‹ Traité élémentaire et pratique des maladies de la gorge, du pharynx et du larynxChapitre 22 sur 31 · LUPUS DU LARYNX · texte numérisé non relu

LUPUS DU LARYNX

tuberculisation générale (le fait paraît être assez rare) ou par une guérison temporaire ou définitive.

Lorsque la lésion guérit, il est habituel de constater sur les parties qui ont été ulcérées, des synéchies cicatricielles qui peuvent siéger entre les cordes vocales, les replis ary-épiglottiques, ou bien encore entre la base de la langue et l’épiglotte. D’une manière générale, elles sont susceptibles de laisser après elles de véritables làryngo ou pharyngo-sténoses plus ou moins sé-

De telles adhérences sont habituellement graves, parce qu’elles peuvent exiger des opérations qui ne sont pas toujours, malheureusement, couronnées de succès.

Dans les cas les plus favorables, la guérison s’accomplit avant que la maladie ait fait de trop grands ravages et par conséquent sans laisser de trop grands désordres après elle*

Diagnostig. — Le diagnostic de lupus du larynx doit être fait avec les laryngites tuberculeuses chroniques. Dans cette forme de tuberculose laryngée, on rencontre en effet des végétations polypoïdes siégeant au niveau de l’espace inter-aryténoïdien, on observe des érosions hyperplasiques, mais ce que l’on rencontre surtout ce sont des infiltrations œdémateuses, lisses, unies, gélatiniformes, n’ayant pas cet aspect granuleux que nous avons décrit à propos du lupus ; du reste une confusion de cé genre ne serait pas bien grave, et j’ajouterai même que certaines tuberculoses à évolution chronique sont de tous' points comparables au lupus de cette régipn. .

L’embarras est un peu plus considérable lorsqu’il s’agit de faire la différence entre la syphilis et le lupus.

L’existence d’altérations lupiques du côté de l’arrière-gorge, à plus forte raison de la peau, sera un élément de diagnostic extrêmement important, dont il faudra savoir tenir compte.

Lorsque le lupus sera primitif, on le différenciera de la syphilis secondaire par l’existence de la roséole. On se rappellera que dans la syphilis tertiaire la muqueuse laryngée est rouge, congestionnée, d’aspect lisse, uni, et non granuleuse comme dans le

l’examen histologique qu’il faudra recourir pour élucider définitivement la question, car l’examen objectif ne serait pas toujours suffisant pour permettre d’établir le diagnostic différentiel entre ces deux altérations morbides. Je parle, cela va sans dire, des petits épithéliomas épiglottiques, tout à. fait à la période du début,

vieillards. Par contre, si nous envisageons le cancer des cordes vocales ou la tumeur maligne arrivée à la période bourgeonnante avec l’infiltration périphérique qui l’accompagne, il est certain

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que, si les lésions portent sur les bandes ventriculaires, les replis

ary-épiglottiques et les cordes elles-mêmes, il existera des modi¬

fications vocales qui, d’après Morell-Mackenzie, n’apparaîtraient guère que de deux à onze ans, après le début de la lèpre. La voix devient rauque, nasonnée ou nasillarde, par lésion concomitante du voile du palais et, des fosses nasales; puis elle prend le timbre étouffé, et même tout à fait éteint, à la dernièrepériode de la maladie.

Les troubles respiratoires sont également en rapport avec le degré de tuméfaction de la région glottique et l’intensité de la sténose inflammatoire causée par la lésion locale. La toux est généralement nulle, car la sécrétion laryngée est plutôt diminuée-, par suite de la disparition du tissu glandulaire. En résumé, les: troubles fonctionnels sont très peu marqués, et n’offrent rien de caractéristique.

A l’examen lai'yngoscopique, ainsi que l’a établi depuis déjà longtemps le docteur Masini, on peut considérer trois périodes distinctes de la lèpre laryngée : La première période , érythémateuse, est caractérisée par une simple rougeur, un simple catarrhe, chronique, avec une vascularisation prononcée de la muqueuse

A la seconde période, ou d'infiltration , on constate l’existence de petites nodosités papillaires, souvent disséminées dans le larynx, généralement discrètes, ressemblant, d’après Virchow, aux papules syphilitiques,

façon si intime, que la muqueuse paraît comme infiltrée et épaissie; ces différentes altérations ont quelquefois une teinte jaunâtre, un peu plus pâle que les parties saines de la muqueuse ; elles offrent presque toujours des zones d’anesthésie assez prononcées à leur niveau, et même un peu autour d’elles! Dans d’autres cas, c’est plutôt le gonflement inflammatoire, l’infiltration qui prédomine, tandis que les tubercules, assez rares, sont difficiles à apercevoir.

On peut même constater à cette période un certain degré de parésie musculaire qui occasionne des troubles de la phonation

ne de diagnostic, sur lequel j’insiste d’une arce que je lui attribue une grande valeur.

orge ou à l’entrée du larynx (paresthésie a\ u contraire, les cautérisations d’un point de chromique cristallisé ou mieux encore

: ligature dé la carotide.

dyspnée. C’est tout au plus si les malades porteurs de rétrécissement de la trachée ont un cornage aussi bruyant. Le bord libre des rubans vocaux relâchés et presque juxtaposés produit au

Il est habituel de voir la perte de la sensibilité de l’organe vocal être accompagné d^hypoesthésie, souvent même d’anesthésie de l’arrière-gorge. Dès lors les malades se plaignent

les différentes manifestations paresthésiques dont j’ai déjà parlé plus haut. Morell-Mackenzie dit même avoir observé des troubles

destruction de l’un, congénère, de telle i effet bilatéral2.

Enfin il est possible que l’examen le plus minutieux ne permette pas de reconnaître la cause déterminante de la paralysie. J’ai parfois observé des troubles manifestes de la motilité du larynx chez des ozénateux porteurs de complications laryngo-trachéales. Il semble que chez certains d’entre eux les muscles du larynx aient perdu une partie de leur tonicité normale, peutrêtre par trouble tropho-névrotique portant sur les ramifications terminales des deux nerfs laryngés (supérieur et inférieur), car les troubles parétiques s’accompagnent presque toujours d’un degré d’hypoesthésie très marqué, auquel il faut du reste attribuer l’accumulation des croûtes dans le conduit laryngo-trachéal, les réflexes de cette région étant à peu près abolis.

Syîïptomes. — Les symptômes des lésions récurrentielles sont fonctionnels et objectifs. Ils varient du reste suivant l’étendue de la lésion, son siège, et suivant aussi que la paralysie est uni ou bi-latérale, qu’elle est partielle ou totale, c’est-à-dire qu’elle

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