Aide- Mémoire de photographie pour 1880, p
ron 75» G.; on ajoute ensuite 2ë^b de bichromate de potasse et 2^^b de bichromate d'ammoniaque. Quand la dissolution est complète, on filtre et on recouvre les glaces de cette mixtion ; le séchage s'effectue à une température inférieure à 50» G. La glace est plongée dans l'eau froide après l'insolation, on la laisse sécher, puis on humecte sa surface avec un liquide composé de 12 grammes d'hyposullite de soude, 50 c. c. de glycérine, 50 c. c. d'ammoniaque et 250 c. c. d'eau. Si l'on emploie avec excès ce bain mouilleur, les images imprimées sont dures.'
Pizzighelli* a fait connaître un procédé qui offre une certaine ressemblance avec celui de Marion ; ce procédé donne de bons résultats lorsqu'il s'agit de reproduire des dessins au trait directement à l'aide de négatifs au gélatino-bromure. Une glace est recouverte d'un mélange de 100 c. c. de bière fraîche et de 10 c. c. d'une solution commerciale de silicate de potasse, on sèche à l'étuve et, sur la surface mate et opalescente ainsi obtenue, on étend l'émulsion au gélatino-bromure, on fait sur cette glace placée dans la chambre noire un négatif que l'on développe par les moyens usuels, puis, sans fixer, on traite la surface par un bain de 30 grammes de bichromate de potasse pour 900 c. c. d'eau; le négatif est immergé pendant un quart d'heure dans cette solution froide. On laisse égoutter, et l'on enlève avec un linge l'excès de solution qui l'imprègne; on fait sécher dans l'obscurité la couche ainsi préparée, puis on l'expose à la lumière dans le châssispresse comme si on voulait obtenir une photocopie ; on met en contact avec la surface de la gélatine une feuille de papier préparée au chlorure d'argent, et l'on expose à la lumière jusqu'à ce qu'il apparaisse une faible image sur le papier. L'insolation est fort longue et dure quelquefois toute une journée à cause de la couleur jaune du bichromate et du bromure d'argent qui se trouve encore dans la couche. On lave la couche jusqu'à ce que la teinte jaune du bichromate ait disparu, et l'on fixe comme à l'ordinaire. Pour enlever la couleur noire du négatif, on l'immerge dans une solution formée de 1 gramme de bichromate de potasse, 3 c. c. d'acide chlorhydrique et 100 c. c. d'eau; on retire la glace de ce bain lorsque tout l'argent réduit paraît transformé en chlorure d'argent, on lave et on tixe de nouveau pour dissoudre le chlorure d'argent formé, on lave et on fait sécher cette plaque qui peut être employée au tirage. La couche n'a pas, en général, une épaisseur suffisante pour que l'on puisse l'employer avec un négatif présentant des demi-teintes.
§ 2. — PHOTOGOLLOGRAPHIE SUR CUIVRE.
736. Emploi du cuivre grainé. — L'épaisseur de la couche de gélatine bichromatée dans la fabrication des planches photocollographiques doit être variable. S'il suffit d'une couche très mince pour obtenir des reproductions d'un négatif ne présentant que du noir et du blanc, il n'en est plus de môme lorsqu'il s'agit de copier un phototype présentant des demi-
1. Phot. Correspondefiz, 1882, et Bulletin de V Association helge de j^liotograpJiie, 1882, p. 305.
PHOTOGOLLOGRÂPHIE SUR CUIVRli!.
teintes; dans ce cas, la couche doit être assez épaisse; mais si on l'applique sur pierre elle n'est pas très solide et se soulève quelquefois au dél)ut du tirage. Pour éviter cet insuccès, Tessié du Motay et MaréchaU ont remplacé la pierre par une planche de cuivre grainée. Geymet publia les détails 2 de ce procédé, qui fut plus tard perfectionné parQuinsac et lui permit d'oljtenir pratiquement des tirages à un grand nombre d'exemplaires. Les perfectionnements apportés au mode d'impression sur glace ont fait abandonner ce procédé.
737. Grainage du cuivre. — Le support de la couche sensible est constitué i)ar une plac^ue de cuivre rouge. On se sert des plaques que l'on trouve dans le commerce et qui sont préparées pour les aquafortistes ou les graveurs. La surface du cuivre doit être amenée à un état aussi voisin que possible de celui que présente une glace finement polie; on y parvient en la grainant d'abord avec une molette de verre et du grès assez fin, après avoir plac(' la pla([ue sur une surface bien plane; on termine en usant la planche avec de l'émeri lin : on ne l'emploie que lorsque la molette chargée de grès et poussée vivement à la surface du cuivre laisse sur celui-ci une série de traces bien rcctilignes; on essuie la planche et on la laisse sécher.
Lorsque les planclies ont déjà servi, on enlève la gélatine en les faisant baigner dans une solution concentrée de carbonate de soude du commerce; on les graine après renlèvcment de la couche.
738. Préparation de la couche. — On fait dissoudr»' grnmmes de gélatine dans -J'iO c. c d'eau, aja-ès avoir lavé et fait gunller cette gélatine dans l'eau ; on divise en petits fragments, à l'aide d'un m;irteau, 10 grammes de colle de i)oisson que l'on fait gonfler dans l'eau et (pie l'on fait dissoudre ensuite dans l'eau bouillante. La dissolution est toujours incomplète, mais il suffit de faire bouillir pendant un quart d'heure; enfin, l'on fait dissoudre 10 grammes de bichrom:ite de potasse dans IIO c. c. d'eau : on mélange ces trois dissolutions et on filtre à chaud.
On chaufi'e la phupu» de cuivre jus(iu'à ce ipie sa t('ni[)érature soit d'environ ijOo G.; on la dispose horizontalement sur un sui)port à vis calantes et on verse la préparation sur la surface grainée. La couche doit présenter la même épaisseur cpie s'il s'agissait d'étendre la i)réparation sur glace; pour une plaque de 0'"80 X 0'"'iO on emploiera lô c. c. de solution. Cette opération s'ell'ectue à l'abri d'une lumière trop vive. Si la couche se retire du cuivre par places, et produit ainsi <le petites pi(iùres, on peut promener la plaque au-dessus d'un fourneau à gaz i)0ur li(iuéfier la préparation avant de la placer dans l'étuve ; mais cet insuccès se présente rarement avec les gélatines de bonne qualité.
La couche peut sécher dans une ètuve à courant d'air descendant (/ii^. .56V). Cet air entre par le tube A, se rèchaulfe au contact du tube intérieur, pénètre dans l'étuve par la partie supérieure, traverse la série d'étagères mises de niveau, sort de l'étuve dans le voisinage du brilleur qu'il alimente, est entraîné avec les produits de la combustion et sort en A' ; on règle le brû-
1. Bulletin (Ir. la Société fran'^ais; (II! photographu'^ 18G7, p. 117.