‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 218 sur 260 · Athenœum · texte numérisé non relu

Athenœum

compliquée, s'il s'agit de modifier certains détails, le mieux est de confier ce travail à un graveur: il n'y a plus qu'à faire graver la légende que comporte le sujet et à faire acîcrer la planche si elle doit fournir un grand nombre d'épreuves.

771. Impression des planches. — L'impression s'effectue en employant la presse qui sert pour le tirage des eauœ-fortes. On encre la planche, c'est-à-dire que l'on laisse le plus d'encre possible dans les creux, et on polit exactement la surface avant d'applicpier le papier qui doit porter l'image. Il faut d'abord nettoyer la planche, et pour cela on emploie une solution faible de potasse; on rince ensuite à l'eau fraîche. L'intérieur des tailles doit briller comme la surface du métal.

On prépare un tampon en roulant sur elle-même une bande de calicot souple et un ix'U usé de 0"'10 à 0"'15 de hauteur : on obtient ainsi un cylindn; (|ui doit mesurer environ 0"'0r) de diamètre; avec une ficelle solide on serre fortement ce cylindre on laissant dans le bas une portion de 0"'(Ki de hauteur non comprimée, on coud la partie flottante du dernier tour d'étoile : on obtient ainsi un outil présentant à peu près la forme d'une grosse molette en étoffe; on pratique au rasoir, sur une hauteur d'environ 0"'0L, une section bien nette. Pour enlever les bavures, on flambe la section sur une lampe à alcool. On prend alors un morceau de mousseline line et on la couvre abondamnHmt d'encre grass(\, on pose le tampon dessus et on relève les bords du tissu qu'on attache vigoureusement sur le corps du tampon. L'encre pénètre dans les i)lis de l'étolTe roulée comme l'eau dans une éponge, et facilite Tapplication du noir dans les tailles du métal. Le tampon est hors de service si l'encre dont il est imbibé se sèche.

Avant d'encrer la planche, on la place sur une chaufferette : c'est une phuiue de fonte placée au-dessus d'un fourneau à gaz. Quand le métal a une température suflisante pour (|ue TiMicre coule bien dans les tailles, on recouvre d'encre toute la surface de la planche en promenant en rond à la surface du métal le tampon préalablement trempé dans l'encre. La planche, complètement couverte d'encre, est abandonnée pendant (luehiues instants sur la chautrerette ; sous l'influence de la chaleur, l'encre devient plus fluide et coule dans les tailles; (juand on suppose que l'encre les renqdit, il faut essuyer la planche de façon à ne laisser de noir que dans les ombres et les demiteintes. On emploie pour ce nettoyage trois chiffons, car la planche ne

peut être mise sous la presse que lorsque la surface se montre aussi brillante qu'avant son contact avec l'encre. On se sert de mousseline à doublure, parce que les larges mailles de ce tissu laissent toujours du vide, et quand le tampon d'étoffe est appliqué sur la planche il effleure la surface sans pénétrer dans les creux. Cette mousseline, bien lavée, est mouillée dans une dissolution de 10 grammes de carbonate de potasse dans un litre d'eau : on la laisse sécher incomplètement jusqu'au moment de l'emploi ; les tampons doivent être très légèrement mouillés. Le premier tampon sert à dégrossir et enlever l'excès d'encre, le second laisse la planche k peu près nettoyée, le troisième sert surtout à nettoyer les bords. Il est indispensable d'essuyer la planche en promenant le chiffon perpendiculairement à la direction des tailles et jamais dans le sens de la longueur ; si l'on opérait d'une manière différente, les tailles se videraient sous le passage du tampon de mousseline. Avec la paume delà main ou le revers du bras enduit de craie lévigée on achève de polir la surface de la planche ; on nettoie les marges avec du blanc et un chiffon ; la plaque est alors prête à être tirée.

Les papiers que l'on emploie pour l'impression sont le plus souvent des papiers sans colle. On se sert quelquefois du papier de Hollande collé ou du papier Japon. Le papier de Chine est trop mince pour être employé seul ; on le coupe à la grandeur de l'image à obtenir et on l'applique exactement sur le sujet après l'avoir mouillé : on place par-dessus une feuille de papier sans colle et on donne la pression; le Chine adhère ainsi au papier.

Quel que soit le papier dont on se sert il doit être mouillé à la cuve : il est nécessaire qu'il soit bien humide quand on le pose sur la planche. On passe alors à sa surface une brosse mouillée moitié douce et on peut l'appliquer sur la planche. Cette dernière est disposée sur le plateau de la presse (fîg. 576)^ sur une feuille de papier mince, et l'on applique le papier de tirage à sa surface. On rabat les langes de la presse. Ces langes sont des carrés de flanelle qui recouvrent la plaque et le papier et qui, par leur élasticité, facilitent la pénétration de la pâte du papier dans les tailles. On donne la pression et on fait passer deux fois la planche sous le cylindre; on relève alors les langes et on retire le papier en le prenant par deux coins. Toute l'encre qui se trouve sur la planche doit être transportée sur le papier et il n'en doit point rester dans les tailles.

L'épreuve obtenue est mise en cartons. Cette opération a pour but

d'empêcher d'avoir une image plus ou moins gondolée et d'un aspect désagréable. On place l'épreuve entre deux cartons épais, et on la laisse séciuM* dans cet état; ce séchage dure quelques heures. On nritoic ensuite les marges de l'épreuve et on enlève une partie du

foulage donné au papier par la presse à l'aide d im coupe-papier en bois ([ue l'on passe sui- T.Mivcrs du papier ; l'épreuve est alors terminée.

Marcilly aîné a imaginé un système de machine pour l'impression en taille d()UC(\ Celte machine (pi). 577), construite par Alauzet, permet de voir la planche jx^idant l'encrage et l'essuyage ou Yessuie qui constitue la i)arli.' la i)lus délicah^ de riini)ression ; en efï'et, l'essuyage dans un seul sens amasse^ Tenciv sur un des côtés de la taille de la^ gravure oi vide l'autre. 11 faut faire l'essuyage dans les deux sens pour laisser à ('h;u[no bord do la taille toute son intensité. Dans la machine Marcilly <pii figurait à l'Exposition universelle de 1889,

l'essuie commence alternativement par un côté opposé de la planche : en supposant l'emploi de deux chiffons secs et de deux chiiïons mouillés, si le premier chiffon sec nettoie le haut de la planche, le deuxième commencera son action en bas : il en est de même pour les chiffons mouillés. Chaque essuyeur est animé d'un mouvement spécial qui peut être modilié très rapidement pour chacun d'eux, ce qui permet de varier les combinaisons d'essuie en raison du travail à faire. Ces essuyeurs sont montés d'une manière très ingénieuse : l'un

Fig. 577.

oujplusieurs d'entre eux peuvent passer deux fois sur la planche en sens inverse, sans modilier la marche de la machine ; c'est ainsi qu'avec quatre essuyeurs on peut essuyerjla planche cinq, six, sept et huit fois pendant la même course du chariot. On peut donc régler l'essuie, opération qui est singulièrement facilitée parce que la planche est à découvert après le passage de chaque essuyeur; on peut par suite se rendre compte du fonctionnement de chacun de ces organes de la machine.

772. Modifications diverses. — Au lieu de produire directement

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