X .... Che non è assai
tPiacere asciocchi o a qualche donnicciuola.*
Riccoboni.
le bon et le vrai doivent l'emporter à la fin.
L'approbation et les suffrages des hom- |:^
mes qui se distinguent dans les arts , les ||
seuls juges à considérer, doivent servir à II
perfectionner l'homme à talent , qui ne doit %
avoir que du mépris pour les louanges que |
les sots prodiguent au charlatanisme. |
Appliquez-vous à ne pas confondre le |
genre ; il n'y a rien de plus mauvais goût \
qu'un danseur d'une taille majestueuse, et .|
propre au genre sérieux, qui vient danser, }
dans un ballet comique , un pas villageois: |
comme il n'est aussi rien de plus ridicule |
qu'un danseur d'une très-petite taille, d'une |
structure ramassée, qui a la prétention de \
s'affubler d'un habit héroïque , et qui cher- j
che à se dessiner dans un adagio. Les an- '
cîens eux-mêmes nous ont donne' l'exemple de cette se'vérite par lu finesse de leur goût* Le trait suivant en fournit la preuve. Un mime d'une petite taille représentait à Antioche le rôle d'IIoctor ,• le public s'e'crid j'isljanaleni videnius , ubi Hector est (i)i* Ce serait une chose plaisante que celle de voir un mime repre'sentant l'un des plus illustres personnaj^es de l'antiquité', avec les manières naïves et badines qui ca-
(i) Je ne blâme vraiment la confusion des genres, que parce que des arilsies médiocres voulant singer le plus cher des favoris de Terpslcore , ne font autre chose qu'anéauiir et dégrader l'art de la danse. Je veux hieu que celui qui a la stature, et qui possède les dispositions ei les moyens qui ont distingué, plus que tout autre, M. Veslris, se livre à tous le» genres; le travail et les Lonues leçons le falront parvenir; mais que celui qui est doué d'une taille avantageuse adopte absolument la dause noble, et que celui qui n*a qu'une taille nu>yenne, se livre au demi-caractère, aux pas d'agilité et au genre pastoral. Il faut aussi que les danseurs costumés à la grecque ou à la romaine , dansent différemment lorsqu'ils portent un habit moderne ou celui d'un villageois.
ractëriseni l'habitant des campagnes. L© danseur et le mime doivent consulter leur physique et leurs habitudes corporelles pour se couvrir du costume des diffe'rens personnages, qu'ils veulent représenter.
a Tout sujet doit avoir sa couleur et son nom.»
Horace.
Les plus grands artistes, soit peintres, soit poètes , ou musiciens, se sont bien gardés de confondre le caractère et l'expression des divers personnages ; ils se sont toujours attachés à la distinction des genres. En les imitant, faites preuve d'un bon goCit, et vous serez alors des artistes.
Etudiez bien la composition des pas (i): cherchez la nouveauté dans les enchaînements , dans les figures , dans les attitudes et dans les groupes (2). En composant , en
(1) Le Pas se prend en gc^nëral pour une composition faite sur un air; ainsi on dit il a fait un beau pas sur une telle chaconnc , sur une telle gigue. On fait des pas pour être exécutés par plusieurs personnes ; des Pas de deux , de trois , de quatre , de cinq , etc.
(2) < La variété est un des charmes de la « nature; et vous ne pouvez plaire long-temps
réglant soyez peintre; que tout dans votre
tableau soit en harmonie , et que les effets
I « aux spectateurs^ qu'en variant vos compo-
^ « sitions. »
I Dauberval.
*i Les enchaînemens sont innombrables. Chaque '^ danseur a sa manière particulière d'allier , et I de varier ses temps (a) et ses pas {b). Chaque 1 danseur doit avoir son style. Soyez original « si I vous aspirez à être un jour quelque chose. i Sans cela, soyez sur de n'être jamais rien. I ic 11 en est de la danse comme de la musi-
% « que, et des danseurs comme des musiciens; ■'i « notre art n'est pas plus riche en pas fonda- I « mentaux que la musique l'est en notes; mais « nous avons des octaves , des rondes , des « blanches, des noires, des croches, des temps « à compter, et une mesure à suivre; ce mé- « lange d'un petit nombre de pas et d'une « petite quantité de notes, offre une multitude « d'enchaîneraens et de traits variés; le goût et « le génie trouvent toujours une source do nou- « veauiés en arrangeant, et en retournant cetio M petite portion de notes et de pas de mille
(a) On appelle temps un mouvement de jambe.
(i) Pas se dit des diffe'renles manières de former et de conduire ses pas , en marchant et en sautant , «oit en face ou en tournant.
principaux âyent une vive expression qu'accompagne une grâce se'duisante. La musique doit être sans cesse d'accord avec votre danse ; c'est cet ensemble charmant , qui entraîne tous les cœurs (i).
« sens et de mille manières différentes; ce « sont donc ces pas lents et soutenus , ces « pas vifs, précipites, et ces temps plus ou « moins ouverts, qui forment celte diversité il continuelle (a).
(i) Ce charme qui naît de l'harmonie des mouvemens de la musique et des mouvemens du danseur , enchaîne ceux même qui ont l'oreille la plus ingrate et la moins suscepii- Lle de l'impression de la musique.
« Ces deux arts sont frères, et se tiennent « par la main; les accens tendres et harma> « nicux de l'un excitent les mouvemens agréa- «< blés et expressifs de l'autre j leurs effets «< réunis offrent aux yeux et aux oreilles des
(a) Les notes tnarqudes avec des guillemets sont exlrai> tes de l'Encyclopédie, l'arliclc qui les a fourni, est le seul de l'ouvrage où l'un traite de la danse, qui puisse eue utile aux jeunes danseurs d'aujourd'hui. Ces observations, k l'e'gard du mécanisme de certaines parlirs do l'avt, et surtout celles faites sur les constructions physiques des sujets, sont remplies de justesse.
Je terminerai mes instructions pat recommander aux jeunes élèves letudo indispensable du dessin et de la musique ; rien J ne sera plus utile à leur art. Dessinateurs, ,| ils y gagneront des manières gracieuses et élégantes de se poser , de se développer avec
a tableaux animes j ces sons portent au cœur a les images iutcrcssantes qui les ont affectes; « le cœur les communique à l'ame; et le « plaisir qui résulte de l'harmonie et de l'in- « telllgeuce de ces deux arts , enchaîne le N spectateur, et lui fait éprouver ce que U « volupté a de plus séduisant. »
La musique d'un pas ou d'un ballet doit avoir encore plus de cadence et d'accent que la musique vocale , parce qu'elle est chargée de signifier plus de choses; que c'est à elle seule d'inspirer au danseur, au mime, la chaleur et l'expression que le chanteur peut tirer des paroles, et qu'il faut de plus qu'elle supplée dans le langage do l'ame et des expressions tout ce que la danse ne peut dire aux yeux du spectateur ( J. J. Rousseau , Dict. de Musique ).
La pantomime exprime beaucoup sans doute, mais sans l'accent et le sentiment des sons mélodieux de la musique, elle ne peut nous loucher , et nous émouvoir entièrement.
aisance: musiciens, ils auront un tact plus sur qu'aucun autre ; leur oreille les rendra maîtres du mouvement , de la mesure, et leurs pas cadences (i) se marieront parfaite-
(i) La cadeuce (a) est une qualité de la bonue musique qui donne h ceux qui l'exécutenl un seniinient vif de la Tnesure, en sorte qu'ils la marquent et la sentent tomber à propos, sans qu'ils y pensent, et comme par un instinct. Celte qualité est surtout requise dans les airs à danser. Ce menuet marque bien la cadence [b) , cette chaconne matique de cadence.
Cadence signifie encore la conformité dos pas du danseur avec ]a mesure marquée par l'instrument. Mais il faut observer que la cadence ne se marque pas toujours comme se bat la mesure. Ainsi le mattre de musique marque le mouvement du menuet en frappant au conmiencement de cbaque mesure j au Jicu que lo maître à danser ne bal que do deux en deux mesures, parce qu'il en faut aulant pour former les quatre pas du menuet.
( J. J. Rousseau, Dict. de Musique).
(a) On appelle aussi cadence ce battement de gosier, que les Iialicn» appellent irillo. Les finales des phrase» ipusicales s'appellent cadences,
{l>) Le Menuet, la Chaconne et la Gigue, soqt les plus beaux genres de pas de la danse de nos anciens maities.
Ï7 ment au rythme de Voir (i). Ils trouveront aussi plus (le facilite' s'ils veulent composer,
(i) Rhythrae c'est, dans la défiDition la plus générale, la proportion qu'ont entr'elles les parties d'un racme tout. C'est en musique la différence du njouvement qui résulte de la \liesse ou de la lenteur, de la longueur ou de la brièveté des temps.
C'est la définition de Platon.
( J. J. Rousseau , Dict. de Musique ). Ritmo , voce greca che significa numéro. « // numéro si forma délia distinzione , o battuta degV intervalLi eguall o diversL »
Cicérone.
Il riimo è la più sensibile distinzione dei compouiinenti musicali : poicliè le infinité diverse comblnazloni de* vari tempi , de' quali csso varlamente si forma, producouo le sensibili infinité divcrsità d' una dall' alira aria , o dell* uno dall' altro motivo , pensiero , idea , ROggetto, o comunque voglia chiamarsi, e per ciô disse Virgllio ;
« Dell' aria io bcn rai sovverrei se in mente avessi le parole. »
Cou cotesto numéro o sia ritmo ( che noi sogliamo reg'lare cou la battuta ), possono i bal' leriniy senza soccorso di armonia ( cioè di canto o di suono), eseguire le loro imitazionî. E per ci6 Ovidio chlama non glà armoniose, ma bensl
et leurs compositions ne manqueront pas
d'être plus correctes.
«...♦. Teipsicore . . . (i)
û D'Euterpe (a) aimal)le sœur, comme Euterpe
on l'encense, 't( Et mariant sa marche au son des instrumens, « Elle a le même trône, et les mômes amans, w L'illubion la suilj éloquente et muelte, H Elle est des passions la mobile interprète (3):
numcrose le Lraccia di un' eccellente balle-
rina.
« Quella incauta col gesto, a tempo alterna « Le hraccia numerose: e il molle fiauco « Con arte lusinghiera inclina e volge. >
(Metastasio , Consideraz. sulla PoeL d'Arislot. ). (i) Le nom de cette Muse qui préside à la
danse est composé de deux mots grecs, dont
le premier ( terpcin ) signifie rtyow/V, et l'autre
(choros) chœur ^ danse.
«Terpsicore excitée, au bruit des instrumens
«Joint à des pas légers de justes mouvemens. »
Dancbet.
(a) Le nom d'Euterpe, du grec (Eu, terpein)
Bien , Chantier , signifie plaisir : cette Muse
préside i la musique.
«Euterpe a de la fiûte animé les doux sons,
« Aux plaisirs innocens consacré ses chansons. »
Danchet.
(5) La pantomime exprime avec rapidité les
,^ < Elle parle à mon ame, elle parle à mes sens, 1 m Et je vois dans ses yeux des tableaux agissans. « Le voile ingénieux de ses allégories «t Cache des vérités par ce voile embellies. «Rivale de l'histoire, elle raconte aux yeux; « Je revois les amours, les faits de nos ayeux: « Elle sait m'iospirer leur belliqueuse ivresse. «J'admire leurs exploits, et je plains leur faiblesse . . . (i). »
Dorât.
mouvemcns de l'ame ; elle est le langage de tous les peuples, de tous les âges, de tous les temps ; elle peiut même mieux que la parole, une douleur extrême, ou une joie excessive.
Dauberval.
« Polymnîe (a) a du geste enseigné le langage, « Et l'art de s'exprimer des yeux et du visage. »
Danchet.
(i) Dorât a fait avec justice l'éloge de la danse, de la pantomime et du ballet, où ; <c Là pour nous enchanter tout est mis en usage, «Tout prend un corps, une ame, un esprit, un visage.» Le poëte a rendu hommage à l'art choréographlque des Noverre , des Dauberval et des
(a) Cette Muse inventa ausîi la Cliîronomîe, qui signlf fie art de faire avec grâce les gestes et les mouvenicaJ du corps, de chelr f main, et de nomes, loi.