IS LA SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE
£iifio, daas kscasréfractairesà tous les moyens, il faudrait conseiller au malade le chingement de climat , surtout s'il habite un pays froid ; on devra l'envoyer alors dans les régions méridionales , où il est reconnu que la syphilis est moms gra^e et guérit plus promptement que dans le Nord.
En définitive, il est rare qu'on soit obligé d'employer un autre médicament que le mercure, et il n*en est sans contredit aucun qui soit aussi efficace que lui dans les accidents secondaires. Les deux préparations qui méritent le plus de conGance, et qoÀ produisent ausû le moins fréquemment les accidents qu'on a reprochés au mercore, sont le deutochlorure (sublimé) et le protoiodure. Nous préférons prescrire le premier , que nous administrons suivant la formule de Dupuytren (sublimé , 9 on 7 milTigrammes ; opium, 17 ou 13 milligrammes ; extrait de gaîac, 15 centigrammes pour une pilule; en prendre d'une à trois par jour). La forme pourtant la plus usuelle sous laquelle on administre le sublimé est la solution connue sons le nom d& liqueur de Van-Swiéten (sublimé , U décigrammes ; eau distillée, h55 grammes ; alcool rectifié U5 grammes), qui contient 2 centigt*ammes et demi de sublimé pour 32 grammes. On en administre d'abord une cuillerée à café le matin à jeun dans du lait ou dans une autre boisson douce , et l'on arrive progressivement à en faire prendre jusqu'à une cuillerée à bouche matin et soir. Le proto-iodnre se prescrit, en commençant à la dose de 5 centigrammes, puis on en donne successivement jusqu'à 3U centigrammes par jour. Il est d'usage que les malades boivent en même temps quelque tisane ou sirop sudorifique.
La plupart des médecins astreignent aussi tous les individus soumis au traitement mercuriel à un régime sévère. Mais il y a longtemps qu'ayant reconnu rinntilité et souvent même te danger de cette pratique , nous y avons tout à fait renoncé; car nous pensons avec Hunter qu'il importe peu, pour l'action du mercure sur la syphilis, que le malade mange un bon dîner, et boive du café, du thé, et une bouteille de bon vin. Nous donnons pour seul précepte de ne commettre aucun excès , et de se garantir du froid et de l'humidité. Il est même des circonstances où un régime tonique, succulent, non-seulement doit être toléré, mais même prescrit : tels sont lesxas, par exemple, où les individus sont débilités, de constitution scrofuleuse, ou anémiques; dans ces cas, on combine même au régime rasage des ferrugineux.
Il n*y a ancnne règle fixe pour déterminer à quelle époque on doit cesser Tem* pioi du mercure; on peut dire d'une manière générale qu'il faut toujours continuer l'usage du médicament pendant une, deux, trois, et même quatre semaines après la cessation complète des accidents, suivant que ceux-ci ont été plus ou moins tenaces. Cependant il faut se rappeler qu'il est des symptômes de vérole, comme les exostoses, qui peuvent persister indéfiniment , et même toute la vie, après la gnérison complète de la dialbèse. Il faut donc prendre garde, dans ce cas, de ne pas trop prolonger le traitement. On peut dire en général qUe si, pour une s^phil^ primitive, 30 ou ^0 centigrammes de sublimé suffisent, il en fondra 1 à 2 grammes contre les accidents tertiaires d'un adulte.
Il est encore quelques circonstances relatives au traitement de la syphilis des femmes enceintes et des enfants nouveau-nés qu'il importe de connaître : ainsi nous avons déjà dit qu'il fallait se hâter de traiter les femmes grosses atteintes de syphilis. S'il existe quelques symptômes primitifs du côté des organes sexuels, il bôdra les combattre, fût-on appelé au moment de Taccouchemcnt, afin d'empêcher que reniant, s'il n'est déjà vérole, ne contracte la syphilis au passage , comuw^ c^^ a liea qœtqneiois. Dans ce bnt, ks chancres, s'il en existe, seront cauléru^, «l
T. II. — $• Émr. K%
s'il y a une bieniiorrhagie, le vagin sera badigeonné avecxine forte solution de nitrate d'argent . Il faut suspendre le traitement mei'curiei pendant l'état puerpéral et ne le reprendre que quinze ou vingt jours après.
Quoiqu*on ait prétendu que le mercure ne passait pas danç le lait, il est certain pourtant que le meilleur moyen de traiter la syphilis constitutionnelle des enfants est d'administrer le mercure à la nourrice , lors même que celle-ci ne porterait aucun accident vénérien; on aura soin seulement de lui donner des doses plus faibles de médicament. Souvent il sera utile d'agir directement sur l^nfant par quelques bains de sublimé, surtout s'il est atteint de syphilides (3 à & décigrammes pour un bain ; plus tard, de i à i!i ou^S grammes). Si l'on veut eàijdoyer le mercure à l'intérieur , on choisit le sublimé à la dose de 1 à ii milligrammes. Si l'enfant est sevré on peut lui donner jusqu'à 5 ou 7 milligrammes.
Nous ignorons comment agit le mercure pour guérir les acddents syphilitiques. Neutralise-t-il le poison ? Texpulse-t-il de l'économie ? ou, comme le voulait Hunter, agit-il en vertu de la force de stimulation? C'est ce que nous ne savons pas ; mais peu nous importe, du moment que nous savons que le mercure est le spécifique de la syphilis. Il y a des gens pourtant dans ce siècle qui, après avoir nié l'existence du virus vénérien, ont poussé ta déraison jusqu'à contester l'utilité du mercure, et il en est même qui ont osé dire que le mercure seul était la cause de tout ce que la vérole produit d'aiïreux. Mais aujourd'hui aucun homme raisonnable n'admet cette proposition, trop contraire à l'observation la plus vulgaire pour qu'il soit nécessaire de la réfuter ici. Après avoir indiqué la traitement qui convient en général dans tout symptôme syphilitique constitutionnel, il nous reste à préciser les indications fournies par chacun des accidents en particulier; nous les ferons connaître en traitant de ces derniers,
Bes prineipalet formel de U syphilis eonstitatioSniielle.
Nous avons vu que le virus syphilitique pouvait affecter un grand nombre d'organes et de tissus, et y produire des altérations variées. Pour les étudier complètement, nous allons successivement passer en revue et décrire les accidents qu'on observe vers la peau elles membranes muqueuses ; c'est-à-dire les accidents secondaires; puis nous décrirons ceux qu'on observe vers l'iris et les testicules , enfin vers le tissu cellulaire ainsi que du côté des tissus osseux et fibreux, accidents que nous avons nommés tertiaires,
Bet pUqiies haoûdes.
Il est un symptôme très commun regardé par les uns comme un accident primitif, par la plupart comme un accident secondaire, et qui est désigné indifféremment sous les noms de plaques ou pustules muqueuses , de tubercules plats, de papules muqueuses, de syphilides muqueuses, de plaques ou pustules humides.
Ce symptôme syphilitique paraît pouvoir se transmettre par contact ; c'est un fait nié par M. Ricord, mais il est admis par la plupart des sy philographes, et M. Vidal a fourni récemment, dans son livre, de nouvelles preuves en sa faveur.
Les pustules plates sont caractérisées par de petites saillies à peu près lenticulaires ré()audues leu nombre variable sur divers points du corps. On les observe surtout sur le scrotum, au périnée, à la marge de l'anus, sur les fesses, à la partie interne et supérieure des cuisses, sur* les muqueuses boecak et pharygienûe.