Traité des ivipressiona jthotegraphiques, 1883, p
on y verse peu à peu de l'acide chlorhydrique pour dissoudre le sesquioxyde, on ajoute une quantité d'eau suffisante pour amener le volume à 50 c. c, on fait dissoudre 5 grammes d'acide tartrique dans 20 c. c. d'eau, et on ajoute ce liquide à la solution de perchlorure de fer; on complète le volume total des dissolutions jusqu'au volume de 100 c. c; on filtre et l'on conserve cette liqueur à l'abri de la lumière.
On peut employer le perchlorure de fer que l'on trouve en tablettes irrégulières dans le commerce, mais les résultats sont moins bons. La liqueur sensibilisatrice sera ainsi composée : eau, 100 grammes ; perchlorure de fer, 10 grammes ; acide tartrique, 5 grammes.
On prépare la couche sensible sur verre dépoli bien nettoyé et absolument exempt de corps gras, on verse à la surface du verre la quantité de liquide nécessaire pour que l'on puisse l'y étendre dans tous les sens, on fait écouler l'excès de liquide dans un entonnoir muni d'un filtre et placé sur le goulot d'un flacon, on laisse sécher la glace dans l'obscurité; quand la couche est sèche, elle est brillante et semblable à une couche de vernis; on peut les conserver pendant quelques jours dans une boîte à rainures.
L'exposition des glaces sensibles se fait sous un négatif dans le châssis-presse. Il est indispensable que le négatif soit parfaitement verni; on le place dans le châssis de la manière ordinaire, et l'on recouvre le dos de la glace préparée avec un morceau de drap ou de velours noir, afin d'éviter tout reflet; on expose à la lumière diffuse. Il suffit, en général, de vingt minutes d'exposition avec un négatif d'intensité moyenne. Si l'exposition a été trop prolongée, on ne pourra maintenir la poudre de couleur dans les grands noirs.
Après l'insolation, l'image apparaît en blanc sur le fond jaune du verre préparé ; on place alors ce verre dans l'obscurité pour que la couche s'humecte aux dépens de l'humidité de l'air dans toutes les parties qui ont reçu l'action de la lumière, et en proportion des opacités du négatif. On applique alors à la surface de la plaque, à l'aide d'un pinceau très doux, une poudre de noir de fumée, plombagine, etc., passée au tamis de soie n'^ 180; on promène le pinceau en tous sens sur la surface impressionnée : on voit aussitôt apparaître le dessin, la couleur ne se fixant qu'aux endroits impressionnés, les deini-teintes n'apparaissent que lentement. On recommence plusieurs fois l'application de la poudre, et l'on peut accélérer l'apparition de certains détails qui tardent à se montrer: il. suffit pour cela d'humecter légèrement les portions de la glace qui correspondent à ces parties. On y
PROCÉDÉ PAR SAUPOUDRAGE. 178
parvient eu iiisiiftlant l'haleine sur ces endroits; on passe aussitôt le pinceau chargé de poudre sur ces mêmes portions de la glace.
Lorsque l'insolation a été trop prolongée, l'image est trop chargée de couleur si l'on effectue le développement sans précautions. Il convient alors de saupoudrer la surface de la glace dépolie avec du verre pilé très fin. On effectue cette opération après le développement. On frotte avec un tampon de coton ; les petits grains de verre enlèvent parfaitement les particules de poussière qui voilent l'épreuve, et l'image s'éclaircit.
Pour reporter sur papier l'image obtenue sur verre dépoli il suffit de recouvrir la surface portant la photocopie d'une couche de collodion normal à 1 "/o. Après le collodionnage, on plonge la glace dans une cuvette d'eau propre jusqu'à ce que l'aspect huileux de la couche ait disparu : on verse à plusieurs reprises sur la surface de l'eau légèrement aiguisée d'acide chlorhydrique : cet acide rendsoluble dans l'eau la couche sensible qui recouvre le verre et détruit l'adhérence du collodion à la glace; on lave pour chasser l'excès d'acide, et on api)li(iue sur la surface collodionnée une feuille de papier gélatiné préalablement mouillé; on établit le contact entre le collodion et la gélatine, on chasse les bulles d'air et on éponge l'excès d'eau avec un buvard : on abandonne le tout à une dessiccation spontanée. Quand le pai)ier est sec, il se détache facilement, emportant la couche de collodion dans laquelle se trouve emprisonnée l'image; pour fixer cette image, il suflit de la vernir à l'aide de vernis au copal.
La photocoi)ie ainsi obtenue est dans le sens inverse de l'objet à i-eproduire si l'on n'a pas redressé le négatif. Pour obtenir une image dans le sens direct, d'après un négatif ordinaire, il faut faire un double transfert : la photographie développée est recouverte de collodion, lavée, plongée dans l'eau acidulée, puis lavée. On applique alors sur l'image une feuille de papier ordinaire, mouillée à l'avance, et un l)eu plus petite que la glace portant l'image; on établit le contact entre les deux surfaces, puis on ramène tout autour les parties de la couche de collodion qui dépassent cette feuille de papier; on la soulève et on la détache avec précaution de la glace en la prenant par un des angles : elle emporte avec elle le collodion et l'image. On reporte ensuite la pellicule de collodion sur une feuille de papier gélatinée un peu plus grande que celle qui a servi à enlever le dessin; cette feuille étant mouillée à l'avance, on établit le contact des deux feuilles, le collodion se trouvant placé entre elles; en soulevant par un angle
la première feuille, elle abandonne le collodion qui reste adhérent au papier gélatiné. L'image est alors redressée et fixée, car la couleur en poudre qui la constitue se trouve emprisonnée entre la surface gélatinée du papier et la couche de collodion. Pour bien réussir ce double transport, il est indispensable de faire usage dans le collodion de coton-poudre résistant.
Le procédé par saupoudrage peut s'appliquer à divers modes d'impression par la lumière ; nous retrouverons des applications de ce procédé lorsque nous étudierons l'action de la lumière sur les sels de chrome.
BIBLIOGRAPHIE
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