DE LA MORVE ET DU PARGIN CHRONIQUES
raffaihlissement, des douleurs vives dans les membres et les articniatjoiis, et quelquefois une pleurodynie excessivement pénible, mais peu durable; puis ils sont prisMicces&iveroent on en même temps de toux sèche et de mal de gorge, ensuite d*iiii euchifrènemont qui leur cause beaucoup de gène. Lorsqu'au contraire li norve Mirvieot dans le cours d*un farcin chronique qui remonte à six, huit ou seize mois, on commence ordinairement par noter une douleur dans la trachée ; la fois s*altère et s'éteint; ces symptômes, d*ailleurs, peuvent disparaître ; il en est de mèoie de la tooi, de la dyspnée et de Texpectoration qui existent alors presque toujours. Bientôt les malades sont enchifrenés ; les narines semblent bouchées comme dans le coryza chronique ; quelques malades accusent une douleur obtuse et profonde à la racine do nei ; ils mouchent de temps en temps du sang, ou un oiaciis poriforme, grisâtre, et des croûtes ; quelquefois, en explorant les fosses nasales, on y découvre 4^ ulcérations et l'on voit 1? cloison perforée. L'examen do la bouche, de l'arrière-bouche et du pharynx fait aussi reconnaître les lésions que nous avons dit précédemment pouvoir exister dans ces parties, A ces signes vien-^ nent se joindre la plupart des accidents qu*on observe dans le farcin chronique (douleurs articulsûres, musculaires, diarrhée, amaigrisseaien(, fièvre, signes dé cachexie).
La morve chronique peut, d^ns quelques cî)Si être tout à fait latente, c*est~k-din^ qoe les individus, n'ayant nidQuleurs, ni écouleipent du côté des fosses nasales, ni aucun trouble notable vers les fonctions respiratoires, ne paraissent être atteints qoe d'un farcin chronique, et ce n'est qu'à l'autopsie qu'on reconnaît les lésions graves dont la pituitaire, le larynx et la trachée sont le siège.
Durée^ terminaisons. — La morve chronique a une durée plqs longue que le bran; on l'a vue persister pendant six années. La maladie offre alors des remit.-: sions; mais il n'y a jamais cessation des accidents. Jusqu'à présent on ne connaît guère qu'on seul cas de guérison, incomplète d'ailleurs ; presque toujours les uialèdeê succombent dans le marasme et par les progrès de l'affection : la morve chronique se termine plus rarement que le farcin chronique par une morve aignè.
Diagnostic. — La syphilis constitutionqeJle est à peu près la seule maladie qui pourrait être confondue avec la morve chronique. En effet, les ulcérations du nez» de la 9orge, de la voûte palatine, les douleurs des ipcmbres, les abcès multiples et les accidents de cachexie peuvent exister également dans les deux affections. Cependant les ulcérations syphilitiques des fosses nasales diffèrent de celles que la mone produit par leur siège profond et la gravité plus grande des désordres : on sait, en effet, que dans la syphilis les os propres sont fréquemment nécroses et c\ • polsés. L'écoulement nasal est en outre presque toujours |)eu abondant, et exhale, ainsi que l'air expiré, une odeur des plus infectes. Les ulcérations syphilitiques de la gorge, par leur fond grisjltre, leurs bords élevés, durs, taillés à pic, se disUtiguent de toutes les autres espèœs de solutions de continuité, et noiaipment de celles qui se foruient dans la morve chronique. Enfui on verra plus tard que les douleurs ostéocopes de la syphilis, qui s'exaspèrent pendant la nuit, qui coïncident presque toujours avec des exostoses et des périostoses, n'ont aucque analogie avec les douleurs de la morve et du farcin ; il n'y a non plus aucune ressemblance entre ks tumeurs gommeusesde la vérole et les abcès multiples du furcin. Ajoutons, pour. ^miner, que les ulcérations des fosses nasales et de la gorge, qui sont les seules lôions de la syphilis qui pourraient simuler la nior\e, coexistent ))res([ue tou^mvv^^ avec d'autres signes certains d'infection, tels (]ue des syphilides ou des lixusVv^sc^,
Pronostic. -^ La worre chronique, farcineusc ou non, est toujours A'uw ^wi-
nostic excessivement fâcheux ; cette maladie est incomparablement plus grave que le farcin chronique, que nous avons vu plusieurs fois se terminer d*une manière heureuse ; la réunion des deux affections est toujours une circonstance aggravante. L'angiolencite farcineuse est peut-être le degré le moins fâcheux de la contagion qui engendre la mone et le farcin, puisque dans cette variété dont nous parlons la guérison a lieu généralement.
Etiologie. — La morve et le farcin chroniques se transmettent presque toujours par contagion du cheval à Thomme, et dans quelques cas rares de l'homme à rhomme. Le farcin et la morve chroniques peuvent engendrer le farcin et la morve aigus, et réciproquement. La durée de Tincubation varie suivant que la contagion est immédiate ou médiate : dans le premier cas, les accidents se font rarement attendre pins de trois ou quatre jours, et souvent ils se déclarent le lendemain de Tinoculation ; tandis que si la contagion a été médiate, Tincubation a une durée qui varie de quinze jours à un, deux ou trois mois pour le farcin ; elle peut être, diton, de plusieurs années pour la morve.
Traitement. — On a proposé contre la morve et le farcin chroniques des moyens locaux et des moyens généraux. Parmi les premiers se distinguent, dans les cas de farcin, les cautérisations avec le fer rouge, les injections de chlorure, d'iode, de kina, de vin aromatique dans Tinténeur des abcès, après qu'ils ont été ouverts. On a aussi conseillé d'injecter profondément dans les fosses nasales un mélange fait avec deux gouttes de créosote pour 2 gramnœs d'eau. Les moyens généraux qu'on a surtout préconisés sont l'iode (Dclaharpe), l'iodure de potassium (Andral), les eaux sulfureuses à l'intérieur et à l'extérieur (Tardieu) ; enfin il faut joindre à ces nioyens les toniques, comme le quinquina, le fer, les crucifères, une alimentation analeptique ; on placera enGn les malades dans les meilleures conditions hygiéniques possibles.
Prophylaxie, — Il importe, pour prévenir le développement de la morve, que les individus chargés de soigner les animaux malades soient prévenus des dangers qu'ils courent pour qu'ils prennent certaines précautions. Ainsi ils ne devront se livrer au pansement des chevaux qu'après s'être assurés qu'ils n'ont aucune écorchurc aux mains. S'ils se piquent avec un objet infecté, ils devront à l'instant faire saigner la plaie et la faire cautériser avec le fer rouge ou avec la pâte de Vienne. Il faut se hâter d'agir. Nous avons vu en effet plus haut que la cautérisation, et même Tenlcvement du lambeau, faits moins d'une heure après l'inoculation, étaient souvent trop tardifs pour prévenir Tinfection du sang. Si la matière virulente était appliquée sur la figure ou sur toute autre partie du corps, on devrait aussitôt se laver avec soin. Ces individus ne resteront dans l'écurie que le temps nécessaire aux soins ë donner aux chevaux ; ils n'y prendront jamais leurs repas ; ils n'y coucheront point, et ne se serviront d'aucun objet à l'usage des chevaux malades ; ceux-ci seront placés dans des écuries vastes et bien aérées. L'autorité doit redoubler de surveillance pour empêcher surtout que Ton fasse coucher les palefreniers dans des lieux renfermant un ou plusieurs chevaux morveux ou sus|)ects de l'être. Peut-être il conviendrait, eu égard à l'incurie de ces hommes et à la facilité avec laquelle ils peuvent se blesser sans même en avoir la conscience, que leurs mains fussent protégées par des gants de peau toutes les fois qu'ils pansent les animaux. Mais, quo» qu'on fasse, la cupidité des uns, l'insouciance, l'incurie des autres, empêcheront toujoura que les individus en contact avec les animaux malades prennent les précautions nécessaires pour se garantir de la contagion : aussi est-il à désirer que l'aufor/fé ordonne, dans HnlMt de tous, que les chev;iu\ morveux et farcineux soient