DE L'HTPBRTIOPHIB DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
La moelle épinière est plus rarement affectée d'hypertrophie que le cerveau. La science ne possède encore qu'un très petit nombre d'eiemples de cette altération; ils ont été surtout rapportés par M. Hntin (Nouoelle biblioth. méd. , 1828), et par M. Monod {Bulletin de la Société anatomique, année 1832).
La moelle épinière peut être hypertrophiée dans toute sa longueur, ou seulement dans une portion plus ou moins étendue. Dans tous les cas, l'augmentation de volume peut être portée au point que l'organe remplisse eiactement la cavité do canal vertébral ; son tissu est alors toujours plus ou moins induré. L'hypertropbi« peut envahir également les deux substances qui forment la moelle, ou bien être bornée à l'une d'elles. Le plus souvent alors c'est la subsunce grise qui seule est affectée, et qui, en raison du développement très considérable qu'dle a subi» s'amincit de plus en plus, et peut même finir par détruire les lames de substance médullaire qui l'environnent. Ainsi , dans les deux faits rapportés par M. Monod, on voit l'hypertrophie de la substance grise déterminer insensiblement l'écartement des cordons postérieurs latéraux et la destruction partielle des cordons médians postérieurs.
Il n'y a aucun groupe de symptômes qu'on puisse spécialement rapporter à l'hypertrophie de la moelle. Ainsi , dans les faits qu'on a cités , on a noté tantôt des accès d'épUepsie (Andral), tantôt tous les symptômes de la chorée avec exaltation notable de la sensibilité ^rutanée (Hutin) ; ailleurs c'étaient à peu près les troubles qu'on observe dans la myélite ou le ramollissement chronique, c'cst-â-dire les dou« leurs , la contracturcu la paralysie plus ou moins complète des membres (Monod).
C'est à une observation ultérieure à fixer les pathologistes sur les causes, les sym» ptômes, la marche et le traitement de l'hypertrophie de la moelle , maladie dont l'histoire reste encore tout entière à tracer.
DE l'hypertrophie DU CGEUR.
L'hypertrophie du cciur est caractérisée par l'épaississement des parois de cet organe»
Hiitorigue. — Cette lésion n'a été convenablement étudiée et isolée des autres altérations du cœur que par les observateurs modernes. En effet , Lancisi , Senac ei Âfot^agni n'éiuàihreni point l'hypertrophie à part; mais sous la dénomination
DE t'BirPERTROPHlfi DU C«UR. 171
d*anévrysaèi9 qui leur était très iamilière, ils comprenaient à la ibis et confondaient rhypertropliie et Ja dilatation. Gorvisart perpétua celte confuwon , et l'on sait que la réunion de Thypertrophie et de la dilatation constituait son anévrysmê actif. Tel était Télat de h science lorsqu'en 1811 Bertin entreprit ui\e. série de travauxreproduits plus lard dans Touvrage qu'il publia en collaboration de M. Bouillaud, ef établit dans Tétode anatomique de l'hypertrophie du cœur des divisions imponf tantes qui ont été conservées. Depuis ce médecin , Thistoire de la maladie a ftil de nouveaux progrès, surtout sous les rapports étiologiques et symptomatiques; nous les devons surtout aux travaux de Laënnec» de MM. Ghomel, AndraK et surtout à ceux de Hope et de M. Bouillaiid, qui ont consacré dans leurs ouvrages m chapitre important à Thypertrophie du cœur.
Contmeni reconmdtre que le cœur est hypertrophié? — Pour connaître lepoUlt où rb)'pfrlrophie commence, il but savoir exactement quels sont les dimensions et le poids du co&ur k Tétat physiologique. Laênnec disait que le cœur sain deVRi| avoir à peu près le volume du poing du sujet ; mais cette estimation était trop peu précise pour satisfaire. D'ailleurs, la comparaison de Laénnec n'était point exacte, si ce n'est peut-être pour le premier âge de la vie. Aussi, depuis quelques années, divers observateurs se sont occupés, avec un zèle qu'on ne saurait trop louer, de ce difficile sujet : nous mentionnerons ici les recherches de M. Bouillaud, mais, avant tout, le travail si remarquable de M. Bizot Ce médecin , aussi distingué par le talent que par son caractère honorable, a démontré qu'on ne pouvait adopter une mesure moyenne applicable à tous les âges , attendu que le volume du cœur, que l'épaisseur de ses parois et l'ampleur de ses cavités s accroissaient liidéQniment avec l'âge, résultat important, en opposition avec les données généralement reçues, mais contre l'exactitude duquel on ne saurait élever le moindre doute , car il a été confirmé depuis par les observations du docteur Clendinning en Angleterre , et par reUes de M. Neucourt en France {Artfhives, \SliU). M. Bizot a encore démontré qu'à tous les âges le cœur offrait un volume moins considérable chez la femme que chez l'homme , et que son étendue n'était pas en proportion directe avec la taille des individus, mais qu'elle suivait plutôt assez exactement le développement en largeur de la poitrine. Ainsi , le cœur s' accroissant sans cesse avec l'âge, son volume et l'épaisseur de ses parois n'étant pas les mêmes dans les deux sexes, il suit de là qu'on ne saurait avoir une moyenne unique pour tous les cas, mais qu'il doit exister, au contraire, un type différent suivant le sexe et à chaque série d'âge. C'est ce qui résulte des tableaux que nous donnons ici ; ils sont extraits du travail de M. Bizot, Inséré dans le tome !•' des Mémoires de la Société médicale d'ob^ serration de Paris (1). En les étudiant, on se convaincra qu'en prenant, comme If* faisait Laénnec , comme beaucoup le font encore , les parois du ventricule droit comme terme de comparaison pour apprécier l'état physiologique ou morbide du ventricule gauche , on se sert du plus défectueux de tous les moyens , attendu que l'épaisseur du ventricule droit reste h peu près stationuairc , tandis que celle du
De
Longueur du
cœur.
Ar.
Hommes.
Femmoi.
i à Aaas.
0,052 mm.
0,051 mm.
iO à 15
16 à SO