‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 62 sur 265 · DE L* ATROPHIE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

DE L* ATROPHIE CÉRÉBRALE

présenter on aplatissement vers les pariétaux , vers le frontal on I*occipitaI , ou, ce qoi est pins commun , une inégalité dans les portions droite et gauche. Disons pourtant qu*on ne peut pas toujours juger exactement de I*état du cerveau par la configuration du crâne; celui-ci peut , en effet, être bien cx)nformé , quoiqu'il manque une grande portion d*un hémisphère , ou même lorsque les deux hémisphères font défaut Alors, en ouvrant le crâne, on constate que le sac que repré^ sentent les méninges a à peu près sa capacité normale ; mais un liquide séreux lient la place de la substance nerveuse , dont il ne reste plus de trace. Ce liquide est tantôt en contact avec les méninges ; tantôt , au contraire , il est isolé dans an kvste pins ou moins vaste. Les vaisseaux crâniens ne présentent, en général, aucune modification.

M. Cazanvielh , ayant étudié avec soin l'état des différents tissus et des organes chez les sujets frappés d'agénésie cérébrale , a trouvé que les membres paralysés étaient remarquables par Tatrophie qu'ils ont subie dans tous leurs éléments organiqnes ; car les muscles ne sont pas seulement grêles etémaciés ; mais les o$ eux-mêmes sont plus petits et plus courts ; en général , lour forme n'est point altérée.

iVode de production de r atrophie et de Vagénésie, — M. Andral fait observer avec juste raison que l'atrophie ou l'agcnésie des centres nerveux ne saurait être rapportée à l'influence d'une seule cause. 11 est certain que dans quelques cas il faut admettre un arrêt de développement , c'est-à-dire une modification de nutrition telle, que certaines parties ne se forment point à l'époque où elles devraient se développer. Ailleurs, Tagénésic, comme l'atrophie , peut succéder à quelque grave altération de l'encépale, comme un- ramollissement, une hémorrhagie; c'est ce qui a probablement lieu dans quelques cas particuliers. iMais on ne saurait ad* mettre, avec M. Lallemand , que Tatrophic congénitale du cerveau, quelque faible qu'elle soit , doive être toujours attribuée h une encéphalite développée à une époque voisine de la conception , et dont les traces se seraient eiïàcées avec le temps sous Finfluence d'une absorption plus complète que dans les cas ordinaires. Cette opinion , que le savant professeur de Montpellier a développée dans sa huitième lettre avec son talent ordinaire , n'est ni démontrée ni même probable. Quel* qnesatrophiescérébrales dépendent bien évidemment d'une compression mécanique exercée par une tumeur quelconque. Enfin , il en est d'autres toutes spontanées survenant sans cause appréciable, et qui sont analogues à celles qui se produisent par les progrès de l'âge. On sait , par exemple , que , d'après les récherches de M. Oesinoulins , le cerveau des vieillards est d'un quinzième ou d'un vingtième plus léger que celui des hommes de quarante ans. Souvent on trouve chez les premiers les circonvolutions flétries , ratatinées , afl'aissécs , et le vide que leur retrait laisse est comblé par de la sérosité.

Symptômes. — M. Calmcil, qui a tracé un tableau très exact des troubles fonctionnels produits par Talrophie et par Fagcnésie cérébrale, a remarqué que chez les individus dont nous parlons on observait presque constamment une lésion des mouvements volontaires. Ainsi il existe une paralysie des quatre membres, d'une moitié du corps, ou d'un seul membre, suivant le siège, retendue et la profondeur de l'altération du cerveau. La plupart présentent en outre une contracture plus ou moins forte des membres paralysés; de plus, ceux-ci sont atrophiés et difformes. 1^ paralysie est, d'après M. Cazauviolh, jilns frécpicnie h gauche qu'à droite; cite ocrupc le côté du corps oppose à rhéinispîirre mabdc. Beaucoup de cos waîAWuicux sont épi!cpti(;uc»5, U scnsihiiiiô csl iiicotuplùte chez quel<iucs-ui\s , u\;wS fiJte

n'est presque jamais loiaicment déiruile. Les sens sont beaucoup moins souvent lésés que les mouvements : c'est à peine si Ton comjUc jusqu'à présent quelques exemples de surdité, de lésions de la vue, du goût, de l'odorat. Il y a parfois du strabisme, de la déviation dans les traits, de l'embarras dans la parole. L'intelligence se ressent presque toujours de la mauvaise conformation du cerveau : ainsi la mémoire est infidèle, l'esprit borné, le caractère inégal ; les passions sont nulles ou violentes; les malades apprennent difficilement à lire, à travailler. La plupart sont idiots, imbéciles; cependant cet eiïet n'est pas constant : ainsi, M. Andral rapporte dans sàClinique l'histoire d'uu homme dont les facultés in tellecluelles étaient convenablement développées et même cultivées, bien qu'il fût privé d'une partie àes deux hémisphères cérébraux.

Les individus dont nous parlons meurent presque tous assez jeunes; mais ils vivent en général plus longtemps que les idiots proprement dits. 11 en est quelquesuns qui deviennent même septuagénaires; mais la moyenne proportionnelle de leur existence n'est guère que de trente-huit ans. Il n'est presque aucun de ces individus qui succombe par le ceneau : presque tous, en eflct, meurent d'aiïections étrangères au système nerveux.

Diagnostic, — M. Calmeil a le premier parfaitement indiqué les difficultés du diagnostic et les moyens d'en triompher : aussi nous ne saurions mieux faire que de répéter ses propres paroles. La paralysie congénitale, dit l'excellent obsenateur dont je parle, dépendant de l'arrêt de développement ou de l'atrophie de quelque portion de l'encéphale, est en général facile à diagnostiquer lorsqu'elle date d'une époque déjà ancienne. Les circonstances où la lésion des mouvements s'est manifestée, l'aspect des membres qui sont ou raccourcis ou atrophiés, ou contractures, l'arrêt de développement de l'intelligence, la régularité presque constante des fonctions de la vie organique, ne permettent guère à l'esprit de s'égarer dans les conjectures, et tout de suite la méthode d'exclusion le force à repousser l'idée d'une tumeur, d*uu abcès, d'un ramollissement, etc. ; c'est tout au plus s'il est tenté de s'arrêter à la supposition d'une ancienne hémorrhagie qui se serait terminée par yoie de résorption et de cicatrisation , après avoir produit dans le crâne de grands ravages. Mais le diagnostic est-il également facile sur un enfant à la mamelle, chez un jeune sujet qui commence à peine à se tenir debout, et dont on essaie les premier pas? Si cet enfant a présenté en venant au pionde une difformité sensible des membres , une différence notable dans leur volume , la question est aussitôt jugée ; mais il n'en est' pas ainsi lorsque les paix'Uts ne s'aperçoivent que tardive- Uient de l'état de faiblesse d'un côté du corps, lorsque l'éinaciation musculaire semble s'effectuer d'une manière graduelle. Il est clair, en effet, que le développement d'un tubercule, d'un squirrhe, d'un abcès, un kyste, provoqueraient à peu près les mêmes accidents. Joignons à cela que le sujet peut éprouver quelques dou.leui*s, et pousser des cris, éprouver des accidents convulsifs, et nous aurons une idée de l'embarras du médecin. Dans les cas de ce genre , il convient de suspendre son jugement défmitif, d'attendre , pour prononcer en dernier ressort sur la nature du désordre qui affecte l'encéphale , que le jeune sujet ait pris quelques années de plus. Alors, si la santé physique paraît bonne , si l'intelligence continue à rester à peu près nulle, si l'hémiplégie se dessine davantage , si les deux moitiés du corps acquièrent un accroissement inégal, on peut déclarer les craintes qu'on a sur l'avenir du malade ; mais on ne saurait mettre une trop grande réserve dans son jugement. Au sein des villes très peuplées, beaucoup d'enfants scmfuleux éprouvent de la faiblesse dans la colonne rachidienne, marchent tard, rt*steut pen-

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dant longtemps maladroits, liroidcs : cependant pen h pen leur intelligence se développe, l*éqailibrc des mouvemeiifs sY'iablit, et ces individus rentrent dans les conditions des antres enfants du rnOme âge.

Pronostic et traitement. — Il est inutile d'insister pour prouver combien Taffection dont nous venons de parler est grave ; elle est essentiellement incurable. Le traitement est entièrement palliatif.

DE l'atrophie de LA MOELLE ÊPINifeRE.

La moelle épinière subit par le seul effet de Tâge une diminution plus on moins considérable dans son volume et sa longueur, ce qui coïncide avec une augmentalion proportionnelle du fluide céphalo-rachidien. Il paraît aussi que Tinaclion prolongée de la moelle finit par produire une atrophie de cet organe : on dit, en effet, que chez les sujets depuis longtemps hcmi|)légiques par suite d'une affection du cerveau , on trouve souvent la moelle épinière diminuée sensiblement de volume dans toute retendue de la moitié latérale qui correspond au côté affecté. Plus souvent l'atrophie de la moelle est consécutive à un ramollissement de Torgane ; elle peut aussi être produite par une compression extérieure. Celte lésion est presque toujours partielle. Il n*est pas possible d'en établir le diagnostic pendant la vie , et de la distinguer, par exemple, du ramollissement.

DE l'atrophie du COEUR.

L'atrophie du cœur consiste dans une diminution du volume et du poids del'organo. Pour bien apprécier c^tte lésion, il faut se rappeler exactement quelles sont les dimensions normales du cœur aux différentes périodes de la vie (voir pages 171 etsuiv.). M. Bouillaud a distingué trois sortes d'atrophie. Il nomme simple ceWe dans laquelle il y a amincissement des parois, par conséquent diminution du volume, mais sans changenient notable de leur capacité: Dans la deuxième forme, qu'il compare à l'hypertrophie excentrique, il y a 5 la fois diminution d'épaisseur des prois, agrandissement des cavités, volume plus considérable ; mais le poids est moindre : c'est Y atrophie avec dilatation. Enfin, dans la troisième forme, dite atrophie avec contraction, l'épaisseur des parois est égale ou même supérieure h celle de l'état normal; mais la capacité des cavités est diminuée, et le poids est moins considérable. L'atrophie peut être partielle ou générale ; dans ce dernier cas, le cœur peut perdre un tiers ou même la moitié de son volume et de son poids normal : ainsi Burns a trouvé chez un adulte un cœur qui n'excédait pas en Volume celui d'un enfant nouveau-né. Dans ce cas, l'organe est flasque, mou, flétri, et c'est avec raison que Laênnec le compare alors à une pomme ridée.

Symptômes. — Les symptômes de l'atrophie ont été peut-être tracés bien plus d'après de simples inductions que par suite de l'analyse exacte des faits. Quoi qu'il en soit, on regarde comme appartenant à cette lésion une diminution dans retendue de la matité, des battements de cœur petits et faibles, l'absence d'impulsion, l'afiaiblissement extrême des bruits du cœur, qui sont lents et réguliers; enGn le poub serait, d'après M. Bouillaud, petit, mince, étroit, mais assez dur et résistant dans l'atrophie concentrique, tandis qu'il serait mou, faible et assez large dans l'atrophie excentrique. De tous ces signes, il n'y a guère que ceux fournis par la percussion qui aient de la valeur; mais pour arriver, dans le cas d'airoçVm àiiâ cœur, ï limiter exactement ïorgane, il faat, ainsi que le conseille M. Piott^.i^t-

catcravcc force pour dcconvrir le cœur, qui est souvent recouvert par une lame de poumon.

Causes, — L^atropliic du cœur est le plus souvent consécutive ii des maladies graves qui ont profondément altéré la nutrition générale ; c*est ainsi que cette lésiou est commune chez les ))hthisiques et les cancéreux. On dit l'avoir vue se pro* duire chez des sujets soumis pendant longtemps à des causes débilitantes, et surtout à la méthode de Yalsalva. D'autres fois l'atrophie tient à des causes toutes locales : c'est ainsi qu'elle peut résulter de la cx)mpressiou qu'exerce sur le cœur un épanchen>ent considérable formé dans le péricarde. On a attribué le même effet aux cétrécissemenls des vaisseaux coronaires.

Traitement. — Le traitement de l'atrophie varie suivant les causes qui ont produit cette altération. Presque toujours il conviendra de donner aux malades les toniques, les ferrugineux, les analeptiques.

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