‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 55 sur 265 · mm · texte numérisé non relu

mm

0,002 mm. 0,001 mm.

10 il 15

50 à 79 (hommes) ) - à 89 (femmes) \

Epaiêieur de la doison interifentriculaire à

ta partie tnoyenne^

Aft.

lommea.

Femmes.

De là & ans.

0,008 mm.

0,007 mm* ) ^t

80 il A9

50 à 79 (hommes) ) — à 89 (femmes) )

Poidi

moyen du

c<nir, diaprés Clendinning,

HomincSa

Femmes.

De 15 à 80 ons.

26A grammes.

260 graipmes.

70 H wn-étÊÊiot.

1 7à DBS LÉSIONS DE NUTRITION.

thes. Tihez la plupart des sujets ; le ventricule droit hypertrophié n'a guère que 0 ou dl milliiDMres d'é|)aisseur ; on Ta vu néanmoins acquérir quelquefois 25 et même 86 millimètres. La plus grande épaisseur , d'après Hope , existe plus souveut à la base et au sommet qu'à la partie moyenne, ce qui est précisément l'inrerse de ce qui a lieu pour l'hypertrophie du ventricule gauche. ' Les oreillettes sont rarement affectées d'hypertrophie indépendamment des Tentricules ;. presque toujours l'altération e^t bornée aux appendices. L'épaississenent peut alors être porté au point que l'oreillette droite acquière l'épaisseur du ventricule droit , et que la gauche arrive à avoir jusqu'à 7 millimètres.

L'hypertrophie peut être plus circonscrite encore : on l'a vue être Hmilée à ta cloison intraventriculaire , à la pointe , aux colonnes charnues, aux piliers des Irtlvules, etc.

' Dans l'hypertrophie , la capacité des cavités du cœur peut être conservée , diminuée ou augmentée. C'est en ayant égard à ces diverses circonstances qtic les pathologistes ont admis depuis Bertin trois formes d'hypertrophie , qu'ils distinguent par les dénominations de simple^ de concentrique, et d'excentrique.

L'hypertrophie est dite simple lorsque , nonobstant l'épaisseur des parois , les cavités du cœur conservent leur capacité naturelle -: c'est sans contredit la forme là plus rare de l'hypertrophie.

L'hypertrophie concentrique est celle qui est caractérisée par l'épalssissement des parois , avec diminution des cavités. MM. Gruveilhier et Beau ne croient pas k l'existence de cette forme de l'hypertrophie cardiaque: ce dernier pense que l'état appelé AypertropAie concentrique ne représente jamais que l'état normal de la cavité ventriculaire qui en est le siège , tant sous le rapport de la capacité que sous celui de l'épaisseur des parois {Archivée de 18/i7). M. Gruveilhier , de son côté , soutient que l'état anatomique du cœur dont nous parlons résulte surtout du genre de tnort des individus : ainsi il dit l'avoir constamment trouvé chez les suppliciés et chez tous ceux qui meurent violemment Ces faits sont réels , on ne peut les contester , mais ils ne sauraient contredire les observations positives recueillies par MM. Bertin , BouilJaud , Louis , Bouisson , Dechambre et par nousmême , d'individus succombant avec tous les symptômes des maladies organiques du cœur , et présentant à l'autopsie les parois du ventricule gauche considérablement épaissies , et la cavité de celui-ci presque entièrement effacée par l'hypertrophie des couches musculaires profondes , taudis que le volume total du cœur, parfois augmenté , était parfois aussi tout à fait normal , et même il a été vu alors sensiblement moindre que dans l'état physiologique. Quand il y a réellement hypertrophie concentrique , on ne peut pas par l'introduction du doigt dans les cavités cardiaques dilater celles-ci sans les déchirer , tandis qu'il est possible de le faire lorsque le rétrécissement tient uniquement au genre de mort de l'individu : c'est alors une espèce de roideur cadavérique qu'on détruit par la distension de la cavité.

L'hypertrophie excentrique, qui est la forme la plus commune, correspond à l'anévr^'sme actif de Corvisart ; elle est caractérisée par l'épaississement des parois et par l'ampliation simultanée des cavités ; c'est quand ces deux altérations coexistent qu'on voit le cœur acquérir le volume et les dimensions énormes dont nous avons précédemment parlé. Dans ces cas , 16 ventricule gauche peut acquérir une ampleur telle qu'il pourrait contenir le poing du sujet.

En général, dans l'hypertrophie du cœur, la substance musculaire de l'organe est plus ferme et plus rouge ; le contraire peut néanmoins avoir lieu. Fi^qucrament

DE t'HYPERTROPHIE DW COEUB. 175

(ion iMofedivenet altérations du péricarde, de l'endocarde et des Valvtiles. Les cafitét soot lOOfent distendues par des caillots volumineux et fibriueux; eufin, on constate du o6té de quelques organes plusieurs des lésions qui accompagnent la plopirt des maladies organiques du cœur : telles sont les hydroplsies , les noyaux ipopleolîqaes dans les poumons, les congestions du foie déterminant quelquefois une ansoMOtation considérable dans le volume de Torgdne, etc.

Sffmptùmei. -^ Les individus qui portent une hypertrophie du coeur éprouvent rarement de la douleur à la région précordiale ; quelques-uns accusent néanmoinif on sentiment de pesanteur et de gène ; beaucoup ont des palpitations survenant souvent spontanément, et qui peuvent s'accompagner d'un état de malaise et d*angoisse inexprimables, quelques malades ont même des lipothymies ou des syncopes.

Les moyeiis physiques d'exploration fournissent des signes importants. L'hypertrophie est-elle considérable , hi région précordiale peut offrir, mais cela rarement pourtant, une voussure plus ou moins marquée; toutefois il faut prendre garde de ne pas rapporter à pareille cause une saillie physiologique fréquemment observée par M. Woillez dans cette partie. Plus fréquemment les battements dtf dsor sont visibles dans une plus grande étendue, ils retentissent à l'épigastre, et la pointe déviée à gauche soulève le sixième, le septième et mémo le huitième es-^ pace întercQstaL La percussion et l'auscultation donnent des signes bien autrement importants. La première permetde déterminer exactement le volume de l'organe. Là matité précordiale qui , I l'état normal , n'est guère que de & ou 6 centimètres carrés (Bouillaod), peut, dans le cas d'hypertrophie, s'étendre dans un espacé deux on trois fois plus considérable. La matité est en même temps plus complète» tt Ton sent sons le doigt nne résistance qu'on n'a pas lorsque les parois du cœur ne sont pas épaissies. Par l'auscultation on reconnaît que l'impulsion du cceur est augmentée; elle Test souvent I un tel point, que l'oreille et la main appliquées sur h région précordiale sont soulevées et ont la sensation que donnerait un coup de marteao on un coup de poing. Disons pourtant que l'impulsion n'est pas un syui« pcôme constant ; il n'est pas très rare , en effet, de voir ce phénomène manquer tout i fait, bien que le cœur ait des parois très épaisses. Ce symptôme fait défaut surtout quand il existe une dilatation considérable , ou lorsque le cœur, s'enfonçantdans la poitrine, est entièrement recouvert par une lame de poumon. Dans ces cas d'hypertrophie très considérable, les battements du cœur sont sourds, obscurs, comme étouffés, et presque toujours prolongés. Si l'hypertrophie est à on degré moindre, si les cavitéii du cceur sont dibitées, les bruits sont sonores, et sont per^' ços dans une grande étendue , jusque sous la clavicule droite et même en arrière de la poitrine. C'est dans ce cas que l'on constate quelquefois un bruit surajouté, qui semble dépendre de la percussion violente de la pointe du cœur contre la paroi tkoracique. Ce bruit, que Laênnec nomme cliquetis métallique^ que M. Bouillaod décrit sous le nom de tintement métallique, et M. Filhos sous celui de tintement auriculo-métalligue, n'est pas cependant propre à l'hypertrophie; on peut le re« trouver en effet dans les cas de palpitations nerveuses. Il peut être imité lorsque, plaçant la paume de la main sur l'oreille on percute la faee dorsale avec un doigt de l'autre main. Ce bruit surajouté n'empèclie pas d'entendre distinctement les deux bruits normaux du cœur, qui sont tantôt phn sourds, tantôt plus sonorek; niais presque jamais ils ne sont masqués ou remplacés par des bruits de souffle on de râpe, à moins de quelque complication du côté des valvules. Si dans certains oai d'bfpttliopltte on constate un bruit de souffle, celui-ci du moins est^gteér^kuMniX

léger , et on oe rcntend que inomenUnémeDt ; pendant les palpitations , par exemple. Plusieurs fois nous avons entendu , dans des cas d'hypertrophie avec dilatation considérable des cavités, un souffle prolongé ou un bruit de piaulement au premier temps, et qui était assez bruyant pour pouvoir être perçu à distance. Le bruit de souffle, qui est un phénomène. rare dans les hypertrophies simples ou avec dilatation, est beaucoup plus commun dans les hypertrophies concentriques, ce qui s'explique par le rétrécissement considérable que les cavités cardiaques ont subi dans cette forme de la maladie.

Dans l'hypertrophie du cœur, le pouls est généralement régulier ; il parait sou* vent être plus lent que de coutume, ce qui tient sans donte à la durée plus grande des contractions; il est communément large, dur, vibrant, excepté quand k dilatation est extrême, et lorsque les parois sont très aiïaibiies, car alors il est plut5t faible et mou. Dans l'hypertrophie concentrique, lorsque le ventricule gauche est considérablement rétréci, le pouls est roide, vibrant, mais il est peu développé.

En général , les malades atteints d'hypertrophie cardiaque simple ont la face colorée, les yeux brillants, ,ce qui,, joint aux caractères du pouls et à l'absence des congestions sanguines et séreuses, démontre que dans cette affection il existe, au début du moins et même pendant assez longtemps, un surcroit d'activité dans la curculation.

Dans rhypertrophie, les fonctions digestives,. celles de l'innervation, neprésentent en général aucun trouble notable. Les malades ont de la dyspnée et sont promp-» temeut essoufflés. Cependant ce symptôme est cominunément peu marqué, excepté dans les derniers temps de la maladie, époque à laquelle on voit survenir généralement l'oedème des extrémités inférieures , l'augmentation du volume da foie , la bouffissure de la face , la teinte cyanique des lèvres , accidents qui sont beaucoup moins intenses ici et qui surtout apparaissent beaucoup plus tard dans rhypertrophie que dans les cas de rétrécissements des orifices.

Marche^ durée^ terminaison, — L'hypertrophie du cœur a ordinairement une mardie lente et progressive. Si l'altération est peu considérable, sans complication, si les sujets sont sobres et sont soumis à de bonnes conditions hygiéniques , la vie pourra se prolonger un grand nombre d'années; mais il n'en est pas de même dans les circonstances opposées : car alors la mort peut arriver en quelques mois. Remarquons que, comme cela a lieu pour la plupart des autres affections du cœur, l'hypertrophie offre beaucoup d'irrégularité dans son cours. Toutes choses égales d'ailleurs, elle suit une marche plus rapide quand elle affecte le ventricule gauche que lorsqu'elle envahit celui du côté opposé. Ainsi, M. Louis, analysant un grand nombre d'obsenations, a trouvé que dans le premier cas la durée moyenne de la maladie avait été de deux ans et un tiers, tandis qu'elle était de six ans et demi dans le deuxième (Valleix). Le même observateur a encore constaté que les roa- Mes étaient environ deux fois plus vite emportés quand l'hypertrophie se compliquait de dilatation que lorsqu'elle était simple, lors même que cclle>ci occupait le ventricule gauche.

U n'est pas encore prouvé que l'hypertrophie du cœur puisse guérir : les faits de guérison qu'on a rapportés sont loin d'être concluants. Notons pourtant que Laênnec dit avoir vu sur le cadavre d'un sujet jadis traité pour un anévrysme car* diaqoe le cœur atrophié et ridé comme une pomme de reinette. Larrey, Hope, Mageodie, disent avoir guéri chacun un anévrysme actif du cœur, le premier par les moxas, le deuxième par le traitement de Valsalva, le troisième par l'iode.

On a regardé l'hypertrophie da cœur comme étant cause de pla.<ieurs maladies :

Page 1