SYPHILIS CONSÉCUTIVE DU TISSU OSSEUX
est wei rare. Loraqo'oii peut trailer la maladie de bonme heure, l'œil revient en général lentement à son état normal et conserve longtemps encore beaucoup d*irri<tabHicé ; souvent la maladie s'étend de l'un à l'autre œil.
Traitement. — Indépendamment du traitement mcrcuriel , qui est de rigueur comme poor tous les antres accidents de la vérole, il faut combattre la congestion de l'œil par la saignée , par des sangsues aux tempes, derrière les oreilles , par des pédilaves et des purgatifs; puis on mettra successivement plusieurs vésicatoires à la naqoe , . aux tempes , au front, et on les pansera avec l'onguent mercuriel ; on fera aussi des frictions derrière les oreilles avec cet onguent pur ou combiné à an peu d'extrait de belladone, comme le veut M. Siebel.
XHi teatioale vénérien.
]I est certain , comme Â. Gooper l'a prouvé , que l'engorgement chronique du testicule est parfois un symptôme de syphilis constitutionnelle. Cet engorgement diffère de celui qui sunient dans le cours d'une blennorrhagic , en ce qu'il commence presque toujours par le corps de l'organe, qui est lourd, non douloureux même au toucher, et a perdu l'élasticité qui le distingue. La sécrétion spermatique est diminuée. La maladie a une marche essentiellement chronique; la suppuration est on accident très rare. En déQnitive , aucun caractère spécial ne distingue l'engorgement vénérien de l'engorgement chronique simple ou squirrheux ; on ne peut avoir que des soupçons sur la nature de la maladie, fondés surtout sur les antécédents et les symptômes concomitants ; mais ils suffiront toujours pour faire adopter un traitement antisyphilitique avant de recourir à Textirpation du testicule.
Traitement, — Les antiphlogistiques son! ici inutiles pour seconder le traitement général ; on se borne à maintenir le testicule exactement suspendu ; on le frictionne avec une pommade mercurielle ou iodée; on le couvre d'un emplâtre fondant et surtout de l'emplâtre de Vigo ; enfin on le comprime avec des bandelettes de Vigo on de diacbylon.
SjphiUf ooaséeativa du tiwa oeUalaire.
La syphilis aSécte assez rarement le tissu cellulaire ; on n'observe guère cette forme de la maladie que chez les sujets cachectiques dont la constitution est déjà profondément altérée. Quand le virus vénérien agit sur le tissu cellulaire, il se forme, surtout sur les aiembres inférieurs, des noyaux multiples, isolés ou réunis, indolents et durs; la peau qui les recouvre devient de temps en temps érysipélateuse. Ils ont une marche très lente : les uns se résolvent, les autres suppurent; dans ce dernier cas la peau rougit, s'amincit , devient bleuâtre, se perfore et livre ÎKae à %uk pus ichoreax mal lié ; les ouvertures se transforment souvent en ulcères qui ont en générall'aspect des ulcères atoniques; comme ceux-ci, ils guérissent difficilement, et leur cicatrice est généralement adhérente et bridée. Ces tumeurs peuvent persister des années entières : elles n'occupent pas seulement le tissu cellulaire des membres, mais quelquefois aussi celui qui estisubjacent à la muqueuse buccale et pharyngée ; on en trouve même quelquefois dans l'épaisseur de la langue, qui offre alors au toucher des inégalités telles qu'on la dirait, d'après M. Ricord, rembourrée de noisettes. Après l'ouverture de ces tumeurs, on croit souveul, ^ tf ^ mépreadre* àTeusleiice d'un cancer. Daos quelques cas rares, les tumeurs àonl'ie
viens de parler, qui ne sont autres que des abcès, suivent la marche algue du phlegmon.
Les engorgements lymphatiques , comme symptômes consécutib de la syphilis, sont communs. (Voir plus haut, p. 140.)
Traitement. — Ce symptôme coexistant en général avec un état cachectique , il faut ranimer les forces par les toniques, les amers , les analeptiques , les bains salins, aromatiques. On frictionne les tumeurs avec des pommades iodées ; on a conseillé aussi de les traiter, comme les bubons, par les vésicatoires et par la solution de sublimé : dès qu*il y a fluctuation, on doit les ouvrir.
Syphilis eonséfiatîve des ^MaM moiealaîre, fibreux et osfeuz.
Si Ton excepte peut-être les nodus du tissu cellulaire , nuls symptômes ne surviennent à une époque plus éloignée que ceux qui se déclarent du côté des systèmes osseux et fibreux. Ces accidents consistent en contractures , en douleurs ostéoeopes, en périostoses et en exostoses. Comme nous Tavons déjà dit, les altérations du tissu osseux se remarquent surtout sur les os les plus superficiels et aussi les plus durs : ainsi les os du crâne, la clavicule, le tibia , le sternum , le cubitus, en sont le plus souvent le siège. Ces divers accidents étaient regardés par Hunter comme caractérisant la deuxième période de la syphilis constitutionnelle. M. Ricord les range parmi les symptômes de la syphilis tertiaire.
1° Lésions des muscles et de leurs tendons, — Le virus syphilitique détermine parfois dans les fibres musculaires des douleurs sourdes, peu violentes, plus vives la nuit, augmentant pendant la pression et les mouvements; bientôt ceuxci sont difliciles , le muscle se raccourcit et reste dans un état de contracture permanente.
Un ancien interne des hôpitaux , M. Nolta , aujourd'hui médecin des plus distingués à Lizieux, a publié en 1850 dans les Archives de médecine un travail intéressant sur cet accident de syphilis presque toujours tertiaire. Il établit que jusqu'à présent on a vu la contracture affecter exclusivement les fléchisseurs, et plus spécialement le biceps brachial. Pour M. Notta , la rétraction musculaire syphilitique consisterait en un simple raccourcissement du muscle sans altération appréciable de son tendon et de son corps charnu ; considérant en outre que celui-ci a conservé sa contractiiité et qu'il a été exempt de douleurs, que les extrémités tendineuses seules ont été douloureuses à la pression et dans l'extension forcée , il est porté à croire que le raccourcissement se fait aux dépens du tendon, bien qu'il soit peu rétractile de sa nature. Il est en effet possible, à la rigueur, que sous l'influence du virus syphilitique le tendon d'un muscle éprouve des modifications particulières semblables à celles qu'on remarque dans l'aponévrose pafanaire sous diverses influences, et qui opèrent une rétraction de son tissu.
Cette rétraction n'a rien de caractéristique ; rien, en effet, dans son aspect extérieur, ne pourrait en révéler la nature. Cependant, lorsqu'on voit un pareil accident survenir peu à peu chez un adulte, sans cause rhumatismale évidente, sans que les muscles antagonistes soient paralysés , sans qu'on puisse invoquer ni une position vicieuse , ni une affection des centres ou des cordons nerveux , on devra soupçonner une cause vénérienne et diriger le traitement en conséquence.
La description qui précède diffère un peu de celle que M. Ricord a donnée. Pour ce médecin , en effet, le muscle qui doit être frappé de rétraction commencûrait h s'hypertrophier, ài»'endolorir, une matière plastique s'épancherait dans les