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DES DILATATIONS DU COEUR

toujours sa forme; sa poiute s*eiïacc, i*oi^aue s'arrondit : c*est ce que Laënnec oonimait un cœur en gibecière.

Les cavités droites sont plus fréquemment affectées de dilatation que les cavités gauches; la lésion peut être bornée ù un seul ventricule, et presque toujours alors c'est au ventricule droit; il est au contraire très rare que le ventricule gauche soit seul dilaté. Il est encore plus rare d'observer une dilatation bornée à une oreillette ou aux deux. Ces |>arties sont pourtant souvent agrandies par suite dé laccumubtion du sang; mais, comme l'observe Laënnec, on distinguera cette distension mécanique de la dilatation morbide en ce que, dans le premier cas, en vidant roreillettc du sang qu'elle contient, on voit sou\ent les i)arties revenir siu* ellesméinet; ajoutons que, dans les dilatations morbides, les paiois sont amincies et plus souvent encore hypertrophiées.

Pour tenniner ce qui a rapport à Tanatomie |)athologique, nous dirons que les dilatations, avec ou sans amincissement, coexistent souvent avec diverses altérations du cœur, du péricarde^ ou des gros vaissq^nK. Les plus fréquentes soi)t le rétrécissement des orifices, les adhérences (ks deu\ feuillets du péricarde et les anévrysmes de l'aorte. On trouve enfui les lésions consécutives de la plupart des maladies du cœur, telles que l'anai-saque, les épanchements séreux, etc.

Symptômes. — Les individus atteints de dilatation des cavités du cœur éprou- Tent des palpitations et de l'essoidllement; leur pouls est mou, dépressible; les battements du cœur sont perçus sur mie plus grande surface, sans impulsion aucune ; ils sont obscurs, et ne consistent parfois qu'en mi simple frémissement. Les bruits sont plus clairs, et ont souvent, le premier surtout, un timbre un peu métallique. Enfui la percussion fait découvrir à la région i^i'écordiale une matité plus complète et plus étendue, en raison de l'augmentation de voluiiU3 qile Le cœur a ^ttbie. Ottc matité, d'après M. Piorry, diminuerait promptément d'étendue sous finfluetice d'une saignée générale, i)ar suite du retrait du cœur sur lui-nième. Ifais cet eiï(>t me semble moins marqué et surtout l)eaucoûp plus lent que, ce médecin ne pense.

Comme on le voit dans plusieurs autres aiïectionsoi'ganiques du cœur, les dila-* tatioDs cardiaques s'accompagnent de bouflissare à la face, de couleur violacée des lèvres, d'un œdème qui, conunençant par le pouilour des malléoles, s'étend de bas eo haut et finit par envahir tout le tissu cellulaire extérieur. Des épanchements séreux se forment aussi dans les plèvrûs et surtout dans le péritoine. Le foie, goilgé de sang, déborde le rebord costal ; 1(S |)oumons s'œdématient à leur partie postérieure. Knlin les malades succombent, les uns à la gène toujours croissaïKc de la respiration et de la circulation ; les autres à des complications dont les principales sont la pneumonie, l'érysipt'le gangreneux qui frappe les membres iniiltrés; beaucoup meurent subitement et par syncope.

iJingnostie, — Ou diagnostique que le cœur est aifecté de dilatation, à l'étendue de la matité cpii vxhia à la région précordiale, à la faibh'sse des battements, à l'absiMue de toute impulsion, Il la clarté di^ deux bruits. Ces trois derniers phénomèiu^, loi-squils sont très marqués, indiquent que la dilataticm, au lieu d'être simple, coexista' avec un amincissement des parois.

On ne connaît aucun sign4> capable de faire diagnostiquer la dilatation des oreillettes; tous c«'ux ({u'oii a proposés l'ont été plutôt i)ar inspiration théori(|ue que d'après rohser\alion.

La plupart des signes cpi'on a également invoqués |K)ur reconnaître si la dil^U^ lion affecte les cavités droites ou les cai/U^s.gauciies sont Uou momsiuc^vVaiv^V

ils le sont d*autant plus qtie nous avons dit combien il est rare que la maladie n'occupe i-as simultanément les deux côtés du cœur. Toutefois la percussion, seule ou aidée de Tauscullation, peut fournir. $ur ce point quelques indications : c'est ainsi que si la inalité existe sous le sternum et se prolonge à droite plus ou moins près du mamelon, et si en outre les bruits clairs sont perçus à ce niveau, on diagnostiiquera une dilatation du coçur droit. Celle-ci est regardée, d'ailleurs, comme produisant davantage de dyspnée, de teinte violacée à la face et.de gonflement des jugulaires; Toedéme est, dit-on, aussi plus considérable, et apparaît phis lot. Au contraire, dans la dilatation des cavités gauches, la miatité se prolonge vers le mamelon gauche et au delà, et c'est aussi dans ce point qu'on entend les bruits flairs. Disons toutefois qu'on ne doit pas trop se fier aux résultats fournis par l'auscultation pour déterminer quel est le siège de la dilatation.

Pronostic, — La dilatation avec amincissement est la forme la plus grave ; elle est probableiment incurable. La dilatation simple, au contraire, est curable. Lorsqu'elle n'est pas portée trop loin, elle n'excite ^ue fort peu de troubles.

Causes, — Les dilatations du cœur s'opèrent en général d'une manière toute mécanique, par suite d'une accumulation insolite du sang. Cette. stase sanguine survient tantôt [)arce qu'il existe un obstacle aux orifices, ou daiis l'aorte, ou dans les poumons; ou bien parce que le tissu a perdu de sa force contractile à la suite d'une inflammation de l'endocarde ou du péricarde, ce qui d'ailleurs es\ excessivement rare; ou bien en raison d'une adhérence survenue entre les feuil'ets opposés de ce sac membraneux, et plus souvent encore à la suite de causes qui restent inconnues.

Traitement, — Le traitement doit avoir pour but de faire revenir le cœur sur lui-même, d'augmenter l'épaisseur des parois amincies, ou tout au moins des'oiv poser aux progrès de l'altération. Pour y parvenir, il faut, toutes les fois cpi'on le peut, faire cesser ou diminuer du moins l'obstacle qui a produit la dilatation du cœur en gênant le cours du sang. Pour peu que le sujet soit faible, ou devra le soumettre à un régime tonique et légèrement excitant Les amers, les ferrugineux, les frictions sèches sur le corps, les bains salés, sulfureux, sont indiqués. Il fout s'abstenir en général des sédatifs, comnle de l'opium, et surtout de la digitale ; car on conçoit qu'en ralentissant les contractions du cœur on doit augmenter la stase du sang. On a également b|âmé l'emploi de la saignée comme aiïaiblissant la contt-actilité de l'organe. Cependant lorsque le cœur est trop distendu, et lorsque par suite de cet engouement, la dypsnée est extrême, il ne peut y avoir quelque chance de soulagement que dans la saignée, à la suite de laquelle ou voit parfois la matité de la régiou précordiale dimhiuer. Toutefois, dans ces cas,, il est prudeut, au lieu de larges saignées, de ne faire que des saignées peu copieuses, qu'on réitère ensuite suivant les effets que Ton en obtient. Les diurétiques et les laxatifs, donnés de temps en temps, sont également utiles, et peuvent, les premiers surtout, remplacer quelquefois la saignée.

l>e U dilatation partielle da oa»ar.

1^ dilatation partielle du cœur est caractérisée par la fonnation d'une poche aiiévrysmale de grandeur variable, située dans l'épaisseur des parois du cœur, formant presque toujours saillie à la surface extenie de l'organe et communiquant par une ouverture plus ou moins étroite avec une de ses cavités, et presque toujours avec Je ventricule La dilatation partielle du cœur est aussi nommée par quelques-uns

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