DU RAMOLLISSEMENT DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
La moelle épinière peut être affectée d'un ramollissement identique avec celui du cerveau ; comme pour ce dernier cas on doit en distinguer deux espèces, qui sont le ramollissement aigu et le ramolli ssement chronique.
Anatamie pathologique. — Le ramollissement rachidien peut oiTrir toutes les variétés de consistance et de coloration que nous avons vues pour le cerveau. Ainsi b pulpe nerveuse peut être seulement plus molle ou bien avoir la consistance d'une g^lée, ou bien encore être tout à fait difiluente, presque fluide, ne conservant plus alors de trace de son organisation première. Le tissu altéré peut être, comme le cerveau, ramolli, rougeâtre, lie de vin, marron, jaune, gris, ou tout à fait blanc. Cette dernière coloration est la plus commune. M. (ialmeil a même noté qu'elle existait dans les deux tiers des cas. Cette absence de toute rougeur ou de toute coloration jaune, indiquerait qu'il n'a existé à aucune époque de travail d'hypérémie.
Généralement borné à quelques centimètres d'étendue, le ramollissement peut envahir la presque totalité du cordon rachidien. Siégeant deux fois plus fréquemment dans la région dorsale que dans les régions lombaire et cervicale, qui sont à peu près également envahies, il peut affecter isolément la substance blanche ou la substance grise, être borné aux deux faisceaux antérieurs ou aux faisceaux j)ostérieurs, ou n'envahir même que l'un d'entre eux. Cependant ces faits sont rares ; presque toujours, en effet, la partie de la moelle qui est ramollie l'est dans toute sou épaisseur, bien qu'elle puisse l'être pourtant àdes degrés différents: ainsi M. Longet, avant analysé près de trois cent soixante observations de maladies de la moelle, déclare n'avoir pu en rassembler que quelques-unes, dans lesquelles la lésion était exactement limitée, soit aux racines antérieures, soit aux racines postérieures.
Comme nous l'avons noté |)our le cerveau, la partie ramollie parait tuméfiée; mais les membranes d'enveloppe sont ici plus rarement affectées d'inflammation dans les points correspondants, que cela n'a lieu dans le ramollissement cérébral. La méningite rachidicnne n'existerait guère, en effet, que sur un douzième des individus, d'aprirs M. Calmeil.
On dit que, dans les ramollissements anciens de la moelle, les organes intérieurs, animés par le grand sympathique, sont parfois atrophiés d'une manière sensible. C'est Qiim fut à vérifier.
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Symptimes, marche. — Dans sa [forme la plus aiguë, îé râhibttisseiiàëDt^ la moelle, de même que celui du ceneau, peut déterroihei* instantanément dés symptômes de paralysie : c*est ainsi qu*on a vu des individus devenir tout à coup paraplégiques, ou même présenter à la fois une paralysie des quatre membres, du rectum et de la vessie, par suite d*un ramollissement survenu brusquement à une hauteur plus ou moins grande delà moelle. Dans ces cas, rares d^aillenrs chez Thomme, ihais qui ont été plus souvent observés chez les chevaux, on voit la paralysie reihonter rapidement et>euvahir bientôt les muscles respiratoires : aussi la plupart de ces malades succombent en trois, quatre ou cinq jours, et quelques-uiis mêine au bout de huit à douze heures.
Cependant le plus ordinairement le ramollissement a une invasion moins proinpte et surtout une marche moins rapide. Ainsi, après avoir éprouvé de Tengoùrdissement et des fourmillements, une sensation de froid dans un ou plusieurs membres, et presque toujours dans les deux membres pelviens, ces parties deviennent bientôt plus faibles ; la sensibilité y est obtuse. La paralysie du sentiment et du mouvement devient complète, tantôt brusquement, le plus souvent graduellement II est beaucoup plus rare de voir ces parties être agitées de secousses convulsives, de roidëbr, de contracture ; ces accidents d'ailleurs semblent se lier plutôt à une complication d'arachnitis spinale qu*au ramollissement lui-même. En même temps les évacuations alvincs se font involontairement, il y a incontinence ou rétention d* urine; ëhBn, au bout de quelques jours ou de quelques semaines au plus tard, la mort slirvient. Dans quelques cas plus rares, Faltération se bornant et n'àffectaiit qu'un jibint peu élevé de la région dorsale ou lombaire, on voit la maladie se prolonger ihdéûnimeiit et passer à i^état chronique.
Le ramollissement de la moelle a, dans la plupart des cas, tme marche chronique: ainsi les prodromes ont ordinairement une longue durée, comme plusieurs semaines ou plusieurs mois ; on voit les malades se plaindre de fourmillements, dé crampes, de froid dans les membres : ces sensations se dissipent souvent après un exercice modéré. D*autres se fatiguent plus vite ; quelques-uns sont pris de teirip^ en temps de rétention d'urine ou de constipation opiniâtre; ou bien, au contraire, ils rendent ihvdlontaireinent les fèces et les urines, presque en même temps que le besoin de les etcréter se fait sentir. Chez quelques hommes, le début du ramollissement est marqué par l'inertie des orgàiies génitaux; cet accident peut constituer, pendant des mois ou des années entières, le seul symptôme apparent de la maladie. Chez d'autres, c'est l'évacuation des gaz intestinaux, qui s'échappent malgré la volonté et les efforts que les malades font pour les retenir, qui fixe l'attention ; quelquefois même les vents sont rendus sans que les malades en aient la moindre conscience. Enfin il est des individus chez lesquels les premiers symptômes consistent en des douleurs plus ou moins vives dans les aines, dans les parois du ventre, de la poitrine, et dans les membres pelviens.
Cependant, au bout d'un temps plus ou moins long, la motilité diminue dans les extrémités inférieures ; ces parties sont agitées de tremblement ; les malades marchent difficilement et bientôt ils ne peuvent plus le faire qu'à l'aide d'un appui ; leurs jambes enfin finissent tôt ou tard par ne pouvoir plus supporter le poids du corps; elles sont incapables même de toute espèce de mouvement, car tantôt ellos sont en résolution, et tantôt dans un état fréquent ou permanent de roideur et de contracture ; les malades sont alors condamnés à un repos absolu. La sensibilité, quoique obtuse, est néanmoins rarement éteinte dans ces cas, excepté à la dernière époque ; elle l'est moins fréquemment que dans la myélite. Les malades éprouvent en outre