ESSAI DE LA PLANCHE
728. Lavages. — Le lavage s'effectue dans une cuve à dégorger. (Ict ap[)areil [Juj. 501) se compose d'une caisse en bois doublée de })loinl) et garnie de rainures: un courant d'eau continu y circule pendant la durée de l'opération. (|ui a pour ])ut (renlever le bichromate non décomposé par la lumière ; cette eau doit être aussi fraîche que possible pour éviter la production du grain ({ui se montre avec certaines ({ualités de gélatine. L'élimination complète du bichromate exige environ ({uatre lieuros plus ou moins suivant la nature des gélatines
Fig.
employées : (Ui ii<' dcil (Taillf urs rclircr la i»l:iiicli(' de la cuve à dégorger (juc l()rs(|u<'. ru l"<'x;imin;iiil au-dessus (rune feuille de pai)ier hlaiie. elle ne prés<"iile plus aucune leiiite Jaune. On laisse alors sécliei' s[)()nlauémeiil la ('(tuclie ai)rès avoir enlevé les gouttes de gélatine (pii ixMivent se trouver au dos (h) la glace, pi incipalement sur les bords. Lors(iue la glace est sèche, elle est i)réte pour l'encrage et peut se conserver pemhint fort longtemps en cet état.
729. Mouillage et essai de la planche. — La glace, al)solument sèclu\ est placée hori/oulalement et rccouverle d'un mélange de :}U0 c. c. d'eau. (iOO c. c. de glycérine. MO c. c. d'ammoniaque et :\{) grammes de chlorun^ de sodium. Ce bain a pour objet de mouiller la planche et de supprimer une grande partie des reliefs (pie présente la surface de la gélatine. On prolonge faction de ce ])ain jusqu'à ce que le relief tende à disparaître : cette action se produit au bout d'un
temps variable avec la nature de la gélatine. On s'aperçoit que le résultat désiré est obtenu lorsqu'en passant le doigt sur la planche le relief semble diminuer. On rejette alors le bain dans la cuvette de zinc, et, à l'aide d'une éponge très fine, on enlève l'excès de bain de la surface de la gélatine, puis on tamponne avec un chiffon très souple, ou en d'autres termes on enlève les dernières traces de liquide avec un tampon fait d'un chiffon très doux; avec ce tampon, on frappe verticalement sur toute la surface de la planche.
Il est utile d'encrer la planche avant de la caler sur la machine. Dans presque tous les ateliers cet encrage est utilisé pour obtenir quelques épreuves qui servent de type pour les conducteurs de machine et d'après lesquelles on obtient le Von à tirer.
L'encrage s'effectue le plus souvent à l'aide de rouleaux en gélatine : ce rouleau est monté à fourchette {fig. 502); il doit être dépourvu de stries, de raies, de points, de défauts quelconques, et
Fig. 562.
ses extrémités doivent être arrondies, de manière à ne pas produire de marques à l'encrage. On peut se servir aussi de rouleaux de cuir à grains semblables k ceux des lithographes. Ces rouleaux de cuir ont besoin d'être faits avant d'être d'un bon usage : il faut que le cuir ait absorbé assez de vernis et assez de noir pour être suffisamment souple. Les rouleaux en gélatine peuvent servir sans aucune préparation; pour les nettoyer, on les lave à l'essence de térébenthine et on les essuie avec un linge sec.
Les encres sont actuellement fabriquées spécialement pour la photocollographie. En France, on se sert surtout des encres de Lorilleux ; en Allemagne, on emploie celle de Gleitsmann, de Dresde. Ces encres noires, très épaisses, assez résistantes, doivent être broyées sur le marbre avec un peu de bistre mélangé de vernis lithographique jusqu'à ce que l'on obtienne une pâte de consistance assez faible; l'encre mélangée de vernis moyen est étalée sur le rouleau de cuir
ÈN'CRAGE DE LA PLANCHE. 291
dans 1(; sens de sa longueur et on passe ce rouleau dans tous les sens sur la talde à encrer, de manière à obtenir une couche bien uniforme sur la table et sur le rouleau.
On promène alors le rouleau dans tous les s(mis sur la i)lanche mouillée en couvrant régulièrement la surface. Si l'encre prend diflicilcment, même api'ès plusieurs coups de rouleau, c'est que la l)lancl!<' a èlè li-op mouillée ; on la sèche en faisant absorber l'eau par un [)a]ner peu collé ({ue Ton applique sur l'image, on fait passer le tout sous presse. (Juand l'encrage fait avec le rouleau paraît régulier, on promène à la surface de la planche le roulean de gélatine préalablement enduit d'une très petite quantité d'encre ; on régularise ainsi l'encrage: en ijppuyant le rouleau on couvre l'image: en le passant légèrement on la dégage. I^e rouleau en gélatine sert surtout à (''pid'cr rimage ou à maintenir les blniics et à les ('mi)èclicr de c(Mnmuni((uer à Tépreuvii un aspect Noilé par la })etite ({uaiitilé d'encre (|u'ils pouveid retenir.
(lette opéi'ation s'ellect ne. en géiiéi'al. sur le inaibre de la ^l'esse à bras, presse ({ui est indispensabh; dans tout atelier bien organisé. Ott<! machine peu! fort ])ien être une simple presse lithographi(|ue pour les éi)reuves de grandes dimensions: poni' les images de format réduit, on se servii'a |>lns a\ aiitageu-,ement de la presse à bras, construite s[>écialemeid [)onr la pliotocollograplii(î (sur les indications de Ouinsac) pai' la maison Alau/et. On i>lace sur le marbre de la machin(> une feuille de papiei' blanc un [)en é[)ais. coupé à la dimension exacte de la glac(% on dispose celle-ci bien nettoyée sur le pai)ier. la surface gélatinée en dessus, et on la lixe à l'aide des grifl'es disposées à cet effet : on règle alors la lianlem- du râteau si l'on s(> sert de la pressi; lithographi(pie. on bien on elb'rlue la mise de hauteur si l'on se sert de la machine à bras d Alau/.et. Cette machine est construite sur les principes généraux des i)resses lith()graphi(iues mues par la vapeur et destinées à obtenir rapid<'nienl de gi'ands tirages. Dans ces presses, le i)apier est lixé à un cylindre tournant autour d'un axe horizontal sitiu' au-dessus de la surface à impi imer; les génératrices de ce cyliiKhv vieinient successivenuMit s'appli(|uer sur cette surface. Par snit<' de l'épaisseur variable d(>s glaces que l'on emploie, il faut donc anuMKU- la surface» sensible à une luntfcifr convenable par rapport à ces génératrices ou. co qm l'e vient au même, par rapport aux crémaillères, dont l'une s'engrène» sur la roue à hupielle est lixé le cylindre. Dans ce but, on prend la règle à talon spéciale jointe à la
machine ; cette règle est placée sur les crémaillères, et, au moyen de vis fixées aux quatre coins du marbre, on monte ce marbre et par suite la glace jusqu'à ce que le dessus de la surface vienne affleurer le dessous de la règle ^ en réservant l'épaisseur de VhaMllage du cylindre. Cette opération s'appelle faire la mise de hauteur. Il est important, quand on a fait cette opération, de vérifier si le marbre ne boite pas, c'est-à-dire si les quatre vis portent toutes sur le plateau ; on s'en assure en frappant un petit coup aux quatre angles avec le revers de la main.
On prépare alors la hausse. Le moyen le plus pratique consiste' à coller deux feuilles de bristol, de manière que le bord de l'une dépasse l'autre ; on engage ce bord dans la pince de la hausse et on fait tourner le cylindre pour avoir une épreuve sur le bristol luimême. On repère très exactement la position du bristol dans la pince, on le retire, on découpe le bristol sur lequel est l'image de façon à ne conserver collée sur la seconde feuille que la partie où se trouve l'image, sans toucher aux bords de cette seconde feuille que l'on replace de nouveau dans la pince. Dans ces conditions, la hausse tombera bien exactement sur l'image ; après avoir recouvert le tout d'une toile en caoutchouc, que l'on tend fortement par une tringle portant un crochet et un cliquet, on pourra ne donner la pression que sur les* parties de la plaque qui ont subi l'action de la lumière.
Les marges pourraient se salir pendant l'impression ; pour les préserver, on se sert d'une feuille de papier fort, de la grandeur d'un cadre de fer destiné à la recevoir, et on la fixe sur ce dernier au moyen de petites griffes. Dans les machines Alauzet, deux charnières à coulisse permettent d'élever ou d'abaisser ce cadre suivant l'épaisseur de la glace. On imprime une épreuve sur cette feuille par un procédé analogue" à celui qui a servi à obtenir la hausse; on découpe ensuite avec un canif la partie imprimée, de façon à obtenir une ouverture plus grande de 0'"01 dans ses dimensions que les dimensions correspondantes de l'image. On limite ensuite les contours de cette image au moyen de bandes de papier végétal que l'on colle tout autour sur la cache; leur épaisseur n'empêche pas le contact du papier avec la planche.
Il ne reste plus qu'à placer convenablement le papier sur lequel sera imprimée l'épreuve : il faut marger l'épreuve. Si l'on se sert