SYPHTUS CONSTITUTIONNELLE DES MUQUEUSES
Toîx est ponr jamais gutturale et nasonnée. Lorsque l'ulcération siège à la voûte palatine , la bouche commuuique plus ou moins largement avec les fosses nasales. Enfin , si la carie a atteint le corps des vertèbres, il en résulte souvent une suppuration interminable , des abcès symptomatiques ; presque tous les malades succombent alors après des souffrances plus ou moins longues.
2* Muqueuse nasale. — Le virus vénérien produit fréquemment sur la muqueuse de Schneider des ulcérations consécutives. Si celles-ci siègent sur les ailes du nez ou sur la cloison , il sera facile de les apercevoir; mais le plus souvent elles sont cachées dans la profondeur des cornets, dans les sinus frontaux eux-mêmes , et fl est alors Impossible d*en constater Texistence. Les individus dont nous parlons commencent par éprouver un peu d'enchifrènement borné à un seul côté ou occupant les deux narines à la fois. Le malade se plaint d'avoir sans cesse le nez boocbé , embarrassé ; il mouche des mucosités épaisses , jaunâtres , purulentes « fétides, mêlées souvent à du sang et à des croûtes noirâtres ; l'odorat est diminué ou perdu. Ces phénomènes peuvent rester longtemps stationnaires ; les malades, croyant être atteints d'un simple enchifrènement chronique , ne consultent point. Cependant , dans un grand nombre de cas , les ulcérations des fosses nasales produisent d'autres accidents ou d'autres incommodités : ainsi, souvent , sans qu'il y ait altération des os, elles déterminent une suppuration plus ou moins abondante et cette odeur fétide qui caractérise cette espèce d'ozène dite ozène ulcéreux. Le pins souvent pourtant cette odeur se rattache à une altération des cartilages , des cornets , de l'ethmoîde , et surtout à une lésion des os du nez, qui, atteints par le travail ulcérant, se séparent par fragments que le malade expulse en se mouchant. La suppuration et l'air qui traversent les fosses nasales sont alors d'une fétidité comparable à celle qui s'échappe d'un baquet rempli de pièces anatomiques en macération. Lorsque les os propres sont atteints, on sent extérieurement une crépitation ; bientôt le dos du nez s'affaisse, et lorsque les os ont été expulsés, cette partie, privée de son squelette, s'aplatit , tandis que la pointe se relève. Dans ces cas , la peau reste le plus souvent intacte ; mais si l'ulcération se propageait jusqu'à elle, le nez tout entier pourrait finir par tomber ou par être détruit.
Il est rare que les ulcérations du nez ne coexistent pas avec quelque autre sym-* ptôme plus apparent de syphilis constitutionnelle. Dans tous les cas, il faut se méfier de ces prétendus coryzas qui durent indéfiniment, et dans le cours desquels les malades mouchent des mucosités fétides , puriformes , mêlées à des croûtes noirâtres.
3* Muqueuse du rectum, — Les écoulements consécutifs du rectum reconnaissent presque toujours pour cause la présence d'une ulcération dans la partie inférieure de l'intestin ; quelquefois la muqueuse, dans ce point, est seulement rouge, épaissie et granulée. Les ulcérations qu'on découvre à l'aide du spéculum ani , ou, si elles sont très près de l'anus , en engageant les malades à pousser comme pour aller à la selle , ont tous les caractères des ulcères vénériens de la gorge ; elles a*accompagnent souvent d'un engorgement considérable des parois du rectum et du tissu cellulaire, de manière à simuler tout ù fait un squirrhe. Dans beaucoup de ces cas , on est même obligé d'administrer les mercuriaux pour arriver à un diagnostic que l'inspection seule ne pourrait donner. Cependant il arrive quelquefois que l'engorgement , d'abord purement syphilitique , dégénère ensuite en cancer lorsque le sujet est antérieurement prédisposé à cette cruelle maladie. Nous rappellerons encore, en terminant , que le virus syphilitique produit fréquemment k U marge de l'anus des végétations de diverses sortes, des tubercules muqneui el dft
petites ulcérations cachées dans les plis de cette région, ulcérations que Ton nomme rhagades.
k" Muqueuse des organes génitaux. — Des écoulements blennorrbagiques peuvent exister chez l'un et l'autre sexe comme symptômes consécutifs. La membrane muqueuse de l'urètre, et surtout celle du prépuce , de la vulve, du vagin et du col de l'utérus, |)euvent s'ulcérer ; ces ulcérations diffèrent de celles qui sont primitives par le peu d'inflammation développé autour d'elles, et par l'absence d'engorgements ganglionnaires. Elles sont aussi très rarement phagédéniques. Ces altérations sont assez rares; il est d'ailleurs plus commun de voir, comme indiquant l'action consécutive du virus syphilitique sur la muqueuse des organes génitaux, les différentes espèces de végétations dont nous avons précédemment parlé.
5"* Muqueuse laryngo-trachéale. — Nous ne ferons que rappeler ici que le virus vénérien peut produire des ulcérations sur la muqueuse laryngo-trachéale , et devenir ainsi une cause de phthisie. On en trouve plusieurs exemples dans le mémoire de MM. Trousseau et Belloc. D'après un travail publié en 18^1 dans London médical Gazette, il paraîtrait que les docteurs Munck et Sadowski, de Prague, auraient même vu plusieurs fois des ulcérations de nature vénérienne dans les bronches, et jusque dans leurs petites ramifications.
Pour l'étude des symptômes de cette affection , nous renvoyons à ce que nous avons dit ^ l'article Laryngite chronique ulcéreuse. Pour déterminer k véritable cause de la maladie, il faudra étudier les antécédents des individus et leur état actuel , ce qui fera constater en général des signes négatifs du côlé des poumons (chose rare dans la phthisie tuberculeuse) ; on découvrira, en outre, presque toujours quelques signes de syphilis constitutionnelle, surtout du côté de la gorge.
Traitement, — Les ulcérations de la bouche et de la gorge réclament des gargarismes émoUients, narcotiques, ou toniques, et détersifs, suivant qu'elles sont plus ou moins enflammées. Les gargarismes avec le doutochlorure (15 centigrammes pour 250 grammes de décoction de têtes de pavot) sont utiles. Les cautérisations avec le nitrate d'argent sont souvent nécessaires pour modifier l'état de la surface malade. Dans les ulcérations du rectum, on prévient l'amas des matièi-es fécales et l'on en favorise l'expulsion par des lavements émollients ; on porte ensuite dans l'intestin des mèches enduites d'une ponunade calmante ou mercurielle. Pour les ulcérations du nez , on a recours aux injections détersives de sublimé , à ia cautérisation, à l'aspiration de calomel pur ou mêlé à parties égales de sucre candi.
S« l'iritis ijphiUtiqiM.
Il est rare que l'iritis existe comme ^eul symptôme de syphilis constitutionnelle : presque toujours , en effet , l'iritis coïncide avec des syphilides ; elle attaque plus souvent un des yeux que les deux ensemble. £n général, de violentes douleurs dans l'œil et dans le côté correspondant de la tôle se déclarent avant que l'organe ait siibi aucun changement appréciable. Bientôt la vue se trouble, l'impression de la lumière est très douloureuse ; la pupille est irrégulière, elle se contracte lentement ou ne se contracte plus. Sa circonférence est inégale et comme festonnée ; elle est souvent ovalaire, ayant son grand axe dirigé de haut en bas; la couleur de l'iris s'altère ; on y distingue des taches confluentes ou des cercles rougeâtres, ruussàtres ou cuivrés ; souvent l'iris finit par adhérer à la cornée ou à la capsule cristalline; de petits abcès peuvent se développer dans son intérieur; enfin la pupille finit par disparaître tout à fait , et le malade alors cesse de voir : cette terminaison