DEUXIÈME GENRE DE LÉSIONS DE NUTRITION
KE L'ATBOPHIE.
L'atrophie est cet état dans lequel un organe ou un tissu s*amoindrit, perd de ton fohime par suite d*une diminution dans la nutrition. L*atri)phie est pour un organe ou pour un appareil d'organes ce que le marasme est pour le corps entier^
L*atrophie produit dans les parties qu'elle affecte divers changements, qui ont été parfaitement tracés par M. Andral dans son Anatomie pathologique. C'est ainsi, dit ce savant professeur, que le volume devient moindre, d'où résulte pour les membranes un amincissement de leur tissu , et pour les parenchymes une dimioulion de leur masse. Il est des cas pourtant où il peut y avoir atrophie considérable d'un organe, sans que son volume paraisse moindre : ainsi la raréfaction du tissu aréolaire des os et des poumons par les progrès de l'âge existe sans changement daas le volume et dans la configuration des parties. L'organe atrophié peut avoir plus ou moins de consistance qu'à l'état normal ; le plus souvent il est ramolli; son tissu est flasque, moins coloré car il reçoit moins de sang que de coutume, conune le prouve l'oblitération , ou tout au moins la diminution du calibre des artères; souvent de la graisse se dépose en grande quantité autour de lui, comme pour combler le vide qu'il laisse par suite de son retrait. Enfin le tissu propre s'amoindrit de plus en plus ; il finit même quelquefois par disparaltie tout à fait; il est alors remplacé par du tissu cellulaire ou fibreux.
L'atrophie peut êtie produite par un grand nombre de causes. Souvent elle résulte de ce que moins de sang arrive vers l'organe par suite de la ligature, ou de ToUilération spontanée de l'artère principale. C'est en grande partie de cette manière, et peut-être aussi en excitant l'absorption interstitielle, qu'agit la compression. D'autres fois l'atrophie dépend d'une diminution dans l'influx nerveux : ainsi la section des nerfs principaux d'un membre produit l'amaigrissement de celui-ci ; nous avons vu la compression d'un glosso -pharyngien déterminer l'atrophie de la moitié correspondante de la langue. La suspension des fonctions d'un organe ou leur moindre activité amène aussi à la longue l'atrophie de cet organe; c'est par cette cause, combinée à une diminution de l'influx nerveux, que s'explique l'atrophie qui frappe les membres paralysés. L'inflammation , surtout quand elle se termine par suppuration, entraine quelquefois aussi après elle l'atrophie des tissus; cependant , dans la plupart des cas , l'atrophie des organes survient sans qu'on poisse en déterminer la cause.
Les effets de l'atrophie sont locaux ou généraux, suivant l'importance de l'organe affecté. Dans tous les cas, l'atrophie a {K)ur eff'et de diminuer ou même d'anéantir complètement les fonctions das organes qu'elle atteint.
DE i/athophik Cérébrale.
L'atrophie cérébrale est une altération consistant dans la diminution du volume et de la nutrition d'une partie on de la totalité du cerveau. L'atrophie diffère de Vaoénêsiâ en ce que la première suppose que l'organe était parvenu ik lovW son à(ivdpppement quand il a suïù uac dJmwuUon de voJume , taudis quç le imil ogf-
nésie désigne le défaut primitif ou consécutif de développement ou d'accroissement du Tencépbale, ou de Tune de ses parties. Cette distinction, qui est fondée, a surtout été établie par le docteur Cazauviclh et par Breschet, auteurs d'etcellents travaux sur l'agénésie et divers autres vices de conformation de Teucéphalc (Archives, tomes XIV et XXVI). Cependant, comme, en défînilive, les troubles fonctionnels sont à peu près les mêmes, de Quelque manière que la substance neneuse manque, nous allons embrasser à la fois dans le tableau suivant et Tagénésie , et Tatrophie proprement dite, ainsi que Font fait avant nous MM. Ândral dans son Anatomie pathologique^ et Calmeil dans le Dictionnaire de médecine : c'est à ces deux auteurs surtout que nous emprunterons la plupart des détails qui vont suivre.
Caractères anatomiques, — Les hémisphères sont plus souvent atrophiés qu'aucune antre partie de Tencéphale ; ils peuvent Têtre partiellement on dans leur totalité.
L'atrophie partielle , dit M. Andral, peut frapper : 1* Les circonvolutions, qui peuvent être moins nombreuses , ou plus petites, ou même manquer tout à fait, soit des deux côtés, soit d'un seul côté, soit enfin dans un point circonscrit Quand les circonvolutions sont seulement atrophiées, la pulpe nerveuse peut conserver son aspect et sa consistance normale ; mais souvent on trouve, surtout à la surface du cerveau, des circonvolutions luisantes, dures , élastiques, comme ratatinées et semblables à du gluten humide, ou bien encore elles semblent formées par des membranes superposées et contenant à peine dans leur trame quelques particules de substance nerveuse (Calmeil). 2** Toute la partie supérieure des hémisphères cérébraux , depuis leur surface extérieure jusqu'aux ventricules , peut être atrophiée ou manquer tout à fait. Tantôt alors toute cette portion de la masse nerveuse est remplacée par une poche séreuse qui n*a aucune communication avec les ventricules; tantôt au-dessous des méninges on aperçoit à nu, sans qu'aucune incision ait été pratiquée , les différents organes contenus dans les ventricules latéraux (couches optiques, corps striés, etc.). D'autres fois Taltération est moins considérable; ainsi on trouve seulement qu'un des hémisphères est plus petit que l'antre, ou bien même l'atrophie ou l'agénésie ne porte que sur un des lobules. 3*" Les couches optiques et les corps striés peuvent être atrophiés ou manquer tout à fait L'atropKie peut porter sur toute la masse, ou isolément sur la substance blanche ou sur la substance grise. Quand ces renflements manquent tout à fait , on trouve parfois à leur place un kyste séreux , ou bien il n'y a rien qui les remplace. Dans le preim'er cas , ajoute M. Andral , la masse des hémisphères cérébtaux peut exister ou manquer ; dans le second , elle est constamment absente, et au delà des pédoncules cérébraux on ne trouve plus autre chose que quelques fibres épaisses qui vont s'épa* nouir dans un tissu membraneux semblable h celui qui , dans les premiers temps de la vie intra- utérine , marque la place où plus tard se développeront les hémisphères cérébraux. En pareil cas encore les parties blanches centrales manquent également , tandis que le mésocéphale et le cenclet peuvent avoir leur aspect accoutumé. lx° Ënlin , on a aussi constaté l'atrophie ou l'absence isolée des parties blanches centrales, celle du cervelet ou d'un de ses lobes , de la protul>érance , des tubercules quadrijumaux ; c'est-à-dire , en un mot , qu'il n'est aucune des différentes masses nerveuses contenues dans le crâne qui n'ait été vue on atrophiée , ou complètement absente.
En général , les divei*s degrés d'atrophie et d'agénésie que nous venons de passer vu rcfuc apparient divoi's changements dans lu configuration du crûnc , qui peut