DE L^ GANGRÈNE DU PHARYNX
La gangrène du pharynx, qae les anciens croyaient si commune, est une affection extrêmement rare. Nous avons dit déjà que Ferreur de nos devanciers provenait de ce qu'ils avaient pris pour des eschares les fausses membranes, souvent colorées en noir par du sang , et qui sont le caractère de Tangioe diphthéritique. Néanmoins la gangrène du pharynx est une affection réelle, quoique extrêmement rare , et sur laquelle les auteurs du Compendium , et plus récemment MM. Rilliiet et Barthez, ont de nouveau appelé Tattention.
Affection presque toujours consécutive, comme la gangrène de la bouche, on ne Tobserve guère que chez les enfants pauvres, spécialement au-dessous de Tâge de six ans , et parliculièrement chez ceux qui sont convalescents d*une fièvre éruplive. La gangrène du pharynx est circonscrite ou diffuse : la première occupe surtout la partie inférieure de ce conduit, et est souvent méconnue pendant la vie ; la seconde peut envahir le pharynx, les amygdales et le voile du palais. Dans ce dernier cas, les parties affectées sont noirâtres, livides, grisâtres, ramollies; elles exhalent Todeur fétide de la gangrène, et les eschares en se détachant laissent à ntt une perte de substance plus ou moins étendue. Lorsque la gangrène est circonscrite à la partie antérieure du pharynx, au point de jonction de ce conduit avec Toesophage , il est difficile de la diagnostiquer, car la lésion n'est pas accessible k la vue , et l'odeur gangreneuse de l'haleine pourrait tout aussi bien indiquer une gangrène du poumon. Il n'y a d'ailleurs aucun signe local capable d'éclairer le diagnostic ; en effet, on n'observe communément ni mal de gorge, ni dysphagie, ni engoi^ements sous-maxillaires. Mais l'erreur de diagnostic n'a pas ici grande importance, attendu que tous les malades succombent, soit à cause de la gangrène, soit surtout par la maladie qu'elle est venue compliquer. Le développement de la gangrène du pharynx coïncide toujours avec une aggravation des symptômes généraux. Si la gangrène est accessible, elle fournit les mômes indications que ceUe de b bouche , c'est-à-dire qu'on cherchera à la limiter par la cautérisation; puis ou emploiera les applications et les lotions avec les chlorures, le quinquina, l'alun, etc.