LIVRE XV
riIOTOCOLLOGRAriIIE
696. Divers modes de tirage. — Nous avons vu que la phoiocollographie était en somme un procédé de lithographie photographique ; il convient donc de rappeler les méthodes générales d'impression par la lithographie.
Sur une pierre plane, préalablement grainée^ on trace un dessin à l'aide d'un crayon constitué par une matière grasse, on fait mordre la pierre en la couvrant d'une dissolution de gomme arabique acidulée faiblement par l'acide nitrique, on la lave, on la mouille ensuite avec de l'eau gommée et on l'abandonne ainsi pendant quelque temps. L'acide nitrique du premier bain de gomme décompose le savon du crayon lithographique qui a servi à obtenir le dessin; les acides gras de ce savon décomposé se combinent avec la chaux de la pierre pour former un savon calcaire insoluble; la pierre est attaquée par l'acide en tous les points où elle n'est pas protégée par le dessin ; elle devient donc plus poreuse à la surface et retient l'eau plus énergiquement; la gomme dont on recouvre la pierre la rend plus pénétrable par l'eau et empêche le corps gras de se fixer dans ses pores.
Si l'on passe le rouleau chargé d'encre d'impression sur une surface ainsi préparée, l'encre adhère sur le corps gras et ne se fixe pas sur les parties humides de la pierre; en recouvrant le dessin avec une feuille de papier, soumettant le tout à l'action de la presse, l'encre abandonnera la pierre, s'attachera au papier qui fournira ainsi la reproduction du dessin primitivement encré.
On peut employer au lieu de pierre lithographique une plaque de zinc convenablement préparée; la marche des opérations est la même que dans le premier cas.
Le dessin peut être fait directement sur pierre, ou bien être exécuté par un moyen quelconque sur papier avec une encre particulière
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et rejw/'fr sur pierre: on fait le dessin avec de l'encre de i-cport sur un i)ai)ier spécial qui est comprimé sur la pierre et y laisse son empreinte grasse, empreinte qui est encrahle sous le rouleau. 11 y a donc deux moyens d'obtenir le dessin sur pierre : l'un direct, l'autre indirect ou par report.
Le dessin, au lieu d'être fait par la main de l'artiste, peut être obtenu à l'aide d'un i)liototype. Dans ce but, on utilise la propriété que présentent certains corps colloïdes de devenir insolubles par l'action de la lumière, de ne plus être pénétrés par l'eau et de prendre l'encre d'imprimerie.
Ces cori)s peuvent être étendus sur des surfaces litlio|4raplii(|ues ordinaires telles ((ue la i)ierre ou le zinc : on ()l)tienl alors (Urcrtcjiicut sur pierre une image encrable par le rouleau.
La substance sensible à la lumière peut être étendue sur papier et exposée sous un pliotol ype ; l image obtenue sera encrée avec de l'encre de report et reporté(j sur pierre: c'est là un X)rocc(lc indirect.
L"imi)ression j)eut enlin être faite sur une surface reccniverte de gélaliiie l)icliroiiiatée. Otte sul)slaiice, étendue en (•()Uclie continue sur un sup})ort convenable, luésente cerlaines [jrojjriétés de la i)ierre litliograp]ii(iue : l'encre grasse adhère en elfet à la gélatine insolée, tandis qu'elle est en qiiel(|ue sorte l'epoussée par les parties (jui n'ont l)as reçu une action lumineuse sul'lisante.
Nous examinerons donc : 1" les inqjressions faites en enq)loyant directement les surfaces litliograjiliKpies ordinaires: 2^ celb^s faites à l'aide (le rei)oi't : ''>" enlin. celles (>l)|enues par rem}»loi d'une couche continue de gélatine bichi'omatée.