DE T/EMPHYSÈME VÉSICULAIRE Ï)ES POUMONS
pliqno p!us souvent qu*oii.ne croit les tubermlos pulmonaires, et masque souvent pondant un temps fort long les signes physiques (pii révèlent sûrement l'existence de ces produits morbides : aussi est-on parfois plus éclaire .j)ar les signes rationnels que par les résultats de percjission et d'auscultation, qui en imposent aisément. C'est ainsi que dès hémoptysies antérieures, un amaigrissement que rien autre ne peut expliquer, des sueurs |)ariielles, un mouvement fébrile revenant le soir, une diarrhée continue ou sujette h de fréquents retoui's, parfois l'aphonie et Tintumescence douloureuse ou indolente du foie révéleront d'une manicie à peu près indubitable la présence des tubercules.
. I^ênoec croyait que Ton pouvait distinguer l'un de l'autre l'emphysème vésîcnlaire et reniphysème interlôbulaire ; mais nous avons dit dans le premier volume qu'on ne connaissait aucun signe propre à cette deruK're affection.
Los palpitations et rœdème sont deux suiiptômes qui font soupçonner la coihplicatibn de TemphysiMne aAcc une maladie du cœur. Os signes ont d'autant plus de valeur, que Tauscullaticm et la percussion ne fournissent le plus souvent que des résultats obscurs, en raison de raugmeulation du volume du poumon, qui, recouvrant la région précordiale et refoulant en avant la paroi thoracique, fait par Va que le cœur est situé à une plus grande profondeur et est moins accessible à nos moyens d*investigation.
Pronostic. — Quoique remphysème vésiculaire n*empèche pas quelques indiyidus de parcourir une assez longue carrière, il doit pourtant être considéré comme étant toujours ime infirmité incommode qui le pins souvent même abrège la vie des sujrts qu Vile affecte, et qui, comme nous l'avons vu, est suivie dans un gJîmd nombre de cas d'une affection organicpie du cœur. Aucun farl ne prouve (jue l'emphNs^*nie pulmonaire soit susceptible de guérison. On conçoit pourtant que les v'âcules puissent reprendre leur volume lorsque leur dilatation a été mécaniques eî k)rsc|iie celle-ci n'a pas duré assez longtenips (wur qu'elles aient perdu leur élasticité, ou |)our qu'elles aient été atteintes d'hypertro|)hie ou d'atrophie.
Cause», — I/emphysème pulmonaire est une maladie souvent héréditaire : c'est linsi que sur \ingt-huit emphysémateux obser> es par MM. Louis et Jackson, il y «1 a en dix-huit dont le père ou la mère avaient été atteints de la même affecti(ni. M. Piorry a aussi constaté l'Iiérédiié de la maladie. Dans les c^is où l'emphysème vésiculaire reconnaît une cause héréditaire, il coinmonce le plus souvent avant la ûngt-<leuxième année (Jackson); on à même rencontré des vésicules très dilatées i\\k'i. des enfants naissants.
On no sait rien encore de iK)sitif sur rintluence des différentes causes occasionnelles dans la pnKluction ch» l'euiplnsème : ainsi il n'est j)as prouvé (jue la maladie «nt plus connnune chez les individus exerçant une profession ([ui les force à faire de grands efforts respiratoires, ou chez ceux (|ui sont obligés de soulever des fardeaux. (*elte cause |)ourtanl semble assez probable; mais son acticm dans la production d(» l'emphNsème vésiculaire n'est ])as encore démontré(î, tandis que nous avonsprouvé ailleurs que reiiijdivsème intervésiculaire était souventla conséquence d'efforts violmt.s. La médecine vétérinaire nous en fournit d'ailleurs de très fréquents exemples.
I^ênnec a considéré h» catarrhe pulmonaire sec, celui dans lequel les malades rendent de jM'tits crachats très visqueux et perlés, comme étant la cause la plus dire<*to et la plus active de la dilatation des vésicules pidmonaires; il e\^\lUY^\ft d'uoo manière tmiie mécanique Je dév('io/)/)e/nenî de U lésion. 1\ v»\\\v\>vv^* , ^wc raison, queîfs téiku/cs se trouvant ohslnwes par un mucus \\sc\ucu\ cl Veii^te^
OÙ par le boursouflement de la muqueuse, Tah* qui y pâiètre pendant une forte inspiration ne peut plus en être expulsé pendant Texpiration; le fluide reste donc emprisonné dans les vésicules, qu'il doit finir par dilater. Le mémç eflet est produit par la bronchite capillaire qui, comme nous Tavons établi, détermine pécessàirement, qband elle est tréç étendue, un emphysème des parties antérieure et supérieure des poumons.
N'a-t-on pas cependant, un peu exagéré Timpôrtance du catarrhe pulmonaire dans la production de Temphysème? C'est ce que nous croyons et c'est aussi ce que M. Louis pense. On peut, en eiïet, objecter qu'il est difficile dans un grand nombre de cas d'emphysème de reconnaître l'exjstence d'un catarrhe pulmonaire antérieur; de plus, ainsi que l'obsenre M. Louis, le maximum de t'emphysènae a* lieu au bord tranchant du poumon et dans son voisinage, tandis que le catarrhe pulmonaire aigu intense a son siège primitif en arrière, en bas; enfin, la pneumonie, malgré le développement des vésicules qui l'accompagne, semble étrangère à la production de l'emphysème : c'est là un fait que nos recherches ont confirmé. On doit donc admettre que dans un grand nombre de cas la dilatation des vésicules et les autres altérations de leurs parois sont tout à fait spontanées , c'est-à-dire qu'elles se fodt sous l'influence de causes dont la nature nous est complètement inconnue. M. Andral professe la même opinion. Si la bronchite provoque quelque-* fois l'emphysème, ainsi que nous l'avons établi, c'est moins, comme le dit M. Gavarret, par l'obstruction des bronches qu'elle détermine, que par les efforts et par les quintes de toux qu'elle provoque. Ces deux circonstances pourtant doivent agir. Quoi quUl en soit, quand on étudie le rôle de la bronchite capillaire de l'emphysème, il faut bien distinguer la bronchite capillaire de l'inflammation des grosses bronches; la première a une action incontestable, tandis que la seconde a des effets incertains.
Les troubles du système nerveux exercent-ils quelque influence sur la production de la maladie? Nous le croyons sans pouvoir pourtant rien indiquei* de précis à cet égard. ]>lais Laënnec et M. Louis ont vu l'emphysème naître après une simple émotion mofrale, et M. Longet a prouvé que la section du nerf vague produisait l'emphysème en paralysant le tissu pulmonaire, dont les vésicules se laissent alors distendre par l'air.
Traitement, — Nous avons vu que l'emphysème devenait surtout incommode lorsqu'il se compliquait d'un catarrhe pulmonaire aigu; il faut donc tâcher de prévenir celui-ci par une hygiène convenable.
Lorsque la dyspnée est médiocre et la bronchite peu intense, on se bornera à l'emploi de quelques boissons pectorales et à conseiller le repos. Lorsque la dyspnée est plus incommode, lorsque surtout elle offre des cxacerbations , on ajoute aux moyens précédents quelques rubéfiants sur les membres inférieurs, et des révulsifs sur le tube digestif. Mais lorsque la respiration est très gênée, lorsque la face est injectée, bleuaire, lorsqu'enfin il y a des preuves que la circulation est gênée et que les poumons sont le siège d'une congestion, il faut pratiquer une ou plusieurs saignées. Cependant, nonobtant ces moyens énergiques, on voit souvent la dyspnée persister au même degré ; il est même d'observation que les émissions sanguines réussissent ici moins qu'on ne le supposerait à priori, La médication qui aintHie communément je soulagement le plus prompt, c'est l'emploi del'émétlque ou de l'ipécacnanha, Les vomitifs sont surtout indiqués lorsque la sécrétion bronchique est abondance, et lorsque les crachats sont difficilement expulsés. Dans ces cûs, çn opère souvent avec avantage une vive révulsion sur le thorax» à l'aide d'un