‹ Traité élémentaire et pratique des maladies de la gorge, du pharynx et du larynxChapitre 20 sur 31 · C. Forme végétante. — Dans certains cas, particulièrement · texte numérisé non relu

C. Forme végétante. — Dans certains cas, particulièrement

traduit par l’apparition de tumeurs vcrruqucuscs inégales, à base d’implantation large ; ces hypertrophies localisées ont une forme acuminée à leur sommet, elles occupent l'espace inter-aryténoïdien et font une saillie notable dans l’espace glottique qu’elles masquent en partie. Ce sont ou de grosses granulations anfractueuses entre lesquelles les concrétions se déposent et se dessèchent, ou bien de véritables végétations tuberculeuses prenant l’aspect polypoïde, qui peuvent arriver tant par leur nombre que par leur volume et leur confluence à obturer presque complète-

véritables polypes tuberculeux pédiculés,.chez dés malades n'ofvl frant que des signes très légers de tuberculose pulmonaire etjl même chez des. sujets indemnes de toute altération bacillaire^ appréciable soit à la percussion, soit à l’auscultation la plus

c'est l’examen histologique seul qui permet de reconnaître leuifi nature tuberculeuse.

Troisième période. — Lorsque la maladie est arrivée à ce dernier stade, c’est-à-dire à ce moment où? lés; lésions sont irréparables et le malade définitivement perdu, à cette période qu’Isambert à,’' caractérisée de carie et de nécrose, les différentes altérations | correspondantes se confondent pour ainsi dire èn une seule, tant elles'deviennent confluentes; C'est la, période des périchondrites, consécutives aux altérations qui ont gagné en profondeur et ont amené la nécrose des cartilages correspondant aux points

Dans certaines formes à, évolution rapide, les aryténoïdes, lesi cartilages de Wrisberg, une partie même du cricoïde ont pu être g nécrosés et éliminés. Tandis que dans les formes plus lentes on voit se produire des points d’ossification et même de véritables ; ostéophytes dont j’ai observé autrefois un bel exemple (voir fig. ci-jointe) . De. même que l’on peut voir apparaître des abcès cir-.j conscrits ou diffus venant s’ouvrir autour des lames du thyroïde, ? en avant ou Sur les côtés.

- Alors se forment un ou plusieurs trajets fïstuleux externes com- , muniquant avec une partie du thyroïde nécrosé. A ce moment, le ' larynx s’affaisse, sa cavité complètement déformée est irrégulière ; les replis ary-épiglottiques ne sont plus représentés que, par des bourrelets énormes recouverts de vastes ulcérations gri- : : sâtres, d’aspect miliaire, se continuant sur les côtés avec des ulcérations de l’épiglotte et de la base de la langue. Tout l’organe est déformé, déchiqueté, rempli de sécrétions purulentes grisâtres, souvent fétides, que le malade rejette avec d’autant plus de difficulté que les efforts d’expulsion sont extrêmement doulou-

MALADIES DU LARYNX

Anatomie pathologique. — Le cadre de ce traité ne nous permet pas de nous étendre longuement sur l’anatomie pathologique de la tuberculose laryngée qui a été étudiée très en détail dans Pqü-f! vrage de MM. Gouguenheim et Tissier. Je dois d’abord rappeler que certaines altérations morbides sont impossibles à retrouver ; â l’autopsie, telles l’anémie, la rougeur, les troubles de la motilité, quelquefois môme certains œdèmes aigus. La tuberculose: du larynx ne diffère pas de celle des autres organes ; elle est caractérisée par des dépôts tuberculeux avec tuméfaction oii| ulcération de la membrane muqueuse.

L’infiltration œdémateuse est une des lésions les plus cons- : tantes; elle apparaît sur le cadavre comme un gonflement uni, pâteux, résistant, recouvert d’une muqueuse pâle, plissée à sa surface, dépolie et parfois parsemée de granulations caséeuses. On a beau presser les replis ary-épiglottiques entre les doigts, aucun liquide ne s’écoule, c’est plutôt une sorte de gonflement inflammatoire qu’une véritable suffusion séreuse ou môme séro- > gélatineuse. Dans les formes lentes, l’œdème est alors dur, les tissus sont plus compacts (sclérème). A l’examen microsco" pique des parties tuméfiées, on constate au-dessous de la couche épithéliale de la muqueuse une infiltration cellulaire abondante. On trouve également des nodosités tuberculeuses surtout audessous de l’épithélium, alors que le tissu situé entre le dépôt bacillaire et l’épithélium contient des cellules rondes et beaucoup de vaisseaux, mais pas de tubercules, ce qui tendrait à prouver que les ulcérations se font de dedans en dehors.

Les bacilles sont rares dans les granulations tuberculeuses ; ces dernières apparaissent aux diverses périodes de leur évolution, elles sont quelquefois en voie de dégénérescence granulograisseuse, ou bien elles ont subi la fonte purulente.

La plupart des éléments constitutifs de l’organe vocal sont plus ou moins altérés. Les glandes peuvent être atteintes soit prir mitivement, soit secondairement. Ainsi que l’ont démontré MM. Cornil et Ranvier, Doléris, etc., etc., le tissu conjonctif qlii les enveloppe est détruit et l’infiltration tuberculeuse pénétrant entre les acini les comprime et les fait bientôt disparaître. Plus

succomber cette fois, malgré le traitement local et général.

pense toujours, ainsi que je l’écrivais en 1890, dans mes leçons

Lorsque l’affection est arrivée à la troisième période, on peut

considérer le pronostic comme grave, la mort est à peu près la terminaison obligatoire dans les formes diffuses.

Diagnostic. — L’ensemble des symptômes que je viens d’exposer constitue en général un guide précieux pour poser le diagnostic de l’affection. Cependant, cet ensemble symptomatologique est loin d’être toujours au complet, et nombreux sont les

confluents, le plus souvent multiples; dans la syphilis, la perte de substance est habituellement unique, plus ou moins étendue en surface et gagnant en profondeur.

Lorsque l’épiglotte est atteinte, il est absolument exceptionnel que, dans la syphilis, la base de la langue et souvent même lad paroi pharyngienne soient épargnées, car on a dit avec raison que la vérole marchait ordinairement de haut en bas, de l’extérieur vers l’intérieur. En résumé : dans la tuberculose, envahissement diffus et irrégulier du larynx ; dans la syphilis, lésions limitées, cantonnées souvent à la moitié de l’organe vocal, en particulier aux bandes ventriculaires et à la région sous-glottique.

er la perte du timbre vo

depuis ces dernières années, considérablement simplifié, grâce 1 aux nombreuses recherches et expériences faites un peu dans tous I les pays sur cette manifestation morbide. Il est hors de doute que | le traitement général doit tout primer et occuper .de beaucoup | la première place dans la cure de la tuberculose laryngée , aussi 'i bien que pulmonaire. Soigner le terrain et arriver à le rendre ;*| réfractaire à la culture du bacille, tel doit être le but qu’il faut : !

Le traitement prophylactique qui. devra surtout être appliqué :« aux tuberculeux des poumons, consistera en précautions hygié- Æ niques. On proscrira chez eux l'usage du tabac ou la sédentarité

poussièresou vapeurs irritantes (sulfureux, créosote, gaïacol, etc.)} -'S

Lorsquel intectionaenvahila muqueuse vocale, quelle devraêtre jÊ la conduite du médecin ? A mon sens, c’est toujours au traitement '*3 général qu’il faut donner la première place, en prescrivant et en J

avec ménagement, c’est-à-dire que le malade devant dormir les | fenêtres ouvertes, s’habituera peu à peu à ce nouveau régime, . de 'M

el antiseptique.

Solution avec :

Acide phénique. . . 3 grammes

Laudanum de Sy.denham . 4 »

Glycérine neutre . 130 »

Une cuillerée à café de ce liquide dans un verre d’eau tiède, pour employer en bain de gorge trois ou quatre fois par jour.

Si les malades trouvent le goût de ce gargarisme fade et désagréable, ou si on n’obtient pas un résultat appréciable, on prescrira la solution suivante- :

additionner le topique précédent de 0,50 centigrammes à 1 gramme ?| de chlorhydrate de cocaïne, ce qui le rendra plus analgésique. / Quant aux attouchements directs, il sera préférable d’y renoncer pendant la période inflammatoire. Ils sont, en général, trop irritants et mal supportés ; tout au plus, pourra-t-on insuffler dans le larynx, soit un peu d’iodoforme finement pulvérisé, soit mieux encore, une pincée de la poudre suivante :

Poudre avec :

Chlorhydrate de cocaïne . u, 50 centigrammes

BERCULOSE LRRYNGÉE 419

Schmidt, Schiffers et Masseï, insuffler des >rmé, dans lequel on mettrait uiie certaine

Moritz-Schmidt (de Francfort) avait également préconisé dans le§ formes infïltro-œdémateuscs les scarifications faites avec des ' ciseaux spéciaux. Embrassant la partie postérieure de l’organe et la pottion antérieure de l’œsophage entre les branches de l'instrument tranchant, il coupait franchement le tissu interposé, sans se préoccuper davantage de ce qui pouvait en résulter. Grâce à ce procédé, il aurait obtenu de bons résultats. C’est un procédé-

dont l’emploi ne s’est pas généralisé.

més d’un petit semis de granulations jauni peu dans la muqueuse saine.

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