‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 17 sur 77 · SITES ARTÈRES · texte numérisé non relu

SITES ARTÈRES

Ji sou ba uOL Je | Le irnnlhiét à à sang” rouge ‘est soumisé à-une. opération connue sous le nom d’artériotomie;: enigénéral ses avantages n’ont pas paru assez grands pour les faire pré:

férer à ceux qui résultent de l’ouverturé des veines. Cependant l'expérience des'an:

ciens avait démontré les heureux effets de l’artériotomie. On ne peut néanmoins disconvenir qu'ils sont bornés à un petit nombre de cas qui se présentent rarement dans la pratique. Ærétée de Cappadoce , Galien , Paul d'Egine ont pratiqué avec suceëscette- opération. Prosper Alpin en parle avantageusement dans sa Médecine des Eyptiens. Ambroise Paré, l'un des premiers oraclés de la- Chirur gie française , l'a souvent employée, él recotmnantde dns dés ouvrages. Les sayans recueils de Zulpius, de Schenckius,

(61) contiennent des faits qui prouvent qué l’artériotomie pourrait être employée avec avantage, dans un grand nombre de cas où Îles autres moyens d'évacuation sanguine artificielle s’élaient montrés insuffisaus. Catherwood , médecin anglais, : l’a préconisée comme très-propre à combattre l’apoplexie. D’autres y ont recouru avec succés dans les phlegmasies qui:se fixent d’une manière. véhémente sur: certains organes, comme dans l’otalgie | aiguë ; qui résulte de lafflux insolite du sang vers. l'appareil auditif, dans la frénésie’, dans l’épilepsie, etc. | te

Baillou rapporte l'observation d’une céphalalgie violente et rebelle, qui ne céda qu'à l’artériotomie : il propose le même moyen dans la frénésie et le délire vraiment inflammatoires. pt 10

Lieutaud. rapporte . que l'artériotomie est utile contre la frénésie , l'otalgte, les céphalalgies rebelles, et qu'eile a guéri

plusieurs maniaques. baie

Re BONE RATPU CU

Le docteur :{libert a fait faire, avec, un succès marqué, l'ouverture de lartère:

temporale chez une femme détenue, dans,

(6) | Vane des salles de l'hôpital Saint-Louis , sujette à des transpofts maniaques qui sé déclaraient par dés reprises périodiques.

1 Le même obsérvateur à vu un mianiaque qui était tourmenté depuis plusieurs mois par le délire le plus violent, chez lequel: la section de l'artère temporale fut suivié du. recouvrement complet de ses facultés mentales. Il observe que ceux qui dirigent le traitement des aliénés.. ont souvent occasion d'éprouvér les, effets salutaires de l’artèriotomie. Deux épileptiques , confiés à ses soins, sont parvenus à s’affranchir de, tout accès, par l’emploi réitéré dercetté opération. La cr Malgré -des avantages aüssi authentiquenent constatés , lartèriotomie : est rarement pratiquée ; on 1iy récoûrt que dans des cas extraordinaires, et après avoir répandu iffrücitüeusement le sang hOir: | ur |

Il est vrai que peu d’artères offrent toutés les conditions à-peu-près indispensables Pour éviter lés acéidéns qui peuvent résalter deleur oùrvértaré: Un point d'appui fixé dévieut nécess tiré: pour exéfécr are CoM-

is 63 ) pression suffisante sur l'artère ouverte. Il ny a guères que la temporale qui offré cet avantave , aussi est-elle la seule : ‘que les RSR modeïnes fassent ouvrir is quefois. |

On'a, de nos jours yavancé qué l'atte-

r1 AGE pourrait être pratiquée aux suus- “orbitaires, aux coronaires des mg aûx Jaryngées ; aux tyroïdiénnés ‘inférieures, Outre la difficulté qé'il y faite pente être à faire l'ouverture dé ‘ces arterés,

outre l'embarras d'arrêter le Sahg , et V'étôt. gnelment quéprouveraient naturellemérnit les malades pour de sémblables incisions , on conçoit que l'ouverture de l'artère temporale ou de ses branches peut donner les mêmes résultats, et par conséquent dis- RÉ dela section des autres artères.

Le rôle get que joue le sang rouge dans le corps humain, la propriété sunulante dont il est doué, la vitesse avec laquelle il s'échappe par l'ouverture des artères, rendent facilement raison des effets prompts que lartèriotomie peut produire sur l’économie vivante. Point de doute que son émission ne soit plus affaiblissante ‘que celle du ‘sang veineux$ d’où 1: résulte

(64 ) que: les praticiens ont été conduits à n’user de cette opération qu'avec réserve, dans des.cas extrêmes et lors d’une nécessité absolue, ,,, : ‘

Quoiqu'il en soit, on peut légitime ment reprocher aux: médecins français de s'éloigner de l’artèriotomie , même dans les cas où l'expérience a démontré que cette opération était peut-être la seule voie de guérison ouverte pour les malades. Il est très-cerlain qu'il est des circonstances dans lesquelles on en retirerait des” avantages qu’on chercherait en vain dans les autres moyens d'évacuations sanguines artificielles.

Citons quelques faits qui constatent les avantages de l’artèriotomie.

Paie pe Tôre. À la suite d’une grande plaie contuse qui intéresse les muscles frontaux ; le péricrane , il survient délire, tension des muscles du cou, opression!, tuméfaction du larynx , toux convulsive , menace de suffocation ; l'artère temporale gauche est ouverte, et tous les accidens disparaissent. | Fig

FréNésie. Jean Mat. …. est pris de délire furieux ; on est obligé de, le her dans-son

lit, une écume visqueuse lui sort de Ja bouche ; il parle avec volubilité , les yeux et le visage sont rouges et enflammés , il y a insomnie, le pouls est dur et serré, le battement des artères du cou et des tempes est très-sensible, la saignée est pratiquée au pied et au bras les deux premiers jours, le troisième on ouvre la jugu- Jaire gauche, le septième jour 4l survient un paroxisme des plus violens ; l’artére temporale droite est ouverte, et bientôt après le malade est soulagé.

DéviRre aicu. Un homme d'un teinpérament fort et robuste est pris d’un délire aigu, à la suite d’une joie outrée; il est à plusieurs reprises saigné du bras infructueusement, et ne recouvre la santé entièrement que par l'ouverture de l’ar- | Vère temporale.

Micraine. Le prince De.. :. avait une migraine atroce , contre laquelle ses imé- ‘decins, POhobelain et Duret , avaient employé utilément la pblébotomie et les veniouses , etc. $chenckius croyant recon-

paître que la cause de ces douleurs «de tête était plutôt dans les artères que dans les veines, pratiqua l'ouverture de l'artére

(66) | ‘temporale , la douleur de tête cessa et ne révint plus (1}

Il est certam que, din beauccup de maladies de la tête, il y a pléthore relative du systéme artèriel.

Bonnet a vu, à la suite des fièvres aiguës, que le systéme pr était plein de sang, et que les veines élaient vides. C'est par l'hémorragie nazale que la nature guérit souveñt les maladies inflammatoires ;. et selon $yms, les hémorragies nazales se font le plus Ode par les, artères.

Le méme observateur pense aussi que la diathèse phlogistique les affecte plus spécialement, et qu’une livre de sang , tirée des artères, a produit plus d'effet que trente onces ürées des veines ; il en a obtenu de très - marqués de l'ouverture de l'artère temporale, dans Île traitement des congestions nfléimmatoires!de la: 1ôté (2).

M. Montain pense, peut-être avec raison, que dans le traitement, des anévrysues

(1) Ces faits sont extraits du Recueil de la Séciété ‘dé Médecine dé Paris, ®o/. 18 , pag. 263. |

(2) Collect. de Baldenger , tom. 1, page 137.

(67) vräis, infernes où externes , l’artériotomie sérait avec avantage employée comime auxiliaire de la méthode de V’ülsalva; et que l'apoplexie foudroyanté des’ jeunes gens pourrait être combattüe plus efficacement par l’artériotomie , que par la phléboiomie. Dans la viaillesse, ditsil, c'est le sang noir qui est la cause matérielle de l'accident apoplectiques dans les jeunes gens, au contraire, c'est le sang rouge , mis en mouvement par le cœur dont les forces sont augmentées soit par des passions, soit par des causes physiques. |

M..Z.... négociant , âgé de cinquante ans, d’une constitution athlétique, habituellement livré à des éimportemens, est frappé de plusieurs attaques d’apoplexie sanguime,qui se compliquent de mouvemens convulsifs sans perte totale de connaissance. On recourt aux saignées du bras , à l’ouverture des saphènes, aux sangsues et’ aux autres moyens révulsifs ; les accidens ne s'appaisent que pour se renouveler. À la” sixième altaque, on observe que les yeux sont animés, que la couleur du visage est d'un rouge vif, que les temporales battent fortement ; j'ouvre à l'instant même

un de leurs principaux rameaux, je tire

environ huit onces de sang, et les accidens

s'appaisent. Dans les jours suivans, le ma-..

lade est plus+tranquille ; au bout de trois

semaines , l'élévation du pouls conduit à une

nouvelle évacuation de sang artèriel , et les

accidens ne reparaissent plus (1).

(1) ILe Obser. de l’Aut,

Page 1