EMPOISONNEMENT PAR L*AG1UE OXALIQUE
2iou%eut l« rejet des fausses membranes est suivi d'une augmentation des douleurs, surtout pendant Tingestion des l)oi8sons, comme si la muqueuse, cessant d*ôlre protégée par la production morbide, supportait plus difficilement le contact des corps étrangers. Beaucoup de ces malades, ne pouvant rien digérer, finissent par succomber dans un état de marasme ; d'autres se rétablissent : mais leur conva fescence est longue et pénible; beaucoup sont sujets , pour le restant de leur vie, à divers dérangements des organes digestifs , tels qu'indigestions fréquentes , dyspepsie, gastralgie, etc.
Les acides sulfurique et azotique peuvent être absorbés, mais on n'observe en fénéral aucun accident qu'on puisse rapporter à cette absorption. Dans un cas, pourtant, j'ai vu survenir une coagulation subite du sang dans une des artères cruraJes. Mais cette coagulation était-elle réellement l'eiïet de l'absorption de l'acide? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer.
Ùiagnottic. — Aux signes précédents, aidé d'ailleurs de l'inspeclion de là bouche et des commémoratifs, on ne saurait méconnaître l'empoisonnement par un acide concentré. La déclaration du malade, et à son défaut l'analyse chimique, sont Muvent nécessaires pour connaître la nature de l'acide qui a été ingéré.
Pronostic. «- Le pronostic est d'autant plus grave que le poison a été avalé en plus grande abondance, que l'estomac contenait moins d'aliments ou de boissons. Toutes choses égales d'ailleurs, l'empoisonnement volontaire est plus grave que celui qui a lieu par mégarde, car dans le premier la quantité de poison ingérée est presque toujours plus considérable.
Traitement. — Si le poison pris en petite quantité n'a agi que sur la bouche et le pharynx, il faut se borner à combattre l'inflammation qu'il y a produite. Si l'acide a été pris à forte dose, et si, appelé peu après l'accident, on suppose qu'U y en a eocore une certaine portion de libre dans l'estomac, on se hâtera de la neutraliser en faisant boire la plus grande quantité possible d'eau, dans laquelle on délaie de la magnésie décarbonatée; ou bien on administrera une solution aqueuse affaiblie de carbonate de potasse, ou bien encore une solution aqueuse de savon. £nûn si l'on n'avait aucune de ces substances, on gorgerait le malade d'eau tiède, dans le but d'étendre le poison. Il faut suivre cette conduite pendant les premières heures ; car s'il est vrai que les acides concentrés agissent instantanément, il n'en est pas moins démontré par l'observation que l'action caustique se continue pendant p|i|sieurs heures jusqu'à la combinaison ou à la décomposition totale de l'acide : c'est ce que Tartra a parfaitement établi. Dans les cas où quelques heures se sont écoulées depuis l'ingestin de l'acide, si surtout il y a eu des vomissements abondants, l'emploi de l'antidote serait phitôl nuisible qu*utile. Il faut alors n'employer que les boissons douces, émollientes, et combattre par des saignées générales ou locales, par des bains, |)ar des lotions, par des fermentations émollientes et par la diète, i'iolbmmation qui existe.
EMPOISO!ir>EMENT PAR LES ACIDES QUI AGISSENT A LA FOIS COMME CAUSTIQUES SLB LES POINTS DE CONTACT ET PAB ABSORPTION SUR LES ORGANES ÉLOIGNES.
Vous avons rangé trois acides dans cette section: ce sont les acides oxalique^ fwté^nieux et arsênique.
XoBpoîfoiuienieBt par Paeide oxaliqae.
L'ackk oialiqne, commeJ'oo/ /Mxm^éleg rechercha de Ciiristiaon et de Goini^
s DES EMI'OISONÎSEMEMS.
produit^ loi-squ'il est concentré, rinflammation, la corrosioi^ cela dissolution gela* tincusc des membranes de l'estomac. Si l'acide est plus étendu, ce viscère peut rester intact ; mais les poumons {)résentent alors presque toujours des taches d'un rouge vif.
Pendant la vie, il y a une douleur brûlante à l'estomac, des vomissements foncés et même sanguinolents ; le pouls est d'une faiblesse extrême, quelquefois tout à fait insensible; une sueur glaciale inonde le corps; les ongles sont livides; quelques malades se plaignent d'engourdissement et de fourmillement aux extrémités ; d'autres sont paralysés ou ont des convulsions. EnGn, la mort arrive au bout d'un temps fort court, c'est-à-dire en une heure et même en quelques minutes.
En résumé, on voit que l'acide oxalique étendu d'eau est absorbé, et qu'il porte son influence délétère sur la moelle épinière, et secondairement sur le cœur. Les individus succombent tantôt asphyxiés, tantôt dans un état de syncope. Quoique l'acide oxalique soit manifestement absorbé, cependant l'analyse chimique n'a pu encore le faire découvrir dans aucun des liquides ou des organes de l'économie.
- Le traitement est le même que pour l'empoisonnement par les autres acides. (Voir plus haut, p. 7.)
Znapoisonnement par l'aeîde arsémemc.
Lésions cadavériques. — ËtmuUer, Chaussier, Marc, Missa, Orfila, etc. , parlent.d'individus qui , ayant succombé à l'empoisonnement par l'acide arsénieux, n'ont présenté à l'autopsie aucune trace d'inflammation ou de gangrène du côté des Gitanes digestifs; d'autres fois l'inflammation était extrêmement légère. Les cas dont je parle sont fort rares ; presque toujours, en effet, les empoisonnés par l'acide arsénieux ont la face interne de l'estomac rouge, ecchymosée, ulcérée ; "plus souvent encore on y remarque des escarres grisâtres et dures. Ces altérations peuvent aussi se rencontrer dans l'intestin, et plus rarement dans la portion susdiaphragmatique des organes digestifs. Enfin, dans l'intestin existent quelquefois encore de fausses membranes et de petits grains blanchâtres qui sont comme incrustés dans la muqueuse, et qui paraissent n'être antre chose que de la graisse combinée avec de l'albumine. Observons cependant que ces productions ne sont pas tout à fait spéciales aux sujets empoisonnés par l'arsenic.
Les poumons et le cœur sont ordinairement gorgés de sang. Celui-ci est généralement noir, liquide, visqueux : il contient de l'acide arsénieux. Le poison se retrouve encore en nature dans les principaux organes, surtout dans les organes sécréteurs et dans ceux qui sont très vasculaires, comme l'ont démontré, il y a peu d'années , les belles expériences d'Orûla. L'acide arsénieux est donc absorbé ; le mélange de ce poison avec le sang a souvent pour résultat d'empêcher la coagu* lation de ce liquide.
Symptômes, marche. — Les individus qui avalent de l'acide arsénieux n'éprouvent pas de saveur très désagréable ; celle-ci est parfois légèrement sucrée ou styptique. Cependant, lorsque le poison reste |)endant longtemps en contact avec l'intérieur de la bouche et de la gorge, l'individu ressent dans ces parties une chaleur ardente ; bientôt l'épigastre est le siège de douleurs déchirantes ; il y a une soif vive, des nausées, des vomissements acres, brûlants, sanguinolents, des coliques avec météorisme ou rétraction du ventre, et bientôt suivies de selles noires, fétides et sanglantes. A ces symptômes locaux succèdent des symptômes généraux résul-
EMPOISONNEMENT PAB L'aCIDE AllbÉNlEUX. 9
me de troubles porem3iit sympathiques, et plus encore de l'iiifluence que le poison absorbé va exercer sur des viscères importants.
Ainsi le pools, d'abord plus développé sous Tinfluence de la phlegmasie gastrointestioale, devient bientôt inégal, intermittent et insensible; les battements da cflrarsoot petits, tomuitueux; les malades éprouvent despalpitations, des syn* oopes, UD état d'oppression des plus pénibles; ils ont un crachotement continuel de salive épaisse ou de mucosités sanguinolentes ; la face est injectée, livide ; les yeox sDOt caves, bordés de noir; la peau, froide, est couverte d'ecchymoses et d'une ^aeor visqueuse; les urines sont en général rares, mais non pas entièrement supprimées : c'est ce que prouvent les expériences faites il y a peu d'années à Alfort par M. Delafond, et qui sont exposées dans un travail publié par ce professeur dans le XI' volume des Mémoires de V Académie de médecine. Orûla, en outre, a établi que dans la première période de la maladie le liquide urinaire contient de l'acide arsénieux. Les malades sont agités; la plupart accusent de la cephalalgie; quelques-uns ont des convulsions partielles ou générales ; d'autres sont * paralysés d'un ou plusieurs membres ; enûn, il en est qui ont du délire ou du coma, tandis que d'autres conservent jusqu'à la fm l'intégrité de leurs facultés intellectuelles. Cet état persiste pendant un, deux ou trois jours, puis la mort arrive au milieu de convulsions effrayantes, ou bien dans un état de syncope; cet accident est quelquefois le symptôme prédominant Lorsqu'en effet la quantité de poison ingéré est très considérable, les malades sont comme foudroyés; leur Ggure et leur corps, refroidis et cyanoses, ressemblent alors à ceux des cholériques ; la dyspnée est extrême, et la mort arrive peu d'heures après l'accident, dans un état d'affaisseoient et de syncope.
Quelques individus pourtant, mais en très petit nombre, guérissent. La chaleur revient alors, le pouls se relève, tous les accidents se calment; mais la guérison complète n'arrive qu'au bout d'un temps fort long. Il est même des individus qui conservent, pendant des mois ou des années entières, des roideurs, des paralysies partielles ou un tremblement, etc.
D'après ce qui précède, on voit que l'acide arsénieux est un des poisons les plus énergiques du règne minéral : 6 milligrammes pris par un adulte suffisent parfois pour produire de légers accidents; de 1 à 3 centigrammes il y a souvent des symptômes d'empoisonnement, et à la dose de 5 à 10 centigrammes il peut occasionner la mort. L'acide arsénieux tue par l'action caustique qu'il exerce sur les organes digestifs, et plus encore par l'influence spéciale qu'il a sur le cœur et sur le système nerveux.
Traitement. — Les sulfures alcalins, le charbon et l'eau de chaux, regardés comme antidotes de l'acide arsénieux, ne méritent aucune confiance; il n'en est pas de même du sesquioxyde de fer hydraté, qui jouit de la propriété de décomposer la préparation arsenicale, en fonoant avec elle un arsénite de fer qui n'est point vénéneux. MM. Nonat, Deville et Sandras ont conseillé de préférer le sesquioxyde de fer hydraté sec : ils proposent de donner 16 grammes de cette substance poîir 5 centigrammes d'acide arsénieux que l'on voudrait neutraliser. U faut, en eiièt« que la préparation ferrugineuse soit toujours en excès, de peur que les acides fc l'estomac, en décomposant l'arsénite de fer récemment formé, ne remettent Ticide arsénieux en liberté, ce qui produirait de nouveaux accidents d'empoisonnéaeoL Si Ton n'avait pas d'hydrate de peroxyde de fer, on pourrait recourir, ainsi fK le conseille M. Boucbardat, au safran de mars apéritif, qui réussit assez b\eii« à one dose six fois plus coDôdérable que celle de i'ijydrate de fer. Dans coa
40 > DES EMPOIâONNEUENTS.
derniers temps M. Bussy a proposé, comme antidote de l'acide arsénieux, la ma* gnésie, qui forme avec la substance toxique une combinaison insoluble (1).
En résumé, iorsqn*on est appelé prèsd*un individu qui vient d*avaler de Tacide arsénieux, il faut provoquer le vomissement ))nr la titillation de la luette, et donner chaque fois à plusieurs reprises, et à de courts intervalles, /i à 6 grammes de sesqui-» oxyde de fer hydraté sec ou de la magnésie, ou, comme le veut M. Bouchardat, on donnera simultanément les deux contre-poisoos en grande quantité. Si Ton est appelé l^usleurs heures après l'ingestion du ))otson, et lorsque celui-ci est déjà dans l'in^ testin, on devra encore administrer l'antidote, et donner de plus quelques cuillerées d'huile de ricin et des lavements laxatifs pour activer l'expnbion de l'agent toxique.
Lorsque, par suite des évacuations nombreuses qui ont eu lieu, et par le temps écoulé depuis l'accident, on juge qu'il n'existe plus de poison dans les voies diges-* tives, il faut s'étudier à combattre les symptômes prédominants ; ainsi, lorsqu'il y a réaction vive, lorsque le pouls est ample et dur, il ne faut pas hésiter à tirer du sang; si, au contraire, les malades tombent dans le collapsus, il faut les ranimer par les frictions excitantes, par les sinapismes, les vésicatoires, et l'administration à l'intérieur des cordiaux et des toniques, sauf k revenir plus tard aux antiphlo*? gistiques si la réaction devenait trop vive. Les expériences d'Orflla ayant démontré que le rein était le principal émonctoire par lequel 9*échappe l'acide arsénieox absorbé , il faudra essayer de l'oxpulser aussi par cette voie en administrant des boissons diurétiques.
Ce que je viens de dire de l'acide arsénieux s'applique aux autres préparations d'arsenic, comme les sulfures, Tacidearsénique, les arsénites de potasse, de soude, de cuivre, la teinture de Fowler, etc.
EMPOISONNEMENT PAR LES klCKLl^ El LEURS COMPOSÉS.
Ifésions cadavériques, — La potasse, la soude, la chaux, la baryte, l'ammoniaque, le chlorhydrate d'ammoniaque et le foie de soufre , enflamment , ramollissent , ulcèrent et perforent les parois de l'estomac. La potasse est un des poisons qui produisent le plus souvent celte dernière altération. Plusieurs de ces substances, spécialement la potasse, la soude, Teau de Javelle (chlorure de potasse et de soude), l'ammoniaque et son scsquicarbonate, ainsi que le foie de soufre, sont absorbées et l'on peut en constater l'existence dans divers organes.
Symptômes, — Dans l'empoisonnement par les alcalis, les malades accusent une saveur urineuse, caustique, et une chaleur acre dans la bouche; ils ont des douleurs vives,, atroces, dans le ventre; ils vomissent des matières sanguinolentes qui rétablissent la couleur bleue du papier de tournesol et qui ne font pas eiïervesccnce sur le carreau. £n même temps la face est profondément altérée, la peau est froide, le pouls misérable ; enfin la mort arrive souvent au milieu des convulsions.
Les symptômes se modifient suivant l'espèce d'alcali qui a été ingéré: ainsi la baryte et ses composés, indépendamment des accidents locaux susdépommés, produisent la suspension momentanée de la respiration ; ils déterminent des paralysies partielles, et un état d'immobilité et d*insensibilité, préludes de la mort. Si c*cst le foie de soufre, le malade exhale par la bouche une odeur d'œufs pourris ; car ce poison étant décomposé par les acides contenus dans l'estomac, il se dégage alors du gaz acide sulfbydrique ( hydrogène sulfuré ), tandis que du soufre se dépose sur
(i) Il faut éviter d'employer la magnésie trop fortement calcinée, car son effet est presqne oai; on âo)t préférer la magnésie hydratée.
EUPOISOMNEJJENT PAH LES PHKPARATIONS ANTIMONIALES. 11
h membmie moqaeage. Dans quelques cas, la quantité d'acide sulfhydrique produit est telle, que la mort est presque immédiate : le plus souvent pourtant celle-ci a*arrife qu'au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures.
L*aioUte de potasse, rois à tort parmi les poisons caustiques, n'exerce, en eiïet, qu'ose action irritante modérée sur les organes digestifs. iMais il produit surtout, oonaécotiTemcot à son abiorption, une stupéfaction générale caractérisée par des Kpocfayaûe», par des vertiges, par un refroidissement général , et par la lenteur du poalib II a souvent suffi de 12 à 1 3 grammes de nitre pour provoquer ces accidents» qui ODt en fréquemment une issue funeste.
Traitement. — Dans l'empoisonnement par la potasse , par la soude , par la chaux, par l'ammoniaque et par son sesquicarbonate , il faut, d'après le conseil d'Orfiia , administrer du vinaigre étendu de deux tiers ou de trois quarts d'eau» Pour l'eau de Javelle , on iivorise les vomissements à l'aide des boissons mucila» ginfnses et albumineuses , et l'on calme ensuite l'inflammation gastro*iotestinalc par les moyens usités en pareil cas.
La bar\'te et ses composés seront neutralisés par les sulfates solubles (sulfatesde sonde, de magnésie, par exemple).
DÊtÈê Tempoisonnement par le foie de soufre , on donnera une grande quantité d*eaii tiède. M. Devergie veut qu'on prescrive une cuillerée de chlore liquide. Il est inalile de dire qu'il ne faut jamais donner d'acide, pour ne pas faire dégager l'acide salfhydrique.
Il n'y a aucun antidote pour le chlorhydrate d'ammoniaque , pour l'alun et pour Toxalate de potasse. On se bornera donc à faire vomir les malades; puis on com-> battra les symptômes inflammatoires par les antiphlogistiques , et Téréthisme nerveux par les opiacés.
Quant aux accidents graves d'hyposthénisation déterminés par le nitre, on aura recours, pour les conjurer, aux stimulants, à l'alcool , à l'éther, au café.
EMPOISOMREMENT PAR LES PRÉPARATIONS ANTIMONIALES.
Parmi les préparations d'antimoine qui peuvent occasionner l'empoisonnement, nous citerons surtout l'émétique, le beurre d'antimoine, le soufre doré, etc. Ma» il sera surtout question ici de l'empoisonnement par Témétique , car c'est k peu prvs le seul qu'on observe dans la pratique.
Lémom cadavériques. — L'émétique enflamme la membrane muqueuse gastrointestinale ; il y détermine de la rougeur» des ecchymoses , une éruption boutonneuse , suivie parfois d'ulcérations et de gangrène partielle. Il paraît aussi que les poumons sont plus ou moins altérés ; le plus souvent ils sont seulement engoués, ou bien on les trouve hépatisés ou splénisés dans une partie de leur étendue (Magendie et Orfila). Ainsi l'émétique agit comme irritant sur la surface de contact, et il exerce ensuite une action sur les poumons, consécutivement à son absorption.
Symptômes, marche, — Dans l'empoisonnement par l'émétique, les malades éprouvent un goût métallique , austère , de la cardialgie , des vomissements , des coliques, du météorisme, des selles copieuses. Le |X)ùls est petit, concentré, la (ace altérée , la peau froide. Bientôt la respiration est difficile, anxieuse ; il y a des fcniges, des crampes, des convulsions, des syncopes, puis enfin la mort survient.
La dose k laquelle l'émétique détermine des accidents toxiques varie surtout , nivant que l'individu est bien portant ou suivent qu'il est affecté de qu^qa^^ pUegmasie grave : c'est aiagi que 25 oa 30 ceatignmmeB d'émétique pournmi
12 DES EMFOJSUMNEMEMS.
occasionner les troubles les plus graves chez les preniiei's, tandis que chez les seconds le médicament sera le plus souvent parfaitement toléré , lors même que la dose serait trois, quatre, cinq ou six fois plus considérable. C'est un des faits thé* rapeutiques les plus importants , dont la découverte est due à Rasori, et qui a servi à ce médecin à fonder sa théorie du contre-stimulisme. Cependant on a vu à la clinique de Rasori et ailleurs des individus périr rapidement, parce qu'on avait porté le remède contre-stimulau ta des doses trop considérables. Chose remarquable! dans la plupart de ces cas il n'y eut ni vomissements ni selles; mais les malades présentèrent tout à coup une petitesse extrême du pouls et le refroidissement du corps; ils étaient pâles , immobiles; ils avaient le faciès altéré, hippocratique ; ils éprouvaient des défaillances, et succombaient dans un état de collapsus. A l'ouverture des cadavres , on ne trouvait, ni dans l'estomac ni dans les poumons, aucune des lésions que nous avons vu l'émétique prodtdre lorsqu'il est ingéré par un individu qui est atteint d'une diathèse inflammatoire. L'école italienne dit alors que le tartre stibié a agi comme hyposthénisant , ou en produisant l'épuisement des forces vitales.
Traitement, — Lorsque le sujet empoisonné par l'émétique ne vomit pas, il faut provoquer les vomissements par la titillation de la luette, et se hâter d'administrer une forte décoction de noix de galle ou de quinquina jaune à la température de 30 à UO degrés. A défaut de ces substances, on donnera l'infusion de thé, les décoctions des racines , des écorces et des bois astringents (chêne, marronnier, bistorte, etc.), car le tannin qu'elles renferment a la propriété déformer avec l'émétique un composé insoluble.
S'il existe des vomissements abondants et des selles continuelles , qui épuisent les malades, ou tâchera de les calmer en administrant quelques boissons froides aigrelettes , des eaux gazeuses , et surtout l'opium, par la bouche ou en lavement; puis ou calmera l'inflammation occasionnée par l'émétique.
Quand le tartre stibié administré à haute dose pour combattre certaines phlegmasies détermine l'état de collapsus que j'ai précédemment fait connaître, il faut se hâter d'administrer à l'intérieur le vin, l'alcool, l'éther ; on fera aussi des frictions excitantes , pour réveiller l'innervation. Les médecins italiens conseillent encore l'opium ; mais ce médicament ne nous parait indiqué que lorsqu'il existe en même temps des selles et des vomissements très abondants , qu'on a intérêt à calmer au plus tôt , pour ne pas aggraver la débilité du sujet.
M. Caventou a prouvé que la noix de galle ou tout autre astringent végétal était encore le seul antidote de l'empoisonnement par Vémétine.