‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 51 sur 265 · DE LA SYPHIUS CONSÉCUTIVE DU TISSU OSSEUX · texte numérisé non relu

DE LA SYPHIUS CONSÉCUTIVE DU TISSU OSSEUX

ÎBtentkeft mniciikdres, pais les fibres ^e Torgane s'atrophieraient Mm M. Notta ohsenre avec ndsoo que ce sont là bien moins des exemples de rétraction idiopa^ thique que des cas de tumeurs gommeuses dont nous allons dire un mot dans le pangnpbe qui suit

Dans la Hazette médicale de 18^6 , M. le professeur Bouisson a appelé Tattentîon sur les tumeurs dures et molles que le virus syphilitique peut produire dans les muscles et dans leurs tendons. Ponr le savant professeur de Montpellier, aucun muscle ne serait pinobablemenc à Tabri de ces tumeurs; mais ceux de la langue et des lèvres en seraient pins spécialement le siège. C'est à une altération du tisso charnu de la'langue que M. Bouisson rapporte ces tumeurs dont nous avons précédemment parlé , et que nous avons localisées dans le tissu cellulaire. Quoi qu'il en soit , voici les caractères que M. Bouisson assigne à ces tumeurs : elles sont globuleuses, sans changements de couleur à la peau , sans adhérences avec cette metnbrane; elles sont mobiles ou fixes, suivant que le muscle aiïecté est tendu on dans le relâchement Leur volume varie depuis celui d'une noix jusqu'à celui d'une orange; elles gênent leurs fonctions musculaii^s. D'une dureté médiocre au début , elles deviennent fluctuantes , si la matière qui les forme se transforme en pus; ailleurs elles acquièrent une grande consistance.

Y Sympiùmes syphilitiq^ies du côté des os. -^ Beaucoup de malades accusent nr le trajet des os , et souvent vaguement dans les membres , et sans siège bien détermiiié, des douleurs profondes , lancinantes ou térébrantes , souvent supportables le jour, mais devenant intolérables la nuit, et privant les malades de tout repos; la pression extérieure ne les aggrave pas. Ces douleurs sont surtout pénibles, insupportables lorsqu'elles occupent la tête ; elles peuvent exister fort longtemps sans que les os subissent aucun changement appréciable dans leur structure et leur conformation ; d'autres fois on distingue une ou plusieurs exostoses ou périostoses.

Les douleurs ostéocopes n'ont aucun rapport avec les névralgies; elles ne suivent le trajet d*aacuii. nerf; elles diffèrent des douleurs rhumatismales par leur immobifité, par leur aggravation pendant la nuit, et lorsque les malades sont le plus chaudement ; elles ont aussi un siège moins fixe et moins bien déterminé pour les malades que les douleurs de nature rhumatismale. Enfin , dans les premières , les membres conservent souvent l'intégrité de leurs mouvements, excepté pourtant kxiqu'ils sont le siège de quelque altération matérielle vers le périoste ou les os. Les périostoses sont faciles^à reconnaître à un empâtement moins circonscrit, ordinairement douloureux, et siégeant à la surface d'un os. Il peut y en avoir plusieurs sur le même os ; elles peuvent rester longtemps staiioniiaires, puis se résoudre, ou bien s*ouvrir au dehors; eBes fouroissent alors un fluide particulier, comme albiimineux. D'autres siq>pnràllty s'ouvrent à l'extérieur, et leur ouverture reste fistuleuse à cause de la dénudatkui , de la carie ou de la nécrose de l'os subjacent Enfin, kNTsqu'il existe éoe exostoSe , la tumeur est plus ou moins circonscrite; de forme variée, elle occupe l'os dans nne pins ou moins grande partie de sa surface et de soQ épaisseur. Elle est lisse ou inégale ; elle a une grande dureté. Si elle atteint un w superficiel , comme la crête de l'iléon , elle gêne peu les mouvements ; mais il D*en est pas de même lorsqu'elle est entourée de muscles puissants , comme lorsqu'elle occupe le fémur. Les exostoses qui se développent à la face interne dos os pbts peuvent occasionner les accidents les plus graves par suite de la compression qu'elles exercent sur les organes contenus. Ainsi les exostoses de la face inVcvue &a crine déterminent parfois Ae» pan)yfi'm plas ou moins étendues, des désordres te

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Fratelligence , des couTtilsions , et tons les aècidents enfin que peuvent produire toutes les tumeurs inlra-crânlennes. Les exostoses de Forbite peuvent occasionner Tamaurose, le strabisme ou rexophtbalmie; celles du canal lacrymal en empêchant les larmes d'arriver dans les fosses nasales, déterminent la tumeur lacrymale. Les exostoses du canal rachidien donnent lieu à tous les accidents qu'engendrent les autres causes de compression de la moelle ; enfin les exostoses de l'excavation pelvienne peuvent être un obstacle à l'accouchement.

Les exostoses ont presque toujours une marche chronfque :' elles tout susceptibles de se résoudre sous l'influence d'un traitement convenable; cependant presque toujours l'altération de l'os persiste au môme degré après la guérison de la dialhèse.

. La carie et la nécrose succèdent souvent aux pérlostoses ou aux etosloses ; d'au-» très fois elles sont primitives. La^ carie est surtout fréquente et remarquable aux os de 4a face ; là elle atteint souvent les os de la voûte crânienne, qu'elle détruit dans toute leur épaisseur oii seulement dans leur table externe. Les os propres du nés sont encore plus fréquemment affectés. On constate d'abord un gonflement à leur niveau ; le malade accuse de la douleur ; bientôt la pression y fait distinguer Uft craquement ; enfin les os se séparent, comme nous l'avons dit plus haut. Il arrive parfois aussi que la peau s'enflamme et s'ulcère ; toutefois la perte du nex est rare alors, et elle n'arrive guère que lorsque la maladie commence par une ulcératioir qui n'altère les os qu'après avoir détruit la peau et les cartilages. La oarie peut s'étendre encore à la branche ascendante du maxillaire, à la lame perpendiculaire de l'ethmoîde, à la cloison qui quelquefois est entièrement détruite; là voix est alors profondément altérée. La voûte palatine se néorose plutôt qu'elle ne se carie. Lorsque cette altération se déclare, les malades se plaignent pendant quelque temps d'une douleur plus ou moins vive sur un point de la voûte palatine ; en y portant le doigt, on y distingue bientôt du gonflement et de la fluctuation ; la muqueuse, h ce niveau, a une couleur violacée; enfin le petit abcès se vide. Si alors- on introduit un stylet par son ouverture, on arrive sur un os dénudé, déjà pins ou moins altéré, et dont l'extraction laisse un trou faisant communiquer la bouche avec les fosses nasales. Si l'ouverture est considérable, la lésion est incurable, et il fautqp» les malades portent un obturateur; mais s!il n'existe qu'un pertuis, la muqueuse peut le recouvrir, s'y enfoncer, et y adhérer de manière à constituer une cicatrice solide. Tous les os peuvent être affectés d'exostose, de carie- et de nécrose syphili-. tique. Il n'existe aucun signe certain pour distinguer si ces altérations tiennent au virus syphilitique, au vice scrofuleux, ou à quelque 4Uiuse accidentelle. On devn donc, comme nous l'ayons déjà dit, étudier les jutécédeats des malades et les accidents concomitants.

Les caries et les nécroses, lorsqu'elles sont peu étendues, entretiennent des sup* purations fétides interminables qui souvent finissent par épuiser les malades et les font périr. Les ^Itérations des os que nous venons de décrire constituent l'accident le plus grave de la djathèse vénérienne.

Traitement. — H est des douleurs ostéocopes qui, après avoir résisté au traite* ment mercuriel, à l'opium, à l'application des sangsues, aux pommades cainMUles, cèdent comme par enchantement à un vésicatoire volant : cependant il est parfoh nécessaire d'en poser plusieurs de suite et de les panser avec un sel de noorphinef Si la périustose est douloureuse, il faut lui opposer le même traitement (sangsues, vésicatoire pansé avec l'onguent mercuriel). Plus tard, les préparations d'iode et Ja compression seront indiquées. S'il y a suppuration, il faut vider le foyer.

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