‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 43 sur 77 · DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL

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Le mot iuflammation indique la réunion

des phénomènes pathologiques qui suivent :

douleur , tension ougeur, chaleur , mouvement fébr ile. Gi qu'avec Boëérhaave , on attribue l’inflammation à un état d’obstruction des vaisseaux, ou avec Fan Swieten, à un ACOPO ASC ANR de vitesse du sang ; soit qu'avec Hoffmann et Cullen, on veuille

fate reconnaltre un élat de spasme des extréinités artérielles; on peut dire que ces opinions , de même que celles de Sthal, de Wan Helmont, de Bordeu , de Vicqd’'Azir, sont restées sans un grand intérêt pour la science, et surtout sans importance pour la pratique (x). |

L'état inflammatoire présente des diffé:

rences relatives à la nature particulière du tissu de nos parties, à leur desré de sensibilité, et aux fonctions variées de no$ organes ; 1l en offre également qui sont relatives à l'intensité des causes qui l'ont produit. |

(1) I faut néanmoins convenir ,avec ces derniers, que la cause prochaine de linflammation paraît consister dans une irritation qu’on peut considérer comme un ateuillon qui stimule la partie qui en est le siège, et où les fluides arrivent de toutes parts. En effet, que l’on soit piqué par une guêpe , on voit endroit de la piqûre rougir un peu; et comme l'irritation est entretenue par la présence de l’aiguillon ” ou du fluide que l’insecte a déposé, la douleur et la rougeur augmentent bientôt, et la partie s’engorge. Le père de la médecine avait pressenti cette explication, lors qu’il a dit : wbr dolor, ibi hurmores affluunt, Les expériences microscopiques sont venues confirmer ces ” phénomènes. Lorsqu'on irrite, avec an instrument pis quant, le méséntére d’une grenouille, on voit le sang arriver vers l’endroit irrité ; il's’ÿy rend même contre les lois de la circulation, c'est-à-dire, en retrogradant dans certains vaisseaux, pour se porter au centre de, larritation. | |

L'inflammation reçoit différens noms, suivant les parties du corps qu'elle affecte; on la nomme ophtalmié, lorsqu'elle attaque l'œil ; esquinancie , lorsqu'elle occupe la gorge ; péripneumonie , lorsqu'elle a son siège dans les poumons ; hépaiite, quand elle a lieu dans le foie, etc. etc.

Les phénomènes très-connus des inflammations extérieures sont propres à donner une juste idée des inflammations intérieures;

celles-ci ont , d’ailleurs , été pour la plupart sisouvent observées, si exactement décrites, que l’on est assez d'accord sur leur diagnostic , leur pronostic et leur traitement.

Tous les viscères, toutes les glandes, toutes les membranes, le tissu cutané, et principalement le corps cellulaire et graisseux, sont susceptibles d’inflammation ; elle attaque rarement les muscles (1).

(1) On doit au savant professeur Pine] une classification méthodique des phlegmasies ; à laquelle les travaux anatomiques de Bichat n’ont pas été étrangers. Le professeur Pinel pense qu’un vice général, attache à toutes les théories de l’inflammation , a été de regarder ce mot comme univoque et présentant , dans tout les cas, une série de symptômes absolument semblables ; tandis qu’il doit être pris avec des acceptions différentes , suivant que le siège de l’inflammation est fixé ou dâns les tégumens, ou dans le tiésu cellulaire et les glandes ; où dans les membranes

Caik)

L'inflanymation des parties membra-

séreuses, ou dans les membranes müqueuses , ou dans l'appareil des articulations et les muscles : de la cinq ordres de phlegmasies bien distinctes , qui présentent des différences relatives au caractère de la fièvre concomitante , et aux terminaisons des phlegmasies: C’est ainsi que la fièvre qui accompagne la phlegmasie des membranes muqueuses; est, quelquefois, à peine sensible et toujours heauconp moins vive que celle qui est propre aux inflammatiuns des membranes sérenses; on voit aussi la fièvre qui sccompagne quelques éruptions cutanées , avoir un caractère particulier , celui de £e manifester quelques jours avant l’éruption , ce qui pourrait faire douter si elle est secondaire ou primiuve. à

Cette variété dans les mouvemens fébriles , propre aux diverses phlegmasies , indique assez que la terminaison de ces dernières doit offrir quelques différences. En effet, linflammation des membranes muqueuses est caractérisée par des changemens successifs, dans la matière de la sécrétion, et ensuite par un retour à l’état naturel... L’inflammation des membranes sérenses peut se terminer par résolution , ou par l’exudation d'une matière concressible à ‘enr surface , et par un épanchement d’un fluide lymphatique... La résolution, l'induration, la suppuration, sont des terminaisons ordinaires aux inflammations glanduleuses ; tandis que la résolation est le partage du rhumatisme inflammatoire ; quelquefois, cepen-

dant, il se fait un amas gélatineux dans les gainès des tendons et des muscles. :

Quelques justes que soient, en elles mêmes, ces \ considérations de lillustre auteur de la Nosographie Philosophique ; il m'a paru inutile d'adopter cette classification dans cet ouvrage, par la raison qu'elle ne pent éclairer la doctrine des émissions sanguines artificielles, dont l'emploi repose exclusivement sur les donuées pratiques, ù |

| ( 215 ) neuses, comme de la plèvre ; du médiastin, du diaphragme , de l’estomac, etc., etc., détermme ordimatrement les acces les plus sérieux , et presque tou) ours le délire.

Les inflammations internes ne sont jamais sans danger : si elles ne se terminent en peu de AUS par la résolution, on a à cramdre la suppuration NN gangrène à linduration ou la dégénérescence en une affection chronique, qui, par la suite, devient presque 1oujours lrés-fichense.

Les crises favorables que Ja nature peut provoquer , pour | heureuse terminaison

de At nratiqn , Sont : l’hémorragie , et

les sueurs ; dans quelques circonstances, la

| crise peut aussi s'opérer par des urines séà Gels: ou des évacuations alvines.

\Ls principal remède de l'inflammation k consiste dans Pemploi, bien dirigé, des émissions sanguines artili cielles.

Il faut, autant que possible, les. placer

dans les trois ou quatre premiers jours

et, afin de n’être pas obligé de les pousser

trop loin, on leur associera , dès l'invasion,

des Done tempérantes et AAA dc

ainsi qu'une diète rigoureuse. En cas de

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complication saburrale , il conviendra de

joindre ; à ce systéme de traitement , l'emploi des laxatifs , et quelquefois FR vOmitif. Ces indications , une fois remplies, on se bornera à observer les efforts de la nature, à examiner vers quelle voie ils tendent ; et sils paraissent avoir une direction favorable , on se gardera de les troubler par une médecine trop active,

dont le imoivdre inconvénient serait de

retarder la solution de la maladie.

Ne devant considérer, ici, linflammation

que sous le rapport des émissions sanguines,

nous nous bornerons à la distinguer en

aiguë et en chronique.

Quand l’inflammation aiguë se fixe sur une partie interne, ou même si: elle est

considérable , sur une partie externe, il survient un activité plus ou imnoins grande

dans le systéme circulatoire ; alors le pouls

se présente plus fréquent, plus fort et plus.

dur. Il est très facile au praticien de-si= gnaler et d'apprécier le degré d'intensité

de tous les phénomènes pathologiques qui caractérisent létat inflammatoire, contre.

lequel la saisnée est, comme nous l'avons

dit, le remède À

Le

Carr)

Le diagnostic des inflammations chroniques est, de même que leur traitement, beaucoup plus obscur. La douleur qui caractérise particulièrement l’état aigu 4 est ici, légère; quelquefois il n’y en a point; la fièvre est le plus souvent irrégulière, et peu marquée par l'élévation du pouls:

L'expérience LOuS apprend que les VIScères de la poitrine et du bas ventre sont fréquemment atteints d'inflammation chronique, et c’est à cette cause que la plupart des phthisies doivent leur développement.

Dans les”inflammations aiguës , on doit , en général ; tirer le sang’ du grand système circulatoire ; c’est celui des artères, et ‘surtout celui des grandes veines ; qu'il faut ‘répandre; dans les Le chroniques, cest le systéme capillaire qui il APE tient Fe plus” souvent ri atteindre.

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