‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 85 sur 265 · DE LA GANGRÈNE DE LA VULVL · texte numérisé non relu

DE LA GANGRÈNE DE LA VULVL

Le docteur Richter a encore appelé, il y a peu d'années, l'attention des médecins sur une espèce de gangrène qui atteint quelquefois les parties génitales externes des petites filles. Survenant presque toujours consécutivement à une autre maladie, elle s'annonce ordinairement par une douleur brûlante aux parties génitales ; puis on voit bientôt à la face interne des grandes ou des petites lèvres ane tache noire, circonscrite, insensible. Les parties voisines sont dures et engorgées jusqu'au mont de Vénus. Les jours suivants, les eschares gagnent les parties voisines, et s'étendent souvent jusqu'au périnée et à la commissure de la vulve : ces parties sont le siège d'une cuisson prurigineuse qui excite les malades à se gratter , et alors elles arrachent souvent des lambeaux de tissus sphacélés. Les symptômes généraux sont ceux qui accompagnent les gangrènes étendues. La plupart des enfants succombent. Cependant la gangrène peut se circonscrire ; mais lorsque les eschares se séparent , on découvre avec effroi des pertes de substance considérables, et qui néanmoins |)euvent encore se cicatriser rapidemeul^T t^i^prochemcnt et par le ûôrcloppc/nent des bourgeons charnus. Cbose remaiv^u^Vt^

on ne voit jamais, après de pareils désordres, de diiïorinilés bien grandes; Richter n'a jamais observé à la suite de cette affection d'adhérence des parois du vagin ; on en conçoit pourtant la possibilité. Il est inutile de dire que l'hymen est presque toujours détruit

Pour le traitement, ce sont les mêmes indications à suivre que dans la gangrène de la bouche.

toB li'UliCÉBATIOIli.

L'ulcération est une des altérations de nutrition les plus communes et que nous Ijivons déjà eu mainteç fois l'occasion de signaler. Elle est caractérisée par une solution de continuité qui se forme ordinairement spontanémeqt dans un tissu par suite de la résorption insolite ou par une sorte de gangrène moléculaire, et qui est entretenue par une cause locale ou générale.

L'ulcération affecte spécialement les tissus membraneux comme la peau et les muqueuses, mais tous, à l'exception de l'épiderme, des ongles et des poils, peuvent présenter ce mode de lésion. Les plus durs, comme les os, ceux qui ne renferment pas de vaisseaux ou qui en contiennent peu, comme la cornée et les cartilages diarthrodiaux, en sont souvent atteints comme le sont les tissus les plus mous et ceux qui sont le plus vascnlaires. Les produits accidentels eux-mêmes, comme l'encépJUiloîde et le squirrhe, s*ulcèrent aussi fréquemment.

L'ulcération s'établit ordinairement précédée et accompagnée d'un travail phlegmasique. C'est tantôt un abcès qui s'ouvre et dont l'ouverture s'agrandit, une pustule qui crève et au-dessous de laquelle la peau ou la muqueuse s'érodent Ailleurs il y a d*alK)rd eschare, et celle-ci , en se détachant, laisse à sa place une solution de continuité. L'inflammation qui est cause d'une ulcération n'offre souvent rien de spécial dans sa nature ni dans saiorme, elle semble agir seulement en excitant dans un point l'absorption interstitielle de manière à amener une solution de continuité. L'ulcération pourtant est un accident peu commun des inflammations franches; on peut même établir d'une manière générale que l'inflammation des tissus membraneux n'est guère suivie d'ulcération que dans les cas où elle présente quelque chose de spécifique dans sa nature , ou lorsque l'individu est sous l'influence de certaines diatbèscs , ou bien encore lorsqu'il existe une cause permanente d'inflammation , telle qu'un corps étranger qui presse sans cesse sur le même point Cette proposition, qui souffre de nombreuses exceptions pour la peau et pour quelques muqueuses accessibles, comme celles de la bouche, est vraie pour la plupart des muqueuses profondément placées. Ainsi nous avons d^à eu occasion de dire que la muqueuse des voies aériennes ne s'ulcérait guère que dans les cas de diathèse tuberculeuse, ou lorsque l'individu était affecté par le virus vénérien ou par le virus de la morve ; rien de plus rare non plus que les ulcérations simples de la muqueuse des voies digestives. Si l'on voit quelquefois des solutions de continuité de l'estomac se former dans le cours des phlegmasies chroniques, i\ n'en est plus de même de l'intestin grêle et du gros intestin, dont /? muqueuse ne s'alcèrc presque jamais duns \cs mtl^imu^lioiis franches, quelle

!>£ l'ulcération. 265

que soit d'aifleurs leur durée. Les ulcérations de rintcstin ue se rencontrent guère, en effet, à Tétataigu que dans la dysenterie épidémique et dans la fièvre typhoïde, et à Tétat chronique dans la phthisie tuberculeuse ; ces deux dernières aiïectioos, maïs la ^vre typhoïde >urtout, sont d'ailleurs remarquables par la tendance ex^ trèoM qi^'ont |a {plupart ^des tissus membraneux. à s*ulcérer: c*cst un fait qoi a été mis hors de doute par les recherches de M. Louis. Il est encore des ulcérations dont les unes succèdent à la chute d*eschares et d'autres à l'élimination d'un produit morbide, comme le pus ou la matière tuberculeuse ramollie; enfin l'ouverture aa dehors àe$ masses cancéreuses donne encore lieu à des ulcérations qui se présentent a¥ec des caractères particuliers* Ainsi, quoique dans la grande majorité des cas l'nkératioQ soit précédée de phénomènes inflammatoires, ou tout au moins de congestioat il est évident que la lésion n'est pas seulement le résultat de ce tnifail morbide, car on n'ulcère pas les tissus à volonté en les enflammant ; il n*y a en oatre aucun rapport entre le nombre et l'étendue des ulcérations et l'intensîté et la durée des phlegmasies ; il faut donc qu'indépendamment de celles-ci^ il eiiste quelques-unes des conditions spéciales que nous avons précédemment énoméréw.

Les ulcérations diffèrent beaucoup par leur nombre , leur étendue , leur confignration et l'aspect de leur surface; ces différentes circonstances peuvent môme, iadépendêHunent des commémoratifs et des symptômes concomitants , éclairer le médecin sur la cause qui les a produites ou qui les entretient. Parmi les ulcérations, les nnes sont encore remarquables })arce qu'elles s'étendent surtout en surCace, tandis que d'autres gagnent en profondeur : ces dernières , quand elles siègent sur des organes creux, peuvent finir par user, par détruire tous les tissus qui entrent dans la composition de leurs parois; celles-ci finissent enfin par être tout à fait perforées. Les progrès des ulcérations sont plus ou moins rapides; il en est qui détruisent de vastes surfaces dans le temps le plus court, tandis que d*aotres font des progrès presque insensibles, soit que cela dépende d'une disposition de l'individu ou bien de la nature du tissu. Tontes choses égales, d'ailleurs, les tissus 8*ulcèrent d'autant plus vite qu'ils sont plus yasculaires et d'une structure pins molle.

J*ai supposé, d'après Hunter, que l'ulcération résultait de l'absorption anormale des tissus. Avant cet illustre chirurgien on admettait plutôt une corrosion , une destruction des parties par des liquides Acres et irritants ; mais il est impossible de démontirer suivant quel mécanisme l'ulcération survient. Nous ne serions pas éloigné de rapprocher l'ulcération de la gangrène, ainsi que M. Vidal Ta fait. Ce dit nirglen distingué regarde l'ulcération comme une sorte de gaiigrène moléculaire ; les tissus, an lieu d'être absorbés, se ramolliraient et seraient ensuite éliminés d*ane manière insensible.

Noos avons cru nécessaire de présenter ici ces considéra tioas générales sur les ulcérations; mais nous ne poursuivrons pas plus loin l'étude de cette lésion, et surtout nous ne la considérerons point en particulier dans les principaux organes on tissus dans les((uels on la rencontre le plus comnmnément, ainsi que nous Tafons fait pour les autres altérations de nutrition ; nous croyons préférable de parler de l'ulcération en particulier à l'occasion des causes ou des diathèses dont eDe est presque toujours l'eirct.

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