LARYNGITE CATARRHALE CHRONIQUE
altérations de la muqueuse, dans la laryngite simple; l’œdème, l’infiltration périphérique dans la tuberculose, la rougeur diffuse; les plaques muqueuses et autres altérations de l’arrière-gorge, dans la syphilis, permettront habituellement d’éviter une erreur de diagnostic. J’ai déjà dit qu’il était impossible de faire une différence entre la pachydermie laryngée de la laryngite catarrhale et celle de la syphilis et de la tuberculose ; dans ces cas c’est surtout la marche de là maladie, l’état général du malade qui permettront de reconnaître la nature de cette dégénéres-
Je ne crois pas qu’il soit utile de faire un diagnostic différentiel entre le cancer du larynx et les formes de laryngite hyperlrophi-
Dans les formes réellement hypertrophiques et pachydermi-
ils, ne sauraient donner de résultats bien sérieux ; il est indispensable de faire un véritable curetage de la muqueuse laryngée, avec la curette ou de préférence avec la pince coupante. En général, la pince de Ruault suffît très bien pour cet usage. Après avoir cocaïné et adrénalisé le larynx, comme pour l’extirpation
des parties hypertrophiées.
rmes hypertrophiques localisées à la muqueuse inter-arytéenne, ou aux cordes vocales. Elles peuvent être répétées souvent qu’il est nécessaire, à des intervalles qui varient de
i forme ulcéreuse, est justiciable des mêmes moyens que les )ris catarrhales simples. Il faut savoir qu’elle est assez rebelle ne souvent ces pertes de substances mettent plusieurs mois réparer. Le repos de l’organe par le silence est un excellent ivant du traitement local. Enfin, dans certaines formes chroles professionnelles, revenant facilement sous l’influence de îrcice de la profession du malade, on pourra se borner sim-
aller jusqu’à la suffocation est due à la présence d'amas croûteux desséchés formant de véritables corps étrangers. On observe alors de l’ozène trachéal; toutefois, il faut s'assurer que cette odeur sut generis vient bien des voies aériennes supérieureà et non des fosses nasales.
A X examen laryngoscopique, ce qui frappe tout d’abord, en dehors de l’aspect de la pardi pharyngienne, c’est la présence du côté de l’épiglotte et de la région inter-aryténoïdienne, souvent même au milieu des cordes vocales, de sécrétions épaisses d’aspect verdâtre ou noirâtre. On les retrouve sur les bandes ventriculaires, sur les cordes vocales, ou dans les ventricules, la région sous-glottiquc et la trachée. Pendant les efforts de phonation elles viennent se pelotonner dans l’espace inter-aryténoïdien, quitte à se détacher plus tard pour être dégluties par le malade, ou rejetées au dehors, suivant les cas.
Une fois le larynx débarrassé de ces amas concrets, les cordes vocales apparaissent rouges et dépolies, irrégulières et desquamées sur toute leur surface. La région postérieure est plissée, épaissie, parsemée de raghades ou de rugosités. Elle présente cet aspect de dégénérescence dermo-papillaire pachydermique fréquent dans quelques formes de laryngites tuberculeuses chro-
Les parésies musculaires se reconnaîtront à leurs signes habituels, elles portent presque toujours sur les thyro-aryténoïdiens.
Diagnostic. — Le diagnostic de la laryngite est ordinairement facile, et la présence de croûtes dans le larynx doit immédiatement faire songer à l’existence d’un catarrhe atrophique du naso-pharynx où des fosses nasales, et par conséquent inciter à examiner ces organes.
d’iodoforme. Elles ont l’avantage énorme d’exçitcr la sécrétion de la muqueuse et par conséquent de faciliter l’expulsion au dehors de sécrétions croûteuscs accumulées dans l’intérieur des premières voies respiratoires. Ces injections pourront être suivant les cas, répétées, soit tous les jours, soit une ou deux fois par
Voici une bonne formule, solution avec :
Dans les formes rebelles et pour compléter la cure, on donnera à l’intérieur, soit du bcnzoate de soude de benjoin, fortement recommandé, avec raison du reste, par le Dr Ruault, soit' des eaux sulfureuses. A ce point de vue, nous pensons, qu’une saison thermale dans les Pyrénées ou bien à Amélie, Aix-les- Bains, ou Enghien, etc., etc., et même aux autres stations minérales, constitueront un excellent traitement de cette altération morbide. Ici on pourra mettre en œuvre tous les moyens thérapeutiques dont disposent les établissements thermaux : douches nasales, naso-pharÿngiennes, pulvérisations nasales ou rétronasales, et laryngées.
Toutefois, il convient de remarquer que l’emploi de liquides finement poudroyés au tamis à mailles serrées, conviendra surtout pour faire pénétrer les vapeurs médicamen teuses jusque dans le larynx et même la trachée.
Lé humage et les inhalations sont encore de bons moyens de traitement de ces formes de laryngite.
Je le répète en terminant, une fois le larynx guéri, il faudra toujours penèer à la lésion nasale qui a été le prélude de la complication laryngo-trachéale et la soigner jusqu’à guérison complète, pour éviter le retour des accidents vocaux.
déré du tabac, auquel pour ma part j’attribue le rôle étiologique principal dans la longue durée des manifestations laryngées de
tout la syphilis du larynx, à sa période primitive ou secondaire, au delà de cet âge.
Symptômes. A. Chancre. — Je serai très bref sur la symptomatologie de l’accident primitif qui se manifeste surtout par un peu
C’est par l’âge du malade, la brusquerie du début de l’infection générale du sujet, et surtout par l'apparition des accidents secondaires qu’il est possible d’établir un diagnostic plutôt que par l’aspect de la lésion elle-même.
B. Accidents secondaires. — Les troubles fonctionnels de la période secondaire sont en rapport avec lés différentes altérations de la muqueuse vocale, aussi décrirai-je d’abord ces diverses manifestations.
là période érythémateuse.
2° Plaques muqueuses. — L’existence de plaques muqueuses
longtemps contestée, est aujourd’hui admise d’une façon
très éloignée de l’infection primitive. C’est là un fait absolument évident et il rt’eèt pas exceptionnel de voir les poussées de ce genre survenir dix, quinze et même vingt ans après le chancre; on a même cité des exemples où ces troubles étaient apparus trente^cinq ans après l.’accideht primitif.
Les syphilides tertiaires constituent également une des manifestations de la forme héréditaire ; ces faits considérés autrefois
comme rares, sont devenus beaucoup plus communs, depuis que les examens laryngoscopiques ont été pratiqués systématiquement dans la plupart des laryngites. Bien des fois, en effet* j’ai vu des
périchondre et le cartilage, ou au cont les régions voisines (base de la langu
qui paraissaient être de nature congénitale. C’est ainsi que M. Etchbarne a pu réunir (1878), dans son travail inaugural, douze exemples de ce genre. Depuis cette époque, des faits analogues
plus ou moins irrégulière. Je ne puis décrire ici les différents aspects sous lesquels se présenteront les laryngô-sténoses, puisque cet aspect variera avec la nature môme de la lésion, avec son ancienneté et surtout avec la cause qui aura déterminé son apparition.
— 11 dépendra non seulement de la forme du rétré-
ciens font usage des tiges de laminaire de Hering de l’électrolyse, etc., ou des canules laryngo-trachéales.
Le grand nombre de moyens employés ou préconisés, prouve les difficultés que l’on a parfois de dilater les rétrécissements du larynx; ce qui n’étonnera personne, si l’on songe à la complexité de la sténose, qui résulte non seulement de d’épaississement fibreux des parties molles du larynx, mais souvent aussi d’un affaissement d’une partie de la charpente de cet organe, et surtout, la plupart du temps, de l’immobilisation des aryténoïdes par arthrite cicatricielle.
Il ne faut donc pas s’étonner que l’on ait conseillé de supprimer le rétrécissement par un traitement chirurgical. Lorsqu’il
on laissera dans le larynx un tube à intubation ordinaire, s'adaptant au calibre de l’organe que l’on aura ainsi libéré! On pourra également à cet effet, /aire usage des canules en T (laryngo-trachéales) destinées à assurer la respiration par le larynx et la trachée, et k empêcher, grâce au tube glottique, la reproduction du rétrécissement. Chaque appareil devra être construit spécialement pour chaque cas particulier.
Par contre, d’autres opérateurs conseillent, peut-être avec raison, de s’abstenir de toutpansement endolaryngien et de toute
irriter la plaie et à retarder sa guérison. On risque en outre de voir survenir à la suite de ces pansements ou de ces applications intempestives, une prolifération abondante de bourgeons charnus qui pourra à son tour, provoquer l’apparition d’une nouvelle sténose cicatricielle. Voici, à mon sens, la ligne de conduite qu’il faudra adopter :
Après avoir ouvert le larynx (thyrotomie médiane) et réséqué les parties fibreuses, ôn devra faire la réunion immédiate du cartilage thyroïde en laissant la cavité sans tampon et sans corps étranger. La canule trachéale restera à demeure pendant quelques semaines ou quelques mois suivant la manière dont se fera la réparation cicatricielle. Si c’est nécessaire on fera dé
MALADIES DU LARYNX
dans le larynx. On peut la considérer comme assez rare dans l'enfance et dans la vieillesse. Lorsqu’elle existe à ces deux périodes extrêmes de la vie, l’affection revêt presque toujours la forme miliaire aiguë (Moure). Plusieurs fois j’ai vu des vieillards de soixante-quinze et quatre-vingts ans être rapidement emportés par une tuberculose pulmonaire et laryngée à évolution
De l’avis unanime de tous les auteurs, les hommes paieraient un plus large tribut à l’affection que les femmes. L’alcoolisme, les abus de toutes sortes (tabac, etc.) chez les bacillaires sont des causes qui favorisent l’apparition de la laryngite tuberculeuse.
Quant à la prédisposition héréditaire ou acquise, elle n’est point particulière au larynx.
Enfin, il me paraît que certains malades porteurs de coryzas atrophiques anciens, de coryzas pseudo-atrophiques purulents ou ozénateux, sont plus particulièrement que d’autres exposés à laisser pénétrer les germes du mal en même temps qu’ils leur
D'autre part, il est certain que le larynx est susceptible d’être envahi de dedans en dehors par les bacilles apportés parles voies sanguines ou lymphatiques (Heinze).
Division du sujet. — Pour plus de clarté nous étudierons d’abord la forme ordinaire de la tuberculose vocale, avec ses
situées plus en dehors du larynx, c’est-à-dire sur : l’épiglotte ou sûr la région aryténoïdienne. En effet.
fnx, elles se propagent également aux oreilles, [ue les malades se plaignent davantage de cet
l’infiltration du pourtour de l’orifice glottique (cordes vocales) ou de la région sous-glottique, l’existence de végétations polypiformes ou autres dans l’intérieur du larynx, sont autant de causes qui apportent un obstacle sérieux à l’entrée de l’air dans les voies aériennes. Dans certains cas la respiration est gênée au point de nécessiter l’intervention chirurgicale. Je ne ferai que signaler les troubles respiratoires consécutifs à la désorganisation du poumon, qui s’observent à la période tout à fait terminale, ils existent parfois, avec une muqueuse vocale absolument normale.
Seul l’examen laryngoscopique permettra d’établir nettement si le larynx entre ou non pour une part quelconque dans la pathogénie des symptômes observés.
Expectoration. — Elle dépend surtout comme qualité et comme quantité de l’état des poumons. Au début, elle est à peu près nulle, tandis que dans le stade ultime elle est la conséquence d’une salivation abondante, provenant de ce que le malade, redoutant d’avaler, préfère rejeter au dehors lès sécrétions qui s’accumulent dans son arrière-gorge. D’une façon générale l’expectoration réellement laryngée est tantôt muqueuse, parfois muco-purulente, purulente même ou striée de sang. Elle peut même contenir des débris de cartilages nécrosés. Il est très difficile d’établir nettement qu’elle est la part de sécrétion qui provient du larynx et celle au contraire qui ne fait que passer
augmente de volume, devient rugueuse, inégale et granuleuse, sc creusant de petites dentelures superficielles, pour constituer l’afc fection décrite en Allemagne sous le nom de chorditis vocalis
inferior. Ces sortes de nodosités peuvent même atteindre la bande ventriculaire, mais habituellement l’épiglotte est épargnée. On assiste dans ces cas à l’évolution de véritables hémiphymies, puisque c’est à peine si l’on observe un léger état catarrhal de la corde vocale correspondante. D’autres fois, la lésion est un peu. plus diffuse, en ce sens que l’infiltration occupe toute la région postérieure du larynx, les deux aryténoïdes, y compris la
Les parties de la muqueuse laryngée le plus souvent et le plus régulièrement atteintes sont par ordre de fréquence : celle qui recouvre la région inter-aryténoïdienne, les cartilages ary ténoïdes*
du cartilage thyroïde, auquel elle
adhère d’une manière intime, pour venir s’éverser au dedans du
Lorsque le gonflement a gagné l’épiglotte, l’infiltration de cét opercule parfois limitée à la face linguale, vient se perdre sur le bord libre qui est toujours plus ou moins épaissi. La plupart du temps, la tuméfaction se généralise et produit l’immobilisation et
MM. Gouguenhein et Tissicr ont également décrit d’une façon' ; très complète les paralysies myopathiques ou par compression'.’., des récurrents, que l’on peut avoir l’occasion d’observer à cette période de la maladie ; il n’est pas douteux que dans cette forme ', les troubles dyspnéiques revêtent une grande intensité.