Bonnet, Manuel d'héliogravure, j
â40 TRAITÉ ENCYCLOPEDIQUE bÉ PHOTOGRAPHIÉ.
bandes de papier et la colle, et on laisse sécher. Les marges du positif doivent avoir été au préalable bien nettoyées.
La durée de l'insolation est déterminée à l'aide du photomètre. On voit les bords de la planche prendre peu à peu une teinte brune ; les grands blancs de l'image arrivent à la même coloration, mais l'ensemble de l'impression est peu visible. On ne cherche pas k avoir une image absolument complète dès la première insolation ; il est quelquefois utile de recommencer deux ou trois fois les diverses opérations.
770. Grainage, morsure et retouche. — On recouvre de vernis au bitume les marges de la planche ainsi que le revers, et on graine avec du copal en poudre ; on fait alors cuire le grain et on procède à la morsure avec la solution de perchlorure de fer à 45^ Baumé. Les parties de la gélatine bichromatée qui ont été fortement insolées sont imperméables à la solution de perchlorure, tandis que les grands noirs qui ont protégé la gélatine se laissent traverser par le mordant, et le cuivre est attaqué. Il est inutile de laver la planche après l'insolation, comme l'a fait remarquer Talbot ' . La présence d'un peu de bichromate libre ne gêne en rien la morsure : on voit au bout de quelques instants l'imige apparaître dans tous ses détails. Lorsque l'on juge que la morsure est assez profonde, — ce que l'expérience seule peut indiquer, — on lave énergiquement la surface pour enlever aussi rapidement que possible l'excès de perchlorure de fer.
La plaque lavée est séchée. On enlève la résine à l'aide d'un bain d'alcool, puis on nettoie la planche; on la recouvre de nouveau de gélatine bichromatée, et on insole une seconde fois en repérant bien exactement la position de la planche par rapport au positif. Si dans la première insolation on a obtenu les grands noirs sans beaucoup de détails, on reprend la série des opérations pour obtenir les demiteintes en faisant une morsure légère.
La retouche de la planche s'effectue à la pointe sèche, à la roulette, ou bien au grattoir. Cette retouche n'est pas compliquée s'il s'agit de remettre quelques effets dans les noirs, de gratter quelques points accidentels ou d'aviver les lumières. On obtient ce dernier résultat en repolissant le cuivre avec du charbon de planeur taillé en biseau et mouillé ; ce même charbon sert à repolir les marges qui auraient été accidentellement attaquées. Si la retouche de la planche est un peu