‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 32 sur 77 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De l'indication des émissions sanguines, prise de la quantité surabondante du sang, (état de pléthore.)

La surabondance réelle ou apparente du sang, amène nécessairement la distension des vaisseaux , et constitue ce que lon désigne sous le nom de pléthore.

On divise la pléthore en vraie et en fausse ; elle peut être générale ou locale.

La vraie pléthore générale (1) est celle dans laquelle le sang surabonde réellement

(1) On peut établir entre l’inflammation , la congestion et la pléthore,; des différences assez marquées, Dans linflammation , le système artériel semble se multiplier; dans la congesLion , le système veineux est suftoqué ; dans l’état de vraie pléthore ; ily a dévelop— pement manifeste de tous les systèmes circulatoires,

dans toute l’économie. En rapport avec

le tempéranient sanguin , elle est surtout caractérisée par lebdéveloppement imanifeste du grand système circulatoire , par la coloration du visage , la chaleur du corps ; bientôt surviennent des éblouissemens , un état de somnolence , ou d’autres phénomènes qui annoncent que lmdividu est menacé de quelqu'accident ; et si une hémorragie nazale, un flux hémorroïdal ou quelqu'autre évacuation salutaire, ne

viennent modérer le mouvement du sang

et l'exaltation des vaisseaux , l'indication des émissions sanguines devient urgente (x).

La pléthore n’est pas toujours constitutionnelle ; elle peut être accidentelle, et résulter d’un régime échauffant ; souvent elle est périodique et se reproduit, soit a l'entrée du printems , soit pendant le cours de l'été. L'état de pléthore survient surtout chez les personnes qui passent d’un état de maigreur à un état rapide d'embonpoint ; chez celles qui ont été sujettes

(1) Siahl considère la pléthore comme cause d’un grand nombre de maladies ; par conséquent les: hémorragies critiques comme les plus essentielles de toutes les crises, et la saignée non seulement comme le meilleur de tous les moyens, mais encore comme le préservatif d’un grand nombre de maladies.

(149) à quelques évacuations habituelles supprimées : dans tous ces cas, les émissions sanguines artificielles Vois un préservatif contre l'invasion de quiique maladie sé-

rieuse.

La pléthore est quelquefois peu mani-

feste, peu en rapport avec le tempérament

essentiellement sanguin ; mais la surabon-

dance du sang n’en est pas moins réelle ;

c’est la pléthore latente. Le système vas-

culaire reçoit l'influence de la compression

qu'elle exerce ; le jeu des vaisseaux est anéanti, toutes les sécrélions sont suspendues, les principaux organes sont dans un état de gêne, d’embarras ou de suffocation , le pouls est enveloppé.... Îl appartient aux émissions sanguines, dirigées avec me-

sure et prudence , de lever tous ces obs-

tacles et de rétablir Pharmonie de toutes

les fonctions.

Nous avons dit quil pouvait exister une

fausse pléthore; ajoutons qu'il pourrait être facile de la confondre avec la vraie.

Le gonflement des veines, la chaleur de

Ja peau , la rougeur des yeux et du visage,

la soif, l’altération, la coloration des urimes sant, à la vérité, des signes qui

peuvent être communs à l’un et à l'autre;

mais la faiblesse naturelle du tempérament, l'abus des exerciteg, violens ou des boissons

spiritueuses, l’expbsition prolongée au soleil ou dans des lieux chauds, l'existence d’une hémorragie ou de quelqu’antre évacuation ; toutes ces circonstances qui auront précé-

dé, et qui seront accompagnées d’un pouls

plutôt large et fréquent que plein ét dur, etc. devront faire soupconner la fausse pléthore et rendre circonspect sur l'emploi des émis-

“sions sanguines. On devra également Consi-

dérer que les fièvrés qui surviennent dans les étés secs et brülans sont , en général , caractérisées plulôt par un état de raré-

faction et d’effervescence du sang (1); que

(1) Dans le cas de raréfaction extrême et d’orgasme

excessif du sang, où du peu de liaison de’ses principes. constitutifs , il devient. quelquefois difficile

d'arrêter celui qui s'écoule des piqûres de sangsues.

Le docteur Desgranges a vu une Dame ; dans le.

travail de l’éruption de [a petite-vérole, perdre tout son sang par des sangsues appliquées aux cuisses, et succomber. Dans nne angine inflammatoire , il a

‘également vu prendre des peines inconcevables pour tarir Ve : sang des piqûres ot sangsues apposées sur

dés eûtés du-Jarynx. :Ilrest Doha qu'il devient quel- |

quefois difficile d'exercer sur ces parties une conipression suffisante pour bien arrêter le sang.

Dans le cours de ma. pratique , Jai été deux fois

fort embarrassé Pour arrêter ‘je sang qui s’écoulait trop abondginment des piqûres de SR placées

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PROPRES PE RP Re. Us —

(151) par la surabondance réelle de ce fluide, et on se gardera de S'en laisser imposer sur ce point. ds 1 | À ON ter Me dis

Nous avons dit que la pléthore pouvait être seulement locale; et, alors, ou elle est subordonnée à l'influence d’une circulation active, où elle ne résulte que de son irrégularité , favorisée par l’état de débilité ou de constriction de la partie qui devient le siège de l’engorgement : dans le premier cas, 1l faudra recourir aux saignées générales ; dans le second, aux saignées locales.

à la partie interne et supérieure des cuisses, C'était dans des affections hystériques, et les mouÿemens involontaires des malades mettaient à chaque instant en défaut la compression la mieux exercée. Dans un de ces cas, je ne pus réussir, à suspendre l'issue du sang, qu’en appliquant sur les piqüres du viiriol pulvérisé. |

? À moins de circonstances bien impérieuses , il faut donc s'abstenir de l'application des sangsues à Ja parüe interne et supérieure des cuisses et au cou; ow elles ont d’ailleurs d’autres inconvéniens que nous

ävons signalés. (Voyez la page 80, chap. IL)

Al fant aussi Pavouer, l’emploi des! sangsuesl est devenu trop banal. Il est nécessaire d'ouvrir les yeux des Jeunesipraticiens sur ce point, afin de les sous: traire à une prévention qui, dans quelques ,circonsfances, peut conduire à des erreurs fâcheuses. |

CHABITRE X L

De l'indication he An sanguines, prise de l'état du pouls.

PT TOLLCI TELLE

La circulation du sang commence dés que le cœur est formé ; elle se continue jusqu'à la mort. La circulation du sang n’a pas une force constante et déterminée; le repos et loisiveté la ralentissent ; le travail, l’exercice , les passions vives lui donnent de l'activité ; les. maladies: ont aussi de l'influence sc cha circulation , elle est le plus ordinairement accélérée par la fievre ; les remèdes rafraichissans et les

bre sanguines modérent cette accé-

lération ; les toniques, les échauffans LPS mentent. |

Le pouls consiste dans une suite de pulsations artérielles ; le cœur en est la

cause essentielle, c’est lui qui produit et

entretient le ns du pouls. Le choc que |

le sang recoit de la part du veuiricule gauche

gauche , est ressenti à l'instant même dans tout le système artériel jusqu'à ses extré— mités. Si l'on ouvre ne artère loin du cœur , chaque sacade que fait le sang en sortant, correspond à chaque contraction du ventricule (1) : ainsi le cœur est l’agent principal du pouls, et les artères sont pour ainsi dire passives dans ce mouvement qui n'est qu'une impulsion subitement imprimée à toute la masse du sang rouge, communiquée aux extrémités en même-tems que dans les troncs.

On peut distinguer deux tems dans le pouls : la contraction du cœur , l’ondulation du sang , etla dilatation du système artériel par le fluide qui y entre, constituent le premier tems, celui de diastole : le ventricule se relâche pour se remplir de nouveau, l’ondulation se répand dans le systéme capillaire , les artères moins plemes de sang, reviennent un peu sur elles-mêmes, c’est le second tems, celui de sistole.

(1) Si l’on examine les artères mézentériques , à travers le péritoine , aprés avoir ouvert le ventre d’un animal, à chaque pulsation, vous les voyez toutes simultanément s'élever et battre à leurs extrémités ,

comme à leur origine, ( £xper. de Bicha#, anat. génér, tom, 2, pag. 880).

on 77

Lie battement du pouls est répété par minute chez les adultes , environ soixantedix fois (1); il eà moins fréquent chez le vieillard ; on peut compter dans l’enfance jusqu’à quatre-vingts pulsations. Dans quelques maladies , les batiemens du pouls peuvent devenir accélérés au point de se

faire sentir cent vingt fois, et plus, par

minute. Ce pouls doit étre jugé défavorablement ;. on peut ajouter quil doit interdire les émissions sanguines.

La régularité avec laquelle s'exécute ordinairement le mouvement du pouls,

est souvent troublée ; les pulsations ont

alors lieu sans ordre, sans mesure, tant

est grande l’altération des fonctions; il

faut, dans ce cas, apporter une grande réserve dans l'emploi de la saignée.

Bordeu remarque, très-judicieusement | : ] ?

qu'une partie enflammée peut étre regardée

(r) Rien ne doit plus contribuer au maintien d’une circulation régulière, qu’une vie sobre, des jours coulés dans la paix et l'union, à l'abri de l'ambition et des soucis, dévorans , loin du tumulte

RCE pers 25,

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