‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 43 sur 265 · DE LA BLENNORBHAGIE CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

DE LA BLENNORBHAGIE CHEZ LA FEMME

par an état constitutionnel : ainsi, lorsque les individus sont affaiblis, mal vêtus, mal Doorris, mal logés, il suffit de changer ces conditions pour faire disparaître le flux nrétraL Lorsque la maladie affecte un individu scrofuleux sujet aux aff'ections catarrhales , à difers suintements par quelque muqueuse ou par la peau , il faut adoiinistrer les amers, le kina, les ferrugineux ; on ordonnera un bon régime et Tosage des bains salés et aromatiques. Mais nous avons dit que le plus souvent la Uennorrbée était symptomatique de quelque altération du canal, qu*on devra rechercher et combattre : ainsi , existe-t-il un rétrécissement , on le dilatera ; la prostate est-elle indurée, on aura recours à des applications de sangsues au périnée, ï des frictions résolutives, à des douches, à des bains alcalins ; s*il n'y a qu*une simple phlogmasie chronique, o» injectera dans le canal les mêmes substances toniques, astringentes, escharotiques, que dans la blcnnorrhagic, mais à plus forte dose ; le nitrate d'argent, Fiode et Tiodurc de fer sont surtout indiqués. Si le siège de l'inflammation est profondément situé, on appliquera un ou plusieurs vésicatoiresau périnée, et si ce moyen échoue, on cherchera à modifier la surface par la caotérisatiou à Faide du porte-caustique de M. Lallemand, on reconnaîtra le point do canal qui est malade à la douleur que l'individu ressent lorsque Finstrument arrive à son niveau. On devra, en outre , faire usage du copahu et du cubèbe à haute dose; on associera quelquefois ce dernier avec avantage à l'extrait de ratanhia ou ^ de Falun calciné (12 à 16 grammes pour 60 de cubèbe, qu'on prend eo deux jours).

B« la bIcBaotfluigîe aiguS et de la bieiiiiorriiagie ehromqQe ohex la femme.

Siège. — La blennorrhagie de la femme, qui a été si complètement étudiée par HuDter, et récemment par MM. Ricord et Baumes , peut affecter quatre sièges difllèreots, qui sont, par ordre de fréquence, le vagin, Furètre, la vulve et Futérus. Le plus souvent , plusieurs de ces parties, notamment le vagin et Furètre, sont prises k la fois, quelquefois elles le sont toutes. Dans la plupart des cas, la maladie débute par le vagin, et se propage ensuite aux parties voisines.

Stfmpiômes^ marche, durée ^ terminaisons. — La durée de l'incubation est aussi variable chez la femme que chez l'homme. Chez la première d'ailleurs il est souvent difficile de fixer le début de la maladie, à cause d'une leucorrhée qui fréquemment existait antérieurement. Quoi qu'il en soit, peu de jours après un coït infectant, la femme éprouve de la chaleur, de la tension dans le vagin et à la vulve, qui lui semble gonflée ; ces parties sont aussi te siège de prurit, ce qui excite souvent chez elle les désirs vénériens. Si la phlegroasie occupe la vulve, la marche est pénible, douloureuse, à cause des frottements qui sont exercés; Fémissiou de Furine s'accompagne de cuisson et de brûlure, même lorsque le canal n'est point envahi, ce qui dépend de ce que Furine en sortant baigne les parties enflammées. Enfin, lorsque la pblegmasie se propage à Futérus, la malade accuse de la douleur i rbypogastre, de la pesanteur au périnée, et tous les signes d'une métrite ordinairement légère. L'écoulement qui a lieu est muco-pur nient; il tache le linge en jaune , en vert ou en brun ; il peut être sanguinolent. Il est liquide quand il est fourni par la vnlve, par Furètre et le vagin; visqueux, floconneux, lorsqu'il est sécrété par Futérus; d*une odeur habituellement fade, il exhale souvent une odeur fétide dliydrogène sulfuré ou de poisson pourri (Ricord).

L'inspection àesptrtJeg malades fait reconuaitre une tuméfaction gëûèraW de Va

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Yulve ; la muqueuse de cette partie et celle du vagin sont rouges uniformément ou par places, excoriées, ulcérées ; les follicules sont volumineux, et donnent à cette partie un aspect gfanulé ; le col de Tutérus est rouge, tuméfié, excorié, ou présente seulement Tétat que nous avons déjà fait connaître sous le nom de métrite granulée. Si la phlcgmasie occupe Turètre , on peut faire suinter une certaine quantité de mucus , lorsque , introduisant le doigt indicateur dans le vagin , on le ramène d'arrière en avant , en exerçant sur le canal une pression qui parfois est douloureuse.

Il n*est pas rare de trouver dans le vagin et jusque sur le col utérin de véritables chancres, qui passeraient inaperçus si l'on n'appliquait pas le spéculum. L'exploration par cet instrument est pourtant quelquefois tellement douloureuse, qu'il est prudent de s'en abstenir autant que faire se peut Lorsqu'en effet la vaginite est très aiguë, les malades ne peuvent pas même supporter l'introduction du doigt En somme, la biennorrhagie excite chez la femme beaucoup moins de douleur, de malaise et d'anxiété que chez l'homme. En général, les symptômes inflammatoires sont continus, mais ils augmentent plus ou moins pendant la durée de l'époque menstruelle.

Dans le cours de la biennorrhagie de la femme, il survient parfois ^es engorgements phlegmoneux du volume d'une noisette dans l'épaisseur des grandes lèvres ; ils se terminent souvent par suppuration. Une autre complication beaucoup plus fréquente, et qui tient à la disposition même des parties, consiste dans l'inflammation que fait éprouver à l'anus et à la partie inférieure du rectum le contact ae la matière blennorrhagique qui s'écoule sans cesse par la vulve. La femme peut être atteinte de même que l'homme, mais un peu plus rarement que lui^ d'ophthalmie, d'arthrite, de bubons : ces derniers ne surviennent guère que dans les cas où l'urètre «st affecté (Ricord). Enfin, les ovaires paraissent quelquefois s'enflammer, comme le font chez l'homme les testicules. MM. Ricord , Baumè3 et Vidal en ont vu des exemples ; toutefois cette complication, comme nous .FayoDs déjà dit (voir l'article Ovarite, t. I"), nous paraît être fort rare.

La biennorrhagie chez la femme a une grande tendance à passer à l'état chronique; la guérison a rarement lieu spontanément. A Tétat chronique, la maladie se confond avec les différentes espèces de leucorrhée. Chez quelques femmes, ces vaginites chroniques peuvent être le point de départ des divers accidents sympathiques, comme palpitations, dyçpnée, gastralgie, diarrhée, et d'autres troubles qui cessent aussitôt que, par la cautérisation avec l'azotate d'argent, on a modifié la partie malade. C'est un point de pratique sur lequel Récamier a insisté avec raison.

Diagnostic, — Tout le monde convient qu'il n'existe aucun signe pour distinguer la biennorrhagie des autres écoulements vaginaux ; l'étude des symptômes en particulier , et l'exploration des organes géiUtaux ne peuvent pas même fournir quelque présomption , et aujourd'hui encore nous sommes contraints d*avouer , avec Hunter, que les circonstances qui ont précédé l'écoulement , et notamment la cohabitation avec un homme suspect , peuvent seules nous éclairer sur sa nature. Ajoutons encore qu'une femme ne devra pas être accusée de porter une biennorrhagie par cela seul qu'elle aura donné un écoulement à l'homme qui a eu des relations avec elle ; car nous avons vu qu'une vaginite simple, qu'une leucorrhée non virulente, pouvaient probablement avoir cet effet D'autre part , il est certain qu'un grand nombre de femmes sujettes toute leur vie aux flueurs blanches peureni être infectées de blennorrhagies sans s'en douter ; elles peuvent alors très

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