distinctes ; cependant elles présententquelques différences importantes à noter. Ainsi le charbon peut être spontané, la pustule au contraire est toujours communiquée à l'homme; le premier est souvent une affection primitivement générale dont la tumeur charboimeuse n'est qu'une expression, une manifestation, tandis que la pustule maligne, toujours locale d'abord, ne devient générale que consécutivement; le charbon peut survenir indifféremment sur toutes les parties du corpç, tandis que la pustule ne se manifeste que sur les parties découvertes ; enfin les deux affections diffèrent entre elles par leurs caractères extérieurs: la pustule maligne est remarquable, en effet, par une tuméfaction considérable, rénitentc, semi-emphysémateuse, tandis que dfins le charbon la tumeur est circonscrite, d'un uoir de charbon au centre, d'un rouge plus ou moins vif à la circonférence.

Le traitement k opposer à la maladie consiste à cautériser le centre de la tumeur avec le fer rouge ou bien avec le caustique de Vienne ou le chlorure de zinc. Les parties cautérisées seront recouvertes de cataplasmes émollients ; d'autres préfèrent avec raison des cataplasmes faits avec de la levure de bière et le quinquina ; enûn quelques-uns emploient les frictions mercurielles.

Si le traitement local peut seul suffire pour enrayer les progrès de la pustule maligne, il n'en est pas de même pour le charbon, affection qui est presque toujours primitivement générale. On devra donc recourir à une médication interne; le quinquina, le vin, le camphre en formeront la base. Les évacuants seront administrés avec la même prudence et en vu$ des mêmes indications que dans la pustule maligne ; les émissions sanguines tant locales que générales, que quelques-uns ont conseillées, doivent être à peu près bannies : rarement, en effet, leur emploi est justifié par l'état des forces.

De la morve ai(;uë.

La morve, qui, il y a quelques années encore, n'appartenait qu'à l'hippiatrique,

rentre également aujourd'hui dans le domaine de la pathologie humaine. On peut

/y dc/inir : iurwaladic fùbrik produite par un virus |)articulicr, se transmettant

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