TUBERCULOSE MILIAIRE AIGUE
surface du larynx, en particulier sur l’épiglotte qui est augmentée de volume et boursouflée, et sur ses replis qui sont également tuméfiés et muriformes.
Les lésions consistent au début en un semis de petites granulations jaunâtres plus ou moins disséminées sur les parties atteintes ; puis, très rapidement, ces saillies se ramollissent, laissant après elles de légères exulcérations cupuliformes à bords rougeâtres, à fond grisâtre, qui bientôt se réunissent pour former de vastes plaies suppurantes à bords déchiquetés, irréguliers, mais assez superficiels. Ces ulcères, souvent nombreux, sont séparés les uns des autres par des parties de tissus pâles et infiltrés. La teinte générale de l’organe vocal est plutôt décolorée, à peine rosée, jaunâtre môme plutôt que rouge et vermillonnée comme dans le cancer ou dans la syphilis. 11 est habituel de retrouver sur les bords de l'ulcère ce semis jaunâtre qui a caractérisé le début de l’infection. Ordinairement, l’infiltration gagne la surface antérieure du larynx, en particulier les bandes ventriculaires, la muqueuse des cordes vocales et même la région sous-glottique.
Les pertes de substance du larynx se continuent habituellement avec celles de la base de là langue et de l’arrière-gorge (amygdales, voile), la paroi pharyngienne est moins souvent atteinte.
Marche. Durée. Terminaison. — Ce qui caractérise surtout cette forme de tuberculose laryngée, c’est sa marche rapide. Dans quelques cas rares et heureux, il peut se faire que la maladie s’arrête pendant quelque temps, passant peu à peu à la forme subaiguë ; mais, dans la grande majorité des cas, le malade, épuisé par ses lésions pulmonaires, la fièvre, la dysphagie et la douleur, succombe à la généralisation de sa tuberculose et la cachexie qui en est la conséquence.
On peut encore observer cette tuberculose miliaire aiguë à la fin de la tuberculose ordinaire, ou bien après l’administration d’un traitement irritant. J’ai même eu l’occasion de voir des malades emportés par la lésion locale avant que la tuberculose pulmonaire ait eu le temps d'arriver à sa dernière phase. Toutefois, ces faits sont devenus plus rares depuis que l’on pratique plus régulière-
par une sorte de gonflement rougeâtre, véritable infiltration de la muqueuse, qui précède de peu de temps l’ulcération, ou tout au moins le bourgeonnement des parties atteintes. Lorsque le lupus est bien établi, on aperçoit des séries de mamelons rougeâtres ou
semé de points grisâtres, dont la coloration et la saillie s’atténue
11 peut arriver que ces mamelons se détruisent, la place des ulcérations bourgeonnantes dans leur fon le tissu cartilagineux qui est susceptible à son tour de périchondrite, puis de carie et de nécrose.
Généralement, les altérations lupiques débutent j qui apparaît d’abord tuméfiée et bourgeonnante, rongée, pâle, rosée par places ; jaunâtre dans d’aul le fibro-cartilage est à nu. On aperçoit sur les bor< saillies irrégulières, véritables produits tubercule
r l’épiglotte
Assez souvent l'opercule glottique est complètement détruit, comme enlevé à l’emporte-pièce, laissant à sa place une surface rugueuse, épaisse, rosée ou jaunâtre au milieu. Les replis aryépiglottiques, lorsqu’ils sont atteints, sont décolorés, inégaux, rugueux, recouverts de mamelons leur donnant un aspeét granuleux particulier qui déforment singulièrement l’orifice glottique.
De même il n’est pas rare de trouver dans la région inter-ary ténoïdienne cet état pseudo-polypeux pachydermique très prononcé dont j’ai déjà parlé (voirp. 400).
Les ulcérations, lorsqu’elles existent, ne sont pas, comme dans la tuberculose vulgaire, recouvertes d’exsudations abondantes ; elles ont au contraire une légère couche exsudative, presque croûteuse,- jaunâtre, difficile à enlever. Ces pertes de substances occupent, soit la région inter-ary ténoïdien ne, où elles forment de vastes raghades, soit les replis ary-épiglottiques, les bandes ventriculaires ou les cordes vocales. Ces lésions présentent toujours l’aspect granuleux, rougeâtre, comme parsemé de petites saillies
très considérables des différentes parties qui composent l’organe vocal (leur gorge, leurs fosses nasales ou même leur nez) sans que pour cela la tuberculose se soit encore généralisée à leurs pou-