DES DILATATIONS DU COKUH
Ut'S laiige vââcatoire. L'emphysème aiïectaiit souvent des vioinards plus ou moins' affaiblis, il est indiqué de leur prescrire des boissons un peu stimulantes, aromatiques et toniques. Les balsamiques et les eaux sidfureuses eu boisson ont ici , comme dans la bronchite chronique simple, une application utile. On donne également avec avantage les bains de Bai cges, qui agissent à la fois, et comme modificateurs de la sécrétion bronchique par les vapeurs que les malades respirent, et comme excitant le système cutané. Inutile de rappeler ici que la complication de Temphysème avec une maladie du cœur pourra devenir la source d'indications noaveUes (Voy. les Maladies du cœur).
De tous les svmptômes qui accompagnent Temphysème, la dyspnée est le plus persistant et le plus incommode; mi le modère souvent par les sédatijs, par des stupéfiants et surtout par Topium. M. Louis a eu le mérite de mettre ce fait liors de doute, et il n'a guère trouvé d,e contradicteurs. 10 ou 15 centigrammes d'extrait gommenx suffisent le plus souvent : cependant, dans quelques cas rebeOe^, Prus D*a pas craint de pousser progressivement la dose jusqu'à 60 et même 80 centigrammes par jour; mais on comprend qu*une dose aussi considérable pourrait entraîner de graves inconvénients. L opium n'est pas le seul narcotique qu'on emploie en pareil cas : ainsi quelques médecins ont recours, dans les mêmes circonstances, à la belladone, mais ce médicament a paru moins utile. Enfin, très souvent, on fait fumer dans une pipe (.u en cigarette 2 à 8 grammes de feuilles sèches de stramonium. Les malades auront soin d'avaler ou plutôt d'inspirer une partie de la fumée.
Lorsqu'on a combattu le catarrhe et rendu la respiration plus fatile, il faut conseiller au malade un régime convenable, approprié aux forces, à la constitution. Dans rintenalle d^ accès, on évitera toutes les causes qui peuvent provociucr la koDchite ou apporter momentanément quelque trouble dans la respiration et la dmilation. M. Stokes a proposé, dans les cas où, toute complication ayant cessé, û ne reste plus qu'une dilatation des vésictiles, d'employer la strychnine à l'intérieur; il pense que ce médicament peut rendre au poumon le degré de contractXté et d'élasticité qu'il paraît avoir perdu. l\lais jusqu'à présent aucun fait n'a prouvé l'utilité du traitement conseillé par l'habile médecin irlandais.
Nature de la maladie, — L'emphysème est une maladie spéciale, essentiellement caractérisée par la dilatation des vésicules, dont les parois ont en outre subi di\'ers changements dans leur nutrition (atrophie, hypertrophie, destruction). Ces changements doivent rendre l'hématose plus diîïîcile : c'est ce cpii explique la dyspnée habituelle des malades et les aiïections oi-ganiqnes du cœur qui en sont si souvent la suite. Nous avons vu les circonstances qui augmentaient accidentellement la dyspnée et (lui la faisaient revenir par accès: or c'est en raison de la manière dont la dyspnée se présente que quelques personnels confondent encore Tasthme avec l'emphysème. iMais nous prouverons plus tard que ces deux affections, quoique pouvant exister ensemble, sont néanmoins essentiellement distinctes; car l'asthme est une névrose , et l'emphysème une lésion matérielle des ()oumons.
llef dilatations dtt eoor.
La dilatation du cœur est une maladie cpii consiste dans raugmentation de capacité d'ime ou de plusieurs des cavités de cet organe.
Divisions, — La dilatation peut porter sur les cavités ou sur les otificçs ^xjXament; dans ce dernier cas, iJ y a i/j5i//B.sance des valvules : nous cti «vow^ V'^'^^^
plus liaut (voy. Insuffisance). Qùaud la dilatation porte sur les cavités, elk peut coïncider avec une augnicnlaliou d'épaisseur des [)arois {hypertrophie avec dilatation, anévrysme actif de (lonisart) : c'est ce qui a lieu le plus souvent; d'autres fois, au contraire, les parois. sont amincies {dilatation avec amincissement ou anéùrysme passif)'. Ces derniers cas, quoique fort'- rares, le sont peut--etrc moins que ceux dans lesquels on trouve les parois de la cavité qui est dilatée ayant conservé leur épaisseur normale {dilatation simple), >ous renvoyons, pour la description de la première espèce, à ce que nous avons dit plus haut en traitant de l'hypertrophie du cœur. Il ne sera question ici que 4c la dilatation simple et de la dilatation avec amincissement, Enfin la dilatation du cœur a été encore distinguée en (jénérale et en partielle^ La première, qui a lieu suivant toute la circonfébncede la cavité, est la seule dont nous allons traiter actuellement; la seconde, qui constitue Vanévri/sme faux consécutif de quelques aljteurs, sera étudiée dans un article spécial. .
Anatomie pathologique. — Pour déterminer sur le cadavre si les ventricules sont dilatés , il faut bien connaître les dimensions normales de ces cavité», l^llos ont été parfaitement déterminées • par M. Bizot, qui a prou>é qu'à partir de la naissance (chez l'homme connue chez la feuuue) jusqu'à l'Age le plu> avancé , la capacité des ventricules droit et gauche tendait à augmenter sauscoss?. Il est \rai de dire pourtant que leurs dimensions ne s'accroissent pas d'une quantité ré^^nlière aux différents âges : ainsi l'augmentation (»st plus rapide chez les sujets jeunes, tandis qu'après cinquante ans elle est peu notable. Il faut aussi savoir qu'à tous les âges les ventricqles sont plus lai-ges que longs, et que dans les deuxsexes, comme à toutes les époques de la vie, la cavité venlriculaire droite est plus gr^inde ([ue la gauche : ainsi la largeur moyenne du ventricule gauche étant de 70 millimètres à quatre ans et de 122 de seize à vingt neuf ans, celle du ventricule droit, qui était de 108 millimètres de. un à quatre ans, a augmenU^ dans Je même rappcH't, et se tmuve être de 178 entre seize et vingt-neuf an*;, puis de 1,96 entre cinquante et soixante-dix-neuf ans, tandis que dans cette dernière série d'âge la largeur moyenne du ventricule gauche ne s'élève qu'à un peu plus de 126 millimètres (1).
Dans la dilatation, telle que nous l'étudions actuellement, les parois ont tantôt conservé leur épaisseur normale, mais plus souvent on les trouve plus ou moins amincies-, l'amincissement peut être tel que le ventricule gauclie n'ait plus, par exemple, que 5 millimètres dans sa plus grande, épaisseur et.l millimètre seulement à sa pointe. L'amincissement est généralement moins marqué dans la cloison interventriculaire. Kn même temps on trouve presque toujours le tissu du cœur un peu décoloré, ou du moins d'une coloration violette, jaune ou pâle, et diminué de consistance, quelquefois ramolli, et même déchiré ou rompu. L'organe est flasque, et, cx)nt rai rement à cequ'oh.voit dans riiyperlrophie, les parois s'affaissent sur elles-mêmes. Quand la dilatation est un peu considérable, comme elle >se fait plutôt dans le sens transversal que dans le seiis longitudinal, le cœur perd prcsquo
(1) J'ai conservé ces racsniT» sans pou\'oir affirmer qu'elles soient exactes. Je désirerai» donc qu'on se livrûl sur ce poinl à de nouvelles rcclierclies, en suivant its indications fournies récemment par M. Beau. Cel ol)serva(eur distingué voudrait qu'on pi «l la mesure de> caviu^ du cœur comparalivemeiit à celle des orifices artériels. Ceux-ci, étant de nature fibreuse, ne doi\enl guère varier; taudis que les ca>ités du cœur, qui sont musrulaires, soûl snjotles ù sul»ir, sous rinfluence d'une foule de causes, des retraits etdes dilatalimis. De là la difficulté déjuger de l'état normal ou anormal de ces cavités. Cette difficulté cesserait si, comme M. Beau l'affirme, on avait dans la mensuration des orifices un étalon pour déterminer le poinl où les cavités cardiaques cessvul d'être ù l'éiiil pli|siologique* {Àrchivet 4^ mcdecinc, numéro dejuiiilëil?»}