DE LA RLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME
innocemment communiquer ia maladie k leurs amants , et offrir eUes-mèuiçs plus tard des symptômes de syphilis constilutiouiiellc. Disons enfin, pour terminer, qu'une blenoorrhagie contractée par un homme en cohabitant avec une femme n*est pas \xnt preuve absolue quç celle-ci soit infectée; car on a vu quelquefois une femme saine ne rien gagner en ayant des rapports avec un homme malade , tandis qu*un individu bien portant qui cohabitait avec elle peu de temps après était mfecté par la matière blennorrhagique on par le pus chancreux que le premier avait déposé dans le vagin.
Pronostic. — La Mennorrhagie , quoique plus rebelle chez la femme que chez lliomnie , est néanmoins moins grave que chez ce dernier , car elle n'entraîne pas après eUe toutes les graves complications qu'elle produit si souvent chez rhomme. La blennorrbagie est une maladie fâcheuse chez la femme qui est sur le point d'accoucher ; car le fœtus peut s*infecter en traversant le vagin , et il est beaucoup d'ophtbalmies purulentes développées peu de temps après la uaissancç qui ne sont autre chose que des ophthalmies blennorrhagiques produites par Tapplicatjon sur Tceil du muco-pus de la mère.
Traitement. — H est rare qu*on puisse faire avorter la blennorrbagie de la femme comme on le fait pour celle de Thomme* La blennorrbagie vulvaire est la plus facile à guérir ; elle sera traitée comme celle du gland , c'est-à-dire qu'on cautérise les surfaces malades avec un crayon de nitrate d'argent , puis on les recouvre d'un linge fin. Si la phlegmasie occupe le vagin ou le col utérin, on met les parties à découvert à l'aide du spéculum , puis on les cautérise d'arrière en avant au for et à mesure qu'on retire l'instrument. Si pourtant l'inflammation était trop vive, on devrait avant tout essayer de la modérer par l'emploi des ahtiphloipstiques , comme saignée générale , application de sangsues aux aines , bains probngés , injections émolUentes et narcotiques , boissons douces et repos ; mais dès que l'état aigu a cessé , il faut recourir à la cautérisation par le nitrate d'argent : on pourra la répéter une ou plusieurs fois à quelques jours de distance ; dans l'intervalle , on fera faire dans le vagin des injections astringentes avec l'alun, l'acétate de plomb, avec les sulfates de cuivre ou de zinc, etc. Il importe aussi que les parois du vagin soient isolées les unes des autres en interposant entre elles de b charpie fine et sèche , ou bien imbibée des liquides qui servent aux injections. On peut remplacer la cautérisation avec le nitrate d'argent solide par l'injection d'une solution de ce sel, ou bien encore en tamponnant le vagin avec de la charpie imbibée de ce liquide. Lorsque la maladie s'est propagée à l'utérus , les mêmes moyens conviennent , c'est-à-dire qu'on cautérise la surface vaginale et la face interne du col avec un crayon de nitrate d'argent ; on a également conseillé de faire des injections de nitrate d'argent (15 centigrammes pour 60 grammes), ou de nitrate de mercure (8 à 10 gouttes) dans l'intérieur du corps. Mais cette pratique pouvant présenter quelques dangers par suit^ du passage du liquide à travers les trompes jusque dans le péritoine , nous n'oserions encore la recommander , lors même qu'on userait de toutes les précautions conseillées par iM. Vidal , de Cassis. Oisons toutefois que cet habile chirurgien et que MM. Baumes et Ricord ont employé les injections utérines un grand nombre de fois avec succès , et n'ont jamais en à déplorer aucun accident. Le cubèbe , le copahu , sont sans utilité contre la blennorrhagie de la femme ; mais lorsque l'écoulement occupe l'urètre, ces médicaments agissent de la même manière que chez l'homme.
A l'eut tout à fait chronique , les cautérisations sont encore indiquées ; mais ou aura recours à des injections et à des tampo/i/iemeiKs plus toniques et v^us aLS\m-
gents : ainsi on emploiera la décoction de tan , additionnée ou non par parties égales d*une solution d*alun , etc.
L'extension de la blennorrhagie à Tanus et au rectum exige les mêmes moyens que la blennorrhagie (émoUiénts, nitrate d'argent , astringents).
Ihà boboo.
J. Hunter comprend sous le nom de btdton , tous les abcès formés dans le système absorbant (vaisseaux ou glandes), et qui sont la conséquence de l'absorption de pus vénérien. Cependant il est plus convenable de ne désigner par ce mot que l'engorgement des ganglions lymphatiques.
Suivant la doctrine ancienne le bubon se déclarerait le plus souvent chez les individus qui ont des chancres , mais il pourrait aussi aiïectcr , quoique plus rarement, les sujets atteints de blennorrhagie ; enfin , on a admis encore que dans quelques cas les bubons survenaient primitivement, c'est-à-dire sans être précédés d'aucun phénomène pathologique du côté des organes sexuds. On désigne ces derniers sous les noms de bubons d'emblée,
Astruc, Swédiaur, Bertrandi, Hunter, et parmi les contemporains, MM. Lagneau, Raynaud , Gibert , Vidal, Baumes , De Gastelnau , etc., ont admis l'existence des bubons d'emblée; ces deux derniers , notamment , disent avoir pu déterminer un chancre en inoculant le pus provenant d'un bubon qui était survenu sans aucun accident syphilitique appréciable vers les parties génitales. Ces faits paraîtraient tout à fait concluants , et cependant ils n'ont pu convaincre M. Ricord , qui nie tout ^ fait l'existence des bubons de cette espèce , supposant que l'ulcération , qui les a nécessairement précédés quand ils fournissent un pus inoculable , a passé inaperçue.
Nous n'oserions être aussi affirmatif que ce célèbre syphilographe, surtout en présence des noms qui soutiennent une opinion opposée à la sienne ; et parce que clittiquement la forn>ation des bubons d'emblée n'a rien d'impossible ou d'irrationnel. Quoi qu'il en soit, cette divergence doit engager les médecins, en présence d'un engorgement ganglionnaire , à rechercher avec soin les antécédents du sujet et à explorer les parties dont la lésion a pu être le point de départ de l'adénite.
M. Ricord^insiste , dans l'étude des bubons vénériens, sur une distinction importante. Ces engorgements sont en effet pour lui, tantôt un produit médjat, successif de la contagion , tantôt ils sont le résultat de l'infection constitutionnelle.
Les bubons sont plus communs chez l'homme que chez la femme : chez le premier, on les observe surtout lorsque les chancres occupent le prépuce; les ulcérations qui se développent autour du frein y donnent plus souvent lieu que celles de toute autre région. Chez la femme , ce sont les chancres des environs du méat urinaire qui les déterminent le plus ordinairement (Ricord). On dit que dans les blennorrhagies, l'adénite peut occuper indifféremment l'une ou l'autre des régions inguinales ; quelquefois celles-ci sont simultanément affectées, mais si le bubon est la conséquence d'un chancre, il sera presque toujours placé dans l'aine qui correspond au côté de la verge occupé par l'ulcère vénérien. Cette règle pourtant , comme l'obsene Hunter, n'est pas sans exception. Enfin , si le chancre est situé sur le frein ou sur la ligne médiane de la verge, il sera impossible de déterminer quelle sera l'aine qui sera préférablement affectée. Nous ne parlons ici que des bubons inguinaux , parce que les accidents primitifs de la vérole occupent presque toujours les oi^ganes génitaux. Cependant, lorsque ceux-ci se développent ailleurs, ils peuvent
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é^aleaieot être suivis de i*ci)goigeuicnt et de la 2>a|)))uiation des gangiiôus super- Gciels auxquels aboutissent les vaisseaux lymphatiques qui arrivent des parties malades : ainsi , dans les chancres de la bouche, on voit les ganglions ^us-maxillaires s'affecter, et ceux des régions axiilaires se preimeul chez les femmes qui portent des ulcérations vénériennes sur les mamelons.
Symptômes, marche et terminaison. — En général, le bubon est annoncé par un sentiment de gêne et de douleur dans Taine ; la pression y est douloureuse. Quelquefois une traînée de lymphatiques engorgés s*étend des parties génitales jusque dans la région inguinale ; on constate alors dans Taine une petite tumeur qui paraît occuper plus souvent les ganglions superficiels, et parfois aussi les ganglions prokmds. Cette tumeur acquiert bientôt le volume d*une noix , d*un œuf, et même du poing du sujet; sa forme est oblongue, ovoïde ou arrondie; elle occupe le plus coDUDunément la partie inférieure et interne du pli de Taine; elle suit souvent la marche aiguë du phlegmon, quand elle succède au chancre non induré, simple on phagédénique , et tend alors presque fatalement à la suppuration. Si par contre. Fadéoite est symptomatique du chancre induré , on la voit se développer lentement , presque sans douleur, et elle peut alors rester pendant longtemps tout à fait stationnaire. D'autres caractères distinguent, d'après M. Ricord, ces deuï sortes de bubon. La première espèce, toujours plus tardive que la deuxième, ne survient ordinairement qu'après le premier septénaire, dans le cours du second, et quelquefois beaucoup plus tard , pourvu que le chancre persiste encore à sa période spécifique Cette adénite n'est pas une conséquence obligée du chancre ; le plus souveqt même elle manque. Par contre le bubon qui est symptomatique du chancre induré est toujours plus précoce que le précédent, car presque constamment il se déclare dans le premier septénaire; accident nécessaire, obligé, du chancre induré, il envahit communéi\ient plusieurs gaulions. Ceux-ci ne prennent pas communément un grand vofaime, et , à moins de circonstances spéciales , il restent indolents , durs , rénitenrs, donnant, dit M. Ricord, au toucher une sensation aussi analogue que possible à celle de Tinduration spécifique û,u chancre. Cette indolence et le petit Tolume qu'ils ont quelquefois les font parfois méconnaître , surtout lorsque les indi- \idus qui les portent sont surchargés de graisse. Contrairement aux ganglions de la première espèce , ceux-ci auraient peu de tendance à suppurer, et presque toujours ils se résoudraient lentement plus ou moins longtemps après la cicatrisation du cbapcre induré qui les a produits. Si par hasard ils suppurent, le pus ne s'inocule pas coQHue celui des premiers ; c'est un fait qui a été constaté non-seulement par M. Ricord, mais aussi par le docteur Thiry, de Bruxelles.
C^ n'est pas ici le lieu d'insister sur les accidents qu'on observe lorsque l'adénite suppure; disons seulement que la phlegmasic se propageant alors au tissu celloiaire périphérique des ganglions, la tumeur acquiert un volume plus considérable; ifs douleurs sont vives, la marche est impossible ; il y a de la fièvre, des frissons irréguliers. L'abcès formé s'ouvre au dehors, et il est très commun que le pus spécjfiqueque le foyer fournit, inoculant les lèvres de la plaie, les transforme en chancres : ainsi le fond devient grisâtre, recouvert d'une couche épaisse; les bords sont durs, taillés k pic , et le pus fourni est inoculable.
On peut voir à la suite de Vadénite suppurée tous les accidents locaux consécutif des autres abcès , tels que des trajets fistuleux , de larges décollements de la peau , la gangrène de celte membrane, etc.
Chez quelques sujets prédisposés, ou plutôt sous Tinfluencc d'une diathèse slrumeuse ou caocéreusç, les bubons suppures et ouverts finissent parfois p%T pr^uV^
iS/i DES EMPOISONNEMENTS.
tons les caractères des ulcères scrofaleax ou carcinomateax : lés premiers sont toujours difficiles à guérir, les seconds sont probablement toujours incurables.
Diagnostic, — Ce n*est point ici le lieu d'indiquer, à propos des bubons , le diagnostic différentiel des principaFes tumeurs de Faine ; mais il importerait de savoir distinguer, dans tous les cas , le caractère des engorgements inguinaut qui surviennent dans le cours des affections vénériennes. Tous, en effet , ne dépendent pas du transport du virus syphilitique dans les ganglions : ainsi , quelques-uns seînMent naître urfiqueinent par la propagation de Tinflammation, sans qu*il y ait rien de spéciGque, tandis que d'autres paraissent n'être que l'effet d'un retentissement sympathique. Ces deux dernières espèces de bubons se terminent rarement par suppuration; et si quelquefois ils suppurent, le pus qu'ils fournissent n'est jamais inoculable. Ceux de la première espèce, limités d'abord à un seul ganglion, suppurent , 9u contraire, fréquemment , et deviennent alors plus diffus ; leur marché est rapide ; leur suppuration est très abondante eu égard à leur volume ; l'abcès est presque toujours unique; leur pus est inoculable. Cependant, comme l'observe M. Ricord, l'orsqu'on ouvre un bubon syphilitique, le pus fourni parle foyer n'est pas également Inoculable : ainsi on inoculera bien celui qui se sera formé dans le ganglion primitivement engorgé , tandis qu'on n'aura que des résultats négatifs en inoculant le pus fourni par les ganglions et le tissu cellulaire voisins dont l'inflammation a été toute de continuité ou de contiguïté , mais sans aucun caractère spécifique. En sonàme, nous croyons, avec M. Ricord, que l'inoculation seule pourrait faire distinguesr sûrement le bubon Virulent de celui qui ne l'est pas. Mais il importe peu , le phis souvent du moins, de donner au diagnostic cette précision; et en vue des dangers que l'inoculation présente, on devra presque toujours s'abstenir de la pratiquer. L'inoculation n'aurait guère de but utile que dans les cas de bubons d'emblée. Elle seule, en effet, pourrait, en feisant connaître la nature d'un engorgement, éckiirer sur le traitement consécutif h suivre.
Pronostic. — Le bubon consécutif au chancre est fâcheux non-seulement parce quMI constitue une maladie nouvelle qui apporte ses souffrances et des Incommodités, mais aussi parce que, abtédé et ouvert , il présente souvent lui-même les caractères de l'ulcération syphilitique : nous avons dit , en effet , que dans la période de progrès ou d'état du chancre une inoculation iiitra-lymphatique pouvait se faire, et qu'il s'y produisait un véritable chancre fournissant un pus aussi contagieux que celui qui est fourni par un chancre de la peau ou des muqueuses. Un bubon suppuré expose -t-il moins à la syphilis constitutionnelle que celui qui se termine par résolution? C'est ce que M. Baumes prétend. M. Ricord est plus exclusif encore, car il soutient que tout bubon qui suppure spécifiquement, c'est-à-dire qui fournit un pus inoculable, n'est jamais suivi d'accidents d'infection constitutionnelle , tandis que l'adénite multiple à la suite d'un chancre induré qui, dit-on,' suppure rarement, est une preuve de plus, et quelquefois h seule preuve, lorsqu'on n'a pu constater l'induration du chancre, que l'infection coniititutionnelle s'est à coup sûr effectuée.
Traitement, — Pour prévenir les bubons, il faut que les malades gardent le rc- |)os le plus complet possible et qu'ils évitent tontes les causes d'excitation. Si, nonobstant ces précautions, un bubon se développe, on a conseillé l'emploi de divers moyens dans le but de faire avorter. Ces moyens sont : les réfrigérants, la compression, la cautérisation et les inercuriaux.
Les applications de glace ont quelquefois réussi à arrêter le développement du