‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 40 sur 77 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

SUR LES FIÉVRES.

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On ne doit, sans doute, adopter en médecine , que les principes qui reposent sur un grand nombre de faits. Ainsi, les ma-.

ladies doivent étre traitées d’après des indications tirées de lobservation de ce qui a réussi dans des cas semblables; c'esta-dire, qu'on ne doit prescrire un médi-

an?

Er A

Le. ae. —.

ACENTT ) cament que lorsqu’ une indication positive, fondée soit sur le raisonnement et l'expérience réunis, soit sur l'expérience seule , vient y autoriser.

En divisant les fièvres, d’ après leurs symp- 1ômes , on peut reconnaitre cinq sortes de

fièvres primitives; la fièvre inflammatoire,

la fièvre bilieuse , la fièvre muqueuse, la fièvre putride ou adynamique, la fièvre maligne ou ataxique ; parce que la plus grande partie des fièvres que l’on observe de nos jours , Se rapportent assez bien à ces cinq espèces.

Hippocrate (1) paraissait regarder la fièvre comme une affection particulière qui élait toujours de même nature; il ne la distmguait que par ses types, et avait peutêtre raison. S'il a donné aux fièvres quelques noms, 1l ne paraît avoir eu d'autre intention que celle d'indiquer ou l’épiphénomène principal, ou la complication la plus grave.

Il est rare de trouver des fièvres simples ; et il l’est peut-être moins de voir une Hévpe aiguë présenter successivement les

vor

(1) Traité des malad., Zip. 4. Trait, des vents.

divers symptômes qui conslituent les fié- |

vres primitives.

CG

Chez un jeune homme d’une constitution :

athlétique, j'ai vu une fièvre qui au début paraissait éphémère, avec complication d’un emnbarras gastrique; et qui, après l'eflet

de l’'émétique, a successivement offert les caractères qui constituent la fièvre inflam-

matoire , la fièvre putride , la fièvre maligne ; lors même qu'un traitement méthodique en eût fait disparaître tous les épiphènomènes, la fièvre continuait encore ; elle ne se termina entièrement que lorsque les urines eurent présenté un dépôt cri-

‘tique (x).

Il semble résulter de ces considérations, conformément à la doctrine d’Hippocraïe, que pour trailer les maladies, ou plutôt pour les guérir , il importe beaucoup moins de leur assioner des caractères spécifiques d’après lesquels on puisse les classer métho-

diquement , que de connaître et d'apprécier.

les signes communs qui servent à indiquer .

le degré et la violence. C'est ainsi qu'un

praticien habitué, appelé près d’un ma-

(1) IX.° Obs. de l’Auteur, ‘dp Ë

lade attaqué d’une inflammation interne , avec fièvre aiguë , porte son attention sur la douleur, sur l'état des forces vitales dont il cherche à faire une juste appréciation ; il examine scrupuleusement les épiphénomènes concomitans ; fait de cet ensemble ressortir l’indication , et s'occupe peu des symptômes qui pourraient lui démontrer si l’inflammation a son siège dans la plèvre ou dans le poumon, dans la substance du foie ou dans sa tunique péritonéale. Fci le praticien differe peut-être du jeune adepte, qui se serait plus occupé de signaler l'espèce.

Ainsi, on peut dire avec un célébre praticien de nos jours, le docteur Corvisart, que quoique le terme de médecine symptomatique ne soit ordinairement prononcé qu'avec l'expression du mépris, on fait cependant presque toujours la médecme du symptôme. Une fièvre , par exemple,

ne Semble présenter par elle-même au- Cune indication particulière ; mais si elle est compliquée de pléthore , d’embarras gastrique où intestinal, de faiblesse extrême ou de symptômes nerveux, on cherche surtout à faire cesser lexistence de ces épiphénomènes ; parce que lors-

( 180 ) qu'ils ont disparu, la fièvre suit sa marche et se termine heureusement (1). | ) €

Fièvre éphémère simple. (Courbature).

La fièvre éphémère simple, caractérisée par un mal-aise général, une augmentation de chaleur , et surtout par une lassitude de tout le corps, se terinine ordinairement au bout de vingt-quatre heures.

Une constitution pléthorique ; quelques excès d’intempérance, peuvent la prolonger jusqu'au troisième ou quairième jour ; on peut alors assurer sa prompte terminaison par une légère émission sanguine.

Un Moine, dit Forestus , plongé dans lmaction , d’un tempérament sanguin , se

(1) À Dieu ne plaise que je veuille méconnaitre l'avantage des classifications des maladies et proclamer la médecine symptomatique. Point de doute qu’à l’aide de distribatious methodiques, le professeur ne mette dans ses leçons , un ordre qui les imprime dans la mémoire de l’élève d’une manière plus claire et plus durable, et que le jeune médecin n’arrive plus sûrement et plus facilement à l'habitude d’une pratique éclairée; enfin, point de doute qu’il y aurait de graves iucon= vémens à admettre en principe qu'il faut faire la wiés decine du symptôme ; que d'abus en résulteraient®

livre à quelques excès : développement de chaleur, pouls grand, plein , fréquent...

On pratique le second jour une saignée ; elle est répétée le troisième ; la fièvre cesse le quatrième.

Si la fièvre éphémère attemmt un sujet pléthorique, surtout à l'entrée du printems, on POUETE pratiquer une où deux petiles saignées du bras; dans le cas où le sujet serait d’une connsütution faible et peu sanguin , on donnera la préférence à DAAEAtON de six à huit sangsues.

Lorsque les symptômes de la fièvre éphémère prolongée seront marqués par des caractères d'intensité , auxquels se joimdront quelques autres phénomènes pathologiques, on aura la fièvre éphémère inflammatoire.

D doñate nous en offre un exemple :

Péricles est pris de fièvre aiguë et continue, avec sentiment général de lassitude et de ‘souffrance ; soif, nausées , vomissemens , pesanteur de tête, douleur dans le hippocondre gauche......; à la fin du jour , hémorragie dé la narine gauche ; le deuxième jour, tous les symptômes sont aggravés; le troisième jour rémission de

( 182 ) la fièvre , urines copieuses et sédimenteuses, nuit calme; le quatrième jour, vers midi, sueur abondante et générale , terminaison de la fièvre.

On trouve dans Galien un cas analogue...

Sentiment de pesanteur , pouls fréquent et développé , visage colorés etc. La saignée est différée , les premiers jours, sous divers

rétextes. Un sentiment de tension dans toute l’habitude. du corps, et une douleur pulsative de la tête font pratiquer la saignée qui est portée jusqu'à défaillance ; aussitÔt apres il survient un assoupissement profond qui est suivi de convalescence.

Dans le fait cité par Hippocrate, un effort salutaire de la nature, une hémorragie nazale a jugé la maladie; dans celui cité par Galien, on n'a SABRE qu’à la fin du troisième jour, et pa l'a fait jusqu’à défaillance. |

Ainsi, dans la fiévre éphémère qui présentera des caractères inflammatoires, on pourra de suite provoquer la saignée. ‘On donnera d’abord la préférence à la sa gnée du bras qui exige moins d'appareil que toute autre. Cependant, si après la pre= mière saignée, la céphalalgie continuait

’être violente , la seconde évacuation pourrait AVOIr te par une saignée du pied , ou par celle du bras, les pieds dans l’eau

chaude. Si, au contraire , après la première saignée , le pouls avait peu de plénitude , on pourrait donner la préférence à l'application de quelques MAR au siège ou aux pieds.

Fievre inflammatoire.

La fièvre inflammatoire a pour caractères principaux , la rougeur de la face, la chaleur halitueuse de la peau, un pouls plein , fort et fréquent. Elle règne communément dans l'hiver, au commencement da printems , dans les constitutions froides et sèches. Elle attaque principalement les imdividus d'un tempérament sanguin , qui passent d’une vie sédentaire à une vie fatigante, qui commettent des excès d’intempérance , etc. La suppression d’une évacuation sanguine habituelle , l’époque de la première apparition des régles , et celle de leur cessation, disposent à cette fièvre. Il résulte de l'influence de toutes

( 184 ) ces causes , outre un état de plénitude.et de

surabondaunce de sang’, ‘une excitation des forces Doria du systéme vasculaire.

La fvre inflammatoire débute sdbite ment par un sentiment de froid , auquel succède une chaleur halitueuse; le visage se colore, les yeux sont brillans, la conjonctive est parsemée de vaisseaux capillaires rouges , la langue est humide, blanchatre, rouge sur les bords, le pouls est grand, fort, fréquent, mails égal , quelquefois dur : il y a battement des artères temporales , céphalalgie , urimes TOR el rares, elc.

* Les saignées générales, soit. du ban soit du pied, sont indiquées dès l'invasion de la maladie.

Cest particulièrement dans cette fièvre | qu'on peut signaler la force imédicatrice:

de la nature dont Hippocraie et Sthal ont surtout reconnu l’heureuse influence; | aussi conseillent - ils: de se borner à. Le médecine expectante ; et ce dernier donne=" t-il, par dérision, le nom de /anio ‘doc- .

| res. aux neue toujours préts AIS aile le Sang.

Tissot

Tissot veut aussi qu’on attende les efforts

critiques de la maladie, er, abandonnant à une méthode d’expectation.

Le professeur Pinel qui déclare avoir souvent observé la fièvre inflammatoire au plus haut degré, ne lui a le plus souvent opposé que la diète , les boissons abon- ‘dantes, et délayantes.

D'un autre côté, Brown et Franck conseillent de verser le sang à grands flots.

Quel parti prendre? Celui de surveiller les diverses tendances que peut affecter la nature, à certaines époques de la maladie(r},

La rougeur des yeux , un sentiment de

pesanteur dans les tempes, des larmes in-

volontaires, le prurit de narines , le pouls * qu'on appelle, dicrote ( bis feriens ) feront «présager .une hémorragie: nazale.

* La rareté des urines, la souplesse de ‘là peau, un pouls mou et ondoÿant viendront annoncer une. sueur favorable.

Un sentiment de pesanteur , une sorte

d’ardeur vers les parties génitales précéderont des urines critiques. : ;

(1} Voyez Haxam, Quarin , Déhaen.

: :l'Dans tous ces cas, il faudra, sans doute, : se garder de troubler les mouvemens salu- ” taires de Ja nature par des émissions sanguines ! artificielles.

‘Mais sil ne se présente aucun effort avantageux , si le malade paraït, au contraire , menacé d’une congestion vers la tête, | marquée par l’obscurcissement de la vue, Jinsomnie , les vertiges, un pouls dur et plein, l'attente serait dangereuse; il faut recourir de suite aux émissions sanguines:

plusieurs praticiens, entre autres le professeur Pinel, conseillent ici de donner la préférence à la saignée du pied.

{Dans l'état avancé de la maladie, sï,, 4 après l'émission d'une quantité suffisante de sang par Fouverture des veines du bras, quelques . forts redoublemens reproduisent l: un mouvement de fluxion vers la tête, il .

‘pourra être combattu efficacement par une Saignée du pied, proportionnée aux forces du malade , ou par l'application de sangsues à l'anus. : Set (1

Sida congeslion semblait se diriger vérs la poitrine, (ce qui serait annoncé par Tembarras de la respiration, des anxiétés,

| (187 ) des étouffemens au moindre mouvement du corps), on pourrajt indifféremment recourir à la saignée soit du bras, soit du pied.

Enfin , si quelque viscère de l'abdomen paraissait menacé, on donnerait la préférence à la saignée révulsive du bras.

liévre bilieuse.

LE fièvre gastrique ou bilieuse est, caractérisée par l’'amertume de la bouche , la teinte jaunâtre du visage , la céphalalgie frontale , la tension gravative et inconmimode de la région de l'estomac, la chaleur âcre et mordicante de la peau, les nausées, le -vomissement, tantôt la constipation, tantôt la diarrhée... Elle comprend la fièvre gastrique simple de Baillou , le causus ou la fièvre ardente d’AHoffmann.… Elle peut affecter divers types, celui de continue , de remittente, et d'intermittente.... Elle peut se compliquer avec les divers ordres de fièvres primitives. Elle attaque rarement d’une manière subite, et n’exige des émissions sanguines que chez les sujets jeunes et -plems de vigueur. |

‘Une constitution pléthorique , quelques "excès, la suppr ession d’une saignée ou d’une perte de sang habituelle, les travaux excessifs , l'abus des liqueurs alkoolisées, les veilles ,' les emportemens de colère peuvent déterminer complication de la fièvre bilieuse avec la fièvre inflammatoire ; alors paraît une série de symptômes combinés, qui appartiennent à l’une et à l'autre de ces fievres. *

L'invasion des fièvres gastriques inflammatoires est plus subite, le frisson plus violent ; aux symptômes de la fièvre bidieuse sé joignent les suivans : pouls plein, fort, fréquent, quelquefois dur, cépha- lalgie plus intense et plus lancinante, vertiges , délire quelquefois furieux, respiration génée et courte , état douloureux et tension du ventre. Quand ces signes réunis, ou la plupart d’entre eux se présentent, ils carac-

térisent évidemment la fièvre bilieuse in-

flammatoire, et il est alors 1 im pér ieusement

indiqué de faire précéder les évacuations des voies digestives par quelques émissions.

sanguines. Cléchorn saignait copieusement ‘dans la fièvre bilieuse Fnfätéitfiatonts , et ‘donnait ensuite des pur gatifs anti-phlogistiques. Coxbruck a vu qu apr ès des D id

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