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Aide- Mémoire de photographie pour 1882, p

CIIAPITHR II

IMl'llKSSI )N l'AK KKPOUT.

§ 1. — KMl'I.Or DKS mCHROMATKS.

709. Procédé du report. — Une inia[;o ol)tomie avec une oncic s^xM-ial»' peut Otrc (ITm ahjiK'^o en rai)i)li(]uant et la eonii)riniant sur un»' surface où elle al)an(l(»i.ne son encre et forme un dessin; ce procédé de décal((ue i)rend le nom dt; l'Cport. 11 est clair (]ue si le report est fait à l'encn? <^rasse sur pierre ou sur zinc, si l'on acidulé ensuite et si l'on gomme la surface poitant le dessin, elle sera prête pour le tirage lithographi(|ue.

liCs images pliotographi(pies peuvent être reportées sur pierre ou sur zinc après encrage. On doit cependant observer certaines précautions pour éviter Télargissement des tiaits sous la pression qui écrase et étale l'encan* ([ui les forme: de plus, les dilatations ou les contractions du i)ai)ier amènent des déformations (pi'il faut réduire à un minimum, (les images s'obtiennent, soit à Taide des bichromates mélangés avec des substances colloïdes, soit à l'aide de bitume de Judée. Quelle que soit la substance employée, la surface insolée est encrée à l'aide d'uin^ encre spéciale appelée encre de report. On appli- (|Ui' sur la phupie un [>apier poilaut mi encollage pai'ticulier (papier de report) et réi)reuve obtenue est api)liquée immédiatement sur une pierre ou sur un zinc })réi)aré; on comprime le tout sous la presse à râteau, on enlève la feuille de papier : l'encre reste sur la pierre ou sur 1(^ zinc, ({u'il sulïit de préparer convenablement en vue du tirage.

710. Procédé de Rodrigues. — Il est indispensable, dans un grand nond)iv (W travaux de reproductions photographiciues, d'avoir une exactitude absolue entre les dimensions de l'épreuve positive et

celle du phototype qui a servi à l'obtenir. Il est fort difficile d'arriver à ce résultat avec le papier, qui se contracte ou se dilate suivant la quantité d'eau qu'il absorbe ; de plus, le papier montre toujours un grain, et ce grain est nuisible k la finesse de l'image. Pour éviter ces divers inconvénients, tout en conservant les avantages inhérents cà la souplesse du papier, souplesse qui permet d'obtenir un contact parfait entre les surfaces, M. Rodrigues ^ emploie des feuilles d'étain très minces, qui peuvent remplacer le papier de Gliine dans les reports lithographiques.

La feuille d'étain est d'abord satinée sur une pierre lithographique finement grainée et presque pas poncée; on applique ensuite la feuille d'étain sur une plaque de zinc plané dont on a mouillé la surface. On évite avec soin de former des plis dans la feuille d'étain ; s'il s'en produit, on les efface autant que possi])le en les comprimant contre la surface placée au-dessous, et l'on complète le lissage de l'étain au moyen d'un léger frottement avec un tampon mouillé, bien souple et bien propre. On frotte la surface de la feuille métallique avec un morceau de linge imbibé d'une solution de potasse ou de soude à 10 «/o.

Lorsqu'il est nécessaire d'avoir recours à des moyens plus énergiques, on ajoute à la solution alcaline un peu de craie bien levigée, on lave ensuite jusqu'à complète disparition de toute trace du liquide caustique, et avec un pinceau plat et souple on étend sur le métal la couche sensible qui est constituée par de la gélatine bichromatée. Dans les cas de grandes dimensions d'épreuves, cette substance est préférable au bitume de Judée. On prépare la dissolution en mélangeant 40 grammes de gélatine de bonne qualité et 500 c. c. d'eau, on fait dissoudre au bain-marie, et on ajoute un liquide contenant 20 grammes de bichromate de potasse et 500 c. c. d'eau ; on fait tiédir ces deux dissolutions, on les mélange, et on filtre aussitôt à travers une flanelle double ou une éponge bien propre. Ce mélange est étendu au pinceau sur la feuille d'étain, supportée par une plaque de zinc aussi plane que possible.

La couche obtenue doit être bien homogène ; on l'égalise avec l'aide du pinceau et l'on fait sécher à l'étuve. La surface métallique doit présenter une teinte ambrée et ne pas avoir de stries ou d'interruptions. Si avant le séchage l'on place la feuille verticalement, la

1. Procédés fhotograpMques et méthodes diverses d'impression avx encres grasses^ p. 27.

PROCÉDÉ U<)I)I{IGUES. 263

solution ne doit point couler ni îibandonner la i)la(]uc par places en formant des espèces de trous dans la couche, ce ([m est le résultat d'un n<'ttoyage inipai lait.

(Juiind la surface ^a'datinée de l'étain est sèche, on sépare la feuille de la plaque support en la renversant sur une feuille de fort bristol que l'on chauffe doucement pour favoriser la séparation des deux métaux; on peut alors insoler la surface préparée derrière un négatif placé dans un châssis-presse ordinaire. On étend la feuille d'étain sur le négatif, la gélatine e!i contact avec ce dernier, et l'on passe dessus un rouh'au doublé de tianellc. aliii de satiner le métal ci de rappli({uer très exactement contre le i)hototype. Le contact est assuré comme d'habitude à l'aide de coussins en papier ou en feutre.

On doit préférer rexi)osition normale au soleil, pendant cin(i douze minutes, à celle (pii s(M'ait laite à la lumière dilfiise: il n"v a })as d'inconvénient à proloiii^ei" la duiée de riu^olation si le Iniid du négatif est opaque.

L'épreuve doit être enci'é<i aussitél (pie possible après l'insolation. On [)longe la feuille d'étain dans l'eau froide l'image en dessus: peu d'instants après on l'appruiue avec pi-éc lulioii sur une piei-;-;' bien plane, destinée à souleiiii' et à i-^'leiiii- la leuille iiiélalli ju.' p.'udant le passage du rouleau. On lisse l'étain av.c un cylindre de bois recouvert de tlanelle. qui dn même coup chasse l'eau ((ui s' trouvei'ait en trop grande (pianlilé soit sur la feuille, soit en dessous. L'enci'agt! est lait à l'aide d'un rouleau liMiograplii(iue. couvert d'un mélange de deux paiiies d'encre de repoit e! d'une [lai'lie d'encre d'inq)ression : ces ((uantités peuveid viiier dans cei'Iaine-; limites, mais l'encre ne doit pas coidenir ti-op de vernis alin de ne pas être ti'op tliiide. Le rouleau d<»it être un peu soui)le et non surchargé d'encre, (pie l'on renouveUe souvent en la disti'ibuant à la surface du cuir le mieux possible.

Les diriicultés 'pendant l'encrage ix'uvenl pi'ovenir soit d'un excès d'eau, soit d'une insolation trop courle: dans ce cas. on se sert d'une encre i)lus grasse ou i)lus li(piid(>.

Si la surface de l'étain se salit dans les fonds, on la l'ecouvi'c avec un peu (h^ colle d'amidon dilué«\ ou avec une solution tivs faible d«> gomme arabi(pie, ou bien on frotte les taches avec une éponge imbibée de cette même solution de gomme : on atténue ainsi l'aftlnité de la surfac(> pour Tencre. mais il pmit arriver alors (pu^ l'image ne prenne plus une vigueur suftisante pour l'impression.

Si l'exposition a été trop prolongée, l'épreuve s'encre très vite et l'étain se recouvre d'une espèce de voile. On peut en nettoyer la surface préalablement mouillée avec de l'essence de térébenthine, puis l'encrer de nouveau en couvrant le métal d'un peu d'eau additionnée de gomme arabique. Quelquefois, la couche de gélatine bichromatée se soulève et se déchire sous le rouleau : cet insuccès provient de ce que la couche est trop épaisse : si elle est trop mince, au contraire, elle se recouvre d'un voile plus ou moins noir.

Quand l'image est convenablement encrée, on lave la surface de l'étain avec de l'eau et on la laisse sécher pendant environ deux heures après lesquelles on l'encre de nouveau; on lave encore complètement l'épreuve, que l'on essuie autant que possible; on détache ensuite la feuille de la pierre sur laquelle elle a été placée et on la suspend jusqu'à ce qu'elle soit entièrement sèche. On peut alors procéder au report d'après la méthode ordinaire de la lithographie.

711 Procédé à la gélatine sur papier. — Le papier qui doit être insolé sous le négatif peut se préparer de diverses manières, soit à l'aide de gomme, d'albumine ou de gélatine ; cette dernière substance est celle qui convient le mieux, car elle permet une adhérence complète du dessin à la pierre au moment du report. On peut préparer en une seule fois le papier gélatine mélangé de bichromate de potasse, ou bien gélatiner simplement le papier et le faire sécher pour le faire flotter plus tard sur un bain de bichromate dépotasse; ce dernier procédé est le meilleur.

On choisit du papier Rives, pesant de 10 à 12 kilogrammes par rame de 0"^44 x 0"'57, on étend sur ce papier une solution de gélatine à 10 p. o/o, en évitant la formation de bulles d'air. L'opération se fait de la même manière que s'il s'agissait d'étendre soit l'émulsion au gélatino-bromure , soit la mixtion pour les papiers au charbon. On peut aussi préparer ce papier en faisant flotter la feuille sur un bain de gélatine, maintenue à la température nécessaire pour qu'elle reste liquide ; on laisse sécher complètement ce papier.

Le papier gélatiné est sensibilisé sur un bain de bichromate de potasse k 3 p. % en été et à 4 à 5 p. ^jo en hiver; on fait flotter le papier sur ce bain, puis on le fait sécher à l'abri de la lumière.

L'exposition à la lumière s'effectue sous un négatif. On peut se rendre compte de la venue de l'image en ouvrant de temps en temps un des volets du châssis-presse; l'insolation est terminée quand

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