‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 86 sur 265 · SEPTIÈME GENRE DE LÉSIONS DE NUTRITION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME GENRE DE LÉSIONS DE NUTRITION

;»U BËTBÉCISiSEMfiNt, BS li'OULITfiRATlOlV , BE LA BU^ATATlélV • BE LA PEBFOBJLTieiV ET BE LA RCPTCRB BES ORfiANES CBECX,

Dans cette septième section nous allons nous occuper de pluneurs états morbides qui sont ordinairement k conséquence de quelques-unes des lésions de nutrition que nous venons d*étudier. Quoique consécutives à diverses altérations, quoique constituant le plus souvent des états purement symptomatiques, nous ne devons pas moins les étudier à part ; car quelques-unes semblent parfois se produire d'une manière toute spontanée , et par suite d'une lésion spéciale et encore indéterminée dans la nutrition du tissu : c'est ce qui a lieu notamment pour certaines dilatations et perforations d*organes creux et de<x)nduîts. £n outre, quelle que soit la lésion spéciale dont les altérations que nous allons étudier sont la Conséquence, il est souvent impossible de reconnaître cette lésion pendant la vie, ou bien cette dernière a entièrement cessé, et alors les seuls symptômes qui existent sont ceux de Taltération consécutive;, celle-ci devient en outre la seule source des . indications thérapeutiques. C'est pour toutes ces raisons que nous devons étudier à part les rétrécissements et oblitérations, les dilatations , les perforations et les ruptures.

Déf rétrécistement et oblîlératîdas.

Le rétrécissement est une diminution plus ou moins considérable dans le calibre d'un oi^gane creux ; on dit qu'il y a occlusion ou oblitération lorsque la cavité est entièrement comblée.

Ce genre d'altération se rencontre surtout dans les conduits du corps humain; les réservoirs des liquidés en sont moins fréquemment atteints, l'obstruction d'ailleurs n'arrive presque jamais chez eux au point de produire une oblitération complète.

Quelques rétrécissements sont congénitaux, et dépendent alors pour b plupart d'un arrêt de développement. Cependant presque tous les rétrécissements se font postérieurement à la naissance. Leur cause la plus fréquente est l'épaississement des parois des conduits, dû tantôt à leur inflammation, tantôt à une simple perversion du mouvement nutritif qui a produit l'hypertrophie d'un ou plusieurs des éléments anatomiques qui entrent dans leur composition ; plus souvent encore l'augmentation d'épaisseur tient à la dégénérescence squirrbeuse de ces organes. Dans quelques cas, le rétrécissement est dû à un état d'atrophie des parois, qui sont revenues sur elles-mêmes. Ce retrait est parfois d'autant plus considérable que les tissus ont quelquefois changé de nature ; c'est ce qui a lien, par exemple, lorsque des conduits membraneux ou musculeux subissent, par suite d'une perversion de la nutrition, la transformation Gbreuse. Quelquefois les conduits se rétrécissent à la suite de pertes de substance ; la cicatrisation , qui ne peut se faire alors que par rapprochement, doit nécessairement amener une diminution dans le calibre du conduit; cette coarctation augmente même après la guérison complète , par suite du retrait de h cicatrice ou de sa transformation enrtissu fibreux. Enfin, l'ob-

DU RÉTRÊCISSEMEr^T DES ORIFICES DU COEUR. 265

stractioo àes canaux peut dépeindre de la présence d*on corps étranger quelconque engagé dans leur Cavité , bu de la pression qu'exerce sur eux une tumeur développée dans leur voisinage.

Le rétrécissement peut occuper une grande étendue du conduit ou bien être borné k un espace circonscrit : le premier cas se remarque surtout lorsque le rétrécissement congénital tient à un arrêt de développement ; le second est bien plus commun. Le rétrécissement affecté surtout leà points du conduit qui sont naturellement les moins laiges. Quelle que soit la cause organique qui existe , les dimensions des conduits et orifices naturels ne peuvent être diminuées sans qu'il en résulte un désordre [dus ou moin» grave dans les fonctions qui leur sont départies. Ces troubles peuvent ainsi réagir sur Téconomie entière , lorsque Tobstruction atjteint des organes essentiels à la vie, on lorsque celle-ci tient à une cause organique qui exerce par cAe-même une influence fâcheuse sur la nutrition : c'est ce qui an-ive , par exemple , lorsque le rétrécissement dépend d'une dégénérescence squirrheuse. Disons pourtant ici que, qtioique affectant un organe important , le rétrécissement pent néanmoins , dans quelques cas , ne produire aucun désordre grave dans l'économie. Ceci a lieu lorsque l'organe affecté peut être suppléé dans ses fonctioos par des organes congénères ou similaires : c'est ainsi qu'une bronche pot^irrait être oblitérée et l'hématose suspendue dans un poumon, sans qu'il en résultât un grand dommage pour l'individu. Nous verrons aussi qu'une artère principale, et que l'aorte même, peuvent être rétrécies, oblitérées dans une certaine étendue, et cda presque impunément, parla possibilité qu'a la circulation gênée ou interrompue dans ce point de se rétablir par les vaisseaux collatéraux.

Un des effets les plus constants dès rétrécissements est de produire la dilatation des conduits situés au-dessus de l'obstacle, ce qui s'explique parce que des matières solides, liquides ou gazeuses, qui ne peuvent plus franchir le point coarclé ou ne le franchissent que difficilement, s'accumulent au-dessus de lui. Au contraire, la portion du canal qui est placée au-dessous revient sur elle-même et présente une ampleur moins considérable. La dilatation mécanique qui se forme au-dessus de rendrait rétréci ou oblitéré est parfois excessive ; elle peut être portée au point d'entraîner la rupture du conduit ; plus souvent celui-ci s'enQamme, se ramollit, s'ulcère , se perfore, et les fluides qu'il contient arrivent aloi^s tantôt au dehors, tantôt ils s'épanchent dans une cavité , ou dans l'épaisseur des tissus qu'ils enflamment violemment, et qu'ils frappent souvent de mort lorsque le fluide épanché est, comme l'urine ou les matières fécales, doué de propriétés irritantes et surtout septiqnes.

Dans les rétrécissements et oblitérations des conduits, il faut chercher à détruire l'oiistacle ; si l'on ne peut y parvenir, on cherchera à le dilater. Enfin, s'il n'est pas po8silile de l'atteindre, on diminuera le plus qu'on pourra la masse de liquides destinée à traverser le point rétréci.

Da vétréeiM^ment da« orifices da eœar.

I..e8 valvules du cœur sont fréquemment le siège d'altérations diverses qui en augmentent l'épaisseur, en altèrent les formes, et font que les orifices sur lesquels elles sont placées se trouvent plus ou moins rétrécis.

Historique, — Signalées par les anatomo-pathologistes du dernier siècle, les lésions organiques des valvules ont été plus complètement étudiées &e^wS& \«& travaux de Gorvisart , et surtout depuis ceux de ta^nnec. No\is lucuûouu^tou^ Vâ^

comme ayant plus parfaitemeQt éclairé, dans ces derniers (emps, Thistoire anatoinique et symptomatiqne de la malaidie , les recherches remarquables à diiïérenls titres de MM. Bouillaud(l), Liitré (2), Bizot (3) , Forget {U), Fauvel (5), Briquet (6), Hope (7),

Anatomie pathologique. — On sait que les valvules sont constituées par un doiible feuillet de la membrane interne du cœur, séparé par une larpe de Ussu fibreux, dense, et qui a son maximun^d^épaisseurà la base et sur le bord libre des valvules. Les altérations, dont ces replis fibro- séreux sont fréquemment le siège, peuvent avoir leur point de départ sur l'un ou l'autre des deux éléments anatomiques qui les constituent Ainsi nous verrons que des végétations de formes diverses ( verru- <)ueuses et globuleuses), que des concrétions polypeuses peuvent s'organiser sur les valvules, et rétrécir plus ou moins les oriGces. Nous avons vu également que, dans réndocardite, il |)ouvait se former à la surface des valvules plusieurs autres espèces ^e concrétions: les unes albumino-fibrineuses, et qui ne sont autres que de fausses membranes analogues à celles du péricarde; les autres, complètement fibrineuses, sont produites par la coagulation du sang. Ces productions, qu'elles s'accompagnent ou non de l'épaississement de l'endocarde, ont toujours pour effet de rétrécir l'orifice du cœur sur lequel elles se sont développées. L'absorption interstitielle doit quelquefois les faire disparaître ; mais il est certain que, dans un l^and nombre de cas , elles résistent à ce travail physiologique, et ftnissent alors tôt ou tard par éprouver plusieurs transformations : c'est ainsi qu'elles passent à l'état fibreux , fibro-cartilagineux ou osseux. Toutefois les altérations organiques des valvules se dévclop|)ent le plus communément d'une manière différente , et indépendamment de tout travail inflammatoire appréciable. Presque toijyours aussi la maladie commence par la lame fibreuse , et très rarement par l'endocarde luimême.

La lésion la plus élémentaire des valvules, celle qui, le plus souvent même, n'apporte aucun trouble dans leurs fonctions, consiste dans un épaississeroent simple de leur tissu. C'est état provient rarement d'une lésion de l'endocarde squl ; mafc il dépend presque toujours de Tépaississement et d'une sorte d'hypertrophie de la lame fibreuse, altérations qui sont au moins deux fois plus communes à gauclie qu'à droite, et qui, rares avant la quinzième année, sont d'autant plus fréquentes que les individus sont plus âgés. Il est aussi remarquable qu'elles apparaissent plus tôt chez l'homme que chez la femme (Bizot). C'est dans ces mêmes conditions qu'on voit se développer sur les valvules aortiques, plus rarement sur la valvule mitrale, et presque jamais sur les valvules des cavités droites , ces petites taches jaunes subjacentes à l'endocarde que M. Bizot a décrites avec soin , qu'on retrouve sur toute l'étendue du système artériel, et qui , d'après cet habile observateur, sont le point de départ de la matière crétacée, qui finit par envahir plus tard une portion ou la totalité de la valvule. Enfin, pour terminer la liste des lésions qui ne troublent pas sensiblement le jeu des valvules, mais qui doivent rétrécir faiblement les orifices, nous citerons, toujours d'après M. Bizot, la formation, sur les tubercules d'Arantius, de petits corps demi-transparents, du volume d'un grain de millet à un grain de chènevis, d'abord albumineux, et qui finissent |)ar devenir plus tard

(1) Traité de» maladies du cttur. — (2) Dictionnaire de médecine, t. VI II, article Ca».— (3) Mémoire de la Société médicale d'obscrvalionf l. I. — (4) Gazette médicale^ année iS4à« >p; Archives de médecine, année 1843. — (6) Archives, année ib'ÔH, — (7) A treatise of the diâcûsés of tke heart.

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